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jeudi, avril 15, 2021

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Soirée Deuxième Génération : Session #04, ça rocke à Clichy avec Marsh et Bobin !

Hexagonaute, salut. Et bien voilà plus d’une semaine que cette 4ème session des Soirées Deuxième Génération est terminée et moi je reviens te bassiner avec. Tu vas finir par te lasser mais bon, il faut bien que je consigne quelques souvenirs de ce moment dans nos colonnes. C’est pour la postérité, tu comprends. Dans 50 ans, tu seras content de retomber sur ces quelques lignes et de repenser que tu avais encore toutes tes dents et que tu pouvais encore danser le rock avec maman. Tu vois, je prends soin de tes souvenirs et de ta nostalgie à venir.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

C’était donc le 19 septembre dernier dans La Blackroom. Quatrième session de ce qui commence à devenir une micro-institution dont nous ne sommes pas peu fiers, je te l’avoue. Générer du plaisir autour de la reprise et de la réécriture du répertoire du père Séchan, sans déc’, c’était pas gagné, c’était pas évident et nous autres dans notre folie douce, on a osé. On leur a dit aux artistes que c’était obligé et tout ça et comme ils ont tous été super sympas, ils ont accepté. Et pourtant, avec Flavie, quand on leur donnait le titre de leur chanson à reprendre et à réécrire, on lisait bien palpables la crainte et l’appréhension sur leurs visages. Mais là, ça y est, j’ai comme l’impression que l’exercice s’installe tranquillement et j’ai presque – presque seulement – la prétention de penser que finalement, ça leur plaît plutôt à nos candidats ! Ce travail à deux, cette rencontre un peu différente de l’ordinaire.

Ce samedi 19 septembre, c’est Emilie Marsh et Frédéric Bobin qui venait s’essayer à l’exercice périlleux. D’autant plus périlleux pour eux deux que c’était une sorte de première dans la courte histoire de ces soirées. Emilie habite Paris et Frédéric à Lyon. Ajoute à ça qu’ils ont eu tous les deux des étés et des rentrées bien chargés et tu comprendras qu’ils n’ont pas eu le loisir de se voir énormément pour faire les devoirs scolaires qui leur étaient demandés. Du coup, travail intensif sur un laps de temps très resserré. Et alors ?

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Et alors, à l’arrivée, le public a encore été sérieusement gâté ! On avait imposé La chanson du loubard comme reprise. Pour le coup, là aussi c’était de l’innovation puisque c’est une des rares dont le texte n’est pas de Renaud mais de Muriel Huster. Mais tellement rénaldienne, tellement belle et forte qu’elle figure dans mon top 10 des titres du renard argenté. Eh ! Hexagonaute, vise cette interprétation de Fred et Emilie. Bien comme il faut. Décalée par rapport à l’originale comme j’adore. Une version rock, moderne pour un thème intemporel finalement. C’est du haut niveau. Ecoute, c’est là.



Sur la réécriture, là aussi ils se sont lâchés ! Oh que c’est bien vu ce Cachemire ! Transposer le propos, re-contextualiser la situation comme ça. Très belle qualité d’écriture et puis aussi, quelle mélodie ! Le genre de truc qui ne te lâche plus quand tu l’as dans l’oreille. Ecoute un peu le boulot !



Voilà, c’était la quatrième, c’était un beau moment et on a franchement, mais franchement hâte d’être à la prochaine ! Ce sera le 7 novembre avec Lise Martin et Tomislav, mais chuuuuuut je t’ai rien dit ! Attends l’annonce officielle avec la photo pour exulter. Salut, Hexagonaute !

Manu Galure : la tournée des grands ducs de Toulouse !

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Manu Galure : La tournée des grands ducs de Toulouse. J’aurais pu te parler de cette tournée vraiment particulière lors de la sélection d’octobre des concerts toulousains. Mais je tiens à en faire une actualité à part entière vu justement son caractère exceptionnel. Hé oui Manu Galure sera en concert la semaine du 6 au 11 octobre pour pas moins de 8 représentations en 6 jours dans 6 lieux différents à Toulouse ! Une tournée à la (dé)mesure de Manu Galure. Avec des surprises, des invités, des nouveautés, et … des chansons. Allez t’impatiente pas, voici le menu.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Mardi 6 à 20h – Les Machins des Autres, concert gratuit chez l’habitant.
Manu Galure chantera un peu ses chansons mais surtout des chansons des autres qu’il aime. Inscriptions ici

Mercredi 7 à 21h00, Sans les mains, au Théâtre Du Grand Rond
En première partie du spectacle Le Joueur d’échecs, Manu délivrera quelques chansons traduites en langue des signes.

