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mardi, août 3, 2021

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Barjac m’en chante : Nicolas Jules

Nous poursuivons l’annonce de quelques concerts du festival Barjac m’en chante du 31 juillet au 5 août avec un gros plan sur Nicolas Jules (dossier dans le n°4 et chronique d’album dans le n°19 d’Hexagone) qui chantera en solo le 2 août dans la cour du château. Nous l’avons rencontré au festival de Montcuq dans le Lot à la mi-juillet. Nous avons évoqué, trente ans après son premier concert, ses différentes formules sur scène et ses derniers albums parus à une fréquence très rapprochée.

Nicolas Jules
© David Desreumaux

Sous le nom de Nicolas Jules, en plus de ton solo, tu joues en trio ?

J’ai longtemps joué en duo avec le batteur Roland Bourbon. Puis nous sommes passés aux formules en trio d’abord avec une contrebasse (Béatrice Gréa), puis un violoncelle (Clément Petit) et désormais un violon (Frédéric Jouhannet). Cela a réduit en taille, nous utilisons des voitures de tournée de plus en plus petites et nous prenons moins de place dans le train ! Changer de formule, au fil des années, permet de ne pas s’ennuyer.

Les caractéristiques du trio actuel ?

Avec Clément Petit nous avions un plus gros son, plus rock. Avec le trio actuel, j’avais envie d’un son plus intime. Nous n’avons pas de retour – sur certaines scènes c’est plus joli – du coup, nous sommes obligés de nous écouter profondément et de jouer vraiment ensemble. On ne joue pas fort et on peut jouer dans des tout petits lieux. Nous sommes positionnés très très proches sur la scène, chacun intervient beaucoup avec des improvisations et de l’humour. Ainsi, le public en une seule image voit ce que chacun fait. J’essaie de jouer le plus possible en trio notamment pour l’aspect musical.

Et la formule solo, pour Barjac  ?

J’ai déjà chanté deux fois à Barjac : à la Chapelle, il y a longtemps, puis dans la cour du château. Le solo est complètement différent du trio, spectacle assez calé. En solo, je n’ai aucune set-liste préétablie. Je demande combien de temps je joue (et parfois je sors la montre). Depuis quelques années, j’expérimente, j’improvise. Je peux faire des vieilles chansons, des récentes, des pas encore enregistrées, et parfois des reprises (à Montcuq, j’ai interprété la peu connue Chanson pour un petit bout de Nino Ferrer, et cela peut-être Elvis Presley comme Jean Yanne). Dans le solo, je fais plus le clown. Les gens qui écoutent – il y en a quelques uns ! – s’aperçoivent que je n’écris pas des chansons comiques mais souvent assez sombres. Le côté clown, les inter chansons c’est pour faire passer la noirceur des textes. il faut que l’on s’amuse dans un concert, même si on dit des choses dramatiques et tristes.

Nicolas Jules
© David Desreumaux

Tu joues aussi dans Bancal Chéri

Sur les cendres encore chaudes du spectacle collectif Boby Lapointe repiqué, nous décidons de monter un groupe tous les quatre (avec Imbert Imbert, Dimoné et Roland Bourbon) pour avoir l’occasion de continuer à se voir. Nous jouons peu souvent, mais chaque concert est une fête, comme un banquet de copains qui se retrouvent. L’enregistrement du second album de Bancal Chéri est planifié.

Tu joues également dans Le banquet ?

Dans ce spectacle, je ne chante pas, je dis mes textes avec un quatuor d’excellents musiciens (Clément Petit au violoncelle, deux violonistes et un contrebassiste). Un disque a été publié.

Encore une nouvelle prestation : Le Jour de la Réglisse pour le festival Printival Boby Lapointe ?

L’idée vient de Dany Lapointe qui m’a souvent entendu parler chanson. Je ne vais pas chanter. Je diffuserai des extraits de chansons et je vais les commenter, raconter mon rapport à ces chansons en affirmant, subjectivement, pourquoi je les aime et pourquoi je les déteste.

Tu as aussi joué dans une pièce de théâtre ?

Oui, une adaptation de Bérénice. Mais c’est fini.

Nicolas Jules
© David Desreumaux

Et tu as aussi sorti trois albums en moins de deux ans. Falaises en octobre 2019 a été suivi en décembre 2020 par Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques.

Oui J’ai « profité » du confinement. Je l’ai fait tout seul. J’ai enregistré, joué tout tout seul, mixé seul pour la première fois et j’ai dessiné la pochette.

