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jeudi, avril 15, 2021

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Festival des Voix à Moissac (82) : 22eme édition

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Le festival des voix, des lieux… des mondes à Moissac (82), La Française et autres villages alentours du département.

Je t’ai déjà évoqué en 2015 et 2016 ce festival original à la programmation de qualité, riche et éclectique. Vu son nom, ce n’est pas un festival uniquement ciblé sur la chanson francophone, et tu pourras y apprécier des spectacles basés sur les musiques et chants occitans et aussi des voix venues d’autres pays et d’autres cultures. Pour sa vingt-deuxième édition, ce festival qui mêle têtes d’affiches et découvertes, concerts et patrimoine, se dédouble en deux moments. D’abord, Le Prélude des voix du 13 au 17 juin propose des spectacles offerts dans des villages permettant de mettre en valeur le patrimoine en amenant les artistes et le public dans un château, une abbaye, une bastide et des églises. Ensuite jusqu’au 25 juin le festival proprement dit se déroule principalement sur Moissac avec également deux soirées à La Française les 16 et 17 juin. Dans le magnifique cadre du cloître millénaire la programmation s’annonce superbe : Camille dont le travail sur la voix et les chœurs devrait être mis en valeur dans ce superbe site, Grand Corps Malade avec son nouvel album Plan B et puis tu pourras également apprécier Ayo, Souad Massi et Idir.

Radio Babel Marseille – Festival des Voix 2016 © Michel Gallas

Si tu ne connais pas, va découvrir Radio Babel Marseille. Ce groupe vocal masculin de polyphonie polyglotte chantée majoritairement a cappella, se produira aussi au cloître, en concert gratuit sur réservation, après trois jours d’ateliers avec des scolaires. Radio Babel Marseille, chroniqué dans le n°4 d’Hexagone (portrait et album), a sorti un nouvel E.P en février Vers des ailleurs.

Au Hall de Paris, les cinq membres du groupe Lo’Jo viendront présenter notamment leur dernier album [Fonetiq Flower]. Dans la ville de Moissac, véritable écrin de pierre et de verdure, tu pourras assister à des concerts en extérieur, lors du marché ou pendant une balade en bateau sur le Tarn, et passer un moment convivial au Village des voix avec son bar et ses concerts offerts.

Ça va valser © Michel Gallas

Fidèle à mes habitudes je vais te parler d’artistes que je connais et que je te conseille. Ne rate pas l’atypique groupe d’accordéonistes costumés de la compagnie Les rustines de l’ange dans leur spectacle dans les rues Ça va valser, instrumentaux et reprises de titres français ou pas, à six  accordéons. A noter aussi Bombes de Bal, groupe toulousain, de six musiciens chanteurs et de deux danseurs initiateurs qui font danser le public sur un répertoire de chansons en français et en occitan. Petit détail : ces deux spectacles sont gratuits. J’ai gardé pour la fin Les Ogres de Barback et le bal Brotto Lopez. Une création annoncée éphémère à l’été 2016, que l’on retrouve avec plaisir cette année avec un album et une tournée.

Festival des Voix 2016 © Michel Gallas

Un « mélange de groupes » dont les Ogres, adeptes des rencontres et des métissages musicaux, ont le secret et l’habitude. Les instruments traditionnels de Brotto et Guillaume Lopez (cornemuse, flûtes, …) et sa musique occitane se mêlent aux chansons des Ogres, ceux-ci jouant à leur tour sur des scottishs ou rondes du Quercy. Je me souviens d’un moment particulier : le magnifique C’est peut être de Leprest repris moitié en occitan et moitié en français. Un joli voyage sans frontière musicale ou culturelle. A la Française, au même endroit sur l’esplanade de l’église on pourra également y apprécier Moriarty.

Un programme très riche et je ne t’ai pas tout dit : va consulter le programme complet sur le site.


Le festival des voix, des lieux, du monde. Photo de une : © Nicolas Blanchard. Vous pouvez retrouver  ici le compte-rendu du festival 2016 

Toulouse et sa région : une belle sélection de fin de saison

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La fin de la saison des concerts arrivent mais la sélection proposée ci dessous montre qu’il reste encore quelques beaux concerts dans la région toulousaine et occitane avant de partir en vacances… vers les festivals d’été.

