HomeArtistesTaParole, Radio Elvis vs Johnny Montreuil : même combat… Rock !

TaParole, Radio Elvis vs Johnny Montreuil : même combat… Rock !

A ma gauche, le tenant du titre RADIO ELVIS, jeune espoir poids léger nous venant de Paname et à ma droite ; son challenger local, le poids mi-lourd JOHNNY MONTREUIL ! Une rencontre mémorable le 13 juin dernier au Festival Ta Parole… C’était où au fait ? Ben, à Montreuil-sous-bois, dans l’93… Vous suivez ou quoi ?  

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Mais avant de vous causer dans l’web de ce concert à la Parole Errante, je vais me permettre de digresser un chouia. Et n’étant pas de nature totalitaire, si ce préambule interminable vous gonfle, libre à vous de passer à la partie de cette chronique en lien avec son titre, voire de vous barrer carrément (aïe, les statistiques de consultation…) Car je laisse le soin aux exégètes hexagonautes, chantres de cette seconde génération qui dépoussière avec talent une chanson française légèrement encrassée du bulbe créatif et à qui il faut impérativement donner sa chance, sous peine de nous retrouver tous et toutes intégralement calogérorisé, de vous faire donc, le récit exhaustif de cette 13ème édition du Festival Ta Parole*. Mon statut d’amateur déclaré et invétéré de cocktails soul-rock-funk secoués mais non frappés, ne m’autorise pas à m’exprimer avec pertinence sur le sujet, même si mes amitiés hexagonales, ont contribué à me réconcilier avec la langue de Molière. J’en profite pour remercier le « taulier » de m’avoir recueilli, errant sur le web, vaguement responsable – mais pas coupable – d’un blog tout aussi vaguement consacré à mes émois et moi scéniques. Il a fait preuve d’une tolérance quasi mandelienne, que dis-je gandiesque en m’offrant asile ! Imaginez un seul instant – allez au hasard, Soul Kitchen – offrir une toute ch’tite place à un live report (sorry, c’est comme ça qu’on dit là-bas) de Clio au Forum Léo Ferré. Ben oui… Mais non ! J’dis ça parce que j’ai quand même tenté l’coup… Je sais, c’est bas, mesquin, vil, voire carrément social-traître. C’est un coup à se faire virer à grands coups de lattes de votre webzine favori, mais je sais pouvoir compter sur l’immense mansuétude du boss et puis faut bien que j’la fourgue quelque part ma came british ! N’ayant point caché mon allégeance à la famille hexagonale lors de mon offre de service, je ne m’attendais donc pas à être reçu à bras ouverts mais j’avais tout de même espéré un petit Piss of Sucker de bon aloi en guise de réponse… Nib, peau d’balle, que dalle… un abonné absent fleurant bon le mépris envers une autre chapelle musicale. Pas grave, j’suis beaucoup plus mieux à semer ma zone rock chez Hexagone ! Et cette chronique de concert, ça vient, oui ou quoi ? Voilà, voilà… Keep cool !!!

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Pierre Guénard alias RADIO ELVIS n’est pas un inconnu pour vous… Si ? Pourtant on vous a déjà dit tout le bien que l’on pensait à Hexagone de ce jeune turc de la chanson rock, ex slammeur amoureux des mots, lors de son passage au Pan Piper en janvier. Depuis, lui et ses deux acolytes ont drôlement monté le son de leur radio ! Ils ont écumé salles de concerts et festivals, passant du statut de découverte prometteuse bardée de prix à celui de recrue du label Pias et de coqueluche de la critique. Alors forcément, leur prestation scénique s’en ressent ; pour preuve, cette version de Demande à la poussière plus intense, plus tendue, plus rock quoi… Si, si, même leur Goliath s’avère plus fougueux, plus dansant. Quant à leur morceau fleuve Continent, ses fulgurances rythmiques parviennent à nous faire ressentir les affres de ces marins perdus dans la tempête ou languissants sur une mer d’huile. Radio Elvis, un bel exercice d’équilibre réussi et très prometteur donc, entre textes ciselés portés par la voix profonde de Guénard, dandy juvénile mais showman aguerri et une rythmique pêchue emmenée par Manu Ralambo à la basse et Colin Russel à la Batterie.

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Si Radio Elvis puise ses racines rock du côté de Manchester ou chez Bashung, JOHNNY MONTREUIL et sa bande, se réclament eux de Johnny… Cash, of course ! Vous croyez quoi, que leur côté popu revendiqué haut et fort – j’suis un artiste de bar, né sur l’trottoir qu’il braille le Johnny – les rapprocherait du vendeur de lunettes, idole des anciens jeunes et qui nous soûle depuis cinquante piges ? Nan, Johnny Montreuil, c’est le fiston spirituel de Gérard Lambert, un bad boy des trocsons de la Croix d’Chave et c’est franco de port qu’il balance son country rock n’roll façon narvalo. D’entrée, le public, il va te le chercher avec les dents et te l’amene direct devant l’usine, pour lui faire partager une bonne baston avec les keufs rameutés par le taulier. Mais Johnny derrière son allure de loubard à la petite semaine, il nous balance aussi ses balades country, car il a le coeur qui saigne pour une chérie qui n’boit pas que l’eau. Et les girls guincheuses des premiers rangs, de se pâmer encore plus pour ce macho, si sensible au fond… Sans son gang, Johnny, l’aurait du mal à briser les coeurs et nous faire tricoter des gambettes ; Rön Droogish nous gratifie de superbes intros sur sa Gretsch, Kick – ex compagnon de route du Docteur Schultz Experience – déchire à l’harmo et Tatou le batteur explose carrément sa grosse caisse ! En fait, Benoit Dantec alias Johnny est loin d’être un perdreau de l’année ; il traîne avec cette smala de voleurs de poule d’Aälma Dili et surtout, il y a quelques années, c’était l’un des trois Princes Chameaux, un trio qui foutait le feu aux bars de Belleville ! Pas besoin d’coup d’bottin sur le crâne, je crache le morceau bien volontiers ; je vous ai un rien enfumé avec mon accroche… Aucune raison d’opposer sur le ring ou ailleurs ces deux groupes ; le rock, qu’il soit intello ou populo, c’est avant tout un état d’esprit – et pas seulement une attitude – un combat qui n’a qu’un seul et unique objectif, nous faire vibrer l’âme et bouger l’cul !


* Le boss himself s’y est collé mais il n’a pas vraiment fait dans l’exhaustif. Ce feignant notoire – qui n’est finalement « que » webmaster, rédac’chef, directeur de la publication, rédacteur, photographe, vidéaste et heureux propriétaire de salle de concert privée – a choisi de vous narrer le set de Frédo chante Renaud. Aïe ! Non pas la tête, boss !! Mon seul et unique neurone tourne comme une boule de flipper dans ma caboche et le liquide rachidien commence à dégouliner par les oreilles… Tu voudrais pas que cette fuite de cerveau occasionnelle me conduise à me perdre définitivement dans la cuisine de l’âme, tout de même !


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d.madelaine@noos.fr

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