Le Yéti est sorti le 15 juillet

Depuis une dizaine d’années, j’ai emmagasiné de la matière, enregistré des bouts de chanson quand j’habitais à Lyon ou à Paris, voire des chansons entières. C’est ma plus longue gestation d’album ! J’ai enregistré Le Yeti avec mes deux musiciens de scène. Depuis le début du confinement, je n’ai écrit que deux chansons, mais avant le confinement, j’avais déjà en stock des chansons écrites. Et donc j’ai encore un album d’avance ! J’adore faire des albums, c’est très excitant.

Pourquoi tu fais plus d’albums aujourd’hui ?

Je me suis mis à enregistrer moi-même, à mixer, je suis autonome et je règle ainsi le problème financier (pas de studio, pas de dépendance envers celui qui fait le son et celui qui mixe). J’ai aussi décidé de ne plus être distribué, de ne pas demander d’aide et de subvention, de ne pas recourir au financement participatif, de ne plus être sur les plateformes d’écoute et de téléchargement. Je fais plus d’albums aujourd’hui car j’ai accumulé des chansons restées dans les tiroirs. Désormais cest l’autonomie totale. Et c’est ma mère qui envoie les albums.


Barjac m’en chante 2021 – Les précédents articles : AnneliSe Roche et Entre 2 Caisses.


Barjac m’en chante : Entre 2 Caisses

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Entre 2 Caisses
© David Desreumaux

Nous continuons l’annonce de quelques concerts programmés au festival Barjac m’en chante du 31 juillet au 5 août. Après AnneliSe Roche, voici Entre 2 Caisses (en entretien dans le n°3 et en chronique d’album dans le n°2 d’Hexagone) avec leur vingt-cinq ans de chanson et leur huit albums. Ils joueront le dernier concert de leur tournée d’adieu – une tourné amputée, reportée, pandémisée – qui se termine en apothéose le premier août dans la cour du château à Barjac.

Nous avons rencontré les quatre chantistes (Dominique Bouchery, Bruno Martins, Jean-Michel Mouron et Gilles Raymond), début juillet au festival Dimey à Nogent en Haute-Marne. Ils ont évoqué leur spectacle On voudrait vous dire au revoir…


Comment décide-t-on une tournée d’adieu ?

Dominique : Plutôt que mourir à petit feu, peu à peu moins demandé, finissons en beauté ! L’annonce de ce spectacle d’adieu a eu de l’effet et beaucoup de programmateurs ont voulu nous faire venir une dernière fois. Une grosse tournée s’est montée, tournée perturbée par les affaires sanitaires.

Le choix des chansons pour un album ou pour un spectacle se faisait collectivement. Et pour ce dernier spectacle ?

Bruno : Collectivement, comme d’habitude. On s’était dit on part sur 20 chansons, avec quelques critères : favoriser les titres interprétés tous les quatre ensemble, choisir un seul solo chacun. Chacun chez soi a établi sa liste. Nous nous sommes retrouvés autour d’une table. Les chansons avec quatre croix c’était bon, et il y en avait au moins une dizaine. Sur celles à trois ou deux, nous avons débattu avec, entre autres, l’envie de ne pas oublier les chansons marquantes du début – L’alcool par exemple -, et en s’orientant vers des titres peu interprétés sur scène.

Entre 2 Caisses
© David Desreumaux

La construction du spectacle ?

Dominique : Ce spectacle cest vraiment nous. Car entre nos chansons, nous racontons des histoires, sur la carrière d’Entre 2 Caisses, des anecdotes qui sont toutes authentiques.

Un spectacle plus court pour Barjac ?

Jean Michel : Oui, cela nécessite d’enlever une bonne vingtaine de minutes alors que toute la tournée s’est faite avec le spectacle complet. Pas simple. Mais c’est comme ça dans une soirée avec deux spectacles. Monique Brunque nous avons lancé dans la chanson avec le spectacle et l’album Ariette et chahut est à Entre 2 Caisses ce qu’Edith Piaf était aux Compagnons de la chanson. Depuis, elle a trouvé une bonne accordéoniste pour l’accompagner, qui écrit bien et fait les chœurs pas trop mal. Nous faisons la première partie de Monique et Michèle (Bernard). Et donc, il ne faut pas que cela dure longtemps car elles sont âgées… (NDLR : précisons, s’il est nécessaire, qu’il s’agit ici d’humour dont ne manque pas le groupe Entre 2 Caisses)


