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jeudi, avril 15, 2021

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« Feignants d’intermittents » par Aldebert

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Dans un souci d’actualité, Guillaume Aldebert, agacé par les les clichés et les lieux communs sur le statut d’intermittents, s’est fendu d’une petite vidéo de mise au point très éclairante !

A voir sans aucun doute !

 

Le Manque : Champion du monde

Le Manque est un projet littéraire musical et cinématographique nourri de milliers d’influences. C’est ainsi que se présentent Christophe Esnault et Lionel Fondeville, chacun étant respectivement les mots et l’autre la musique de cet ovni qu’est Le Manque. Ovni dans le sens où ce groupe qui est allé mourir à Chartres (C’est eux qui le disent !) ne se limite pas à mettre mots et musique ensemble mais y ajoute ce supplément d’art qui en fait un objet insolite qui agite nos mirettes et chatouille notre curiosité.

C’est en quelque sorte des chansons à voir. Les images en disent autant sinon plus que les textes. C’est malin comme démarche. Malin mais pas que car tout est soigné. On est ici dans une recherche artistique, une mise à l’épreuve et en danger qui forme doucement les prémisses d’une œuvre.

Le Manque est présent sur Youtube et c’est là qu’il faut aller les découvrir. Une quinzaine de clips sont dispos. Le morceau, Champion du Monde, ici choisi est à la fois remarquable et profond mais tous valent le coup d’œil et d’oreille.

TaParole, l’amour à la More

3 minutes sur mer Photo David Desreumaux
3 minutes sur mer
Photo David Desreumaux

Ils sont venus et ils étaient tous là pour la cuisine de la mama ! Mais pas que ! Mais quand même !

Bien souvent, dans les festoches on te refile des vieilles merguez pourries voire cramées dans du pain sec, de la bière de seconde zone et tiède et tu repars en ayant fondu ton bifton de 20 €. T’es content… A TaParole, dont les quartiers sont dorénavant établis depuis plusieurs sessions à la Parole Errante à Montreuil, la recette est la même depuis le début. Depuis ce fond de cour du XXème arrondissement en 2003 à ce lieu aujourd’hui autrement dimensionné. Bien plus grand l’espace mais l’esprit familial et de proximité non seulement règne en maître mais est l’estampille de la maison ! La bouffe donc est super bonne, maison, servie par une équipe dont la gentillesse le dispute à l’efficacité. C’est la grande classe !

Nevché Photo David Desreumaux
Nevché
Photo David Desreumaux

Nous autres d’Hexagone, on a désensablé les portugaises pour l’occase et on a été y pointer nos mirettes le samedi 14 juin. C’était le jour où la prog était plutôt pop/folk/rock. Ce n’était pas du tout un parti pris mais une considération de planning dirons-nous. La qualité du programme méritait largement d’y venir les 3 soirs ! Parmi les Batlik, Nicolas Joseph, Maison Tellier, Nevché, 3 minutes sur Mer, Richard Desjardins, HK et les Saltimbanks et j’en passe, difficile de faire un choix définitif et d’exclure qui que ce soit ! Nous, donc, on a vu les jeunes et prometteurs Radio Elvis dans leur rock tétouillant l’orteil gauche de Dominique A, la belle folkeuse suédoise Eskelina qui parle aussi bien le français que toi et mieux que moi, l’énergie et la chaleur des 3 minutes sur Mer, on s’est mis à genoux devant Nevché avant de guincher avec les Zoufris Maracas en gardant bien haut le poing de la révolte avec eux. A la fin, j’avais mal au bras quand même.

Les cotons tiges Photo David Desreumaux
Les cotons tiges
Photo David Desreumaux

A chaque changement de plateau, en extérieur et sur la paille installée pour la circonstance, Les Cotons-Tiges ont assuré la transition. Trio composé de Jean, François et Coppé comme ils disent que l’on reconnaît aussi sous les traits de Manu Galure, Simon Chouf et Florent Gourault, Les Cotons-Tiges – « parce que ça décrasse les z’oreilles » – revisitent au cumulé une douzaine de standards de la chanson francophone, plus ou moins connus : Delpech, Dassin mais aussi Félix Leclerc ou Aznavour. C’est péchu, c’est fou, c’est joyeux, c’est sans micro et au cœur du public avec une caisse claire avec balais (Florent), une guitare classique (Chouf) et une contrebasse (Galure).