Jeudi 8 – Le jour le plus fou de la tournée : 3 concerts, 3 spectacles différents.
à 12h30, La Pause Musicale, Salle du Sénéchal, concert gratuit. Entre midi et deux, à quelques mètres du Capitole.

21H30 Galure & Co à La Cave Poésie René-Gouzenne – Manu Galure convie ses meilleurs ennemis autour de leurs chansons, des siennes, et des chansons qu’ils aiment chanter ensemble. Avec ChoufLa Reine des aveuglesNicolas Bacchus (tous trois des artistes appréciés par Hexagone et si tu cliques sur le nom on te propose le dernier article publié), Eric Lareine, et d’autres.

à Minuit (mais oui tu as bien lu !) Nuit de la Lune Gibbeuse à La Cave Poésie René-Gouzenne à nouveau, Manu Galure et ses invités caresseront le répertoire des chansons lestes, licencieuses, croustilleuses et salées, galantes ou grivoises, pour une nuit très particulière. Pour public averti et noctambule.

Photo : David Desreumaux
Photo : David Desreumaux

Vendredi 9 à 21h00, Langue de Boeuf, au bar L’Impro, concert gratuit.
Manu Galure et Chouf chantent leurs chansons accompagnés des meilleurs jazzeux de Toulouse, pour un gros boeuf « à la française ».

Samedi 10 et Dimanche 11 à 20h00 et des brouettes Le Grand FinalChez ta MèreLe piano au milieu de la salle, pour finir en beauté. Avec des surprises et des invités.

En tant qu’amateur de scène chanson et de spectacle vivant je tiens à saluer et féliciter Manu Galure pour cette initiative. Je diffuse cette annonce avec plaisir mais, vu les petits lieux dans lesquels ces concerts se déroulent, je ne doute pas qu’ils afficheront complets. Mais Hexagonaute parisien, te rendre un peu jaloux n’est pas pour me déplaire moi qui parfois regrette de ne pas être parisien … vu l’offre des concerts ! De plus il est rare de pouvoir suivre, toute une tournée, cela générerait trop de dépenses en déplacement et hébergement. Mais Hexagone avec son généreux rédacteur en chef David vient de m’apprendre que je pourrai me faire rembourser de tous mes frais quand je me déplacerai en dehors de Toulouse pour voir un concert de cette tournée … Toulousaine ! Aussi je vais aller voir trois (au moins) des six spectacles de cette tournée des grands ducs de Toulouse. Et il est possible voire probable que je t’en (re)parle.

Lucien la movaiz graine en quartet et en solo

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Bientôt un an que sur Hexagone j’essaie de te donner envie d’aller voir les artistes qui m’ont procuré émotion, plaisir, choc et bon moment. Et principalement ceux que tu ne connais pas (encore !). Et j’ai eu l’occasion de te faire partager tous mes coups de cœurs. Il ne manquait plus que Lucien la Movaiz Graine (et dans un autre genre Marcel Dorcel et son orchestre de merde).

