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Yoanna – Elle est double

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Yoanna dans ta face ! Une fille un accordéon des cheveux rouges, parfois, et une gouaille à faire pâlir tes poulets ! Mots qui smatchent leur reum. Moi je me suis pris Yoanna en pleine goule en 2008, ne m’en suis pas remise de ses boxes et il paraît qu’elle revient bientôt avec un nouvel album…

Bacchus gagne à l’Extérieur

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Ça fait maintenant trois mois que Nicolas Bacchus a pris ses quartiers et nous donne un rendez-vous mensuel dans son nouveau repaire parisien sis au 5, rue d’Alsace, Paris Xème. A un demi pas de la gare de l’Est. Extérieur Quai que ça s’appelle le lieu et c’est une brasserie où les prix sont très raisonnables, la bouffe (et la bière) plutôt très bonne et personnalisée en fonction de l’artiste du jour. Enfin du soir.

Mercredi soir donc, avant que le troubadour du bas canal – comme on disait quand il habitait encore Toulouse mais ça date – nous envoie ses rengaines à te mettre la chair de poule aux feuilles de chou, hier soir donc disais-je avant de partir dans mes soliloques digressifs, je me suis envoyé une assiette Bacchus pour pas nourrir bête. Des pousses d’épinards et de jeunes asperges ou l’inverse, des patates douces et bien sûr le tout arrosé du filet mignon qui a rendu célèbre Bacchus eu égard à son savoir en filet justement.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Passée la métaphore filée donc, revenons à nos chansons. Tout de chemise à carreaux vêtu et accompagné fort élégamment et subtilement au violon par Sylvain Rabourdin, Nicolas Bacchus a montré à nouveau tout le métier qu’il possède, tout son art de tenir une salle de bar dans sa main. Car qu’on ne se méprenne pas. C’est certainement les lieux les plus difficiles à apprivoiser pour un artiste que ces bars, ces coins d’estrade au demeurant fort sympathiques. L’échange avec le public est direct, frontal et un artiste mal aguerri pourrait s’y faire rôtir les ailes en moins de deux. Pour peu qu’il chante le répertoire d’un Bacchus j’entends.

Parce que ce Bacchus qui sillonne les salles et les bars de l’Hexagone depuis plus de 15 ans, il ne débarque pas avec des chansons de tapette mais avec des chansons de pédé ! (Mais pas que) Des chansons saignantes et « à poing » comme il s’était amusé à nous le raconter sur son album A Table en 2006. Des chansons au travers desquelles il exprime inlassablement son goût de la liberté et de la différence. Des chants de revendication aurait peut-être dit Ferré sauf que chez Bacchus, le chant tout aussi engagé soit-il et il l’est, le chant est presque toujours enjoué et jouissif ! Chez Bacchus, on brandit plutôt le poing pour dire « laisse-moi aimer qui je veux » plutôt que « je ne t’aime pas ». Alternant la Takamine acoustique et la Gretsch électrique, Bacchus passe ainsi en revue une quinzaine de morceaux dont l’essentiel est puisé – non pas à l’encre de tes yeux – mais dans l’œuvre récente à l’exception toutefois des Sans Papiers et du Tango que nous fait danser Bacchus depuis plus de dix ans.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Quand il chante dans les bars, Nicolas, comme mercredi dernier, il greffe toujours des chansons des autres à son tour de chant. Pas forcément de grands standards dans ses reprises, mais des chansons moins convenues d’artistes illustres, comme la superbe interprétation de Saturne de Brassens notamment. Aussi, des chansons des collègues et amis chantistes – plus confidentiels ou moins exposés selon comme on voit la chose – comme Reno Bistan, Sarclo, Jehan, Font & pas Val. Faut pas déconner non plus.