Quelques concerts chanson à Toulouse et en Occitanie

mardi 12  : Laura Wild à La Part du hasard (11h30 et 18h30) et le mercredi 13 au Chateau de Fajac la Selve (31)
jeudi 14 : Bancal Chéri (1ère partie : Erwan Pinard) à Victoire 2 – Saint Jean de Védas (34)
vendredi 15  : Boucan au Café Plum à Lautrec (81)
samedi 16  : Camicela, Davy Kilembé et Maggy Bolle au CC de l’Arize – Les Bordes sur Arize (09)
dimanche 17 :  Maggy Bolle et Camicela au Café Plum à Lautrec (81) à 18h
mardi 19 : Boloc au Bijou à 17h
jeudi 21 : Jane for Tea à Muret (31)
vendredi 29 : Pierre Lapointe au Sorano
dimanche 1er juillet  : Manu Galure – Chouf – Les coton-tiges  au Jardin Musical du musée Georges Labit (18h30)


Sorties de disques

Laura Wild © Michel Gallas

Dans un bar restaurant sympathique La part du hasard, la lauréate du prix Nougaro 2017, Laura Wild fête la sortie de son EP avec deux concerts l’un à 11h30 et l’autre à 18h30. Pour ses chansons de voyage – folk poétique elle est accompagnée par le guitariste Samy Dib. Puis le lendemain, elle va chanter au Chateau de Fajac la Selve. Voici ce que j’écrivais suite à ses quarante minutes de prestation en février dernier : « Mon coup de cœur du moment : Laura Wild. Cette jeune artiste possède une présence étonnante, un univers personnel authentique et derrière le travail on sent que chaque prestation sera différente, unique. De plus, Laura possède une voix intense qui nous prend aux tripes et au cœur. Bon sang, quel plaisir de voir une nouvelle artiste s’impliquer totalement, se mettre en danger sur scène et déclencher cette émotion. »

Au Bijou,  Boloc vient faire un show case pour présenter, en trio et avec une création lumière, son album Indécis heureux, dont il a fêté la sortie deux semaines plutôt dans un lieu toulousain La sainte dynamo.

 


Dans un jardin

Les Coton-Tiges © Michel Gallas

Au Jardin Musical du musée Georges Labit, en fin d’après-midi, le premier juillet avant le départ en congés, les potes de longue date Manu Galure et Chouf te proposent la série de concerts suivants : mise en bouche de Guillaume Pique (déjà vu comme musicien de Chouf) en solo au trombone, puis Manu Galure chantera Trenet, Montand et …, suivi par les Coton-Tiges groupe de jeunesse de Galure et Chouf qui se reforme à l’occasion. Ce trio revisite des standards de la chanson. C’est pêchu et  joyeux, c’est sans micro, avec une caisse claire avec balais, une guitare  (Chouf) et une contrebasse (Galure). Et ensuite gâteau sur la cerise, un concert ping-pong de chansons  Manu Galure- Chouf.


Au Bijou

© Michel Gallas

Une fois de plus, ces dernières semaines nous avons vécu des grands moments : avec fin mai un spectacle unique créé pour l’occasion avec Nicolas Jules et Guillaume Farley, et début juin Melissmell en duo voix piano. Cette saison exceptionnelle est terminée au niveau des concerts chanson mais tu peux venir profiter des dernières soirées et animations avec les auditions publiques Osons, une scène ouverte pour la fête de la musique et un nouveau blind-test animé par Jules.

A Toulouse et alentours

Pour la première fois (je pense) à Toulouse, Pierre Lapointe vient avec son spectacle La science du cœur. Jane for Tea, habituellement en duo, fête la musique en quartet à Muret.


