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dimanche, mai 16, 2021

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Dandy – Un rocher dans ma chaussure

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On les aime bien les gars de Dandy. Une clique de quatre Clermontois, musiciens en terre de rugby, qui se plaisent à distiller un son plutôt nerveux venu tout droit de la scène alternative. L’ensemble, timbré et joliment cuivré, n’aurait probablement pas déplu à Artaud, lui qui aimait secouer et faire délirer l’art. Le nouveau clip de Dandy est extrait de leur album Poteaux carrés (Renvoie-t-il à la lointaine finale en coupe d’Europe des Verts Stéphanois ou aux Poteaux d’angle d’Henri Michaux ?) et s’intitule Un rocher dans ma chaussure. C’est en quelque sorte une invitation à ne pas se la jouer « petits bras » : « Ne soyons pas mendiants, soyons voleurs, Robin des bois méchants, escrocs, braqueurs… »


Sarcloret et Imbert Imbert dans le Sud-Est le 3/09

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Hexagonaute des Bouches du Rhône (département 13), j’ai à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi. La bonne c’est que Sarcloret et Imbert Imbert viennent chanter par chez toi ce week-end. Et que je t’envie.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

La mauvaise c’est qu’ils viennent le même soir, le samedi 3 septembre dans deux endroits différents, il va falloir que tu choisisses. Et j’aimerais pas être à ta place. Sarcloret, que l’on ne voit pas souvent en province, (et c’est bien dommage) est de passage à Aix en Provence ce samedi 3 septembre à La cave aux artistes du Hublot (15, rue Paul Bert). Va t-il encore Gueuler partout comme un putois (titre de son dernier album qui commence un peu à dater) ou délivrer ses chansons tendres ? Hexagonaute de là-bas, si tu vas le voir, tu me raconteras. Et dis-lui que l’on attend, avec impatience, un nouveau passage à Toulouse. A Paris aussi. Et ailleurs aussi.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Si tu te décides pour Imbert Imbert, c’est aussi le 3 septembre dans la salle de la M.J.C de Venelles, qui offre chaque année une belle programmation chanson. Imbert Imbert, désormais en duo (de contrebasse) avec l’étonnant Stephen Harrison continue la tournée avec son nouvel album Viande d’amour. J’ai fortement apprécié ce spectacle, pour moi, un des grands moments du dernier Printival en avril dernier. Toujours cette poésie crue et forte, ces textes durs et puissants, son engagement et son humanité. Et le duo induit chez Imbert Imbert un peu plus de légèreté, des sourires. Tout cela avec une palette musicale plus large : en plus des deux contrebasses, parfois banjo et contrebasse ou contrebasse et ukulélé. Vraiment un beau duo qui fonctionne très bien.  

 

 

 

Les concerts de la rentrée à Toulouse et alentours

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La période des festivals d’été est terminée, c’est la rentrée ! Et une belle rentrée en  chansons, car déjà en septembre, tu vas y voir du national avec les Bernard :  Joyet et Lavilliers, des locaux reconnus comme Manu Galure dans un duo en chant signe, des découvertes régionales comme Alice Bénar (Au creux de l’A). Sans oublier Hélène Piris, Louis Noël Bobey, Pierre Lebelage et Tony Melvil qui viennent chanter sous les toits ou dans un jardin. Et l’inclassable Barbara Weldens pour deux concerts. Comme d’habitude, cette sélection est très subjective, centrée sur les artistes que j’ai vus ou appréciés et sur ceux que j’ai envie d’aller voir.
Rappel : un clic sur le nom du groupe et tu te trouves sur sur son site ou sur le dernier article Hexagone publié, un clic sur le nom du lieu et tu obtiens son site pour les infos pratiques.


Le Bijou

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Le jeudi 8 :  Ouverture de la saison avec la présentation du programme. Quand on voit les festivités jusqu’à mi-février, on a juste envie de dire un gros MERCI pour tous ces alléchants concerts à venir (oui je ne parle dans cette chronique que de septembre mais si tu es pressé, quelques clics sur le site du Bijou ci-dessus et tu sauras tout). Et puis, on peut en profiter pour acquérir le Pass’Découvertes : un moyen de s’en mettre plein les mirettes, les oreilles et le cœur sans se vider les poches.

Les 14 et 15 septembre : Bernard Joyet, virtuose des mots, accompagné au piano par Nathalie Miravette virtuose des notes, vient nous régaler avec Autodicdate II et il nous a réservé quelques nouveautés. Du programme du Bijou, je reprends l’annonce du spectacle avec laquelle je suis entièrement d’accord : « On passe de l’émotion intense à l’humour décapant, du rigoureux récital à la comédie débridée, du Pierrot lunaire au pitre délirant, du politiquement incorrect à la généreuse utopie, du rire aux larmes. Joyet c’est aussi et surtout une “bête de scène”… On est loin du “tour de chant” statique. Il s’agit avant tout d’un spectacle. » J’ajouterai juste un extrait de ma précédente chronique  : « De superbes chansons, un concert rôdé et très bien construit. Mais aussi une belle entente et une complicité avec Nathalie Miravette, superbe au piano, aux compositions, aux réparties et au chant partagé sur deux titres. »

Photo David Desreumaux - Reproduction et utilisation interdites sans l'autorisation de l'auteur
Photo David Desreumaux

Le mercredi 21 septembre : co-plateau de chanteuses toulousaines. Deux jeunes artistes déjà vues la saison dernière au Bijou Adèle Mohl lors des Coups de pousse, et Alice Bénar (Au creux de l’A) lors d’un Osons. Deux artistes dont on est curieux de connaître l’évolution. Adèle Mohl s’accompagne d’une harpe, ce qui est assez rare dans la chanson (ma seule autre référence est Cristine il y a quelques années). Alice Bénar a enthousiasmé le boss d’Hexagone en août au festival de Concèze où elle est venue en trio.