Chez cet énergumène patenté, ce qui frappe, qui réjouit et vaut maximum respect pour la dire comme les jeunes c’est le sérieux du travail. Derrière une espèce de fausse inconséquence, Bacchus ne laisse pas de place au hasard, c’est un perfectionniste. Qu’il joue sur une scène ou dans un bar, si la set list diffère l’application à la tâche est la même. Il suffit de le voir faire et parfaire ses balances avant le spectacle pour s’en douter. Il suffit de l’écouter dans ce mini groupe à 2 avec Sylvain Rabourdin pour en être convaincu et comprendre qu’une seule chose anime Nicolas Bacchus depuis qu’il chante : donner et donner bien. Donner généreusement. Que tu sois venu l’applaudir ou non.

A Extérieur Quai, la saison est terminée en ce qui concerne l’ami Bacchus. Les concerts reprendront à la rentrée et paraît-il que le taulier du lieu – qui est aussi celui des Bouillons Belge et Saint-Stef si tu connais – a un projet de cabaret burlesque. On en reparle ici bientôt.

Robi – Où suis-je

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Si tu ne sais pas encore qu’en 2014 on ne meurt plus d’amour, qu’on peut avoir une voix velours-rauque-cigarettes sur des mélodies aussi efficaces qu’un bon tube de Blondie… alors c’est que tu n’as pas encore écouté Robi. Entêtant.

Festival TaParole avec Roxane Joseph

Depuis quelques semaines, difficile d’ignorer cet évènement qui a démarré lundi dernier et dont les points culminants sont attendus pour les 13, 14 et 15 juin à La Parole Errante à Montreuil. Difficile d’ignorer disais-je car le tout Paris populaire et des salles de spectacles est placardé de cette affiche chatoyante jaune et rouge. Des bénévoles – pour la plupart – qui ne rechignent pas à la besogne pour faire vivre leur passion de la chanson tractent et affichent inlassablement. Le Festival TaParole arrive donc pour sa session 2014. Avec cette année encore une programmation où l’éclectisme le dispute à la qualité. La Maison Tellier, Nicolas Joseph, Batlik, Richard Desjardins, Eskelina, HK et les Saltimbanks, Alain Schneider pour les plus petits, etc. Devenu un rendez-vous incontournable de la chanson d’expression, TaParole a su imposer sa vision d’un autre système de valeurs associée à une idée exigeante de la chanson. Roxane Joseph, cofondatrice du festival avec son frère Nicolas en 2003 répond à nos questions.

Roxane Joseph par Bauer
Roxane Joseph par Bauer

Hexagone : Taparole a été créé en 2003. Rappelle-nous comment l’idée est née et quel était l’objectif au départ ?
Roxane Joseph : Mon frère est moi sommes passionnés de chanson depuis toujours. Il n’y avait pas de festival de chanson à Paris, en allant beaucoup au concert, nous avons rencontré beaucoup d’artistes talentueux et nous avons eu envie de les rassembler et de les aider à trouver un public plus large. L’idée était simple, si chaque artiste parvient à rassembler 20 personnes en les regroupant nous parviendrions à faire venir 200 personnes et dès la première édition nous étions complet chaque soir. Nous voulions donc offrir à ces artistes de belles conditions pour présenter leur travail et attirer l’attention du public et des professionnels tout en travaillant sur une idée d’accueil du public différente de celle qu’il trouve habituellement dans les salles. Il y avait aussi l’idée de recréer un petit monde en accord avec nos idéaux de partages, d’échange, de rencontre et de montrer le monde tel qu’il est ou devrait être, inviter des collectifs de militants mêlés à l’expression artistique et donner envie au public de s’impliquer dans les luttes en cours.

Hexagone : En 2014, l’objectif est-il toujours le même ?
Roxane Joseph : L’objectif est toujours le même mais l’échelle à changé, d’un public de 400 personnes nous sommes aujourd’hui à plus de 3000, la recette est la même aujourd’hui, le travail et l’expérience nous ont permis d’approfondir certains aspects, toujours au plus près de notre idéal : mêler découvertes et artistes plus professionnels, accueil du public convivial et humaine (cuisine maison avec des produits locaux ou bio), projet pensé dans sa globalité (recyclage des déchets, rémunérations équitables, focus sur des sujets de l’actualité militante, prix raisonnables, joie et enthousiasme!)