Un petit tour en Ariège

Davy Kilembé © Michel Gallas

La chanson en campagne, qui défend la culture en milieu rural, c’est un plateau chanson avec systématiquement un artiste d’Occitanie. Après Bertille, Emilie Marsh et Daguerre en avril voici une nouvelle édition. Avec Camicela, ex violonceliste du groupe Cabadzi qui a sorti son premier EP en 2017. Davy Kilembé, je t’en ai parlé ici et la chronique de son dernier album est là.  Sur son concert en trio, au Printival ce printemps j’écrivais ceci :  » Davy Kilembé, expérimenté, sait embarquer et tenir un public. Il met en pratique le titre de son dernier album : Danser les mots. Avec sa voix chaude et son joli jeu de guitare,  nous  partons en voyage avec lui : sonorités aux couleurs chaudes, textes remplis d’humanité, et des mélodies qui donnent envie de reprendre le refrain. Les thèmes sont parfois empreints de nostalgie ou de mélancolie. Sur des ballades ou des rythmes entraînants, ce citoyen qui chante, nous livre sa vision de la société, mais plutôt sous forme de fable, le sourire aux lèvres et sans donner de leçons. » La franc-comtoise Maggy Bolle, ses chansons « rentre-dedans souvent burlesco-comiques, son franc-parler et sa bonne humeur contagieuse, je t’en ai parlé là. Elle passe rarement dans le sud-ouest, ne la rate pas. Ce plateau sera précédé d’une première partie de soirée gratuite avec l’Ecole de Musique de l’Arize,  et Monsieur Tristan.


Un petit tour dans le Tarn (81)

Maggy Bolle © Michel Gallas

A l’inévitable et inestimable Café Plum à Lautrec tu pourras d’abord découvrir le groupe Boucan. Composé d’Imbert Imbert à la contrebasse, Piero Pépin à la trompette et Brunoï Zarn à la guitare, il vient de sortir un premier six titres remarquable : Premiers cris. Et puis dans leur tournée commune Maggy Bolle et Camicella concert annoncé comme « chanson punk à deux voix » dans le programme.

Un petit tour dans l’Hérault (34)

Bancal Chéri, c’est quatre artistes qui se sont découverts et appréciés lors des nombreuses représentations de Comprend qui peut – Boby Lapointe repiqué, et qui ont eu envie de fusionner leurs quatre énergies d’électrons libres : Dimoné,  Nicolas Jules, Imbert Imbert et Roland Bourbon. Ils nous avaient déjà offert une superbe prestation il y a un peu plus d’un an au Printival. Le premier album vient d’arriver sur les plates-formes numériques. Chanceux ceux qui les verront ! D’autant plus que le talentissime Erwan Pinard assure la première partie.


Photo de une : Chouf © Francis Vernhet

Festival Le Haillan chanté du 5 au 9 juin

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Le toulousain que je suis t’annonce mensuellement des concerts près de chez moi ou dans les départements limitrophes. Je te parle chaque année du Printival à Pèzenas (34) et régulièrement du festival des voix à Moissac (82). Même étiqueté « représentant d’Hexagone pour le Sud-Ouest », je m’en viens rarement vers l’ouest et vers Bordeaux (33).

Toutefois depuis un an, je te propose une sélection de la belle programmation annuelle de Bordeaux chante. Alors il était temps, puisque c’est la neuvième édition, d’annoncer le festival Le Haillan chanté du 5 au 9 juin. Concocté et organisé par L’Entrepôt et Bordeaux Chanson, avec la complicité active de Voix du Sud, Haillan Chanté présente à nouveau une superbe programmation pour les amoureux de la chanson. Tu auras le plaisir d’écouter et revoir des artistes « Tête d’affiche » : Michel Jonasz en formule duo accompagné par Jean-Yves D’Angelo et son piano ; Loïc Lantoine qui laisse pour un soir sa formule format XXL (avec The very big experimental toubifri orchestra) pour en duo, retrouver son complice de toujours, le contrebassiste François Pierron ; et Wally pour son best-off Le meilleur d’entre moi, le spécialiste des chansons courtes drôles et des intros en scat à la guitare, dans un spectacle mêlant tout type d’humour dont l’humour noir et l’absurde : un régal. Tu auras aussi le plaisir d’applaudir des artistes bien appréciés d’Hexagone comme Presque Oui dans son spectacle 20 ans / 20 dates dont tu peux lire ici un compte-rendu, Eskelina en portrait dans le n°4 de la revue et en playlist de la radio, Melissmell en entretien dès le n°1 et ici en formule duo piano voix, Buridane en entretien dans le n°2 et en playlist. La programmation contient encore d’autres artistes confirmés ou émergents comme Hildebrandt et Barbara Carlotti, Hinamé et Marc Dessolas, Dani Terreur et Tiou. J’irai découvrir Jacques et Jacques, duo formé par deux chanteurs Laurent Lamarca et Vincha.