Le mardi 27 septembre : Osons, les auditions publiques mensuelles. D’après les informations recueillies, devraient être présentes, d’une part la parisienne Angèle, découverte au Pic d’Or 2015 (demi-finaliste) puis revue depuis dans un concert complet et d’autre part Aurélie Laurence de Tours avec L’affaire Capucine, son groupe, finaliste du Pic d’Or 2016.


 Théâtre du Grand Rond 

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Du 20 au 24 septembre : En apéro concert, le  duo Manu Galure et Emilie Rigaud, Chant signes. Manu Galure se montre souvent là où on ne l’attend pas. Cette année il nous surprend en participant à La nouvelle star où il arrive finaliste. Dans un an, il partira pour Le Grand Tour de France de Manu Galure (ballades, balades et baguenaudes), une traversée de la France à pied ponctuée de concerts à domicile ou dans des petits lieux. Et la saison dernière, pour La tournée des grands ducs de Toulouse, il a donné pas moins de 8 concerts, dont 7 différents en 6 jours, dans 6 lieux différents, à Toulouse. J’avais juste raté, déjà au théâtre du Grand Rond, la première partie du spectacle Le Joueur d’échecs, où Manu avait délivré trois titres traduits en langue des signes, titres travaillés avec la chant signeuse Emilie Rigaud. J’ai une semaine pour combler ce manque ! Nota : la photo ci-contre a été choisie pour illustrer ce concert dans le programme du théâtre.


Ailleurs à Toulouse

Le jeudi 8 septembre, dans le cadre la Pause musicale Commando Nougaro. Ce commando à trois voix est constitué de Francois Dorembus (guitare), Fabrice Aillet (guitare électrique, électronique), Olivier Capelle (samplers, multi-effets).  Ils présentent leur  nouveau spectacle La voix est libre, annoncé comme un voyage poétique construit autour des grandes influences musicales de l’oeuvre de Nougaro (musiques du monde, chanson engagée et slam avant l’heure), mixées aux univers métissés de chacun des artistes, à travers trois morceaux phares de Claude NougaroParis Mai, Locomotive d’or et Plume d’Ange.

Le 27 septembre à la Halle aux grains Bernard Lavilliers avec sa création 2016 autour de son album Pouvoirs (1979) et d’autres chansons politiques et relatives aux pouvoirs. J’ai un superbe souvenir de deux concerts de Lavilliers dans ce même lieu, dont le spectacle sur les chansons de Léo Ferré.


Pas à Toulouse mais juste à côté

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Photo : Michel Gallas

Du 16 au 18 septembre : Festival MediterranéO à  Portet sur Garonne (31)

Un festival sympathique à dix kilomètres de Toulouse, la gratuité des quinze concerts, une affiche sur trois jours de groupes intéressants mixant les musiques du Sud de l’Europe, la musique du monde et des groupes s’exprimant en français, un superbe site en bordure de Garonne et des navettes entre Portet-sur-Garonne et Toulouse après les concerts : que demander de plus ?

Voici ma sélection des groupes français. Le samedi 17 septembre, ça va bouger avec Faut qu’ca guinche, Les yeux de la tête et Sidi Wacho. Le dimanche 18  : Prisca et Gabriel Saglio et Les vieilles pies, groupe que j’aurai revu avec plaisir mais, je ne sais pas si tu es au courant, ce dimanche là on fête la sortie du n°1 d’Hexagone le mag au Forum Léo Ferré. Devine où je serai ?

Du 9 au 11 septembre :  le festival de théâtre de rue à Ramonville

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Photo David Desreumaux

Comme chaque année, ce festival, aux spectacles à prix libre, programme un peu de musique et ce mois-ci nous donne l’occasion de revoir la surprenante Jur en duo. Domingo, la chanteuse, est un personnage. Très concentrée, voire habitée, quand elle chante, un grand sourire lumineux quand elle parle. Silhouette longiligne, voix chaude et rauque avec un agréable accent catalan, sur scène elle reste très spontanée. Avec Julien Vittecocq, son comparse, au piano, à l’accordéon à la guitare et à la grosse caisse. Jur, formation atypique et étonnante avec un univers très particulier, des textes curieux et décalés, c’est plus un spectacle qu’un concert de chansons. On part ailleurs, loin de nos repères de spectateur, suspendu à ce qui se passe sur scène et on y est bien. Si, comme moi, tu aimes les spectacles originaux et personnels, qui ne ressemblent à aucun autre, je te conseille vivement Jur. A ne pas rater. J’irai également voir la compagnie Joe Sature et ses joyeux osselets et ses spectacles de burlesque musical, plusieurs fois appréciés à Aurillac.


Un peu plus loin

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Dans les départements limitrophes (Tarn et Tarn-et-Garonne)

Dans le cadre de Chantons sous les toits dont je t’ai déjà parlé ici, Pierre Lebelage vient le dimanche 18 septembre chanter à Cadalen (81) dans le grenier de Laure et Patrick (tiens c’est un couple abonné à Hexagone le mag, et toi ?). Je serais volontiers venu écouter les textes ciselés et les jolies mélodies de Lebelage mais, peut être es tu au courant, ce dimanche là je serai à Paris pour fêter la sortie du n°1 d’Hexagone le mag au Forum Léo Ferré. Hélène Piris sera le samedi 24 à Arthes (81). Elle sera précédée, dans le même lieu en fin d’aprés midi par Louis-Noël Bobey. Celui ne se déplace pas pour rien ce week-end là car la veille, le vendredi 23, il chante à Mirandol-Bourguignac (81) et le dimanche 25 à Cestayrols (81).