Hexagone : Comment s’opèrent les choix d’artistes ? Existe-t-il un comité ? Un vote ?
Roxane Joseph : Les choix est purement subjectif ! Nous sommes 3 à la programmation et le choix s’opère à l’unanimité. Pas de vote mais des discussions et beaucoup de concerts. Il faut que l’on puisse défendre tous les artistes programmés aucun n’est là par hasard, il y a aussi l’harmonie des soirées, il faut une cohérence donc certains artistes chéris ne trouvent pas leur place dans la programmation de cette année, on les garde pour une autre édition où leur couleur artistique correspondra à ce qu’on a envie d’exprimer alors. Comme nous ne sommes pas tenus par l’actualité de l’artiste mais guidés uniquement par notre cœur chacun trouve sa place le moment venu.

Batlik
Batlik

Hexagone : Que doit impérativement contenir le CV des artistes pour être programmés à Taparole ?
Roxane Joseph : Bon, on regarde pas les cv!! Il faut impérativement qu’on l’ait vu sur scène, première étape. Puis ensuite c’est vrai que le texte prime, la poésie, le contenu, les convictions. La démarche de l’artiste nous intéresse aussi, quels choix fait il pour tenter d’ouvrir les portes de ce métier? Quels sont ses prises de position, dans l’ensemble il faut que le contenu artistique nous emporte et qu’on observe une cohérence entre son discours et ses choix artistiques, si en plus il y a des affinités humaines c’est l’idéal!

Hexagone : Taparole, c’est combien de bénévoles, combien de salariés ?
Roxane Joseph : 60 bénévoles et 5 salariés pendant le festival. Plus une soixantaine d’artistes et une dizaine de techniciens qui sont également salariés durant le festival.

Hexagone : Etes-vous aidés par différents organismes pour boucler le budget ?
Roxane Joseph : Oui la région, la ville de Montreuil, l’ADAMI, la SPEDIDAM, la SACEM, les subventions couvrent environ 50% du budget, le reste est financé par le bar/restaurant et la billetterie.

Hexagone : On vous sait très ancrés à gauche. Vois-tu Taparole comme le véhicule d’un autre système économique ? D’un autre système de valeurs ?
Roxane Joseph : De valeurs différentes oui, si on peut montrer au monde que c’est possible de réaliser de beaux projets qui perdurent et se développent sans renoncer à ses idéaux, en les mettant en œuvre alors le pari est réussi. Quant à l’aspect économique il est évident que l’on prouve chaque jour que notre projet est viable, crée des emplois, une certaine économie, mais c’est aussi au prix de beaucoup d’abnégation, d’obstination et de travail, c’est un secret pour personne que les structures associatives restent dans une grande précarité, fragilité économique, notre réussite tient beaucoup à l’énergie des bénévoles et à la passion qui nous anime ! Mais je crois beaucoup au monde associatif, aux collectifs, aux initiatives citoyennes pour faire évoluer le monde, l’espoir se situe là, assurément.

Richard Desjardins
Richard Desjardins

Hexagone : Quelle a été l’évolution de la fréquentation depuis la création jusqu’à 2013 ?
Roxane Joseph : De 400 à plus de 3000. Cela a été très progressif, à échelle humaine, en suivant notre bonhomme de chemin, le public s’est toujours montré très réceptif aux intentions que l’on mettait dans la programmation, dans nos évolutions, nous avons une grande confiance dans notre projet car nous sommes convaincus de sa pertinence!