Buridane – © Thierry Margot

On peut noter quelques particularités intéressantes. Les trois premiers jours en semaine, excellente initiative, ce sont les élèves d’Eclats de voix et des écoles qui assurent les premières parties. Les concerts et apéros-chansons sur la terrasse de L’Entrepôt sont gratuits. C’est le cas le vendredi pour l’ApérOfficiel, avec Tiou, ancien bordelais devenu habitant de Montpellier (on ne quitte pas le Sud-Ouest). J’aurai plaisir à retrouver en duo, son verbe haut, sa belle énergie sur scène, sa poésie aux mots crus passant de la tendresse à l’humour noir, souvent avec un flow de hip-hop. Autres concerts gratuits, le samedi sur la terasse : vers midi trente le brunch musical avec Wally, le soir Eskelina, dans l’après-midi une curiosité attirante « La pochette surprise » où « les artistes du festival qui le souhaitent présentent leurs univers en toute décontraction » et Dani Terreur en fin de soirée. Oui, car le samedi les spectateurs marathoniens de la chanson pourront enchaîner huit concerts !

Je vais aller découvrir en fin de semaine, ce festival chanson à taille humaine, dans un cadre annoncé convivial et festif. On s’y retrouve vendredi ?


Festival Le Haillan chanté, du 5 au 9 juin. Photo de une : Wally © Chantal Bou-Hanna

Printival jour 4 : Jules Nectar, Féloche, Syrano et un peu de Boby

Une tradition forte existait lors des premières éditions du Printival Boby Lapointe : la plupart des concerts proposaient une reprise de l’artiste de Pézenas. Cette tradition s’est un peu perdue au fil des éditions. Et cette année, aucune référence n’a été faite lors des concerts du mardi au jeudi. Mais le vendredi, Boby a été repris ou cité lors de trois concerts sur les quatre vus : Jules Nectar, Féloche et Syrano. Le vendredi devenant, non pas le jour du poisson, mais le jour du père de La maman des poissons.

© Michel Gallas

A midi, sur la place Gambetta, Jules Nectar, récemment en interview icien formule trio, vient affronter le soleil avec une tenue de scène un peu différente pour ce concert et je leur dis : Chapeau ! Du coup, Julien le chanteur auteur compositeur, est bien obligé de présenter sa chanson Restons un peu dehors « quand vient la pluie ». J’apprendrais ensuite que récemment en Normandie, en plein air aussi, la pluie s’est mise à tomber juste au début de Restons un peu dehors ! Le trio toulousain joue les chansons du tout récent album Nos rêves, le concert de sortie ayant eu lieu juste une semaine avant. De la folk-song à la française, avec une coloration pop et une pointe d’électro. Avec des harmonies vocales et des guitares bien présentes. Des textes mélancoliques (Sait on encore) parfois désabusés (Tout droit, Fermer les yeux), avec des mélodies qui restent en tête et un optimisme affleurant parfois (J’aime, Il y a sur la lune des mers). Musicalement, il est bien entouré par Milu Milpop, aux machines et à la voix superbe et par Clément Foisseau, excellent guitariste. La touche Boby ?  En rappel, Jules Nectar reprend Ça va, ça vient.

© Thierry Margot

Le soir, un co-plateau Féloche puis Syrano. Féloche, on l’avait quitté deux ans plus tôt, avec un orchestre de mandolines. Le revoici pour la première de son nouveau spectacle, toujours avec sa mandoline fétiche, son énergie débordante, son large sourire et son regard lumineux. Mais aujourd’hui, en formule trio, entouré de deux  talentueuses musiciennes et choristes-chanteuses et danseuses et partenaires. Ce n’est plus un concert que le trio offre mais un spectacle, un show généreux avec déguisements, danses et débauche d’énergie. Féloche livre des chansons de son futur troisième album, certainement intitulé Chimie Vivante qu’il annonce pour mi-septembre. Il joue aussi Silbo titre de son opus précédent ainsi que  Dr John et Darwin avait raison de son premier La vie cajun. Avec sa fantaisie gentiment dingue, et sa jubilation sur scène, Féloche se donne, très réactif aux remarques du public il se lance parfois dans un solo de mandoline ou dans des intermèdes pas toujours préparés. En rappel, Féloche parle d’un précurseur qui avait mis dans une chanson une mandoline, du hip-hop, du funky et de l’humour et le trio se lance dans Andréa c’est toi ! de Boby Lapointe.

