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Coups de cœur 2014 pour idées de concerts 2015

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Premiers jours de l’année : faut en profiter pour le dernier bilan argumenté, pour la dernière distribution de médailles. Hé ben non ! Sur Hexagone : aucun palmarès, pas de Top 10 ni de remise de prix. Non, des deux cent vingt concerts vus cette année, je veux juste te parler de quelques grands moments d’émotions, te faire partager mes coups de cœur, susciter peut être chez toi l’envie de connaître sur scène d’autres artistes. Une sélection subjective, bien sûr, qui se veut éclectique : chanson à texte, univers personnels, humour, chansons du monde, chanson jazz, chanson et poésie, solo, groupes.  Nota : le lien sur le nom de l’artiste mène soit sur l’article déjà publié sur Hexagone quand c’est le cas, soit sur le site de l’artiste pour plus d’informationsOn commence, rapidement, en citant les coups de cœur déjà partagés depuis mon arrivée sur Hexagone fin Octobre : deux superbes concerts chacune pour La Demoiselle inconnue et pour Lior Shoov vues en solo avec leur univers personnel fort, et Les Fils de Ta Mère pour leurs six cabarets chanson différents présentés dans l’année.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Parlons un peu plus de Marianne Aya Omac. Peut être ma plus grande émotion de l’année. Appréciée deux fois. Une voix superbe, puissante et chaleureuse. Cette folk singer, dans le groove et le partage, chante en français, anglais et espagnol, et procure toujours autant d’émotion. Une forte présence et une grande humanité.  Après l’avoir vue dans ses deux projets précédents, le groupe Ginkobiloba et le solo, elle se présente désormais en trio. Cette formule apporte un vrai plus : un univers musical sensible et généreux, deux musiciens complices et talentueux, une Marianne plus sereine. Ce concert contient  un moment musical assez unique où clarinette et trompette à bouche se répondent. Ces deux concerts ont été deux grands succès publics. Pourquoi une artiste de son talent n’est pas plus connue ?  Vaste question ! Ce qui est remarquable c’est que chaque nouveau spectateur devient, la plupart du temps, un nouvel admirateur et un fidèle. Elle fête en mai prochain, ses 20 ans de carrière, du côté de Montpellier. Je dis ça, je dis rien …

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Manu Galure. A Hexagone on t’a parlé plusieurs fois de son dernier album. Et je te cause à  nouveau de Galure car en concert solo piano voix c’est extraordinaire !. Fin avril, au Bijou, jamais à court d’idées, il a installé le piano au milieu de la salle pour un quadruple rendez-vous  Les spectateurs étaient  autour de lui et … sur la scène. Un concert avec les nouveaux titres de son dernier album paru depuis. Une belle présence au piano, une grande énergie – scat, emportements, changement de rythme – et un univers très personnel. Et puis en 2ème rappel trois chansons inattendues : d’abord la reprise en chanson dramatique de Ce matin, un lapin de Chantal Goya (mais « on ne peut pas finir sur cela »), puis un titre, très particulier, qui évoque une « suceuse ventriloque » (et « on ne peut pas finir sur cela« ) et il finit par sa reprise de Marie Dubas, Le chameau. Un artiste surprenant, brillant, étonnant, inclassable. Je le reverrai quelques mois plus tard, entraîné par une « fan » absolue, dans un restaurant d’Ivry (l’Annexe) avec le même plaisir. En 2015, il présentera son nouveau spectacle, avec son groupe, le 28 Janvier au Bikini près de Toulouse puis au Pan Piper à Paris le 9 Février.

Entre 2 Caisses. Pas la même génération que Galure. Quatre chantistes. 2 spectacles différents appréciés cette année. Je hais les gosses : spectacle musical original sur les chansons d’Allain Leprest où « 4 guides d’un futur lointain font visiter la vie d’une journée dans une banlieue typique Ivry dans les années 2000. » Concert acoustique, sans micro, avec une belle utilisation minimale des instruments. Un spectacle plaisir pour la tête, le cœur, les oreilles et les yeux. En tout bien tout bonheur : nouveau spectacle plus centré sur l’amour sous plusieurs formes. Le choix des chansons et leur interprétation est un régal : c’est, pour moi, la marque de fabrique d’Entre 2 Caisses. Ils mettent en valeur de superbes chansons soit du répertoire soit écrites pour eux. L’année 2015 démarre fort pour eux : plus de trente dates jusqu’à fin avril, réparties entre les deux spectacles. Comme on dit : « ils doivent passer  prés de chez toi ». N’hésite pas !