Entre 2 Caisses
© David Desreumaux

Nous avons eu le bonheur de savourer leur spectacle d’adieu au festival Dimey le 3 juillet. Un régal ! Avec quelques grands moments scéniques (Les spermatozoïdes, La véritable histoire du christianisme), de l’émotion et de la tendresse (Clodi Clodo), avec un choix éclectique de titres caractéristique de leur amour de la chanson, de toute la chanson. De la traditionnelle avec Les filles de Lorient à la chanson drôle – Je pète au lit, L’andropause – en passant bien sûr par quelques titres de Leprest (Tous les proverbes). Le choix du répertoire est largement puisé dans les premiers albums, centré sur les chansons collectives, et entrecoupé d’anecdotes souvenirs. Ils évoquent, entre autres, Hal Collomb le cinquième compère des débuts, et un titre d’article « Entre 2 Caisses, entre le litron et le Littré ». Ils ont même ajouté, ce soir-là au festival Dimey, un hommage clin d’œil à Patrick Boez (en portrait dans le n°1 d’Hexagone), récemment disparu, habitué de ce festival et grand admirateur et ami d’Entre 2 Caisses, appréciant fortement la version des Mangeux d’terre que Jean-Michel Mouron interprétera les larmes aux yeux. Ils termineront par L’herbe tendre comme souvent dans leur album et leurs concerts.

Et nous sommes à la fois impatients, heureux et un peu tristes de les retrouver pour « la der des ders » à Barjac le 1er août.


Barjac m’en chante : AnneliSe Roche

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Après la présentation de cinq festivals d’été se déroulant en juillet – dont récemment le FestiPoche et le Festiv’Allier voici celle du festival gardois Barjac m’en chante du 31 juillet au 5 août, avec un zoom sur quelques artistes programmés. AnneliSe Roche, jeune Auteure-Compositrice-Interprète, va chanter le dimanche 1er août au chapiteau. Habituée du festival en tant que spectatrice – elle y est venue quatre fois – c’est aussi une habituée de la scène ouverte du festival fréquentée à chaque fois et où nous l’avons découverte. Elle a déjà publié deux mini-albums six titres (chroniqués dans les n° 6 et n°20 d’Hexagone). Le premier Portraits a été distribué à quelques programmateurs et journalistes lors de l’édition 2017 à Barjac. Le second 6 rue du Chêne, sorti en février 2021, sera présent à la sortie de son spectacle.

Nous avons rencontré AnneliSe, début juillet au festival Dimey à Nogent en Haute-Marne. Elle a évoqué son concert à venir de Barjac : « Quand j’ai reçu le coup de fil d’annonce de Jean-Claude Barens, j’étais dans tous mes états. J’aime tellement ce festival que c’était un rêve pour moi d’y chanter !  » 

AnneliSe Roche
© Christine Pascal

Haute-Marnaise d’origine, après des études musicales à Bordeaux, elle vit désormais à Lyon. AnneliSe Roche tisse des histoires, gorgées de sensibilité, entre chanson et conte. A noter que son amour de la chanson et des contes est certainement venu de l’écoute très tôt de nombreux albums et artistes grâce à sa mère également conteuse. Ses chansons issues de ses deux albums six-titres égrainent un partage de souvenirs, de paysages et d’émotions qui résonnent en chacun de nous, avec une part d’enfance très présente. Dans son spectacle actuel, créé récemment en résidence au mois de mai à Agend’arts à Lyon, sa présence sur scène s’est affirmée, comme sa complicité avec son guitariste Pierre Chéneau. Cette chanteuse multi-instrumentiste joue de la guitare, de la clarinette – apprise à l’âge de 7 ans – et du piano. Elle arrive sur scène avec un kimono dans les tons bleus et quelques guirlandes en décor. « Cela fait du bien d’endosser un costume et d’aller sur scène avec tout un contexte particulier, comme les guirlandes ». Elle interprète  une reprise de deux artistes références pour elle. Une très jolie fabulette d’Anne Sylvestre dont on sent qu’elle porte une partie d’héritage notamment avec le titre Maryline. Et un titre de Morice Benin, venu chanter dans la maison d’enfance d’AnneliSe et avec qui elle a participé à ses ateliers d’écriture et écrit sa première chanson. Parfois son répertoire de scène inclut une reprise de Michèle Bernard, une autre de ses références comme Barbara dont elle propose, depuis quelques années, un spectacle de reprises. Elle conclut notre petit échange par : « J’ai hâte de jouer ce spectacle à Barjac !».


Les festivals de l’été : Festiv’Allier à Langogne du 26 au 31 juillet

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Festiv’Allier (reportage dans le n°5 d’Hexagone) est un festival convivial et multi-activités autour de la nouvelle scène de la chanson française et aussi des arts du cirque, des arts de rue et du jeune public. Un festival où l’on peut venir en famille, en Lozère, à Langogne et alentours du 26 au 31 juillet.