© Thierry Margot

Syrano. Il était annoncé avec un quatuor à cordes et un Dj en plus de son complice accordéoniste pour un nouveau spectacle. Celui-ci ne devant pas être prêt, il vient en duo avec son excellent accordéoniste – claviériste Patrick Neulat et nous gratifie d’un excellent concert. Certains morceaux sont clairement chanson, d’autres naturellement hip-hop, parfois métissés d’électro et tous de qualité. Cet artiste maîtrise la scène, a un joli rapport avec le public et délivre avec une forte interprétation et une gestuelle dansante, des textes superbes d’une belle humanité. Militant, il parle des sans-papiers avec Origami ; il évoque l’anorexie avec Ficelle. Il ne fait pas de reprise de Boby Lapointe, mais avec l’air de Framboise ! à l’accordéon, il évoque quand rappeur en 2002, il le découvre et rend hommage au précurseur avec sa mécanique des mots et son phrasé particulier pas si éloigné du rap d’aujourd’hui. En rappel, sur la musique de Monsieur Neige qu’il vient de chanter, comme à chaque concert, il va « faire la bise à chacun des spectateurs. Ce soir il « embisera » tout le public à l’orchestre et ne montera pas au balcon.

© Francis Vernhet

Sur le samedi, dernier jour du Printival je ne chroniquerai pas les concerts. Je veux simplement t’évoquer deux caractéristiques du festival. D’abord la « touche Boby Lapointe » :  cette année il avait été décidé de tenter un record du monde de rassemblement de marinières (tenue fétiche de Boby), en plein cœur du centre historique. Et bien : record battu avec 214 personnes en marinière bleue et blanche ! Ensuite autre caractéristique du Printival : les rencontres. Rencontres avec les passionnés de la chanson : ils arrivent parfois de loin (Arras ou région nantaise et beaucoup de Toulouse) et sont souvent abonnés à Hexagone. Rencontres aussi avec les « pros » : programmateurs, tourneurs, managers et journalistes. Et aussi rencontres avec et entre artistes : ceux qui sont programmés et qui restent quelques jours : comme Erwan Pinard, comme Camille Hardouin, revenue pour le décrochage de son exposition de dessins et photographiée par Francis Vernhet attendant le spectacle Carte Blanche à Giedré. D’autres non programmés, sont passés comme Corentin Coko le premier soir pour la fête à Barbara Weldens, comme les régionaux Jean-Christophe Sirven et Guilam, et comme Imbert Imbert. D’autres encore sont venues plusieurs jours comme Lily Luca et Garance.

Vraiment le Printival est un festival plus qu’attachant avec des organisateurs efficaces et disponibles, et avec ses quatre-vingts bénévoles enthousiastes. Bon, tu nous rejoins le printemps prochain pour la vingtième édition !


Printival Boby Lapointe – Journées du 20 et 21 avril. Photo de une :  Féloche © Thierry Margot

Médaille d’Or à Saignelégier : 51ème édition les 27 et 28 avril

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L’an passé, je t’avais décrit six bonnes raisons d’annoncer La Médaille d’Or de la chanson, ici.

En synthèse : la longévité ; la qualité des « médaillés » et donc des sélections ; les échos très positifs sur l’accueil et l’ambiance ; la priorité donnée aux artistes (inscription gratuite, hébergement et défraiement, nombreux prix) ; un jury indépendant du comité d’organisation, différent chaque année et présidé par le vainqueur de l’année précédente ; le caractère festif et convivial avec notamment, la veille du concours, une « jam chanson », le soir dans les bistrots du village. Je suis allé vérifier sur place et j’ai fait part de mon enthousiasme dans l’article « Vu sur scène – La Médaille d’or de Saignelégier » du n°4 de la revue Hexagone. Cette année c’est la 51eme édition ! Tu en connais beaucoup des concours qui depuis aussi longtemps mettent en valeur la chanson francophone et font découvrir des artistes non médiatisés ? Hé, bien cela se déroule à Saignelégier dans le Jura Suisse, ces 27 et 28 avril.