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Dans le cadre de Musique Ô Jardin, c’est Tony Melvil, récent vainqueur du Bravo des professionnels aux Découvertes d’Alors Chante, qui viendra chanter à Montauban (82) pour un  concert  privé dans un jardin (renseignements : musiqueojardin@gmail.com)

Encore un peu plus loin mais c’est dans la nouvelle région et ça vaut le coup : les 23 et 24 septembre, dans l’Hérault, chez elle au théâtre de pierres de Fouzilhon, Barbara Weldens vient fêter en avant-première la sortie de son album, Le grand H de l’homme. Si tu me fais l’amitié de lire ces chroniques, alors tu sais qu’il ne faut pas rater un concert de cette artiste à part. D’ailleurs, je ferai le déplacement le samedi.


Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Vraiment très loin : à Paris mais pour un toulousain !

Archibald découverte de ce début d’année, continue de promener son spectacle affectopolitique, T’entends ça l’oiseau mais là il a quitté la province pour une série de concerts… dans Paname. Le 14 ce sera aux 3 Baudets avec Marie Plassart et Daniel Jea. Le 15 septembre à 20h30 au Café l’angora, le 17 septembre à la Tête de Chou (82 Rue Alexandre Dumas 20ème) et le 18 septembre à 20h00 au Zic Zinc. Un spectacle solo à découvrir, vraiment. Tout comme l’album qui vient juste de sortir.


Chez ta mère

Quoi, Michel tu ne nous as pas encore parlé de la programmation de Chez ta mère ? En fait c’est parce qu’il n’y a pas de programmation en septembre ! Et pas de bière non plus, car le lieu est fermé pour… cause de travaux. Le lieu prépare sa mue et va passer d’un café-chanson à une salle de spectacle séparée du bar. L’ouverture de Chez ta mère 2 est prévue pour mi-octobre et je t’en reparlerai bien sûr. Mais l’équipe du café-chanson a lancé une souscription pour avoir assez d’argent disponible en échange de compensations très généreuses : toi, passionné de chansons tu sais ce qu’il te reste à faire ici avant le 15 septembre)

On se retrouve en septembre sur les concerts toulousains et alentour cités (sauf le 18 mais je crois que tu sais pourquoi !) ?

Festival DécOUVRIR de Concèze 2016

De retour du Festival DécOUVRIR de Concèze, il fallait que je vous raconte ce que j’y ai vu, ce que j’y ai entendu, les rencontres, les découvertes, le mélange des talents. À Concèze, la poésie rencontre la chanson, les musiciens accompagnent les poètes, les artistes partagent la scène, les mots et la musique. Pendant une semaine, les bénévoles œuvrent avec ferveur et avec le sourire, l’Ensemble Découvrir (qui accompagne de nombreux artistes sur un ou deux titres pour l’occasion) va de répétitions en répétitions et la famille Vincenot veille au bon déroulement général. Dans la journée, profitant du soleil de l’été, les enfants jouent pendant que les « un peu plus grands enfants » font connaissance, racontent des anecdotes, fredonnent en faisant résonner quelques accords. Le soir venu, le public prend place et chacun se laisse plonger dans le monde des uns ou dans des univers qu’il connaît plus ou moins. La curiosité, l’écoute et la bienveillance des spectateurs et des participants du festival dégage une bien belle atmosphère. La diversité et la qualité de la programmation en font une semaine très riche autant artistiquement qu’humainement.
Il serait trop long de revenir sur la totalité du festival (et comme tu as lu le compte rendu de David chaque jour, tu sais déjà tout), alors je vais juste partager quelques images et quelques impressions.

Ouverture
Château de Pompadour – Photo: MH Blanchet – Reproduction et utilisation interdites sans l’autorisation de l’auteur

La soirée d’ouverture a eu lieu samedi 13, sur les Terrasses du Château de Pompadour ! C’est donc dans un cadre fabuleux que l’Ensemble Découvrir et 12 des artistes participant à l’édition 2016 ont présenté 2 chansons ou quelques poèmes chacun, pour donner un avant-goût de la semaine à venir. Le public est venu nombreux au rendez-vous, dans un cadre magique, pour une soirée qui a ouvert de bien belle façon le festival.

Manu Lods dégage comme un rayon de soleil, redonne une bouffée d’air frais. Le talent de faire sourire et de toucher en même temps. Il joue habilement avec les mots, trouve des angles différents pour raconter ses histoires. Sur le même titre, il peut à la fois te faire rire, et te faire dire que c’est super beau. L’équilibre entre légèreté et profondeur, la justesse de dire les choses de façon à adoucir les cœurs.

Presque-Oui
Presque Oui – Photo: MH Blanchet – Reproduction et utilisation interdites sans l’autorisation de l’auteur

Thibaud Defever (alias Presque Oui), est un poète allié à un virtuose. Il pourrait uniquement lire ses textes, ou juste jouer ses morceaux, ça marcherait toujours aussi bien. Avec lui, on se laisse porter par les notes, sans trop savoir où elles vont nous embarquer, puis on écoute les mots qui touchent, frappent, apaisent, selon les titres. Un brin de mélancolie, une touche d’humour, une pointe de bonheur, tout est là.

N’ayant pas l’habitude d’écouter des lectures de poèmes, chaque moment « poésie » a été une découverte, mais celui-ci me laissera un souvenir spécial. Bien que le choix d’un texte long fasse que j’ai un instant décroché, Pierre Aussedat m’a impressionnée par sa façon de raconter Namouna (conte versifié d’Alfred de Musset). La diction, l’intonation, la gestuelle et l’expression du visage ont transmis avec finesse chacun des détails.

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Eric Guilleton – Photo: MH Blanchet – Reproduction et utilisation interdites sans l’autorisation de l’auteur

Découvert le soir du lancement du Festival, Éric Guilleton m’a touchée dès les premiers mots de son titre La beauté des humbles. Quand ce morceau a commencé, il s’est passé quelque chose dans son regard, comme si une émotion particulière s’installait. À la fin, la sincérité et l’authenticité ne faisaient plus aucun doute. Il y a des choses qui ne trompent pas. La plume, l’interprétation… C’était beau, très beau…

Dani fait partie de belles surprises. Accompagnée par Émilie Marsh, elle a apporté une couleur musicale que l’on n’avait pas encore entendue pendant le festival. Je me suis surprise à fredonner les refrains de ses chansons incontournables, et le public s’est laissé porter par la belle énergie que dégageait ce duo, qui, il faut bien le dire, fonctionne à la perfection !