Cette 17ème édition consacre Hildebrandt (en entretien et en chronique d’album dans le n°13) comme artiste « fil rouge ». Voici ses différents rendez-vous :

– mardi 27 : festiv’Rando une balade de 8 kilomètres, le long du lac du Naussac ponctué de pauses musicales,  

– jeudi 29 : projection du documentaire « îLeL – Une île en nous » réalisé par Hildebrandt suivi d’un échange,

– jeudi 29 et vendredi 30 : atelier de chant choral avec l’occasion d’être choriste durant le concert du vendredi,

– concert sur la grande scène du Festiv’Allier, en quatuor, avec batterie et deux guitares dont celle d’Emilie Marsh.

Un autre artiste se produit plus d’une fois, c’est Mathieu Barbances (chronique d’album dans le n°11). D’abord avec un spectacle, tout public, dès 8 ans, à ne pas rater : Né quelque part, l’histoire d’une famille en exil de la Syrie à la France racontée par Barbances en solo. Ensuite le samedi à midi pour un moment chanson et contrebasse. Après de nombreux concerts en solo, et deux concerts début juillet en duo avec Hélène Piris à Toulouse, Mathieu Barbances jouera en trio avec piano et batterie. 

Pour les autres concerts chanson, Cyril Adda ouvrira le lundi 26 – lui à la guitare et au clavier – en duo avec un contrebassiste. Deux concerts auront lieu en jardin le jeudi 29 : Matéo Langlois (portrait dans n°15 et chronique d’album dans n°14) en solo, et le duo féminin MariLuce. Le vendredi 30, DBK Project (chronique d’album dans n°13), cinq musiciens pour un concert original inspiré par la littérature d’anticipation et la lutte entre l’humain et les machines. Le samedi Grand Ressac se produit en concert en duo avec Thimothée Demoury (chant, guitare et sampler) et Pauline Dupuy, plus connue par les lecteurs d’Hexagone sous le nom de Contrebrassens (contrebasse et  chœurs).

Et, pour finir par un joli feu d’artifice : les 2 soirées à trois concerts sur la belle place des Moines, au cœur de la ville de Langogne. Le vendredi Melba (chronique d’album dans n°12 et portrait dans n°15) en trio – voix, guitare et machine -, puis Hildebrandt et le hip-hop de PihpohLe samedi Marion Roch (chronique d’album dans n°16), San Salvador, polyphonies du massif central à six voix (trois féminines et trois masculines), deux toms et un tambourin ; puis le groupe Zarzhä avec six musiciens sur scène.


“Sale caractère”, le Massilia Sound System ?

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“Sale caractère”, le Massilia Sound System ? C’est ce qu’il clame haut et fort sur son neuvième album. Plus de 37 piges au compteur, la tchatche joyeuse et engagée… et toujours cette envie de mettre le oaï ! Pas du genre à pleurnicher sur ce que devient le monde ou leur Marseille adorée, nos deux M.C Gari Grèu et Tatou. Avec leurs quatre collègues, ils demeurent fidèles à leurs valeurs et à l’instantanéité et la spontanéité, deux ingrédients essentiels à leur musique aux effluves jamaïcaines. Évoquer avec eux ce nouvel album “retour aux sources” – après sept années – qui réaffirme leur identité première, nous a permis de faire le point sur leurs relations avec celle qu’ils chantent depuis toujours, Massilia la belle.

C’est donc les M.C qui ont été envoyés à Paname pour se taper une bath de promo et on les retrouve entre la poire et le fromage tanqués au fond d’une brasserie face à la gare de Lyon, un jour de manif’ des électriciens et gaziers. Moussu Tatou, à qui on fait judicieusement remarquer qu’il s’est installé face au miroir que tel un Wild Bill Hickock de la garrigue, aurait pu y participer à cette manif’. Il nous vantera d’ailleurs ce collègue costumé qui s’éclate avec chaines et masque et qu’il avait un jour suivi tout au long d’un cortège à Marseille… Une belle bazarette le François Ridel, c’est tout juste si son alter-ego Laurent Garibaldi alias Gari Gréù, pourtant pas avare de paroles, peut en placer une ! De l’or en barre pour un intervieweur. Quand on leur demande s’ils auraient pu choisir l’anglais s’ils n’avaient pas eu à leur disposition l’occitan pour ensoleiller, pour bouléguer le français, la réponse est mi-figue, mi-olive. Rappelons que leurs influences musicales estrangères, se baladent de la Jamaïque en passant par le Nordeste brésilien et les états sudistes et du Midwest. “Peut-être… Si on parle uniquement de choix musical ! Parce que les langues portent souvent le style et que l’anglais est indissociable du reggae, du blues ou du rock. Mais nous avons dès le début eu une posture en accord avec notre environnement, notre communauté, et on aurait été autistes de faire ce choix. L’occitan a d’ailleurs ce côté sauvage, instinctif – en opposition à la langue d’état française – qui le rapproche de l’anglais”.