Capitaine Etc © Michel Gallas

J’ai demandé leurs impressions à différents acteurs de cet événement. La gagnante de l’an passé, Caroline Vignaux, du groupe Victoria Lud (en photo de une), désormais présidente du jury me dit : « enthousiasmée, j’ai beaucoup de plaisir et d’émotions à revenir. Cela me fait tout drôle de ne pas participer, de ne pas être avec les musiciens, d’être « tranquille » sans le stress du participant. Et paradoxalement, j’ai très envie d’être à ma place de jury, d’avoir une écoute bienveillante avec un autre stress, une autre responsabilité. » La nouvelle présidente du comité d’organisation Valérie Boillat confie : « Je serai, comme d’habitude, à l’accueil des artistes. Devenir présidente met plus de pression, mais cela reste un travail d’équipe. Comme chaque année, j’attends de ces moments : partage, émotions et énergie positive. » Les quinze artistes retenus parmi les cent-treize candidats sont : Capitaine Etc (CH), Danny Buckton Trio, Gisèle Pape, Jack Simard, Kerguelen, Lady Arlette, Laurent Berger, Laurent Faye, L’horée (CH), Marion Cousineau (CA), Melba, No Man’s Louise, Nyna Loren, Ostande (CH/F), Vreni Holzer (CH).

Laurent Berger © Patrick Boez

Chaque groupe ou artiste présente, l’après-midi, trois titres de son répertoire devant le public et les cinq membres du jury dans la superbe Halle cantine de Saignelégier. Les six finalistes sélectionnés rejoueront le soir. Certains artistes reviennent comme Danny Buckton Trio, médaille d’argent en 2016. Quand je lui demande pourquoi ce retour, il fait montre de son humour : « Comme tout athlète, tout ce qu’on veut c’est la médaille d’or ! », puis ajoute : « Et si tu veux la vérité, on a passé un super weekend dans une ambiance chouette il y a deux ans, alors on a eu envie d’y retourner pour le plaisir. » Le Suisse Guillaume Pidancet (Capitaine Etc) explique : « Je reviens pour les rencontres, l’ambiance de la jam, et pour me confronter à cette forme courte de trois chansons. C’est aussi l’occasion de découvrir sur scène plusieurs artistes d’un coup, je me réjouis d’écouter Ostande par exemple. Et puis bon, je n’ai pas été en finale la dernière fois, alors on va tenter cette année. » 

PAS NETTE. NE PAS METTRE EN UNE ET LAISSER EN PETITE VIGNETTE.
Marion Cousineau © Chantal Bou Hanna

Restons à l’international avec Marion Cousineau, annoncée Canadienne, mais que je découvre spécialiste du Jura Suisse et humoriste : « J’ai candidaté parce que j’adore la Tête de Moine et que les girolles sont rares au Québec !». Revenons en France avec Laurent Berger : « J’ai postulé à Saignelégier d’abord par envie de poser mes chansons un peu partout et aussi car on m’a dit la belle humeur qui régnait là-bas. Les concours, comme les festivals, sont surtout pour moi prétexte à rencontrer ou retrouver pas mal de monde, artistes comme professionnels, bien avant que de penser à un prix. ». Et voici ce que nous dit Caroline Guibeaud, du jeune groupe No Man’s Louise : « Je viens par curiosité sur la réception de notre projet par un public suisse et par les professionnels. Et aussi pour la découverte de la scène actuelle francophone, les rencontres et les échanges. » Et pour la fin, j’ai souhaité demander à une spectatrice Suisse Florence, passionnée de chanson, les raisons de sa venue, pour la seconde année : « J’ai aimé l’ambiance conviviale, le lieu et la diversité des styles musicaux. Je reviens pour la présence d’artistes que j’aime et pour en découvrir d’autres. J’espère avoir un coup de cœur comme l’an passé avec Victoria Lud. » 

Et moi aussi, j’y retourne, pour l’ambiance, pour la Tête de Moine (spécialité fromagère du Jura Suisse) et pour la découverte. Car si j’ai déjà vu et apprécié certains artistes plusieurs fois dans leur spectacle complet comme Danny Buckton Trio (récent Coup de cœur Charles Cros pour son deuxième album), Laurent Berger, Marion Cousineau et Capitaine Etc ; et une fois Gisèle Pape et No Man’s Louise, je suis curieux de découvrir les huit autres.