Hexagone : La prog est assez éclectique cette année dans les styles présentés. Est-ce Taparole ou la chanson en général qui évolue, qui se modifie ?
Roxane Joseph : J’ai toujours pensé que la richesse de l’esthétique chanson se situait dans sa variété au sens noble du terme. Elle est variée, riche, foisonnante, la chanson c’est du rock, du slam, de la poésie, du minimalisme, de l’humour, de la revendication, c’est tout ça à la fois, mais cette année, c’est vrai, on avait envie de couleurs, de mouvements, de rythmes, inviter la maloya réunionnaise, le folk de la Maison Tellier… Je pense que la chanson s’est toujours inspirée de nombreuses influences mais qu’elle est parfois défendue par des chapelles qui l’emprisonnent un peu, alors qu’elle n’est jamais plus belle que lorsqu’elle est libre et qu’elle surprend. Bien qu’il y ait beaucoup de groupes qui choisissent l’Anglais, il y a aussi un regain d’intérêt pour notre vieille langue, on le voit avec le succès d’un groupe comme Fauve ou La Femme, il y a donc des mouvements contraires mais je crois que c’est ainsi depuis longtemps.

Hexagone : Aussi, le festival se déroule sur quasiment une semaine et sur différents lieux à Montreuil. A quelle envie également cela répond-il ?
Roxane Joseph : C’est dans l’essence d’un projet de le faire évoluer, grandir, c’est ce qui motive, entretient la passion, mais dans notre cas nous ne voulons pas nous développer en perdant justement les objectifs de départ, donc un des choix qui est fait est de s’étendre dans la ville, nouer de nouveaux partenariats, s’ouvrir et collaborer avec d’autres structures, chaque année nous rencontrons de nouvelles personnes qui nous permettent d’ancrer davantage le festival dans la ville, on aimerait bien s’étendre à d’autres villes encore et embraser toute la région!

Nevché
Nevché

Hexagone : Si Taparole avait le budget des Vieilles Charrues, on verrait qui à la Parole Errante ?
Roxane Joseph : Ou la la…. Vaste question. On se paierait Brigitte Fontaine, Higelin, Fauve, Manu Chao…. On pourrait surtout se payer le luxe de multiplier les découvertes.

Hexagone : Dans le sillage de Taparole, il y a eu La Menuiserie comme nouveau labo à chansons. Quelles sont les prochaines étapes, les prochains projets ?
Roxane Joseph : Et bien comme toujours…. Pousser les murs de La Menuiserie où on commence à se sentir à l’étroit, on cherche sérieusement un lieu plus adapté à notre démesure! Le festival c’est génial, mais éphémère, le vrai pied c’est des concerts toute l’année, accompagner des artistes au quotidien, être auprès d’eux, de leur fragilité et frôler le bonheur à travers les yeux du public, pour ces instants vécus, partagés, on est prêts à bouger le monde!

Hexagone : Quel est ton meilleur souvenir à Taparole depuis sa création ?
Roxane Joseph : Un des moments que je préfère c’est à la fin de chaque soirée, quand le public repart, je me place près de la sortie et je les vois sortir, heureux, beaux, apaisés, émus, ils ont souvent un mot doux pour nous, pour les artistes, les bénévoles et ça fait tellement de bien de vivre ça, je peux rentrer chez moi, dormir quelques heures avec la quiétude que procure la certitude du travail bien fait.


 

INFOS PRATIQUES

Festival TaParole à La Parole Errante
du 13 au 15 juin 2014
La Parole errante 9 rue François Debergue – 93100 Montreuil
Métro Croix de Chavaux – Bus 102 / 115 / 127 / 122 / N16 / N34
01 48 40 56 53 | info@festivaltaparole.org | www.festivaltaparole.org
Tarifs : 15€ |11 € | PASS 4 jours 30 € | gratuit pour les -12 ans
Spectacle jeune public : 5€ pour les accompagnants

Festival TaParole Hors les Murs
du 9 au 12 juin 2014

Lundi 9 juin 2014 à partir de 17h
Bal folk du Collectif Markus
Théâtre de Verdure, la Girandole
65 rue Pierre de Montreuil 93100 Montreuil | Métro Mairie de Montreuil et bus 122 arrêt Saint-Just ou 15 mn à pied
Libre participation à partir de 5€