Photo Katty Castellat

Photo Katty Castellat

La Reine des Aveugles. Surement pour toi la moins connue des inconnues. Et pourtant ! J’ai vu son concert trois fois cette année, dans « mes » trois lieux de la chanson à Toulouse. Et j’ai adoré, un peu plus à chaque fois. Un répertoire sur des personnages, parfois étranges, des handicapés de la vie, et souvent des histoires de femmes ou de filles. Un univers pas vraiment rose mais la peinture est faite avec tendresse, émotion, intelligence et drôlerie. Emilie Perrin – La reine des aveugles – est auteur, comédienne et chanteuse. Elle aime la scène et le jeu. Ce spectacle / concert semble un condensé de son talent : dérision, humour, satire, textes ciselés, beau travail sur la voix. Entre les chansons, quelques petits textes ou citations bienvenus, sur les gens qui ont perdu la vue, mêlent l’Histoire et les histoires. Avec une interprétation personnelle et marquante, elle propose de superbes chansons souvent originales, et le concert en trio dévoile une belle musicalité. Bon, j’espère qu’elle quittera en 2015 les salles Toulousaines pour montrer son talent le plus loin possible. Mais je serai là pour son nouveau passage au Grand Rond du 3 au 7 mars. Tu m’accompagnes ?

Comme découvertes coups de cœur cette année, c’est-à-dire des artistes, non encore vus et entendus, à part Lior Shoov et La Demoiselle inconnue,  je t’en propose deux autres, bien qu’ils chantent déjà depuis un certain temps, Katrin’ Wal(d)teufel encore jeune et Philippe Forcioli un peu moins.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Philippe Forcioli. Un récital solo surprenant et prenant. Son répertoire c’est de la poésie, de la poésie du quotidien : il évoque la vie, l’instit qui lui a fait apprendre la beauté des mots et du parler, les animaux, sa toute première jeunesse à Alger et son amour d’enfance. C’est simple, c’est beau, émouvant et bien chanté. Récital construit à partir de chansons, et de textes en intégrant un hommage à Brassens – nous sommes au festival Brassens de Vaison – avec des textes dits superbement, par forcément parmi les plus connus. Un artiste qui « chante et dit » depuis plusieurs décennies, que j’aurai aimé avoir vu avant. Il sera au Forum Léo Ferré à Ivry les 20 et 21 février 2105.

Katrin’ Wal(d)teufel. Cello woman. Solo violoncelle. Ah, je dois avoir un faible pour les femmes en solo c’est la troisième sur cet article ! Pantalon noir, bras et dos nus, pieds nus, houppe érigée sur le dessus du front et une fleur sur les cheveux. Elle démarre par des morceaux plutôt humoristiques, montre sa personnalité, son accent picard et sa qualité de violoncelliste. Puis elle reprend de façon remarquable L’affiche rouge de Ferré, nous parle avec sa vision de la relation homme femme, continue avec des titres s’approchant d’une certaine poésie. Elle finit par un morceau avec le public Tilleul Menthe (« Il n’y pas que les tilleuls qui mentent »). Un set superbement construit, un beau moment. 45 minutes car c’est une première partie : un public conquis qui lui fait un triomphe, et pour moi un véritable coup de cœur. A confirmer par un spectacle complet. Me renseignant ensuite je constate qu’elle a fait un album public quelques années auparavant.

Après les découvertes, mes coups de cœur sur des artistes que j’apprécie depuis plus de trente ans. Et que j’ai toujours un grand plaisir à voir : Romain Didier et Xavier Lacouture, même s’il faut désormais être très attentif ou faire des kilomètres pour ne pas les rater.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Romain Didier. Un récital piano solo, comme à ses débuts. Ah, je dois avoir un faible pour les hommes en piano solo c’est le deuxième sur cet article ! Encore un très beau moment. Une salle ravie avec des gens debout. Un Romain Didier au sommet, peut être un peu plus enjoué ou à l’aise qu’à l’habitude. Il enchaîne les titres son dernier disque, bien sûr, mais il intègre, pour notre plus grand plaisir, un grand nombre de ses « classiques » souvent du début : Pouce, Amnésie, Ma folie, Vie de femme, Dans le Piano noir. En rappel, il reprend trois chansons de Leprest. Romain Didier sera en Ile de France le 13 février à Stains (93).