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Alors un grand merci à la programmation de Chez ta mère. Pour le premier weekend de septembre deux concerts de Lucien : en quartet le samedi et en solo le dimanche. Et j’en ai profité pour échanger un peu avec l’artiste entre les deux prestations. Samedi, en quartet. Comment te décrire Lucien la Movaiz Graine en groupe ? Allez j’essaie. Des textes noirs avec une écriture précise, des thèmes de citoyen engagé, une belle musicalité, une voix personnelle et la volonté de faire de ce blues d’humain un spectacle musical qui n’ennuie pas. Donc un artiste original avec un univers particulier. Lucien s’installe sur un tabouret haut avec son accordéon. Il démarre avec une chanson forte et triste, Le pas (sous titré La complainte du galérien sur disque). Le pas au sens privation, pas de. « Pas d’amour dès tout petit, pas d’amour et tant pis, Dès le début tu stresses et l’avenir tristesse … Pas de logement, pas de travail, …, pas d’argent … Pas d’amour, pas d’chaleur, pas d’câlins, pas d’épaule. »  Le public pris à la gorge, n’applaudit pas à la fin. « Ah, c’est sûr c’est pas évident de commencer par cette chanson », dit il en enlevant son accordéon. Et un flot d’applaudissement jaillit, à la hauteur de l’émotion ressentie.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Il continue avec Heureusement qui pourrait être sous-titré la complainte de la galère du gars qui bosse. Une mélodie cool, qui part guitare percussions et évoque les dérivatifs nécessaires pour supporter le travail : « Donne-moi une cigarette, du café, du vin, un pétard, des cachetons ». Puis vient J’en veux plus commencée comme un blues et qui dresse un portrait de notre société de consommation. Avec une musique qui donne envie de bouger et de reprendre le refrain « J’en veux plus, plus que de raison j’en veux plus, plus de toute façon ». Après ces chansons fortes, Lucien passe derrière un paravent et revient en Yvette Gélénerr, robe noire, chaussure à talons. Yvette, la chanteuse qui roule les R et en met beaucoup dans sa chanson « Roots, ragga, reggae, ce que j’aime c’est rrrouler ». Lucien, avec ce personnage amène de la gaieté et de la diversion. Même si la seconde chanson d’Yvette, sous un petit air de java qui semble léger, évoque la manière (forte) dont un mari traite sa femme et un père sa fille.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Dark Lucien, nouveau personnage, remplace Yvette, en chapeau noir et long manteau de cuir sur la peau. Sur Chairac, portrait noir du système actuel, écrit bien quelques années avant, il fait chanter le refrain au public « Nous sommes, peuple d’en bas, de la chair à canon » ! Puis, comme son percussionniste lui réclame une chanson sur les choses simples de la vie, sur les oiseaux alors il enchaîne avec En terre qui démarre par « Qu’on m’enterre comme un vulgaire machin ». Les derniers morceaux seront plus légers ou/et moins noirs. Il introduit le titre suivant par « la prochaine chanson est une chanson qui s’appelle Une chanson ». Elle lui permet de faire chanter un doux « doudouddou » aux spectateurs. Puis Gagne pain un duo guitare tambourin, avec le percussionniste, un peu à la façon des joutes verbales des Fabulous troubadours. « Si tu chantes, enchantes la vie et que celle-ci te sourit, Quand le grand malheur te mord, chante, danse, vis encore. » Un set de dix chansons pour plus d’une heure vingt de concert. Un concert qui ne se réduit pas à l’enchaînement de chansons fortes car, au delà de la mise en scène, une belle part est consacrée à la musique du groupe et à différentes ambiances musicales.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Par rapport au dernier concert vu, je ressens une plus grande maîtrise des enchaînements, une notion de groupe un peu plus forte, un gain en cohérence. En bref avant c’était très bien et désormais c’est encore mieux ! Le lendemain après midi, autour d’une petite table devant le bar de Chez ta mère je retrouve Lucien, ou plutôt Julien Malherbe, pour le petit échange prévu. Je démarre par une question d’une originalité folle lui demandant pourquoi Lucien la movaiz graine ? Il me répond : « Superbe cette question car j’ai la réponse ! Lucien fait référence à mon grand-père maternel, que je n’ai jamais connu, le musicien de la famille, en quelque sorte une légende. Et la mauvaise graine, du côté paternel, c’est le dérivatif de mon nom Malherbe, mauvaise herbe, devenue la mauvaise graine.» Dans l’entretien et dans les concerts j’aurai pu noter l’importance de la famille pour Julien. A ma question sur son parcours, sur comment on se retrouve avec un accordéon, une guitare puis à chanter devant les gens, là aussi il a la réponse : « C’est la vie ! ». Réponse juste mais qui cloue sur place un interviewer !

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Il détaille bien sûr : « J’écoutais beaucoup de musique quand j’étais enfant, ma mère nous « baignait » de chanson. J’ai commencé à la guitare, adolescent, à 15 16 ans, et 10 ans après je me suis mis à l’accordéon. C’était mieux qu’une guitare pour chanter dans la rue, ça a plus de volume. Mes premières chansons je les écrivais comme des lettres à des inconnus, des coups de gueule. Je ne voulais pas faire ça (comme métier).  Je voulais travailler dans le social. Je voulais être un super héros. Et la musique a toujours été là.» Ses thèmes traités rejoignent la préoccupation du social, de la société. Il me précise : « C’est de l’observation, mon observation du quotidien, des gens autour de moi, de ce que j’ai vécu. Je balance une chanson à texte, comme une manière de communiquer, de discuter : je vois ça comme ça et vous, c’est comment de votre côté ? » Sur la cohabitation de textes noirs et forts avec une dimension plus joyeuse avec les personnages et déguisements d’Yvette et de Dark Lucien il m’apporte une confirmation. « Oui des textes plutôt pas marrants, chantés d’une certaine manière, ils pouvaient être plombants pour les auditeurs. Alors on les fait passer par la mise en scène, par les personnages. Ce qui m’intéresse c’est toucher sur des choses simples, la relation avec les gens. Je chante ce que je connais, ce que j’ai vécu ou entendu. Le but c’est de se faire du bien à soi, de faire plaisir à l’auditoire. Que les gens, à la fin du spectacle, soient émus et se sentent bien même s’ils ont entendu des textes pas forcément rigolos. »