L’après-midi et la soirée passent aussi vite que le temps est assassin et l’on se dit en repartant que l’on vient de vivre une belle page d’humanité et de partage. Une utopie réussie. On vient de faire une pause dans notre quotidien dicté par la réal-égoïste-attitude. Et ça, c’est pas tous les jours !

Voir aussi l’interview de Roxane Joseph à propos de TaParole ainsi que la galerie photo

Le Prince Miiaou – J’ai deux yeux

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Il y avait une fille qui s’appelait Maud-Élisa et qui déclara : les princesses perdent des « oeils », parfois; je deviendrai la Prince des Chats et ainsi naquit le Prince Miiaou (enfin peut-être). La reine Elisa ne miaulait pas toujours en langue de Verlaine mais faisait des « œils » doux à celle de Shakespeare, surtout. Elle clama ses vicissitudes et affûta ses miauleries, les clama encore et encore. Entre électro, pop, rock et expérimentations de tout bois, le royaume du chat se mira à l’envers et se révéla. Je reviens toujours à cette chanson, régulièrement, crame en came. « J’ai deux yeux mais sur les deux y’en a qu’un qui m’appartient ». Voilà à peu près le genre de phrase qu’on aimerait avoir écrit de ses deux doigts : Go !

Babx assure la transition acoustique de la France

Mercredi dernier, le 11 juin, tu t’en souviens, nous étions allés applaudir Bacchus à Extérieur Quai. Cependant, forts de notre don d’obliquité, nous avons aussi assisté au concert que Babx donnait au 104. On t’en a rapporté quelques photos et surtout cette conviction : Babx assure, je t’assure.

Photo Flavie Girbal
Photo Flavie Girbal

On avait passé 10 ans sans assister à un de ses concerts, sans qu’il y ait une raison à cela, ça s’est juste fait comme ça. Imagine… La dernière fois, c’était au Limonaire, ce proverbial bar à chanson de derrière les fagots et derrière les Grands Boulevards et il était seul au piano. Alors, autant dire que le choc décoiffe. Passer sans transition du dénuement du piano solo à la profusion, voire à une fusion pro d’une formation de 6 musiciens tous plus brillants les uns que les autres, ça décoiffe, comme je te dis. Et il suffit de voir la couverture du dernier album de Babx, Drônes personnels, pour s’en persuader.

Que je t’explique. Déjà le Limonaire, y’a pas à tortiller, c’est chouette, c’est un hotspot dans la chanson mais y’a juste un spot, un vieux piano et roulez. Le 104, c’est plus fourni niveau équipement. Et Babx, non content d’être pianiste, n’en fait pas non plus une prérogative de se clouer à son piano acoustique comme Christ en croix. Du coup, sur scène, y’a du monde et un peu tous les musiciens jouent du clavier. La liberté artistique est de mise, c’est moi qui te le dis.

Photo Flavie Girbal
Photo Flavie Girbal

Que je te raconte depuis le début. A l’ouverture des portes, on a été accueillis par un quatuor à cordes accompagné d’une guitare électrique dans une ambiance grand siècle de l’électro. Et déjà, ça en jette. C’est classieux et beau, ce qui ne gâche rien. L’arrière scène projetait des images de théâtre à l’italienne vieillot alors, comme dans les théâtres à l’italienne où le spectacle est dans la salle autant que sur scène, on a regardé autour de nous pendant cette première partie. Et là, on a vu Kent, Arthur H et Albin de la Simone. Je m’excuse auprès de ceux qui étaient là mais que je n’ai pas vus, je vous claque une bise quand même et on tapera le carton un de ces 4. Bon, rien que ça, ça te donne une idée des univers que Babx arrive à réconcilier. La présence particulièrement d’Albin de la Simone place notre lauréat du Prix Raoul Breton 2014 dans la cour des grands arrangeurs. Ceux aux pavillons d’or qui savent faire sonner tout et tous, même Julien Doré.