Emilie Marsh
Emilie Marsh – Photo: MH Blanchet – Reproduction et utilisation interdites sans l’autorisation de l’auteur

Émilie Marsh a une fois de plus confirmé tout le bien qu’on pense d’elle. La rockeuse a pris du métier, et depuis quelques mois, ça se ressent. Sur scène, elle est à sa place. De l’énergie, du son, du rock, mais jamais « trop ». Juste ce qu’il faut, là où il faut. La voix est posée, plus question de démonstration, uniquement la force de l’intention. Du rock classe comme on aime !

Rose a cette faculté précieuse de toucher les gens et faire du bien à travers ses mots. Le talent de poser les mots justes sur des mélodies qui leur donnent tout leur sens, des arrangements live qui apportent une dimension encore plus forte aux morceaux, l’authenticité évidente et la complicité du trio (elle était accompagnée par Mathieu Coupat au piano et Thomas Semence à la guitare) ont encore une fois conquis le public.

Ayant malheureusement dû partir plus tôt que prévu, je regrette d’avoir raté la soirée d’Antoine et Dounia Coesens, mais je me rattraperai à la première occasion possible. Merci à toute l’équipe organisatrice, à tous les bénévoles, aux artistes et au public, de faire de ce festival ce qu’il est ! Pendant ces quelques jours, j’ai fait des rencontres aussi belles qu’improbables, j’ai partagé des moments précieux, j’ai découvert des artistes aussi talentueux qu’humains et j’ai vu un public sachant apprécier autant les mots que la musique. Pour tout cela, merci !

Poesie
Pierre Aussedat – Photo: MH Blanchet – Reproduction et utilisation interdites sans l’autorisation de l’auteur

Concèze 2016. Voilà, c’est fini

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Voilà, Hexagonaute, au septième jour, la 14ème édition du Festival Déc’OUVRIR de Concèze a pris fin. Notre petit coeur tout bleu en est bien chagrin mais ne dit-on pas que les meilleures choses ont une fin ? Que pour mieux se retrouver il faut savoir se quitter ?

La clôture du festival se tenait à la salle du foyer rural, à Concèze. Tout avait fort bien commencé. C’est Clio qui ouvrait la marche, emmenée tout le long du set par l’Ensemble Déc’OUVRIR et Paul Roman à la guitare. Clio, on en parle régulièrement dans nos colonnes et j’ai le sentiment que ce n’est pas demain la veille qu’on arrêtera. J’ai dit déjà toute mon admiration pour l’écriture de cette jeune femme, pour la concision de ses textes, leur aspect cinématographique. Clio saisit des instants de vie. Dans une maitrise de l’ellipse, elle les raccorde pour construire des histoires où sens de l’observation, humour, ironie et profondeur s’imbriquent avec une élégance peu commune. Clio, c’est Souchon sans les îles anglo-normandes, c’est Delerm sans Fanny Ardant. Comme eux, après avoir fait réduire et retirer tout le gras du propos, elle met en situation des lieux, des personnes. Avec sa touche à elle, en léguant une part de féminité qui faisait défaut à cette chanson.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Depuis quelque temps déjà, sur scène Clio bénéficie de l’apport de Paul Roman à la guitare et d’Etienne Champollion aux claviers. L’univers sonore en est enrichi, et n’ayons pas peur des mots, en est modernisé. L’association Champollion – qui fait danser les cordes mieux que quiconque – et Roman – qui vient d’un univers plus pop – apporte la richesse musicale qui manquait aux chouettes mélodies de Clio. Clio n’est pas Mick Jaegger. T’avais pas remarqué ? Elle ne court pas d’un bout à l’autre de la scène, elle ne saute pas comme un kangourou mais reste plutôt statique derrière son micro. Clio me confiait avant le concert qu’elle apprécie monter sur les planches même si elle n’y est cependant pas encore à l’aise. Mais pour qui la suit depuis ses débuts, on remarque tout de même qu’une forme de crispation disparaît progressivement. Sur scène comme en écriture, elle ne conserve que l’essentiel. Sa présence et sa voix. Pas d’esbroufe, pas d’entre-chansons bavards. Une petite pépite avant Eric Rohmer est mort, sans même citer la chanson. « La chanson qui vient parle d’un monsieur qui est né pas loin d’ici, à Tulle. Ensuite, il est mort ». C’est ça Clio. L’art de l’ellipse.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

La soirée se poursuit. Se poursuit bien. Place à une autre poésie. Celle de Matthias Vincenot. Ce Matthias qui est le directeur du festival, co-fondateur du Prix Moustaki également. Quel garçon polymorphe ! Matthias est également poète, au cas où tu ne le saurais pas. Quatorze recueils à son actif dont le dernier, Génération deux mille quoi, a paru l’an dernier aux Editions Fortuna. Une version discographique, Hors cadre,  est sortie cette année chez EPM. Derrière l’orchestration de ce disque, l’incontournable Etienne Champollion et son Ensemble Déc’OUVRIR. C’est donc tout naturellement que la formation accompagne Matthias sur scène, ce vendredi soir. Il faut redire ici le travail incomparable réalisé par Etienne et l’Ensemble en général et sur ce festival en particulier. Piano et claviers, clarinette et quatuor à cordes viennent revisiter les morceaux des artistes et apporter un écrin à la douce saveur. Les pièces en sortent magnifiées et arrivent dans nos pavillons comme autant de cadeaux que l’on reçoit avec plaisir.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

C’est donc dans ces conditions que Matthias Vincenot peut dire ses textes. J’ai eu l’occasion de voir Matthias à plusieurs reprises dans la lecture de ses poésies. En cette journée de clôture, je l’ai trouvé très à l’aise et touchant. Juste. Les mots sonnent, épousent les arrangements musicaux pour apporter l’écho d’un monde qui reste beau malgré ses dérives et ses égarements. Matthias aime apprécier l’instant en visitant nos âmes Vintage, ne dédaigne pas se faire moqueur à l’endroit de l’homme qui a inventé le sport. Avec Matthias, la poésie devient le trait d’union entre souvenirs, engagement et société moderne.