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Je l’interroge sur une nouvelle chanson Gagne pain qui clôt le concert : « C’est une volonté de terminer sur du plus léger avec un refrain positif …  car la vie est dure parfois. »  Puis j’aborde le concert en solo et j’apprends que j’ai assisté à la première il y a un an et demi. Il précise : « C’est autre chose de faire une représentation acoustique, intime, sans micro, sans rien. C’est un autre travail. Peut-être qu’on entend mieux les chansons. Le solo raconte mon histoire un peu romancée. Il reprend les chansons dans l’ordre chronologique de création, en les replaçant dans les moments de ma vie. Je lui demande d’où vient le goût des déguisements, s’il a appris la comédie ? « Non, je fais le clown. J’ai eu des moments où j’étais extraverti, dans mon passé. Et sur scène je peux le faire, sans paraître fou. Ici c’est permis.» Et quant à mon interrogation sur la réalité d’une étape punk évoquée dans le solo il me répond : « Oui c’est celle où j’étais extraverti. C’était du délire, un moment compliqué. Cela correspond à des chansons que j’ai faites, des moments de ma vie .» Il conclut l’échange sur les concerts par «L’idée c’est de garder les deux spectaclesDeux spectacles qui sont ensemble, sous le même nom d’artiste, mais vraiment différents. Et ce soir c’est la première fois où j’enchaîne les deux. »

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Je possède deux EP, acquis lors de précédents concerts, «sortis» en 2011, plutôt artisanaux, avec le nom de l’artiste au feutre sur le CD. Le gain d’un prix lors du tremplin In-dependances a permis à Julien d’ajouter la chanson Heureusement, de remastériser et rééditer le mini-album 6 titres, en trio, Blablabla…. Je suis intrigué par le choix de faire le prochain EP sur un personnage.  Il m’informe, souriant, en parlant de lui à la troisième personne : « Ce sera Yvette. On a récolté de l’argent pour elle par un financement participatif sur internet. On fignole pour sortir vers fin Novembre un cinq titres boosté, avec des surprises. Yvette, c’est notre mascotte. Au début elle avait une chanson dans le spectacle. Puis une seconde. On n’a encore aucun enregistrement d’elle. Alors je lui ai proposé, et elle accepté, ravie. » Quand je lui fais remarquer que même si, en concert, le personnage est le plus joyeux, sa seconde chanson, semble plus triste, il me confirme « eh oui, on est toujours rattrapé par la vie, par la réalité.» Et après cet EP ? « L’idée ensuite c’est  de faire un album. De poser certains titres. Dans mes profondes envies, c’est d’avoir de nouvelles compositions, un répertoire. »

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Comme d’habitude, je demande à l’artiste interviewé ce qu’il écoute en chanson francophone. Lucien me réplique : « Ces derniers mois j’ai écouté Pauline Croze, Bernard Lavilliers, Serge Gainsbourg, je découvrais Jonasz. Avant j’ai beaucoup écouté les classiques : Brassens, Brel. Et Nana Mouskouri (et il fredonne « Quand tu chantes, ça va. »). J’écoute beaucoup de musique du monde, des instrumentaux.» Et cela s’entend dans sa musique, dans la volonté de donner une couleur différente à chaque morceau.