Photo Flavie Girbal
Photo Flavie Girbal

Bref, quand le concert a commencé, Babx a entamé la démonstration : il est à l’aise dans tous les registres avec tous les modes. Du quatuor à cordes électro donc, aux arpèges de Bach, des boucles très Radiohead à la plume d’un Gainsbourg à bouclette, du tour de chant du chââânteur à la formation rock fusion égalitaire où chaque musicien y va de son innovation. Abolition des frontières, abolition des hiérarchies. Musique décomplexée, plume brillante. On trouve dans les textes de Babx le motif éternel du portrait féminin, charnel et inventif. Celui de Baudelaire, plutôt que celui de Julien Clerc et Francis Cabrel – sauf le respect que je leur dois. Plus encore, ce motif montre à quel point Babx est décentré. Car notre chanteur, contrairement à une scène – respectable néanmoins – ne verse pas dans l’autobiographie. Il s’adonne au littéraire et fait sonner le français comme s’il venait d’Oxford avec une ligne mélodique vallonnée et glissée porteuse d’un style. Avouons que c’est un soulagement.

Alors, on n’en a entendu parler, de Babx, pendant 10 ans. Que ce soit sur un thème maraîcher – « il a le melon » – ou sur un mode mineur – « quel prétentieux, ce type ! »… Après examen approfondi de son parcours, on dira de manière définitive à qui veut bien l’entendre, sur un mode baroque décomplexé : Quel artiste brillant qui a su gravir tous les échelons de la chaîne de production de la chanson jusqu’au moment où il les a dépassés, faisant de la chanson ce qu’elle n’avait pas encore été. Et vu qu’il joue dans cette cour-là, il aurait bien le droit, Babx, l’artisan, l’artiste, le visionnaire, le petit trentenaire, d’être l’homme à la tête de pastèque ça-comme !

Richard Desjardins : Va-t’en pas

Il était tout récemment sur la scène de La Parole Errante à Montreuil dans le cadre du festival Taparole. Le voici en chanson du jour, interprétant Va-t’en pas en live, juste pour le plaisir. Richard Desjardins, c’est grand.

Festival de Barjac 2014

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Pour son édition 2014, qui se déroulera du 26 au 31 juillet, le festival Chansons de Parole de Barjac poursuit sa brillante investigation sur les sentiers de la chanson francophone. Aux talents confirmés comme Rémo Gary ou Anne Sylvestre qui sera là en marraine viennent s’ajouter des jeunes pousses qui ont déjà fait montre de leur talent par ailleurs. Ainsi, Lise Martin, Garance, Lily Lucas, Tony Melvil et bien d’autres viendront inscrire leur nom au programme de ce festival référence dont voici la programmation.

 

barjacSamedi 26 juillet
17h30 – OUVERTURE – PLACE CHARLES GUYNET AVEC LES POULIES TELESCOPIQUES
21H30 – cour du Château – LILY LUCA – ANNE SYLVESTRE


Dimanche 27 juillet
17h00 – chapiteau – ALEXANDRA HERNANDEZ ET JONATHAN MATHIS
18h30 – chapiteau – LA MEUTE RIEUSE
21h30 – cour du château – NATHALIE MIRAVETTE – REMO GARY


Lundi 28 juillet
17h00 – chapiteau – ENTRE 2 CAISSES – à partir de 8 ans !
18h30 – chapiteau – LILI CROS ET THIERRY CHAZELLE
21h30 – cour du château – DELPHINE COUTANT – GIANMARIA TESTA


Mardi 29 juillet
17h00 – chapiteau – GARANCE / LISE MARTIN
18h30 – chapiteau – LAURENT VIEL
21h30 – cour du château – ELSA GELLY – YVAN DAUTIN


Mercredi 30 juillet
17h00 – chapiteau – OLIVIER L’HÔTE
18h30 – chapiteau – ALCAZ
21h30 – cour du château – LAURENT BERGER – ANNE BAQUET