Je ne connaissais pas Michel Leclerc et Baya Kasmi, avant-dernière formation à monter sur la scène. Je ne regrette pas de ne les avoir pas connus plus tôt. Sur le plan artistique j’entends. En dehors de la scène, ce sont deux personnes fort sympathiques. Sur scène, je ne me suis pas senti hermétique mais absolument réfractaire. Des histoires qui ne me touchent pas, un humour qui parfois avait du mal à passer : « Tu es ma bougnoule, je suis ton youpin »… Carton rouge ! Même mon traitement de texte refuse d’écrire les mots cités et m’en propose d’autres… Un propos à la justesse aussi fautive que la voix de la chanteuse. La programmation ne pouvait pas être parfaite durant toute la durée du festival.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Dernier spectacle de l’édition 2016 et là également, un avis teinté de déception. Brigitte Fossey et Pierre Fesquet venaient proposer une lecture de textes de Victor Hugo. On se souvient que l’an dernier, c’est François Rollin qui récitait le père Hugo – en même lieu et place – et qu’il nous avait régalés. Une proximité avec le public, un jeu profond qui tenait presque de l’explication de texte tant il disait juste. Cette année, les deux comédiens n’ont pas su susciter le même engouement. Hugo, ce n’est pas Feydeau et le mode de lecture de Brigitte Fossey, sans nuances, passant de la morosité à l’hystérie dessert des textes qui demanderaient à être habités autrement. Avec profondeur plutôt qu’en mode crise de nerfs. Tant pis pour l’interprétation, on aura cependant eu le plaisir d’entendre la poésie romantique en musique, par le jeu d’Etienne Champollion et de son accompagnement raffiné : Beethoven, Liszt, César Franck, Donizetti et Fauré.

Voilà Hexagonaute, Concèze 2016, c’est terminé. Deux coups de moins bien ne pourront effacer une semaine entière passée à assister à de fabuleux moments de spectacles vivants, d’échanges avec les artistes et le public. Une semaine à côtoyer les bénévoles qui s’investissent de façon hors du commun. J’ai un peu le sentiment de me répéter et tant mieux, on ne le dira jamais assez : Concèze n’est pas un festival comme les autres. C’est une bulle, un moment hors du temps. Une des poétesses présente sur cette édition (Pascale Anglès ou Claudine Bohi, je ne me souviens plus) a cité Alfred Jarry qui disait : « Arrêtez le monde, je voudrais descendre. » Concèze, c’est un peu l’arrêt-minute dans la grande course du monde. Ça ne dure pas longtemps, mais c’est indispensable. Et on y revient.


Clio

Concèze, jour 6. A Tulle avec Les Coesens et JB Bullet

Pour cette avant-dernière journée du Festival Déc’OUVRIR de Concèze, les hostilités se déroulaient à l’extérieur. En dehors de Concèze. En effet, en partenariat avec la ville de Tulle, la soirée s’inscrivait dans le cadre des Jeudis de l’Eté de la ville. Le festival nous habituant à de copieuses affiches depuis son lancement au château de Pompadour, on serait tenté de dire que « seulement » deux spectacles étaient au menu, dans la Salle Latreille. JB Bullet et Les Coesens.

Le premier à fouler les planches est JB Bullet. Seul en scène, le garçon est malgré tout venu avec un orchestre au complet. Un grand Macintosh dans lequel il a rangé tous les membres du groupe, s’amuse-t-il à dire. C’est donc sur des bandes sons et s’accompagnant à la guitare folk que JB chante les morceaux présents sur son album Du coeur au stylo. Pour l’essentiel, car il interprétera également le morceau qui l’a fait connaître d’un large public, lui offrant une notoriété qu’il n’aurait certainement pas connue sans ce coup du destin. Il est en effet l’auteur de la chanson Je suis Charlie, écrite sur la musique d’Hexagone de Renaud, chanson qui aura parcouru les réseaux sociaux à vitesse grand V au lendemain de l’attentat dans les locaux de Charlie Hebdo. L’auteur dira que ce morceau est né du besoin de s’exprimer spontanément après l’horreur du 7 janvier 2015, mais oubliera de mentionner que le père Séchan en est le compositeur.

Auteur compositeur interprète, JB Bullet montre dans ses morceaux ses préoccupations, ses engagements, son regard sur le monde et la société égoïstes. Un monde qu’il aimerait voir plus solidaire, comme il en informe sur le premier titre. D’une voix et dans un style proche de Grand Corps Malade, JB rappelle « qu’on est tous dans la même galère ». Il alterne les morceaux militants, titres faisant la part belle aux souvenirs et à l’enfance, comme sur La tarte aux abricots, dédiée à sa grand-mère. Parfois, comme sur L’oiseau, l’envol se voudrait plus poétique et JB avance que « Le monde est bien plus beau depuis que je suis un oiseau ».

La soirée se poursuit avec Les Coesens. Un spectacle familial en somme. « Les Coesens, père et filles », aurait-on pu dire également. Antoine Coesens, le fameux daron en question, est un habitué du festival. Il fait partie de ceux que j’appelle les « sociétaires » de Concèze. Il est programmé tous les ans, depuis un bon paquet de temps. Du genre, on ne peut pas dire qu’il fasse partie des murs, certains murs n’étaient pas montés qu’il disait déjà des textes à Concèze !