Xavier Lacouture. Il tourne peu, et j’ai donc eu le privilège d’être présent pour son passage Parisien. Il présente Tout doit disparaître, florilège de trente années de carrière, en duo avec le guitariste complice Thierry Garcia. Xavier Lacouture c’est de la chanson humoristique souvent fine et intelligente, des mélodies qui sonnent, une belle présence sur scène et une humanité qui transparaît à travers les thèmes traités. Je le reverrai avec plaisir, quelques mois plus tard, sur deux chansons au Marathon de la chanson en Novembre à l’Alhambra. Il sera au Forum Léo Ferré à Ivry le 6 mars et du 27 au 29 en Suisse à Lutry (info pour les lecteurs Suisses d’Hexagone).

 Passons à des concerts plutôt Musique du Monde. Deux grandes découvertes 2013 et à nouveau des concerts époustouflants cette année.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Les Bertitas. Six femmes chanteuses habillées en noir et rouge. Des chants polyphoniques du monde (entre autres Russie, Israêl, Afrique du Sud, Pays Basque), interprétés a capella, des voix entremêlées superbes. Une mise en espace de chaque morceau assez originale et travaillée. Deux chanteuses jouent des percussions sur quelques morceaux. Une belle complicité, de l’énergie, des sourires et de l’envie. De l’émotion et du plaisir en tant que spectateur. Là aussi un grand succès public. Je les verrai bien programmées, souvent, dans de beaux endroits et hors de Toulouse … mais je ne suis pas programmateur.

Joulik. Un trio, voguant entre traditionnels du monde revisités et compositions originales. Une accordéoniste, une contrebassiste et un guitariste. Plaisir et  dépaysement complet : nous sommes emportés par cette musique et ces voix. Trois superbes musiciens, des mélodies entraînantes ou/et attachantes, des changements de rythme, du talent, de l’envie et de la créativité, quelques instrumentaux et deux chansons en français pour casser toute étiquette. On sent le plaisir de jouer ensemble, ils chantent tous les trois  et souvent ensemble avec une belle polyphonie, chacun présente à son tour le morceau suivant. Un grand succès public à nouveau. Joulik devrait, petit à petit, être reconnu par le métier et le public et remplir de grandes salles tellement il  respire le talent. En début 2015, peu de concerts mais, en février, une soirée sélection pour les Inouis du Printemps de Bourges.

Après des coups de cœur Chanson du Monde, on va finir par des coups de cœur d’artistes francophones, Benoit Paradis Trio Québécois et Thierry Romanens Suisse. Chacun a offert un concert superbe, qui a emballé le public présent mais, à chaque fois, moins de trente personnes s’étaient déplacées.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Benoit Paradis Trio. Un chanteur un peu – beaucoup – « barré ». Une sorte d’acrobate de la chanson qui d’ailleurs chante quelquefois en équilibre – précaire – sur le dossier d’une chaise. Concert mené « tambour battant », sans pause, par Paradis en trio avec une pianiste et un contrebassiste. Lui est tantôt au trombone, parfois à la guitare ou à la petite trompette ainsi qu’aux percussions : tambour, cymbales. Benoit Paradis raconte des histoires drôles et déprimantes sur fond de sonorités jazz. On découvre un trio d’excellents musiciens, de l’humour, des petites chansons décalées avec l’accent québécois et quelques moments savoureux de scat. Le plaisir de jouer du trio est plus que partagé par le public. Un régal musical.

Thierry Romanens. Un duo  mandoline et clavier d’une belle musicalité. Des chansons tendres lucides et humaines. Quelques unes m’ont vraiment touché (Je la garderai pour moi,  Les puces, Le nain). Romanens chante la vie, le temps qui passe avec l’amour des mots et le sens de l’humain. Une certaine poésie qui se retrouve aussi bien dans le texte, et dans les mélodies que dans son interprétation. L’artiste, à l’aise sur scène et avec le public, a souvent été beaucoup applaudi par un auditoire restreint mais fervent. Je suis parti avec son album, le dernier qui date de 2009, Je m’appelle Romanens : il est superbe !

15 coups de cœurs choisis parmi les concerts de 2014. J’espère t’avoir donné envie de rencontrer sur scène ces artistes, peu ou pas médiatisés pour la plupart, au rayonnement parfois pas encore national. D’ailleurs, voici les salles et festivals qui ont permis ces superbes moments et à qui tu peux faire confiance pour leur programmation de qualité : à Toulouse Le Bijou, Chez Ta Mère et Théâtre du Grand Rond ; les festivals Printival à Pézenas, Brassens à Vaison, Dimey à Nogent et le Vingtième Théâtre  à Paris.

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mick.hexagone@gmail.com

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