Durant cet entretien j’ai découvert une personne attachante avec de l’humour, du naturel, de la réserve et de la gentillesse. A ma toute dernière question lui demandant ce qu’il a envie de dire pour finir il répond, une heure avant son concert solo : « J’espère que l’on va passer une bonne soirée ». Espoir concrétisé : avec le solo j’ai passé une superbe soirée, comme la veille, mais dans un contexte différent.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Le dimanche soir, beaucoup moins de monde que pour le quartet, la veille. Les absents ont eu tort (formule bateau mais ici bien adaptée), vraiment. Un solo en acoustique. Entre chanson et théâtre. Un spectacle absolument différent même si cinq chansons sont communes. On sentait dans la prestation en groupe que Lucien aime raconter des histoires et se déguiser. Et là, il vient raconter une histoire, sa propre histoire. Le côté théâtral est accentué par le décor : un abri tente constitué par deux étuis de guitare, un coffre, un guéridon avec verres d’eau et de vin et, comme la veille le paravent. Il démarre le concert en jouant le rôle du gamin et en nous présentant son doudou ; il le finit sur sa situation d’homme chanteur d’aujourd’hui, (avec son doudou toujours bien visible sur le paravent). Tour à tour on verra l’ado qui s’essaie à la guitare électrique et au rock en écrivant ses chansons sur un cahier, puis le jeune punk, et ensuite le jeune adulte qui essaie de travailler. On ressent la difficulté de vivre illustrée par une tentative de suicide. Il parle de lui bien sûr mais cela nous parle. Qui n’a pas eu un parcours difficile et sinueux pour, plus tard, trouver son chemin, sa voie (voix ?).

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Son T-shirt noir avec l’inscription La vie est belle semble à la fois une marque d’ironie mais aussi d’espoir. Puis Yvette vient faire un nouveau passage. Il profite de l’absence de micro pour venir se promener dans le public, obtenir quelques baisemains, toucher quelques chevelures.

La fin du concert est plus gaie, porteuse d’espoir. Lucien nous revient avec le personnage du troubadour et semble avoir trouvé sa voie en tant que chanteur et artiste. Il nous livre La chanson comme un refuge, une bouée de sauvetage : « Une chanson comme compagnon, qui dans les mauvais moments, Te réconforte, te répond, juste en la fredonnant. Une chanson comme amie, qui te comprend te sourit, Sans te poser de question, elle t’aime qu’importe ta saison. Une chanson comme épaule, lors de ta plus belle gamelle, Elle t’accueille comme un matelas et tu tombes dans ces bras. » Puis il termine avec L’armée des airs, sur le rôle essentiel des saltimbanques : « Connais-tu l’armée des airs, plus belle armée de cette terre, Chanteurs, danseurs, musiciens, qui font pleurer leurs adversaires ? … Pour mettre fin à la bataille, ils arrosent les villes de bals, Pas une goutte de sang versée, juste des notes à la volée. »

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Et en rappel, note d’espoir, sur C’est aujourd’hui optimiste et volontariste « C’est aujourd’hui que je veux vivre et pas demain, Être libre, aventures, voir du chemin … Je veux rire, je veux chanter, je veux danser, A la recherche de l’équilibre, évoluer. Déguster cette vie comme un fruit précieux, Être libre, être fort, je suis un amoureux.» Un solo émouvant et prenant. Un spectacle avec personnages et déguisements, un accordéon et quatre guitares. Une histoire d’humain qui se cherche longtemps, dans la difficulté puis se trouve.

De l’émotion, de l’authenticité, une belle voix : un artiste original et talentueux avec deux spectacles différents et très réussis. A toi Hexagonaute de le découvrir en groupe ou en solo ou encore mieux dans ses deux formules. Bien sûr je te tiendrai au courant de ses dates de concerts (et je t’ai mis les toutes prochaines juste ci-dessous).


Lucien la movaiz graine le 05 septembre en quartet et le 06 septembre en solo  Chez Ta Mère (Toulouse, 31) .

Hé tu te rappelles : un clic sur le nom de l’artiste ou du lien et hop tu es sur le site, un clic sur la photo et elle s’agrandit !

Prochain concert : Hexagonaute parisien c’est pour toi le 9 Octobre en trio à La Bellevilloise (75, Paris).

Ensuite une petite tournée, en quartet, dans les pays de la Loire : 13 novembre à Auberge du Layon (49, Rablay-Sur-Layon), le 14 à l’Assoc’ Krizambert (44, Petit-Mars) et le 15 novembre Les Renc’Art Chapellois (44, La Chapelle-Saint-Sauveur)

Johnny Montreuil au Trabendo le 30/09 : Places à gagner

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Allez Hexagonaute, c’est la fête au Trabendo mercredi 30 septembre ! Johnny Montreuil vient claquer son rock avec sa clique de Narvalo Rockerz et ça va sentir la sueur et le pento, je te le dis !

Comme on est grave cool à Hexagone, on t’offre la possibilité de venir remuer ton postérieur gratos. Oui oui, t’as bien lu. 5 x 2 places à gagner. Tu envoies un mail à hexagone.lemag@gmail.com en notant Johnny Johnny en objet et hop c’est gagné !

