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jeudi, avril 15, 2021

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GiedRé : Les GeNs se bRosseNT Les deNTs

J’ai longtemps cherché à qui me faisait penser Giedré. Et je remuais dans ma petite tête et je farfouillais. Oh bien sûr, on a déjà beaucoup dit et commenté les différents cousinages, d’Oldelaf à Didier Super en passant par les Rois de la Suède ou autres Wriggles pourquoi pas. Mais cette singularité propre à cette meuf culottée qui se moque du mode convenu et de la bienséance, cette façon de chanter et de cracher des énormités avec un faux premier degré, où donc avais-je vu ça ? Je m’égarais à chercher chez nos french trodadors. La réponse venait d’Outre-Atlantique. Te souviens-tu Lecteur de la série Friends ? T’en souvient-il de la désopilante, trash et subversive Phoebe qui chantait son redoutable Smelly Cat avec sa guitare en bandoulière ? Giedré est notre Phoebe à nous c’est de ma part un compliment ! C’est le fan qui parle ! Voici, juste pour se faire plaisir, Les gens se brossent les dents.

Photo David Dain & Didier Fraisse

Melissmell au Limonaire les mardis de juillet

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Ne désertez pas Paname en juillet, Melissmell fera tous les mardis au Limonaire ! Alors, on écoute cette petite chanson, Déserteur, tirée du dernier album Droit dans la gueule du loup, et on réserve hein ! Melissmell, c’est une voix, une rage, un cœur, une force, une arme pour un max de bonnes vibrations en français dans le texte !

Photo Benoît Courti

Govrache : Le bleu de travail

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Du célèbre héros du père Hugo qui ne dédaignait pas montrer son cul à la maréchaussée, David Hébert alias Govrache en conserve le sel dans sa vision contemporaine de notre société. Si le couvre-chef éponyme bien qu’anagrammé reste toujours vissé sur le crâne du protagonsite, en revanche, sache, lecteur, qu’on ne balance plus de pavés sur les barricades en 2014 à Paname mais qu’on sort de ses poches des chansons qui atteignent le mille en plein, qu’on s’indigne en soufflant sur le vers ciselé et cristallin pour qu’il vienne mourir harmonieusement au fond de nos pavillons ébahis.

C’est ici la démarche entreprise par Govrache donc, sur cet EP, Le bleu de travail, paru à l’automne dernier et qui comporte 5 titres. C’est peu, c’est bref tant la qualité d’écriture est au rendez-vous mais c’est en même temps suffisant pour goûter à tout l’éventail de Govrache. C’est suffisant pour constater que la patte de ce normand panamisé sait écrire dans moult registres.

L’EP s’ouvre sur ce Bleu de travail, devenu étendard relique maintenant qu’on oppresse « moderne » et qu’on nous presse comme une Orange chez France Telecom. Portrait social donc, presque anachronique disais-je qui résonne comme un Son bleu de Renaud mais en version plus optimiste. Avec une happy end comme on le dit mal en français. Portrait malin de Govrache où si le travail met une vie à tuer son homme, l’heure de la retraite sonne comme une petite mort. Une mort sociale ressuscitée dans la naissance d’un petit rejeton. Govrache cause d’ennui chronique, d’alcoolisme et – en filigrane – de lutte des classes avant de conclure sur une note optimiste pour faire la nique à l’hyper réalisme. La voix, le style, c’est du Jamait, du grand Jamait qui devient du grand Govrache. C’est sensible, c’est émouvant, c’est écrit au scalpel mais jamais sur le fil dérisoire. On pourrait résumer en disant que Govrache écrit Les Souffrances du Job.

Du portrait de retraité, on passe à celui du dépressif « qui n’est pas dépressif mais juste chiant » avant d’enchainer sur Merde Chui prof, savoureuse saynète douce-amère qui met en scène un prof, non pas « à Paris XVIème » mais « au collège Edgar Poe ». Et ça n’a pas l’air simple de lire Rimbaud et de faire kifer Baudelaire à des gosses qui ingurgitent du Christophe Maé. Très bon diseur, fort habile dans l’interprétation, sur ce titre, Govrache marche sur les platebandes de Jacques Brel, l’homme de scène, du chant-théâtre. Vise un peu.