Massilia Sound System © Marcel Tessier-Caune
Massilia Sound System © Marcel Tessier-Caune

Leur éclectisme musical n’est plus à prouver ; on trouve même des saveurs sauce Tandori, des touches d’électro, voire d’auto-tune dans leur bouillabaisse sonore. “Notre modèle de départ qu’est le reggae, a cette capacité d’intégrer d’autres styles musicaux. On a beaucoup tourné en Italie et pu constater qu’il avait par exemple bien digéré la tarentelle…” Plutôt que copier stricto sensu ce modèle, les Massilia se sont vite reconnus dans d’autres styles musicaux dont le propos était proche du leur. Tatou cite, à notre grand étonnement, la bourrée, pour ses improvisations qui lui rappelle le free style des M.C des Sound System. Quand bien même leur son est reconnaissable entre tous, les Massilia n’ont jamais fait partie d’une chapelle musicale ; la faute à leur public multigénérationnel qui selon eux sont bien loin d’être des aficionados. “À Marseille, certains pensent même que nous avons inventé le raggamuffin ! Loin de nous éloigner de notre modèle, leur diversité nous en a rapproché de son essence. Le sound system parlait à toutes les générations”. Gari Gréù parvient habilement à glisser qu’une grand-mère new-yorkaise fan de James Brown, pouvait faire de même avec son petit-fils qui écoutait le Wu-Tang Clan.

Lorsque l’on fait le pari que leurs textes viennent après avoir trouvé les musiques, c’est Gari Gréù qui peut enfin en placer une et qui rappelle le principe du rub-a-dub, variation du reggae roots. “Un quarante-cinq tours, face A version chantée, face B version instrumentale sur laquelle le MC prenait le micro. On a procédé comme ça à nos débuts”. Tatou le double par la gauche : “ce qui est certain, c’est qu’il n’y a pas de textes sans musique !”. “Ce n’est pas de la mise en musique de poésie” précise Gari en reprenant le volant. C’est le rythme, le style ou le flow dans leur jargon, qui prédomine. On “pose” ses mots et on crée même des variations par rapport à la mélodie originelle. Une part de hasard un brin miraculeuse, qui a son importance dans le raggamufin. Ils s’étaient éloignés de cette méthode traditionnelle et ont souhaité y revenir sur ce neuvième album. “Un retour à une plus grande spontanéité, à nos premiers amours” confie Tatou. La découverte du brega funk du Nordeste brésilien, via leur DJ, n’y est pas pour rien ; ce son “moderne” a fait écho à leur pratique musicale des débuts. Et Gari Gréù de surenchérir : “ça met en lumière la capacité qu’a le reggae digital depuis plus de trente ans, de coller à son époque et de redevenir à la mode.” Effectivement, pas de vrais instruments ou presque sur Sale caractère, et ça passe plutôt crème comme disent les minots…

 

Massilia Sound System © Marcel Tessier-Caune

Leur lucidité envers Marseille est à la hauteur de l’amour qu’ils portent à leur cité phocéenne, exemplaire. Ils ont chanté qu’elle était malade, qui lui fallait se réveiller et la trouve maintenant À la rue (pour reprendre l’un des titres de l’album). “Depuis qu’on a chanté “Ma ville tremble”, ça ne s’est pas arrangé, lâche Tatou. Gari Gréù enfonce le clou. “Notre Massilia rêvée, qu’on chante les yeux fermés, ce Marseille de tous les possibles, plus fort que la fatalité, quand on les ouvre les yeux, on fait le constat que l’on est la ville la plus endettée de France, que l’on sort de trente ans de gestion portanawak, qu’on n’a pas passé le siècle…”. Le ballon repasse à Tatou. “Tout est affaire de prise de conscience et de travail. Marseille, c’est beau. Mais non ! C’est beau si les marseillais en font quelque chose de beau. Sinon, c’est laid, car ce n’est pas un endroit qui serait prédestiné à être vivant, métissé, accueillant. C’est la volonté des gens qui le permet et de temps à autres, il est bon de donner le coup de bâton ; méfiez-vous, si on lâche l’affaire, Marseille ne sera plus Marseille.” Leur acuité sociétale n’est pas locale, mais bien globale. Preuve en est cet extrait de Lo Mercat ; “le capitalisme est une cochonnerie qui nuit gravement à la santé, une véritable saloperie qui devrait être prohibée”. On ne saurait être plus clair et ils développent leur propos à l’aune de l’actualité. “La vraie pandémie qui nous ronge, c’est pas un virus. C’est nous-mêmes, l’humanité”.