Mardi 10 juin 2014 à 19h30
Lavomatic Tour (scène ouverte, entrée libre)
Ser’press laverie
41 bd Rouget de Lisle 93100 Montreuil

Mercredi 11 juin à 15h00
Spectacle jeune public François Lemonnier Quand j’étais petit
Théâtre Berthelot
6 rue Marcelin Berthelot – 93100 Montreuil
Réservations conseillées : 01 41 72 10 35 – resa.berthelot@montreuil.fr
5€

Jeudi 12 juin à 20h30
Rocé
Café La Pêche
16 rue Pépin – 93100 Montreuil
www.lapechecafe.com – 01 48 70 69 65
Tarifs : 14€ | 11€ | 8€ | Pass 4 jours 30€

Nicolas Bacchus : Saturne

Voici un morceau extrait du CDVD de Nicolas Bacchus, Devant tout le monde, enregistré en 2012 aux Trois Baudets. Une reprise de Brassens. Saturne. Alors, je vous vois venir avec vos questions, vos interrogations et vos réflexions désagréables du genre « ah ouais quel intérêt encore une reprise de Brassens pffff ! » que vous dites.

Oui, mais sauf que là c’est pas pareil. Bacchus a jeté la moustache, gardé la pipe si l’on veut, a déshabillé le génial Jojo pour le re-saper comme un milord ! Brassens dégeorgifié habilement, avec beaucoup de respect parce que ça n’empêche pas, pour une interprétation vive et vivifiante. Bacchus a encore quelques bons tours de sablier devant lui, qu’il se rassure et nous avec !

Photo David Desreumaux

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Anaïs : DRH

Attention, attention, Anaïs prend la parole : « Ta daaa! Le nouvel album d’Anaïs est donc bien prévu pour mi septembre, il va s’appeler HellNo Kitty, et (re)voici ci dessous le clip de mon 1er single (et pas le dernier j’espère ;-): DRH…..tout un programme…
Les dates de concert sur mon site… voilà vous savez tout! Partagez mes mogwaïs, partagez! »

Garance : De l’hôtel à la gare du Nord

Garance, comme dans un Carné-Jeanson bien célèbre. La même fraicheur, la même âme populaire dans son acception originelle… Elle raconte comment elle a appris à jouer de la guitare avec le Diapason, « le livre des scouts », elle dit sa fougue, son besoin de monter sur scène, elle parle de ses potes chanteuses et chanteurs, elle ne cache pas la galère du statut d’artiste de la chanson en 2014 sans se lamenter jamais. Bien au contraire. Garance parle comme elle chante, en toute sincérité, sur le mode de l’échange profond. Humaine cette Garance.
 

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hexagone : Peux-tu raconter en quelques mots le chemin qui t’a conduit à la chanson ?
Garance : Mes parents écoutaient beaucoup de chanson : Bobby Lapointe, Renaud, Souchon, Le Forestier et du coup la chanson m’a accompagnée durant toute mon enfance. Par la suite, en 2006, J’ai revu mon ami Brams chez mes parents près de Poitiers. Je lui ai fait écouter mes chansons, il m’a dit qu’il me rejoignait dans 3 mois à Paris – alors que j’étais montée faire du théâtre deux ans auparavant – afin que l’on fasse des concerts ensemble. Et on a joué tout l’été dans tous les bars comme des malades.

Hexagone : Donc tu as une formation de théâtre au départ ?
Garance : Oui, j’ai fait les Cours Florent.

Hexagone : Qu’est-ce que tu as trouvé dans la scène chanson que tu ne trouvais pas dans le théâtre ?

Garance : Déjà, l’aspect ludique. Je trouve ça moins douloureux, plus sain, simple, moins prise de tête et surtout beaucoup plus direct avec le public. Je pouvais dire aussi très simplement ce que je voulais dire et le transmettre directement à quelqu’un. La chanson est aussi accessible à une majorité, ce qui n’est pas exactement le cas du théâtre.