Jeudi 31 juillet
17h00 – chapiteau – JOZEF / BAPTISTE DUPRÉ
18h30 – chapiteau – EMMANUEL DEPOIX
21h30 – cour du château – TONY MELVIL – LO’ JO
Après minuit – Finale nocturne avec IOANES TRIO


 

RENSEIGNEMENTS

le festival est organisé par l’association Chant Libre – licence 1012642/3
Président : Jean-Miche Bovy – Vice-présidents : Pascal Menoux, Yves Chaulet – Trésorière : Cathy Ville

Bureau du Festival : 04 66 24 40 98 – Mairie : 04 66 24 50 09
Pour toute demande d’information, écrivez à : info@chansonsdeparole.com
Chansons de Parole – BP 26 – F – 30430 BARJAC

La Klôserie sans lilas

Mardi 10 juin 2014. Klô Pelgag, après un Café de la Danse en avril dernier, revient sur une scène parisienne. C’est au 104. On l’a rencontrée à cette occasion. A la Klô déchainée sur disque et sur scène laisse place une Chloé Pelletier-Gagnon très posée, presque timide. Posée mais déterminée, passionnée et passionnante quand elle explique sa démarche artistique. Son art déborde la musique sur les extérieurs et elle se pose en disciple de Dali et Lauzon plutôt que Desjardins et Rivard. Klô pratique l’art total, n’exclut rien sinon la tiédeur. L’art ne vaut que s’il est une mise en danger et s’il procure du sens, des formes et des émotions. Cette Klô-là est faite pour durer !

Hexagone : On te découvre en France alors que tu chantes depuis un moment au Québec et que tu as déjà raflé une montagne de prix. Peux-tu raconter en quelques mots le chemin qui t’a conduit à la chanson ?
Klô Pelgag : Quand j’étais petite j’ai pris des cours de piano classique, puis j’ai arrêté avant de reprendre à la fin de mon adolescence de façon plus autodidacte en écrivant des chansons. C’était plus un besoin à ce moment-là.

Hexagone : Quel besoin ?
Klô Pelgag : J’avais besoin de faire sortir des choses, notamment des choses qui se passaient dans ma vie à un moment où je n’étais pas très heureuse. Et à partir du moment où je me suis mise à écrire, des chansons ou des textes, ça m’a montré le monde autrement et aidé à mieux vivre.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hexagone : Tu vis en Gaspésie, une région retirée qui se trouve à 10 heures de Montréal. Est-ce que cet environnement est propice à ta création ? Cet environnement a-t-il influé sur ton désir de faire des chansons ?
Klô Pelgag : Je pense car lorsque tu es ado, c’est très inspirant de n’avoir rien d’autre à faire que de contempler la magnifique nature qui t’entoure. L’écriture s’impose pour échapper à l’ennui.

Hexagone : J’ai lu que tu avais fait du théâtre au départ ?
Klô Pelgag : Pas au départ en fait. C’est lorsque j’ai commencé mon cursus universitaire que je suis allée en Arts et Lettres Option Théâtre et que je me suis découvert un grand intérêt pour le théâtre. Les différents aspects du théâtre, la scénographie, l’écriture dramatique, le jeu, m’ont beaucoup nourrie.

Hexagone : Pourquoi en revenir à la chanson du coup ?
Klô Pelgag : Ça me tentait d’essayer, j’avais un appel fort en moi qui me signifiait que ce medium-là est particulièrement intéressant dans le sens où l’on peut réunir beaucoup de formes artistiques à l’intérieur.

Hexagone : C’est plus direct comme expression ?
Klô Pelgag : Oui, j’aime les humains et j’aime pouvoir communiquer avec eux et la forme de la chanson permet de le faire. Aussi, dans mon spectacle, je suis libre de faire ce que je veux et je n’ai pas de metteur en scène ni d’auteur à qui je dois obéir.