Leur soutien actif à Sos Méditerranée est de notoriété publique ; ils ont participé à une tournée et un album collectifs en 2017 (et tous deux se sont produits également avec Moussu T e lei Jovents). Leur chansonDrôle de poissons serait-elle une incitation à ne pas oublier le sort des migrants ? Tatou acquiesce et complète. “C’est une référence à la chanson “Strange fruit” de Billie Holliday et à ses fruits qui pendent de l’arbre. Là, ce sont des poissons qui flottent.” Resucée de Gari Gréù. “On est un peuple maritime. Se dire qu’on prend un bain dans un cimetière, que les bateaux se détournent pour ne pas croiser les migrants et que tout le monde s’en fout, c’est très dur à supporter”. Même s’ils ne font pas mystère de leurs convictions politiques, ils ne prétendent pas convaincre ceux qui nient cette situation dramatique ; ils préfèrent faire l’analogie avec le principe des marins qui veut que tout le monde doit être secouru en mer sans distinction aucune. C’est normal d’évoquer le sujet, concluent-ils en toute simplicité. Nous n’allions pas nous quitter sans une petite galéjade, car figurez-vous qu’ils se livrent à une leçon d’entomologie dans la susnommée chanson, La Mouche. On leur demande donc si cette dernière est plutôt Zobi ou mouche du coche (subtile référence à leur clip illustrant Sale caractère). Sans surprise, Tatou ne se laisse pas démonter. “Je pense plutôt à cette magnifique chanson nicarde. Les niçois ont la pratique des banquets, ils bouffent tous ensemble et ensuite, ils vont tous caguer, ensemble aussi. Et à cette occasion, ils chantent une chanson traditionnelle, Lou tavan merdassier, autrement dit la mouche à merde et qui est également une chanson à forte connotation politique. La mouche frondeuse, emmerdeuse…Tiens d’ailleurs, je n’avais pas pensé que ça fait chier aussi l’abeille de Napoléon !” Et Gari Gréù de conclure “On aurait dû écrire un troisième couplet !”.

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Les festivals de l’été : FestiPoche à Verniolle du 23 juillet au 1er août

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Quel plaisir de pouvoir évoquer un festival récent : le FestiPoche, dans cette série d’articles d’annonce des festivals d’été. 

Cette deuxième édition, du 23 juillet au 1er août, sur deux fois trois soirées et en plein air, à Verniolle en Ariège est organisée par le Relais de Poche en partenariat avec le Comité des fêtes et avec le soutien de la mairie. Le Relais de Poche est un petit lieu convivial comme nous les aimons : librairie – petite restauration – salle de spectacle, Dominique Mourlane programme, entre autres, plusieurs spectacles chansons par mois (hors période de contraintes sanitaires !) : des artistes régionaux et aussi beaucoup d’artistes familiers des lecteurs d’Hexagone. A noter que le Relais de Poche est aussi un des neuf lieux de diffusion de la revue d’Hexagone.

Le FestiPoche propose une programmation éclectique et riche de six soirées avec deux spectacles à chaque fois. En voici les principales caractéristiques.

Des spectacles spéciaux et inédits

Un concert carte blanche à Michèle Bernard (en entretien sur le n°19 d’Hexagone et en chronique d’album sur le n°9) qui invite Hélène Piris et Nicole Rieu, Frédéric Bobin et Francis Laporte. A noter que la veille le samedi 24 Michèle Bernard présentera un récital plus habituel, son Tout’manières en duo avec Clélia Bressat Blum au piano.i

Un spectacle jamais donné, une première (peut-être aussi une dernière…), concocté par un trio de régionaux Eric Lareine, Claude Delrieu musicien-chanteur étonnant et Corentin Grellier (chronique d’album dans n° 16).

Des spectacles festifs

Zoé sur le Pavé et ses cinq musiciens sur scène (guitare-basse-batterie-accordéon-clarinette). L’Opium du Peuple, groupe punk-rock déjanté de sept musiciens et musiciennes, reprend, à sa sauce, les classiques de la chanson de variété française.

Des artistes confirmés en solo

David Lafore (chronique d’album dans le n° 15) et Guilam (portrait et chronique d’album dans le n°14).

Des artistes femmes au franc-chanter

Yoanna, (chronique d’album dans n°13 et portrait dans n°14), présente son spectacle 2e sexe à l’accordéon et en duo avec le batteur Mathieu Goust. Hélène Piris vient avec son violoncelle et son nouveau spectacle Non, mais on va s’en sortir (du nom de son album à venir à la rentrée) en duo avec un percusioniste.

Et des artistes à découvrir : Le Mégaphone Tour, Sèbe, Le bon slamaritain.


Les festivals de l’été : festival de chanson de Montcuq du 15 au 18 juillet

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Le festival de la chanson à texte de Montcuq dans le Lot, pour sa 16e édition, reconduit intégralement la programmation prévue pour 2020. Avec en plus, l’ajout d’une soirée d’ouverture « hommage » exceptionnelle pour saluer la mémoire d’Anne Sylvestre, venue en concert à Montcuq en 2012, et célébrer le centenaire de la naissance de Georges Brassens.