Ne jonglant pas seulement avec l’octosyllabe chanté, Govrache conclut cet EP sur L’homme trottoir, un regard sur le SDF, un parlé chanté, spoken word ou talking blues, c’est comme tu veux. C’est le propos qui nous intéresse pas l’étiquette. Un manifeste que ce texte ! Dans une langue travaillée, renouvelée, ré-inventée avec pour le coup une œillade au père Lantoine. Loïc. On retrouve chez ce Govrache de L’homme trottoir l’habileté de son aîné pour détourner, contourner l’expression populaire pour en faire éclater un sens nouveau. La poésie comme arme d’indignation et de provocation. « Je suis l’homme trottoir, posé comme ça, comme une verrue sur ta vie sage »,  « je suis un rat des villes au ras des gens », « j’ai des escarres plein les remords et des hémorroïdes aux peut-être », etc.

Soutenu par des cordes typées manouche – guitare, contrebasse, violoncelle et violon – musicalement, ça swingue élégamment, ça vient de l’est, peut-être de cette Enfance hongroise, « sans être allé jusqu’en Hongrie », dont nous parle Govrache dans un registre qui devient soudain nostalgique et mélancolique. Il sait tout écrire et tout chanter je disais. On attend avec impatience la suite.

Mano Negra : Santa Maradona

Ça fait 20 piges que l’album de la Mano Negra, Casa Babylon, est sorti ! Du coup, presque autant que les membres de ce groupe phare de la scène indé sont séparés. Depuis, Manu Chao en solo a taillé sa route et une fameuse mais revenons 5 minutes 20 ans en arrière. Avec cette chanson qui fit un carton : Santa Maradona. En plein Mondial, c’est à propos !

Melissmell : Déserteur

Ne désertez pas Paname en juillet, Melissmell fera tous les mardis au Limonaire ! Alors, on écoute cette petite chanson, Déserteur, tirée du dernier album Droit dans la gueule du loup, et on réserve hein ! Melissmell, c’est une voix, une rage, un cœur, une force, une arme pour un max de bonnes vibrations en français dans le texte !

Photo Benoît Courti

Manu Galure, Mister au Limonaire

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Le 18 de chaque mois, Le Limonaire, célèbre et indispensable bar à chansons, situé à 2 pas des Grands Boulevards parisiens, organise ce qu’ils appellent « Les rendez-vous (insolites) du 18 – Concert-Mystère ». Deux artistes sont programmés pour la soirée, à partir de 22 heures, mais on ignore qui. Si t’es curieux, t’y vas, sinon t’y vas aussi parce que la programmation du Limo est toujours de qualité. Peut-être un peu plus d’hétéroclisme musical serait bienvenu et permettrait de faire découvrir d’autres facettes de la chanson française, mais prenons déjà ce que l’on nous donne, c’est déjà de la bien belle ouvrage.

Le 18 juin dernier, nous avons répondu à l’appel alors que Le Limo avait mystérisé la venue de Babette Largo et de Manu Galure. C’est ce dernier, toulousain endurci de son état et de passage à Paris pour l’enregistrement de son nouvel album, à paraitre à l’automne prochain, qui nous a séduit comme à son habitude.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Alternant sur scène toutes les 2 chansons avec Babette, Manu Galure, seul au piano, dans un condensé de spectacle a notamment enchainé quelques pièces célèbres de son répertoire – comme le fameux Je crache – donnant suffisamment à voir de son univers poétique et burlesque. Galure nous offre, au passage, un retour dans nos contrées enfantines en revisitant Le bon roi Dagobert, sur un rythme revu à la baisse et sur des paroles suivant de même les sarcasmes du trublion troubadour qu’il est.

Entre les morceaux plus anciens ou moins récents (choisis ton camp camarade !), Manu a glissé quelques nouveautés qui figureront sur le prochain album (réalisé par Camille Ballon) et dont certains titres sont déjà gravés sur l’EP sorti dernièrement, en même temps que l’appel à souscription à laquelle tu es bien entendu convié à participer ! Ainsi, seul derrière son piano, le gars Galure, mine de rien nous a servi des petites pépites comme il sait bien le faire l’animal. Ramène-moi à la maison, chanson d’amour désespéré bouleversante et le tube Que de la pluie que tu peux écouter et voir ci-dessous parce qu’on a pensé à toi.

Comme à son habitude en concert, Manu Galure nous a également rappelé que « Les chansons c’est comme les enfants, quelques fois on les rate mais on les garde quand même ». On lui souhaite de rater ses gosses comme ses chansons !

Govrache : L’homme trottoir

Extrait de l’excellent EP Le bleu de travail de Govrache, voici L’homme trottoir, lumineux spoken-word quelque peu désabusé, le regard qui s’abat, presque impuissant mais indigné, sur une société qui ignore ses plus défavorisés. Une écriture au scalpel de la part de Govrache, une poésie qu’adouberait volontiers Loïc Lantoine. Entre autres.

Karimouche sensuelle et sensas !