Cette année donc, c’est dans une formation originale et étendue qu’il a déployé ses talents, mais pas seul. En association, avec ses filles Marie et Dounia, les Coesens ont monté une manière de spectacle autour d’un choix de textes et de chansons. Initialement, ils devaient être tous les trois sur les planches. Mais voilà, Marie vient d’accoucher il y a quelques jours et n’a donc pas pu être présente, hormis par le truchement d’un petit SMS envoyé avant le début du spectacle.

Qui dit « chanson » dit musique, donc musiciens. Et qui dit Concèze dit Etienne Champollion et Ensemble Déc’OUVRIR. Ensemble en formation très réduite pour cette soirée. Etienne qui tient fidèlement son clavier et son accordéon alors que Louis assure la clarinette. C’est Antoine qui ouvre la soirée. « Mes deux filles sont comédiennes, je suis comédien également », annonce-t-il en ouverture avant d’attaquer Je suis comédien de Jacques Debronckart. Comédien donc, mais pas seulement car cet Antoine Coesens n’est pas un manche avec un micro dans les mains. Il interprète avec générosité, avec coeur, avec le souci de bien dire allant parfois jusqu’à une proximité troublante avec la chanson originale. Par exemple sur La la la de Jacques Brel où il respecte jeu, silences, respirations et accentuations.

Dounia le rejoint sur scène pour La vie à 25 ans (Y a pas d’mal à s’faire du bien) en duo. Pas simple de chanter en duo et le père et la fille ont un peu de mal à se trouver. Qu’importe, l’essentiel n’est pas là. Non, l’important, c’est la volonté manifeste et bien visible de partage, d’offrir à la salle des mots de fraternité, de communiquer le plaisir d’être ensemble. Progressivement, l’émotion s’installe. Dounia, dans ses lectures est touchante, juste. De L’enfant poète d’Yves Duteil, à Vintage de Matthias Vincent qui prend une belle saveur, en passant par le très beau J’ai 20 ans écrit par Antoine Coesens, texte-manifeste-constat d’une société qui se délite : « Ils ont inventé le dentifrice qui enlève les taches mais ils nous pourrissent dedans ».

Pour ce qui est de l’émotion, Antoine n’est pas en reste. Bien sûr, il nous gratifie de Ma France de Jean Ferrat, devenue l’hymne de tous les afters du festival. Mais ce n’est pas tout. Il donne aussi un très beau Des vies au village, de Matthias Vincenot également, dans une lecture qu’il vient poser sur l’accompagnement clavier et clarinette.

Comme tu le constates, Hexagonaute, le choix des textes est varié, puise dans la chanson, la poésie, chez les plus anciens mais chez les plus jeunes également. Dounia chante Inès Desorages (A la dérive) et dit de façon remarquable Où vas-tu la nuit d’Emilie Marsh. La lecture est belle, lente. On est ici dans un monologue intérieur, comme en une demande d’aveu. On ressent pleinement la dimension poétique du texte, son évidente qualité. Les vers sont courts, directs, rythmés, les images fulgurantes.

Antoine vient boucler le spectacle, qui progressivement aura gagné en corps et en émotion, avec Un jour, tu verras de Mouloudji, certainement une des plus belles chansons de notre patrimoine.


JB Bullet

Concèze, jour 5. P’oasis

P’oasis. La cinquième soirée du Festival Déc’OUVRIR de Concèze s’est achevée et me revient en mémoire ce poème de Robert Desnos, tiré du recueil Corps et biens. « Nous sommes les pensées arborescentes qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux. Soeur Anne, ma Sainte Anne, ne vois-tu rien venir… vers Sainte-Anne? Je vois les pensées odorer les mots. Nous sommes les mots arborescents qui fleurissent sur les chemins des jardins cérébraux. De nous naissent les pensées. »

Depuis l’origine du festival Matthias Vincenot a pris le pari de mêler chanson et poésie. Hier soir, peut-être davantage que n’importe quel autre soir, le public venu en large nombre a pu sentir à quel point poésie et chanson ne sont pas cousines mais soeurs. La poésie, cette fleur du mal, pour le dire comme l’autre génie. Je ne saurais dire si c’est l’humanité qui prend racine dans la poésie, ou bien l’inverse, mais ce que je sais, c’est que sans poésie la vie serait laide et invivable. Elle est ouverture sur le monde, main tendue vers l’autre, résilience parfois quand trop de saloperies dans le monde nous rendent sourds. Quelle belle soirée hier ! Et quelle ouverture par la poète belge Colette Nys-Mazure. Les mots justes, les mots simples, une didactique de l’existence entrecoupée par les respirations de l’accordéon d’Etienne Champollion. On est là, médusé, happé par la sagesse de cette dame dont on lit le vécu dans les sinuosités du visage. Elle dit son entrée en poésie lorsque fort jeune, ses parents ont la sale idée de disparaitre, la laissant, elle, sa soeur et son frère seuls face à la vie. La poésie devient son refuge. Le refuge et la force de tout une vie. Une leçon bouleversante.

Soirée thématique laissé-je entendre ? Oui, Hexagonaute ! La suite sera du même tonneau. C’est Emilie Marsh qui prend la suite de Colette Nys-Mazure sur scène. En formation complète, avec Etienne Champollion aux claviers (toujours lui, oui !) et Mathieu Chrétien à la batterie. Ca tape fort et dru sur les intrus, la guitare d’Emilie envoie des riffs tantôt rageurs, tantôt suaves. Sa voix, parfaite, juste belle chaude et parfaite, vient dire le fond de sa pensée. Quelque part entre Virginia Woolf et Patti Smith, chez Emilie Marsh, on n’appelle pas un chien un chien mais – comme le réclamait Paul Valéry – l’on va chercher l’effort au dire. La poésie d’Emilie peut prendre des formes bien différentes, jouer sur les images et nous renvoyer à notre imaginaire comme sur Briques ou alors être plus frontale et directe pour affirmer sa féminité à l’instar d’Antisensuelle mais jamais elle ne laisse indifférent.