L’originalité et la qualité de la programmation, prévue en extérieur.

Le jeudi 15 le groupe Evasion ouvre le festival avec son spectacle Les Hormones Simone : les cinq chanteuses a cappella revisitent les chansons d’Anne Sylvestre. Puis Joël Favreau, jouera son spectacle en hommage à Brassens. Pour information, cette soirée affiche complet.

Le vendredi, un co-plateau de natifs belges. Claude Semal, prix Jacques Douai 2012, nous régalera de son répertoire issu de ses douze albums, en duo avec le poly instrumentiste Pascal Chardome. Jofroi (chronique d’album dans le n°13 d’Hexagone), en solo guitare, chantera Habiter la terre le spectacle de son onzième album.

Le samedi 17, Liz Van Deuq (portrait dans le n°5 et chronique d’album dans le n°9) au piano assurera la première partie en duo puis Nicolas Jules (dossier dans le n°4, chronique d’album dans les n°13 et 18) se produira en trio guitare-batterie-violons.

Le dimanche 18, le festival se terminera en beauté. En première partie Nour (chronique d’album dans n°7 et article dans n°18), prix du public au Concours Jeune Talent du Festival Jacques Brel de Vesoul 2020. Et ensuite Enzo Enzo (entretien dans le n°20 d’Hexagone) avec MoM, un tour de chant intimiste en duo voix guitare, où elle revisite son répertoire accompagnée par Eliott Weingand. Une soirée à ne pas rater.


Les singularités du festival

La rencontre avec les artistes, à 11h30 invite les festivaliers à échanger.

Le Café chantant, à 16h30, sur la terrasse d’un café au cœur du village, accueille une scène ouverte organisée avec quatre artistes par jour pour quelques chansons chacun. On y écoutera notamment le samedi Marianne Masson (chronique d’album dans n°9).

La direction d’un artiste : c’est désormais Gérard Morel (en portrait dans le n°13), auteur-compositeur-interprète, qui en est le directeur artistique. Il succède à Michel Boutet, lui-même précédé par deux autres artistes-présidents Henri Courseaux et Rémo Gary.

Les arguments pour venir passer un à quatre jours à ce festival à dimension humaine ne manquent pas : sa jolie programmation, la proximité – entre les artistes, les organisateurs et le public -, la disponibilité et l’efficacité des bénévoles de l’association organisatrice « Musiques Cours et Granges », et la situation géographique de Montcuq-en-Quercy-Blanc.


Les autres festivals d’été présentés : le festival Dimey, le festival Pause Guitare et son Prix Magyd Cherfi, et le festival d’Avignon off : la programmation du Théâtre de l’Arrache-cœur, les spectacles chanson et les spectacles de passage.


Festivals de l’été – Avignon Off (3/3) – Spectacles de passage

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Après l’annonce de la programmation de l’Arrache-cœur et celle des spectacles jouant durant tout le festival, voici le troisième article sur le festival Off d’Avignon avec notre sélection sur les spectacles de passage jouant sur une petite période ou pendant les relâches.


Pour une petite période :

Du 11 au 18 – Nawel Ben Kraïem : Je chante un secret. Seule en scène intimiste de la franco-tunisienne, d’après son recueil de poésie « J’abrite un secret » et son album «Délivrance». Poésie musicale sur un écrin de guitare électrique au Verbe Fou (14H15).

Jusqu’au 16 juillet – David Delabrosse (chronique album dans n°3 d’Hexagone) : (Toujours) 2. Un seul en scène mêlant chansons, projections vidéos, et apartés avec le public. Théâtre la scierie (17h00).

Les 14,15 et 16 – Entrer dans la couleur par Alain Damasio – à la voix et au texte issu de son roman « Les furtifs » – et Yan Péchin (composition et guitare) à la Manufacture (23h).

Le 20 – Lafore David (chronique album dans n°5) au Musée Angladon. Le dernier concert vu de David Lafore c’était en juin sans micro, en solo guitare, un grand moment de plaisir (21h).

Du 20 au 26 – B-Astre : Etre sa propre étoile. Une ACI Belge en piano solo au Verbe Fou (14H15).


Maison de la poésie, à 23h59 :

15 et 16 : Malakit. En duo, annoncé comme chansons chics et désabusées.

25 et 26 : Louise O’sman (Portrait dans n°9 et chronique album dans n°15). Après un premier Avignon en 2019, cette A.C.I  accordéoniste revient pour deux soirs avec Joyeuse ville (nom de son album) avant de chanter au festival de Barjac début août.