Hexagone : Qu’est-ce t’apporte la chanson que le théâtre ne t’a pas apporté ?
Klô Pelgag : Une liberté complète. C’est moi qui décide si le spectacle est bon ou mauvais. Je peux greffer ce que je veux à mon spectacle comme des tours de magie, etc. J’aime quand c’est un mix entre quelque chose de rôdé mais qui laisse une place aussi à l’improvisation. Et puis il y a la musique que j’adore associer aux mots, à la couleur des accords.

Hexagone : Musique et mots, l’un ne va pas sans l’autre chez toi ?
Klô Pelgag : Dans ce que je fais, oui, mais j’adore la musique instrumentale aussi. Et j’adore lire.

Hexagone : Pour toi, quel est le rôle d’une chanson ?
Klô Pelgag : De toucher les gens, de les distraire. C’est le reflet d’une façon de voir, de les amener ailleurs, de leur montrer un aspect d’eux-mêmes qu’ils ne connaissent pas.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hexagone : Il y a une marque de fabrique « Klô Pelgag » dans tes chansons. Aux thèmes souvent lourds  (la maladie, la drogue, etc.) tu associes des musiques plutôt joyeuses. Que cherches-tu à créer ?
Klô Pelgag : J’écris par instinct et je ne réfléchis pas à ce que je fais quand je le fais. Quand j’écris, c’est que j’ai des choses à faire sortir mais j’aime les transformer. Une musique triste avec un texte triste, ça n’apporterait certainement rien l’un à l’autre. Je n’essaie pas de faire une science de la chanson, c’est du ressenti avant tout. Il y a des sujets qui me touchent plus que d’autres, j’ai une certaine violence en moi…

Hexagone : Oui, d’où vient cette hyper présence de la violence dans les thèmes de tes chansons ?
Klô Pelgag : Je suis passionnée et la chanson me permet de canaliser cette violence.

Hexagone : On parle beaucoup de surréalisme à propos de tes textes. Qu’est-ce qui t’intéresse dans les mots ? Que cherches-tu à en faire ?
Klô Pelgag : Dans le fait d’écrire, j’essaie d’exprimer à la perfection un état, en faire une description suprême de quelque chose. C’est fou ce que l’on peut faire avec les mots. Le contact d’un mot avec un autre, ça peut devenir plus grand que la signification dans leur unité. Pour moi, c’est sublimer un état, une sensation.

Hexagone : On peut rapprocher ton mode de fonctionnement de celui du poète. Comme les Fleurs du Mal étaient les poèmes de Baudelaire, ton Alchimie des Monstres (ou du verbe ?) semble faire état de tes chansons. Comment fonctionnes-tu dans ton écriture ? Est-ce que tu t’astreins à t’asseoir à ta table tous les jours…
Klô Pelgag : Non non. On pourrait rappeler la comparaison entre Picasso et Dali. Picasso a travaillé tous les jours et a livré une production mirifique dont des choses extraordinaires ont sont sorties. Et puis Dali, lui, réfléchissait pendant des mois à ce qu’il allait faire, puis il le faisait en un souffle. Il savait ce qu’il voulait. C’est deux façons de travailler.

Hexagone : Du coup, tu serais plutôt Dali ?
Klô Pelgag : Oui, dans ma façon de travailler. Et je suis très critique envers moi-même. Quand j’écris, je veux avoir envie de pouvoir dire les phrases que j’ai écrites durant toute ma vie. Si j’écris sans en ressentir le besoin, je vais être déçue et frustrée.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hexagone : Tu as mis combien de temps à écrire l’album ?
Klô Pelgag : C’est un premier album, c’est particulier. Certaines datent de trois ans, certaines sont récentes et ont été enregistrées juste avant la sortie de l’album.

Hexagone : Qui t’a donné envie de faire de la chanson ?
Klô Pelgag : Beaucoup de choses m’ont influencée mais parmi les personnes qui m’auraient donné envie de faire de l’art – plutôt que de la chanson – je pense à un cinéaste comme Jean-Claude Lauzon avec son film Léolo, des peintres comme Botero, Magritte. Des poètes comme Claude Gauvreau qui m’a beaucoup touchée dans mon adolescence et qui m’a fait découvrir qu’on pouvait faire n’importe quoi et essayer des choses.