A tout de suite !


johnny-28-09-2015@david-desreumaux--2

 

Soirée TriFaZé : bon plan à trois

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Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Dans la séquence découverte, cher Hexagonaute, aujourd’hui je ne te propose pas un artiste, pas deux artistes, mais trois ! Rien que ça ! Au diable l’avarice et les avares vicieux ! Qui peut le plus peut le plus et tout ça, alors pourquoi pas me suis-je dit. D’autant plus que j’ai une tonne d’articles en retard, que je ne voulais pas passer cette soirée sous silence parce que j’en avais pris date depuis un bout de temps déjà, alors je claque juste quelques mots sur chacun d’entre eux, quelques photos, quelques vidéos et on y reviendra forcément dans les mois à venir. Je te raconte.

D’abord, ça se passe au Forum Léo Ferré à Ivry. Tu commences à connaître la boutique de la clique à Gilles Tcherniak, il s’en passe des choses intéressantes là-bas. Ce 17 septembre, ce sont donc trois artistes qui se produisaient sur la scène du Forum. T’as dû remarquer toi lecteur attentif et pertinent que lorsque je vais voir des co-plateaux ou des tri-plateaux, je ne fais généralement de retour que sur un seul des artistes. Non pas que l’un d’entre eux ne m’ait pas intéressé, mais tout simplement parce que l’on peut parler librement comme je le fais, comme au coin d’un bar, et néanmoins avoir « un chemin de fer » comme on dit, un plan de vol sur les articles à écrire. Là, c’est différent et pas pareil. Attends je continue à raconter.

Il se trouve que par un hasard incroyable, Cyril Adda a organisé une soirée TriFaZé rassemblant 3 artistes que je suis depuis quelque temps et que je n’avais pas eu l’occasion de voir sur scène. En un soir, je comblais mon envie et mes lacunes. Cyril Adda, Flo Zink et Gervaise sur la même scène.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Les soirées TriFaZé, c’est le concept imaginé et organisé par A.B.M. Production (All By Myself). A.B.M, la boîte de prod de Cyril Adda. Qu’est-ce que c’est exactement que ces soirées, leur concept tu te demandes ? J’ai demandé à Cyril pour toi, et il a répondu ça : « On n’a pas encore vraiment notre concept, au départ on voulait quelque chose de pluridisciplinaire avec une ouverture sur les musiques actuelles, le théâtre. En attendant, on fait nos événements en chanson et on est très contents. Cela offre pour cette 3ème soirée, un moment convivial réunissant trois artistes chanson : Cyril Adda – Flo Zink – Gervaise. Trois styles différents pour une seule envie : celle de faire découvrir et partager leur musique. » Qu’il a dit le Cyril.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Et d’abord, je te le dis tout net Hexagonaute, il ne s’est pas planté le gars Adda. Pour ce qui est d’avoir été conviviale, la soirée le fut (Je crois que c’est le premier passé simple que j’utilise depuis que j’écris sur Hexagone !). Conviviale et variée.

