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Louis Arlette – Des ruines et des poèmes

Le jeune homme a l’allure tatouée d’un Daniel Darc et une voix à la Jean-Louis Murat. A entendre ses textes pénétrants, tout en noirceur romantique et sombre pessimisme, on devine qu’il doit aimer fréquenter beaucoup les poètes et se nourrir de littérature. Ce second album après Sourire carnivore en 2017 est enregistré par Philippe Paradis (Zazie, Thiéfaine, Christophe). Dans une pop électronique lourde, un poil vintage, aux percussions synthétiques à la Nine Inch Nails ou Kraftwerk, Louis Arlette distille ses histoires d’amour maladif : « Dans ton bulbe vicieux / Je dépose les armes / Je vais pondre mes œufs / Qui éclosent mes larmes. » (Semence) Un peu monocorde sur la longueur, le charme finit par opérer au bout de quelques écoutes.

Louis Arlette étonne en nous proposant une reprise de Brel plutôt réussie qui s’intègre bien à l’ambiance générale new wave torturée, Je suis un soir d’été : « Et la sous-préfecture / Fête la sous-préfète / Sous le lustre à facettes / Il pleut des orangeades / Et les champagnes tièdes / Et les propos glacés / Des femelles maussades / De fonctionnarisés / Je suis un soir d’été. »

Selon Louis : « Nous vivons dans une ambiance de Rome d’avant le déclin, de Babylone d’avant la chute : une ambiance de fin de civilisation. » L’opus se termine sur une envolée spatiale défiant l’immensité. Après « Une poignée de millénaires / Et tout redeviendra poussière »… il ne restera probablement plus que des ruines et des poèmes.

Philippe Kapp


Louis Arlette
Des ruines et des poèmes
Le bruit blanc – 2019

Chronique parue dans le numéro 12 de la revue Hexagone.


 

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