La Médaille d’Or de la chanson 51eme édition – Les 27 et 28 avril à Saignelégier dans le Jura Suisse.

Photo de une : © David Desreumaux

 

Printival jour 3 : les six concerts de la journée

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Aujourd’hui, jeudi 19 avril, je t’emmène avec moi sur les cinq lieux du festival pour les six concerts de la journée d’un Printivalier (très) assidu qui ne veut rien rater du programme proposé. Ce périple est facilité par les horaires qui s’enchaînent et par l’accessibilité à pied des cinq lieux situés dans la ville.

© Michel Gallas

Midi. Place Gambetta, la journée démarre par un concert gratuit en centre ville et en plein soleil. J’ai déjà chroniqué ici Davy Kilembé, lors de son passage en solo, une semaine au Grand Rond à Toulouse, en novembre dernier.  Aujourd’hui  en trio, Davy propose à nouveau une prestation chaleureuse, marquée par le talent et la générosité. Ce n’est pourtant pas un exercice pas facile : en plein air, devant un public volatile, pas forcément venu pour le voir, et pas très loin d’une buvette qui déclenche des conversations et un peu de bruit. Mais Davy Kilembé, expérimenté, sait embarquer et tenir un public. Il met en pratique le titre de son dernier album : Danser les mots. Avec sa voix chaude et son joli jeu de guitare, bien accompagné par Eric Flandrin à la batterie (et un peu au xylophone) et Guillaume Bouthié à la contrebasse, nous  partons en voyage avec lui : sonorités aux couleurs chaudes, textes remplis d’humanité, et des mélodies qui donnent envie de reprendre le refrain.

© Michel Gallas

Les thèmes sont parfois empreints de nostalgie ou de mélancolie comme sur les chansons récentes et inédites sur disque : La 4L à Momo – une Tire à Dédé version région de Perpignan – et celle, joliment tournée, dans laquelle il demande à sa femme de devenir … son ex !  Il nous chante Mellow « J’suis mellow mais j’dis les mots / Mon stylo traduit l’émotion… » et sa chanson carte de visite Mon pays « Mon pays c’est ici / Croyez-moi même si / Mes enfants sont frisés / Et ont le teint basané / Je tiens ça de mon père / Qui venait d’une autre terre / On me le faisait savoir / En m’appelant petit noir ». Ce citoyen qui chante, nous livre sa vision de la société (« Tous ces cabossés / Y en a qui en disent / Ils ont qu’à bosser / Au lieu de se lamenter / Putain, c’est la crise »). Ses textes évoquent souvent la difficulté de nos vies, mais plutôt sous forme de fable comme Le maillot du meilleur grimpeur ou Pagayer, le sourire aux lèvres et sans donner de leçons. Au milieu de ses propres compositions, il dit un texte superbe d’Alain Sourigues et nous transporte Rue de la poupée qui tousse. Sur des ballades ou des titres plus entraînants, il a conquis un public qui s’est mis à reprendre ses refrains. Et après le concert certains viendront acquérir deux ou trois albums de cet artiste qui en compte déjà six à son compteur.

© Michel Gallas

Le temps de prendre un goûteux vin local à la buvette puis de se restaurer à la gourmande cantine du festival ou dans une table à l’ombre des jolies ruelles de la vielle cité de Pézenas et on se retrouve à côté d’une jolie colonie d’enfants .

15h. A L’Illustre Théâtre, Zèbre à trois, pour leur concert Jeune Public : Dur comme Faire. Emmené par Hervé Peyrard, chanteur, guitariste, clarinettiste et auteur, Les « Zébre à trois » sont … quatre, bien sûr, avec Ludovic Chamblas  batteur et percussionniste, Sylvain Hartwick à la guitare, et Laurent Chièze à la contrebasse. Chaque chanson propose une mise en espace différente et une couleur musicale vivifiante. Les thèmes retenus abordent aussi bien les os du squelette (Jo le squelette) que le syndrome de Gilles de Tourette (Les mots de Momo). Deux reprises sont intégrées : Marie, Pierre et Charlemagne de Maxime Le Forestier et et Tom Bonbadilom de Jacques Higelin ce qui permet à Peyrard de revenir costumé pour représenter le personnage puis de marcher sur les fauteuils au milieu des enfants. Bonne humeur, complicité sur scène, textes bien écrits, énergie et vitalité musicale. Un spectacle familial qui est suivi d’un goûter offert par le festival.