Le premier à claquer quelques notes sur le piano du vieux Léo, c’est Cyril Adda justement. Cyril, on se croise régulièrement dans les salles. C’est un gars qui chante mais qui va voir beaucoup les autres chanter également. Ce n’est pas si fréquent et ça mérite d’être souligné. Et puis le garçon jouit d’un capital sympathie énorme. Toujours le sourire. Sur scène, c’est le même. Une dégaine encore un peu enfant, un peu d’innocence dans le regard et dans la voix. Cette innocence, passés les récits de l’enfance, le récit de cette « baraque à frites » achetée par le daron du côté du Montpellier où l’on voit le temps passer lentement alors que l’on décolle le papier peint de cette Thébaïde qui n’est qu’un leurre, cette innocence disais-je cède place à un regard plus caustique sur les travers de notre société. Musicalement, Adda vient du jazz. Après s’être essayé un temps dans une veine plus folk, il revient en quelque sorte à ses premières amours, celles qui l’ont vu débuter dans les pianos-bars. Folk-jazzy dirons-nous, très à l’aise avec le public, son récent EP A l’étroit témoigne du point de vue éponyme qu’il ne faut pas coller des étiquettes au risque d’étriquer le propos. Alors, j’arrête là. Un garçon à revoir sur scène où il donne plus d’émotions que n’en procure la production discographique.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Ensuite, place aux filles ! La première d’entre elles à venir pousser la chansonnette, c’est Flo Zink. Je connaissais peu de choses de Flo. J’avais maté sur Youtube les quelques vidéos présentes. Et j’avais été relativement séduit, je te l’avoue. Flo ouvre le bal avec une chanson très fantaisiste, Cyril est resté pour l’annoncer et l’accompagner au piano sur cette pitrerie liminaire sur laquelle Flo Zink chante avec un accent anglais très prononcé, très poussé. Elle ne rechigne pas à la danse, aux claquettes et l’on est de suite dans le bain et le mouvement. Dès le second morceau, c’est Martial Bort qui rejoint Flo pour l’accompagner à la guitare. Dès lors, Flo montre les différentes facettes de son répertoire. Des textes qu’elle a écrit pour la plupart et sur lesquels quelques compositeurs pas manchots pour un sou y ont posé des musiques : Frédéric Bobin, Une femme mariée pour ne citer qu’eux. Cette ouverture tout en fantaisie n’est peut être que la politesse de nos réalités aléatoires. Très vite Flo Zink distille sa poésie dans le Forum, de sa voix amie. Autant de chansons que de questionnements. Sur la vie, sur l’autre, sur les relations amoureuses, sur le temps qui passe, sur nos bobos. C’est aussi dépouillé et simple qu’élégant. Très beau moment.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Last but not least. Gervaise. Elle porte un nom d’héroïne de Zola mais la comparaison s’arrête là. En formation à deux sur scène, avec Olivier Le Gall aux guitares, Gervaise a montré l’éventail de ses possibles en chansons. Et ils ne sont pas peu. Variés dans les mélodies, dans les rythmes. La bourguignonne sait taper le bœuf aussi bien en mode jazzy que sur un registre bien plus retenu comme sur Le goût de ses lèvres. Par exemple. Fort à l’aise sur scène et dans l’échange avec le public malgré son jeune âge, ce clou de la soirée n’avait rien de rouillé. Energie, vitalité, humour et belle sensibilité. Autant de qualités pour servir des textes bien fichu, des portraits souvent croustillants et sans concession comme pour stabyloter les contrastes des vies qui nous entourent. Sur le plan de l’interprétation, là aussi, il y a du niveau. Une aisance agréable qui permet à Gervaise de jouer de pleins et de déliés qui donnent un relief et une profondeur à ses morceaux. Fort belle découverte, à suivre de près.




Evelyne Gallet, dix ans de « Confitures » à Agend’Arts

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Les confitures, le premier album d’Evelyne Gallet a dix ans et Evelyne a souhaité chanter à nouveau ces chansons écrites par Patrick Font. Celui-ci avait le projet de fêter sur scène ses 75 ans. Ces deux projets ont été réunis et vont donc s’enchaîner sur la scène d’Agend’Arts à la fin de la semaine, cette salle dont on parlait ici même avec Guillaume Lloret en juillet dernier. Gageons qu’il y aura beaucoup de beaux moments au cours de ces 4 spectacles et probablement l’occasion d’entendre une nouvelle fois Ne la dérangez pas, chanson de Patrick Font remarquablement interprétée par Evelyne. J’ai rencontré Evelyne Gallet au Café de la Crèche, un bar de la Croix-Rousse à Lyon où l’ont peut venir chanter les meilleures chansons françaises lors des « apéros-musette » de Magali Berruet. Une très bonne adresse donc, pour parler chanson avec Evelyne.

Photo Jérémie Kerling
Photo Jérémie Kerling

Hexagone : Quel a été ton parcours dans la chanson avant ce premier album dont tu vas fêter les 10 ans à Agend’Arts ?
Evelyne Gallet : J’ai commencé dans les cafés-théâtres avec « Les pieds dans le plat », un duo avec Anaïs Tampere-Lebreton. On a fait plein de choses ensemble et un jour Anaïs me dit qu’elle voulait faire un bébé. Je me dis « avec un bébé on ne peut plus rien faire de sa vie »…. c’était ma mentalité à l’époque, y’a que les imbéciles qui changent pas d’avis ! J’ai donc décidé de prendre ma guitare et d’aller chanter toute seule. J’ai démarré comme ça au tremplin d’A Thou Bout d’Chant en 2004. Je me suis dit alors que si je voulais me lancer dans la chanson j’avais besoin d’une carte de visite et c’est comme ça que j’ai fait mon premier disque. Je l’ai fait sans savoir comment on faisait un album. J’étais vraiment complètement débutante et c’était totalement inconscient de ma part !