27 et 28 Kijoté viendra chanter les titres de son troisième album en préparation Ombre et lumière.


Pendant la relâche d’un autre spectacle :

Les mardis 13 et 20 (18h) et 26 (20h) : Josépha se montre. Josepha notre découverte coup de cœur 2015, revient à Avignon avec un seule en scène contenant quelques chansons au Théâtre de l’Ambigu.

Les mardis 13, 20 et 27 : Gwen Soli et Monsieur G, par Gwenaelle Baudin au chant (chronique album ici) et Daniel Gasquet à la guitare à l’Atypik (16h50).

Les mardis 13 et 27 juillet Rêveurs d’aurores à l’Atypik (13h).

Les 13 et 14 Rit Qui Qui avec Vivre heureux dans un pull qui gratte à l’Arrache cœur. Un groupe jeune public, à l’initiative des deux sœurs Laetitia et Virginie Daïdé.


Les festivals de l’été – Avignon off (2/3) – Chanson du 7 au 31 juillet

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Après la riche programmation de la salle chanson du festival, l’Arrache-cœur, ce second article sur le festival off d’Avignon annonce des concerts se déroulant pendant toute la durée du festival, du 7 au 31 juillet. Cette sélection est proposée par catégorie : chanson, spectacle musical, spectacle de reprises.


Les concerts « Chanson »

A la Maison de la Parole (relâche le mardi)

Lily Luca (chronique d’album dans n°14 d’Hexagone) Une artiste à voir absolument sur scène pour sa présence et ses chansons originales et fortes, souvent décalées. Son spectacle Peigner mon poney (les yeux fermés) est adapté avec une voix-off d’audiodescription. Une nouveauté à ne pas rater (21h20).

Misska : entourée d’un pianiste compositeur et d’un guitariste, une artiste à découvrir (15h35).

A l’Atypik théâtre (relâche le mardi)

Moone : deuxième Avignon pour cette nordiste, en duo avec un contrebassiste et quelques sons de bouzouki (20h30).

Odalva : ce duo de provençaux, créé en 2017 par Manon et Norbert, revient pour son second Avignon (16h45). A découvrir.

Eddy la Goyatsch : pour son spectacle jeune public, en trio : Le jour où le jour s’arrêta (11h35).

A la Maison de la Poésie, Eleonore Clovis (18h30) en solo au clavier pour Quelque chose qui cloche (nom de son premier album). Cela incite à aller vérifier.

A l’Humanum Les amants secrets, de la chanson indiscrète, par le duo Ewunia – texte et chant – et Yves Dupuis – composition et piano – (18h40).

A l’Atelier Florentin Aurélie et Vérioca, chanson brasilofrançaise. Une guitare et deux voix, un beatbox et un cavaquinho (16h30).


Les spectacles musicaux

Gainsbourg confidentiel : Coup de coeur 2019. Les chansons des cinq premiers albums interprétés en trio et évoqués sous forme de chronique. A ne pas rater. Théâtre des Vents (21h).

Barber Shop Quartet : l’Opus (jour pair) et Le chapitre (jour impair). Quatre voix a capella, prenant modèle sur les quartets vocaux nés à la fin du XIXème siècle aux États-Unis. Un groupe d’habitués d’Avignon. Un spectacle d’humour musical à l’Essaïon (12h10).

Grandes GueulesExercices de style de Queneau en chansons. Quatuor vocal, habitué d’Avignon. Théâtre Notre Dame (13h10).

La Victoire en chantant 1914 (jour pair) et La Victoire en chantant 1940 (jour impair). Spectacles composés de textes d’auteurs et de chansons populaires de l’époque. Avec huit artistes sur scène et une accordéoniste au Théâtre Notre Dame (15h).

Autant qu’on s’emporte en chantant. Chansons du répertoire français et compositions originales, en duo par Doty et Antho. A l’Atelier Florentin (18h10).

Blond and Blond and Blond : « après Hømåj à la chønson française, voici le noüvo spektåcle MARIÅJ EN CHØNSONS ». Les classiques de la chanson française « passés » à leur suéditude sens de la reprise. Au théâtre des Béliers (22h).


Les spectacles de reprise

Ni Brel, ni Barbara par Les Monsieur Monsieur (Mario Pacchioli et Laurent Brunetti) avec la thématique « Faut-il imiter ou créer ? » au Théâtre de l’Oulle (19h55).

Banco Bécaud : deuxième Avignon pour ce spectacle où un duo au chant (une pianiste et un guitariste) rend hommage à Gilbert Bécaud à l’Atypik Théâtre (13h).

Bobylisez-vous (Cabaret Lapointe) à la Comédie d’Avignon (16h30).


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