Hexagone : Ton approche est iconoclaste dans le monde de la chanson. Tu mélanges tous les arts et c’est plutôt inédit comme démarche en chanson. L’art pour toi, c’est vraiment une mise en danger ?
Klô Pelgag : Oui, bien sûr.

Hexagone : Du coup, tu ne vas certainement pas chercher à ronronner sur ta formule et le prochainement album sera probablement très différent ?
Klô Pelgag : C’est ça. Et puis si je fais quelque chose avec lequel je suis mal à l’aise, quel regard porterais-je sur moi dans 10 ans ? J’aimerais pouvoir toujours rester fière de ce que j’ai fait.

Hexagone : Qu’est-ce que tu écoutes en musique ?
Klô Pelgag : J’ai écouté beaucoup de rock progressif quand j’étais adolescente.

Hexagone : Comme qui ?
Klô Pelgag : Gentle Giant notamment avec l’album Interview. J’ai écouté beaucoup de chanson française aussi, j’ai écouté du reggae. J’ai écouté un peu de pop aussi, j’adore l’album de Metronomy, The Bay.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hexagone : Tu as davantage une culture pop / rock anglo-saxonne ?
Klô Pelgag : Non, j’adore les classiques français comme Gainsbourg et Histoire de Melody Nelson. J’aime Brassens, Brel et Bashung que je découvre en ce moment. J’aime le côté épique de son univers. Pas de compromis dans son œuvre, je m’en sens proche. J’aime les gens qui ne renient pas leurs idéaux et vont au bout de leur démarche artistique.

Hexagone : Comment décrirais-tu le tien d’univers ?
Klô Pelgag : Je ne sais pas. Je préfère que ce soit les autres qui le décrivent parce qu’il n’y a pas de vérité. Personne n’a raison. Aujourd’hui on va dire que je suis surréaliste et peut-être que dans deux ans on dira que je suis baroque. Je ne veux pas m’attribuer de qualificatif parce que je veux me laisser la chance d’évoluer et de changer même si certaines choses resteront toujours.

Hexagone : L’importance de la scène pour toi ? Ça se passe avant tout là ou bien est-ce juste un passage obligé auquel tu ne tiens pas forcément ?
Klô Pelgag : Ah ! J’adore la scène et je suis vraiment heureuse de pouvoir tourner autant. C’est violent la scène et j’essaie toujours d’être le plus honnête possible avec ce moment, avec le public. C’est un moment fragile et j’aime cette fragilité, j’aime qu’on laisse la possibilité au spectacle d’être bon, moyen excellent ou nul.

Hexagone : Pour le coup on retrouve si ce n’est le théâtre au moins le goût du jeu ?
Klô Pelgag : Oui, j’aime tester les gens. Sur scène, on est un peu un concentré de certains aspects de nous-mêmes.

Hexagone : On retrouve sur scène ton côté « barré » et c’est un compliment. La scène c’est le prolongement de ton travail artistique d’écriture et de composition ?
Klô Pelgag : Oui, bien sûr. J’ai toujours été un peu « à part », on m’a toujours regardée un peu comme une extra-terrestre mais j’assume et ça me plaît.

Cendrio : Parlez-moi de moi

Cendrio est un artiste cévenol. Ses chansons colorées sont loin d’exclure toute forme d’engagement. Bien au contraire. On retrouve chez lui un cousinage avec le presque voisin d’Astaffort, Francis Cabrel. Les mélodies folk et la voix au méridional accent y sont pour quelque chose pour sûr.

Le morceau du jour est la chanson Parlez-moi de moi qui est également le titre du nouvel album à sortir très prochainement. Un morceau tout en second degré qui dit toutefois en creux la propension très actuelle à se regarder un peu trop son propre nombril. On peut donc lire aussi cette chanson comme une urgence à regarder et à aimer son voisin.

Nosfell : Rubicon

Premier single du dernier album Amour massif paru en mars dernier, Rubicon montre l’évolution de l’univers artistique de Nosfell. Avant de reparler à la rentrée de son passage au Trianon le 12 novembre prochain.

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