16h. Les jours sans spectacle pour enfants, tu peux aller écouter Hé V’nez les Potes !, l’émission radio en direct, à la terrasse d’un café et ouverte au public, qui reçoit les acteurs de ce festival, avec entretien avec les artistes qui parfois chantent un titre, en solo guitare voix, comme la veille Yves Jamait puis Presque Oui et aujourd’hui Davy Kilembé.

© Thierry Margot

17h. Les Printiguettes au musée Boby Lapointe, proposent quelques concerts, pour lesquels le spectateur choisit le tarif en mettant de l’argent dans un chapeau, à la fin de la prestation. L’an passé on y avait apprécié Jeph. Aujourd’hui, un co-plateau féminin est programmé : Lawra et Elli sur la lune. En sortant, prendre  le temps d’une glace ou d’une bière permet de se rafraîchir avant… d’aller voir le concert suivant.

19h. On vient de rejoindre le magnifique Théâtre de Pézenas pour écouter Dani en duo avec Emilie Marsh, celle-ci déjà venue l’an passé pour présenter sur trente minutes son projet chanson personnel. Aux titres de Dani, elle apporte le son rock de sa guitare électrique et sa voix claire. Elles partagent Comme un boomerang, chacune chantant un couplet à tour de rôle. On ressent du respect et de la complicité entre les deux artistes de génération différente.

© Thierry Margot

21h au Foyer des Campagnes. J’ai découvert Buridane en solo guitare au festival Alors Chante en 2010, avec un jeu de guitare inspiré par Batlik, des textes intimes et très écrits, une voix douce mais qui nous accroche. Et avec un certain mal être sur scène. Revue seule puis en trio plus tard, malgré les textes et la voix, il semblait manquer quelque chose, une présence sur scène. Cette année, fin mars, lors de la remise du Coup de cœur Charles Cros pour son album Barje endurance, en solo guitare sur deux chansons, elle a emporté le public. A Pézenas, elle se présente entourée de trois musiciens, dans une ambiance musicale pop. Avec toujours, des textes originaux et denses, souvent intimes et profonds. Mais surtout avec un plaisir (re)trouvé d’être sur scène, désormais à l’aise pour évoluer notamment entre les titres. Des titres superbes comme La transition. Comme Le phénix et la cendre, portrait intime, magnifié par un accompagnement musical, minimal et intense, deux sax et sa guitare, (« Je suis et reste une encablure / Entre bas-fond et arc-en ciel /Et tu me prendras telle / Si tu le veux / Si tu le peux / Si ça te rend heureux »). Une première partie qui donne envie de retrouver Buridane sur un spectacle complet.

© Thierry Margot

Après une pause déshydratante, je découvre Nosfell en concert. Il fait une entrée de vedette rock, jouant avec le micro, avec son corps et avec sa voix. Cet artiste complet – chanteur, auteur, compositeur, interprète, danseur – est un véritable phénomène vocal avec une présence impressionnante sur scène et une gestuelle surprenante. Il chante désormais en français, en anglais et toujours dans une langue qu’il a inventé. Le fort niveau sonore, et des textes pas toujours compréhensibles ont généré des avis très partagés dans le public. Beaucoup ont été emballés voire subjugués et ont acheté un ou deux albums, certains ne sont pas restés jusqu’à la fin.

Après cette journée intense en concerts, on échange avec Buridane, on débriefe avec nos connaissances, on fait travailler… le bar et on va se coucher car demain d’autres concerts nous attendent.


Printival Boby Lapointe – Journée du 19 avril. Photo de une :  © David Desreumaux

Quelques futures dates : Davy Kilembé le 31 Juillet au festival Barjac m’enchante (30) – Buridane le 9 juin au festival Le Haillan Chanté (33), le 28 juin festival Paroles et Musiques à Saint-Etienne (42).

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