Hexagone : En même temps, la chanson est aussi là pour faire réfléchir et n’est pas que ludique non ?
Garance : Oui, je suis d’accord. Je parlais uniquement de la forme. Le format court de la chanson me convient mieux et je le trouve plus ludique aussi en ce sens. La chanson, un concert, j’assimile ça à un recueil de nouvelles. Je raconte une histoire et dans 3 minutes j’en raconte une autre.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hexagone : T’inscrire dans le monde de la chanson, ce n’est donc pas un rêve d’enfant pour toi ?
Garance : Non franchement, je dis souvent que c’est grâce à Brams que j’ai commencé parce que lorsque je faisais mes pièces de théâtre cela me convenait tout à fait. Et puis, on s’est mis à faire des concerts et le plaisir des concerts a pris le dessus sur le théâtre.

Hexagone : Il y a eu un déclic ?
Garance : On ne peut pas vraiment parler de déclic mais ça me plaisait vachement. Plus je monte sur scène, plus je fais des concerts et plus j’ai envie de jouer et d’aller jouer dans toute la France. J’aime bien rencontrer des gens par ce biais-là, de voir différents publics. C’est comme si tu allais sur France Inter et que tout à coup tu avais la parole, tu peux dire aux gens des choses que tu as envie de dire.

Hexagone : Ça ne fait pas flipper en même temps d’avoir ce pouvoir de parole ?
Garance : C’est clair, on s’interroge toujours sur sa propre légitimité. Quand tu fais des chansons légères ou d’amour, la question ne se pose pas trop mais dès que tu fais des chansons avec un avis pseudo-engagé, pseudo-politique…

Hexagone : Pas forcément pseudo. Quand tu chantes « N’oubliez pas d’aller voter au cas où ça servirait », ce n’est pas anodin et tu portes comme un étendard à ce moment-là.
Garance : Oui et c’est cet aspect-là qui fait un peu flipper. Après, les gens reçoivent la chanson comme ils veulent et libre à eux surtout de voter ou pas. Ce n’est pas un message que je veux passer. Je pose juste la réflexion à partir de mon sentiment, de la façon dont je vis les choses.

Hexagone : On n’écrit plus aujourd’hui des chansons d’engagement comme Renaud pouvait en écrire dans les années 70 ou 80 ?
Garance : Oui c’est pas faux. Tu vois Batlik, il a des chansons que l’on qualifie d’engagées, en tout cas avec un point de vue très affirmé, il n’est pas dans la modération quand il s’exprime et en même temps il n’est jamais simpliste. Certaines chansons, t’as intérêt à les écouter plusieurs fois pour capter tout ce qu’il dit et te faire ton propre point de vue. Ce n’est pas forcément frontal.

Hexagone : Dans tes influences, on sent bien Renaud. On pourrait ajouter qui ?
Garance : Avant d’écrire mes propres chansons, on peut citer Renaud, Anne Sylvestre, Lynda Lemay, Souchon.

Hexagone : Et ceux que tu écoutes aujourd’hui ?
Garance : Batlik, j’ai pas mal écouté Marie Cherrier, Buridane, Benoît Dorémus. Et de plus en plus, j’écoute des gens avec qui j’ai joué et qui sont devenus des amis : Pauline Paris, Govrache, Tomislav, etc.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hexagone : C’est quoi « des idées rock qui ne pèsent pas lourd » ?
Garance : Parfois on part dans la vie avec une ambition, une certaine vision des choses, de la liberté et puis il arrive que toutes ces convictions, ces ambitions ne se réalisent pas exactement comme on l’imaginait. Tu n’es pas ce que tu voudrais être, tu ne fais pas vraiment ce que tu voudrais faire, tu ne représentes pas vraiment ce que tu voudrais représenter, etc. Mais peut-être que cela ce n’est pas grave finalement, peut-être que les grands discours ça ne pèse pas lourd justement. Je ne suis peut-être pas un punk mais je peux en avoir gardé l’esprit, c’est un peu ça ce que veulent dire Les idées rock.