Vient le tour de Buridane. Dans un autre registre, dans une autre forme de chanson mais avec le même sens de l’exigence et de la belle ouvrage. La poétique est différente. Buridane, comme une Montaigne de la chanson, introduit le doute et le scepticisme au centre de son oeuvre. Le questionnement systématique mêlé à l’interprétation de tous les possibles d’une situation. « Je sais que je ne sais pas » disait Montaigne. La formule colle comme un gant à la jeune lyonnaise. Le tout emballé dans de soyeux écrins mélodiques, distillés à la guitare folk. Maniant les entre-chansons avec beaucoup d’aisance et de spontanéité, Buridane a montré hier qu’elle était une artiste accomplie, maîtrisant aussi bien l’humour que les ressorts psychanalytiques propres à la chanson. Une artiste des plus agréables à voir et à entendre, qui donne autant à réfléchir qu’elle dispense de plaisir.

Le clou de la soirée revenait à celui que l’on peut considérer comme la grande vedette de l’édition 2016 : Hervé Vilard. Il a fallu ajouter quelques dizaines de bancs pour accueillir l’ensemble du public qui s’était déplacé en très grand nombre. Et encore, tout le monde ne tenait pas dans la salle, alors on a étendu l’assistance en extérieur. Hervé, c’est une star. Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas ; même s’il l’a chantée hier soir, Capri, c’est fini. Aujourd’hui, Hervé Vilard veut offrir les chansons qu’il aime, veut dire son amours des poètes et de la langue française. On mentirait à dire qu’Hervé Vilard est un grand interprète mais la sincérité de son engagement, le plaisir évident qu’il prend à chanter Trenet, Leprest, Béart, Fanon ou Gainsbourg montre un artiste touchant, élégant. Fort aimable, doté d’un sens de l’humour qui n’est pas pour nous déplaire. Je te fais cet aveu Hexagonaute : j’ai toujours eu un faible pour la variété kitch d’Hervé Vilard parce qu’elle me rappelle mes tendres et jeunes années. Aujourd’hui, j’aime Hervé Vilard parce que je sais que l’on a une passion commune, forte et indéfectible. Une passion, comme un espéranto en commun aux artistes de la soirée : la poésie.


Hervé Vilard

Sélection des concerts 17-30 août des artistes toulousains et à Aurillac

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Si comme moi, tu es de retour de congés dans la région toulousaine, tu dois attendre la rentrée et mi-septembre pour retrouver des propositions de nombreux concerts intéressants. Mais justement, cela laisse le temps pour évoquer les concerts restant en ce mois d’août pour les artistes toulousains ou de la région. Et puis j’en profite pour t’annoncer quelques concerts chanson au festival (de théâtre de rue) d’Aurillac.

Rappel : un clic sur le nom du groupe et tu te trouves sur le dernier article Hexagone publié ou sur son site, un clic sur le nom du lieu et tu peux obtenir les informations pratqiues


A Toulouse ou à côté

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

La Reine des aveugles vient présenter ses portraits « d’estropiés de la vie ». Plume mordante, émotion et rire, une belle performance de la comédienne-chanteuse Emilie Perrin bien entourée de deux excellents musiciens à la guitare et aux percussions. Un concert original que je te recommande. Ne pas hésiter à se procurer l’album, paru en début d’année, à la fin du concert. Cave Poésie du 23 au 26 aout.

 En plein air et dans deux endroits originaux Fanny Roz propose son spectacle solo avec piano, percussions, loop station, performance vocale, bouts de bois et p’tits cailloux. Le 18 août à la piscine d’Aurignac (31) et le 21 août à 18h à lEphémère Guinguette – La Croix Falgarde (31).


Ailleurs, dans la région

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Archibald découverte de ce début d’année sur la scène toulousaine, continue de promener son spectacle affectopolitique, T’entends ça l’oiseau ?. Un spectacle solo à découvrir, vraiment. Tout comme l’album qui vient juste de sortir. Le 20 Août 18h à la fête du poivron Rouge à Prayssac (46), le 27 Aout au Festival La cabanne des arts à Monnein (64)

Lucien la movaiz graine dont je t’ai vanté ses concerts en solo et en quartet, présente cet été un nouveau spectacle en duo Chez Lucien, chansons à la carte. Le 17 août au Baluchon à Lourdes (65)


Ailleurs en France : à Aurillac, festival de théâtre de rue du 17 au 20 août

All’arrabbiata, cabaret satirique fortement apprécié à Hexagone, a quitté les salles de spectacles pour le plein air. Après une représentation pour Nuit debout jouée Place de la république à Paris et une autre Place du Capitole à Toulouse, le trio est à Aurillac et joue les quatre jours à 14h10. Il ne manquerait plus qu’ils passent à la Blackroom à Clichy le mois prochain ! Le 24 septembre par exemple ! Un autre groupe toulousain Zoé sur le pavé, sera présent dans les rue d’Aurillac mercredi et jeudi.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Et puisque l’on parle d’Aurillac voici quelques groupes chansons. D’abord les habitués : Jolie Môme (Cf. Photo à la une), compagnie de plus d’une dizaine de comédiens chanteurs musiciens, tous les après midi à 15h. Chaque chanson est traitée en comédie musicale avec des textes engagés forts. Ensuite deux groupes dont je t’ai parlé l’an passé pour ce même festival : Les enculettes dans Chantons à sexe duo féminin avec Lily Luca tous les jours à 14h30 et Bazar et Bémols, trio chanson swing du 18 au 20 août à 20h15. Et pour clore cette mini sélection Quartet Buccal, groupe féminin a cappella, dans leur nouvelle création en trio Les Femmes aux yeux ouverts sont dangereuses à 20h15.