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

L’autre soir, je veux dire le 19 juin dernier, ça ne s’était encore jamais vu une Karimouche à Clichy, au théâtre Rutebeuf !

Bon, on vous l’a dit à vous en claquer les tympans mais on le répète pour les durs de la feuille et pour que les gens qui font les bios aient l’impression de servir à quelque chose – il y a assez de chômage comme ça en ce moment – Karimouche donc, c’est pas son vrai nom mais c’est son vrai surnom. Celui de quand elle était petite et que tout le monde l’appelait « eh eh Karimouche ». Bon voilà, ça c’est fait.

Avant que ne débute le concert, franchement même si on soutient avec ferveur l’action des intermittents dans leurs grèves et leurs revendications, quand on a vu Karimouche débouler sur scène, ses musiciens à ses côtés avec un petit papier à la main, on s’est dit que le concert allait être annulé et que ce serait un peu moche moche quand même. Mais non, même pas. En fait, c’est Jean-Pierre Caporossi, le clavier, qui a pris la parole pour redire au public les coups bas de l’état envers le système de protection sociale des intermittents mais il a annoncé également que le concert était maintenu. Sortie de scène.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Retour sur planches dans la minute qui suit et place au live. Ça aussi, on l’a dit et redit que, sur scène, la Karimouche fait mouche et c’est pas des balivernes ! Quand t’as payé ta place, t’en as pour ta monnaie et quand t’as été invité, tu te sens redevable. Parce que ça envoie comme dit mon voisin de palier, c’est plein de jus et du meilleur, une énergie à faire passer un tube de Guronsan pour de la verveine. Et ça ne traîne pas.

Passée une très belle intro tout en jeu d’ombre et lumière, et Karimouche se donne pendant près d’une heure trente, pieds nus, fidèle à son habitude. On retrouve sur scène ce qui nous plaît en disque, cette gouaille, son écriture cash et très imagée comme autant de petit scénars fort bien ficelés, tout cela se retrouve donc mais avec un surplus de vitalité, de groove qui frappe à la porte du funky parfois. Vois le genre !

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Karimouche, c’est un groupe, on peut le dire. Accompagnée par Kosh à l’human beat box (un boulot de ouf qu’il fait celui-là !), Jean-Pierre Caporossi au clavier comme on a dit et Manu Praz à la guitare, il y a une cohésion entre les 4 qui est indéniable et produit un ensemble fort bien huilé. Carima peut ainsi se reposer sur ses compères et se concentrer sur sa presta scénique à l’énergie hors du commun. Sans déc’, depuis Manu Chao, j’avais jamais vu un artiste bouger comme ça sur scène. Dans ce registre-là, j’entends. Et je t’assure que c’est communicatif, la ferveur du public monte progressivement jusqu’au point où il ne veut plus lâcher Karimouche comme ça et réclame rappels à la pelle. 

Hormis les titres de l’album Emballage d’origine paru en 2010, Karimouche a dévoilé également nombre de nouveaux morceaux à paraître sur le prochain album attendu en octobre 2014. Pour les parisiens, une date à l’Européen est annoncée. On y sera, le rendez-vous est déjà pris avec Karimouche !

Demi mondaine : Intempérance

Groupe de rock de haut vol, Demi mondaine, c’est 4 membres emmenés par l’incroyable Béatrice à l’énergie redoutable, à la personnalité à couper le souffle. Ca pulse, ça remue, c’est pas de l’ersatz de rock ! En exemple, Intempérance, comme ça, juste pour se mettre dans le bain.

Anne Sylvestre – La java des assediques

Inlassablement, les gouvernements successifs de droite comme de gauche apportent leur coup de masse à l’édifice de l’intermittence. Cela consiste à détruire le peu de droits acquis par un secteur d’activité essentiel à un pays, le milieu de la culture. Comment s’y prennent les gouvernements ? Tout simplement, on stigmatise l’artiste et le technicien du spectacle en le faisant passer pour un abuseur, un profiteur, un fainéant afin que ce message infondé s’insinue doucement dans les esprits de tout un chacun… C’est une démarche malsaine qui non seulement mène à tuer les démarches artistiques du pays mais le conduit inévitablement à des résultats électoraux comme ceux auxquels nous avons eu droit dernièrement…

Anne Sylvestre, qui en connaît un bout sur la question,  a fort bien exprimé – avec tout le talent qu’on lui connaît – ce florilège de clichés dont on nous bourre le crâne. Tout en second degré. Grande classe Madame Sylvestre. C’est une java, choisissez votre partenaire et guinchez pendant que c’est encore permis !

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