Hexagone : Comment se passe le travail chez toi ? Comment écris-tu, comment vient le choix d’un thème, d’une chanson ?
Garance : Souvent, les idées me viennent d’un coup. Si je suis dans les transports ou autre, je prends mon carnet et je note à toute vitesse. Mais même si je ne suis pas chez moi et que je n’ai pas ma guitare sous la main, j’ai toujours un rythme dans la tête. Les mots sont posés sur un rythme et sur une mélodie approximative. Je mets les mots et la musique en même temps. Je ne peux pas écrire le texte sans la musique sinon ça ne fera jamais une chanson.

Hexagone : Pour toi, c’est quoi le rôle d’une chanson ?
Garance : J’ai besoin qu’une chanson me parle, me fasse réfléchir, qu’elle me fasse me ressouvenir de choses, qu’elle fasse jaillir des émotions.

Hexagone : Du coup, ce serait quoi une bonne chanson ?
Garance : (Rires) Alors, le directeur de la programmation de France Bleu m’a dit, avec des pincettes et très gentiment, qu’il aimait beaucoup ce que je faisais et qu’on allait bosser ensemble mais que je n’étais pas une fille qui faisait des refrains. Alors, peut-être qu’une bonne chanson, c’est une chanson à refrain ! Je pense qu’une bonne chanson c’est une chanson que chacun peut s’approprier, en tirer sa propre interprétation.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hexagone : Aujourd’hui, bosses-tu à côté ou bien ne fais-tu que de la chanson ?
Garance : Je ne fais que ça. C’est carrément la galère ! (Rires) Je suis au RSA depuis 2 ans, je n’arrive pas à avoir mon statut d’intermittente. En attendant d’arriver à obtenir mon statut, ça me permet de démarcher pour trouver des dates, de bosser mes chansons et c’est cool de ce côté-là de pouvoir vivre comme ça, de pouvoir avoir la disponibilité pour bosser sur des projets, pour pouvoir répéter avec le groupe, etc.

Hexagone : Oui du coup, comment ça se passe pour répéter ? Vous avez un local, quelque chose ?
Garance : Non, ça aussi c’est compliqué, je suis obligée de louer des studios et c’est super cher. Heureusement que je vends des CD à la fin des concerts sinon je n’y arriverais pas.

Hexagone : Ton nouvel album vient de sortir. Qu’est-ce qui va se passer pour toi dans les semaines, les mois à venir ?
Garance : Je ne fais pas de rétro planning. Au jour le jour, je démarche, je cherche des dates pour jouer en solo ou en groupe. Si je jette un coup d’œil en arrière, je me rends compte tout de même que c’est de mieux en mieux de ce côté-là d’année en année. J’ai vraiment envie de jouer le plus souvent possible et ce qui me ravit c’est que plus ça va et plus il y a de belles dates qui arrivent, dans de chouettes endroits avec des gens qui te font confiance. Je vais à Barjac cet été par exemple, je suis super contente.

Manon Tanguy : Somniloque

Somniloque, premier extrait du premier album du même titre de Manon Tanguy sorti en mars dernier. Une belle découverte.

Hervé Suhubiette – Le charme

A quoi ça tient Le Charme s’interroge Hervé Suhubiette ? C’est ça d’abord. A quoi ? La réponse en chanson par ce garçon qui sait coudre aussi habilement sur mesure pour le jeune public comme pour les plus grands. Chez Suhubiette, la question est ici et la réponse est tailleur !

Photo Bruno Wagner

Cantinero : Je suis ton homme

Nouveau single d’un EP 5 titres à paraître le 9 juin prochain sur iTunes, Je suis ton homme illustre bien l’univers de Cantinero où la folk puise ses racines dans le grand Ouest américain sur fond de banjo. L’engagement toujours à l’affût, la main posée sur la poche revolver.

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