Et je serai à Aurillac vendredi et samedi, à ta disposition pour échanger.

Concèze, jour 4. Au pays des merveilles d’Alice

La quatrième journée du Festival Déc’OUVRIR de Concèze est morte de sa belle mort. C’était hier, 16 août 2016 et demain, c’est aujourd’hui. Que de réjouissances depuis samedi soir, ici, dans ce village de Corrèze ! Que de plaisirs pris et que de sucreries pour nos oreilles friandes ! Je te le dis tout net, Hexagonaute, cette édition 2016 est d’un parfait équilibre. Poésie, chanson toutes catégories et tous registres. Tout le monde y trouve bonheur à son âme et la joie lisible sur tous les visages vient certainement de cela.

Hier soir, dans le foyer rural encore moite de la délicieuse chaleur que nous connaissons depuis le début du festival, se sont succédé quatre formations d’artistes, très différentes, toutes ayant des arguments dissemblables à faire valoir. La première à monter sur la scène, c’est Alice Bénar. Je te le dis tout net, Hexagonaute, c’est mon coup de coeur depuis le début. Faut dire que les autres, ceux déjà passés précédemment, je les connaissais déjà pour beaucoup. Du coup, il y a moins eu d’effet de surprise. Alice Bénar, avec son projet Au creux de l’A, je ne l’avais vue que fort peu. C’était en novembre dernier lors de la finale de Vive la Reprise, à Paris. Un seul titre original entendu à l’occasion. Si j’avais été intéressé par l’univers de l’artiste de la région toulousaine, je m’étais bien gardé de crier mon enthousiasme. Cela demandait d’être vu plus longuement. Matthias Vincenot, lui, cache, il l’a programmée à Concèze. Comme l’a raconté Alice sur scène, il a osé prendre ce risque, faire confiance. Bravo Matthias parce que l’on a pu assister en direct à la naissance d’une artiste fort belle. D’une artiste, on peut dire un groupe tant les trois filles sur scène font corps et nous apparaissent comme une entité unique.

Toutes trois fort bonnes musiciennes, délicates dans la pratique des cordes (violoncelle et espèce de banjo pour l’essentiel), elles offrent au public – à l’inverse de Manset – non pas un voyage en solitaire mais une odyssée dans leur espace artistique. C’est Wall-E revisité, façon musique du monde à la sauce chanson. Tout le monde embarque dans un vaisseau et se laisse porter par un monde de sons qui se transforment en mots et inversement. On y lit tout le travail accompli, la recherche, la quête. La chanson n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle cherche à se ré-inventer et ce que parviennent à faire Alice et ses acolytes va dans ce sens créatif. La grande réussite repose sur le fait que ça ne sent pas la sueur ni le laboratoire. Ca innove sans être dans la branlette intellectuelle. On cherche l’émotion et ça fait mouche !

Alice, au chant, module sa voix à l’envi, joue sur les fréquences, distille des impressions comme en une manière de néo-impressionnisme musical. Les mots deviennent paysages, ambiances, impressions, rêves et flâneries. Ou tourments et douleurs. C’est la vie et ses éruptions mise en musique. Depuis notre fenêtre, comme dans un train qui file à vive allure, les pensées en bataille, on pense aux fulgurances de Björk, aux débuts de Camille aussi. Alice déroule son fil,  délie l’informulé de morceau en morceau. Le temps passe et nous échappe. C’est fini, on en reprendrait bien un peu. Les meilleures choses ont une fin. Le concert a pris fin mais une artiste est née.

La soirée, quant à elle se poursuit. Place à la poésie, avec Claudine Bohi (aucun lien de parenté avec David) qui laissera le micro à Geneviève Morissette. Dans son style et fidèle à elle-même, elle saura s’accorder les faveurs du public. Jouant sur son appellation d’origine contrôlée, « Produit du Québec », elle « joke » à mort sur le sujet et met en perspective les faux-amis entre dialectes français et québécois. Notons au passage que la Morissette était accompagnée à la guitare par Emilie Marsh. Une Emilie Marsh qui a bien du boulot cette année à Concèze, entre ses soirée d’ouverture, accompagnements de Dani et Geneviève Morissette et son concert personnel ce soir !

La clôture de la soirée revient à Rose. La Pink Lady. Une pink punk un peu des fois, dans des saillies verbales tendance punchy à l’adresse du public, histoire de le faire entrer rapidement dans le concert. Résultat du concert ? Des chansons à l’eau de Rose mais une eau de rose un peu particulière. La chanteuse parle de quotidien, de son quotidien, probablement parce que c’est celui qu’elle connaît le mieux. Mais derrière l’apparente légèreté des morceaux, dans une pop folk très agréable, se nichent tous les tourments et les questionnements de l’humanité, dans son universalité. C’est bien fait, efficace, le tout emballé d’une voix dont le grain nous fait dire que Rose est notre Sheryl Crow à nous.


Alice Bénar - Au creux de l'A

Concèze, jour 3 autour de Dani et Noga

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Voici un large retour en images du lundi 15 août 2016 au Festival Déc’OUVRIR de Concèze. Quelques photos de la scène ouverte en extérieur, l’après-midi, autour de quelques participants de la 14ème édition, puis un panorama de la soirée au Foyer Rural.

Une soirée très plaisante, partagée comme c’est la règle à Concèze, entre poésie et chanson. La soirée est introduite par Pascale Anglès, suivie de Noga et Patrick Bebey. Ensuite, une lecture de poèmes des lauréats 2016 du concours Poésie en liberté a été donnée par quelques comédiennes : Tatiana Gousseff, Pénélope-Rose Lévêque, Justine Thibaudat, Cannelle Carré-Cassaigne et Julie Delarme. Enfin, la clôture de la soirée revient à Dani, accompagnée par Emilie Marsh, puis par l’ensemble Déc’OUVRIR pour le final.


L'ensemble Déc'OUVRIR avec Presque Oui

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