Hexagone : Que chantais-tu à l’époque ?
Evelyne Gallet : Je chantais déjà Les confitures, Ne la dérangez pas, Le lit. Patrick Font m’a envoyé des chansons dès que je me suis mise à chanter. Des textes comme Rondelette, Monsieur le Président… Je chantais aussi une chanson de François Corbier La petite écolo. Ce tremplin d’A Thou Bout d’Chant m’a beaucoup plu. Je n’étais pas là seulement pour faire rire le public comme dans le duo de café-théâtre. Je pouvais aller chercher d’autres émotions chez les gens. J’ai donc décidé d’aller au bout de cette idée avec toute ma naïveté et ma spontanéité de l’époque. Il fallait donc faire un disque. J’ai appelé les studios lyonnais. Je me suis fait prêter des sous. Et voilà comment ça s’est passé.

Hexagone : Mais avant d’en arriver là, comment s’est faite la rencontre avec Patrick Font ?
Evelyne Gallet : Cette rencontre est bien plus ancienne et remonte à 91 ou 92. Je suis rentrée dans sa compagnie de théâtre-chanson, la Compagnie du Chalet en Haute Savoie. J’avais 12 ans et je voulais faire du théâtre. J’ai lu un jour dans le Dauphiné Libéré une annonce annonçant des stages de théâtre animés par Patrick dans la MJC à 5 minutes de chez moi. Après une première année consacrée à la création d’un spectacle, je suis entrée dans la compagnie. Je suis allée jouer au Canada, en Suisse et dans plusieurs châteaux de la Loire en plein air l’été avec des pièces «médiévales. » J’ai donc tout appris sur le tas. Quand j’ai débuté dans la chanson je n’étais pas allée au conservatoire, je n’avais pas pris de cours. J’avais seulement fait une école de musique à Rumilly à côté d’Annecy. J’y ai fait du solfège et de la flûte traversière, du saxophone, de la flûte à bec…. Mais pour ce qui est de la chanson, je suis vraiment autodidacte. Mes parents ne m’ont pas bercée à Brel, Brassens, Ferré. Ils écoutaient Claude François, Richard Anthony, Eddy Mitchell, Françoise Hardy…. et dans le tas il y en a que j’aime encore beaucoup !

LYON-08-09-2015@david-desreumaux--4Hexagone : Revenons à ton premier album Les Confitures
Evelyne Gallet : J’avais donc toutes les chansons de Patrick. Après le tremplin d’A Thou Bout d’Chant, mon premier concert s’est passé à Lyon à l’Espace Gerson en octobre 2004 et je suis rentrée en studio en janvier 2005. Je n’avais aucune peur et aucune notion de ce qu’était la réalisation d’un album. J’ai d’abord fait tous les instruments moi-même. J’ai ensuite appelé des copains pour leur demander de venir passer une journée dans le studio : tout a été fait en 5 jours, mixage compris.

Hexagone : Patrick a écrit les textes et la musique de toutes ces chansons ?
Evelyne Gallet : Patrick a fait tous les textes de cet album. Pour les plus anciennes d’entre elles, il avait fait texte et musique. J’ai composé pour ma part les musiques de La complainte de la prof d’anglais, Les oiseaux noirs, Monsieur le président, Amour-télé, Septième étage et Rondelette. A l’époque je composais sans avoir de notions du tout : je prenais ma guitare, un texte qui me plaisait, et je laissais opérer la magie. C’est après ce premier album que je suis allée faire une formation musicale pour avoir deux ou trois bases en harmonie. Et pour le chant c’est pareil, la formation est tout à fait récente.

Photo Jérémie Kerling
Photo Jérémie Kerling

Hexagone : Comment ce premier album a-t-il été reçu ?
Evelyne Gallet : J’en avait fait 1000. Puis je l’ai retiré à 2000 exemplaires. Les 3000 ont tous été vendus. Maintenant on peut l’écouter sur Deezer et même l’acheter sur Bandcamp ! Ce fut la carte de visite qui me permit de faire tout ce que j’ai fait ensuite. J’ai pu démarcher les salles de concert, les festivals, les concours. Grâce à lui j’ai eu des articles dans Chorus, Longueur d’Ondes, des passages à France Inter, un passage dans l’émission de Philippe Meyer…. des tas de choses étonnantes alors que je n’avais personne pour m’aider. Mon second album est venu seulement 4 ans après.

Hexagone : Comment t’es venue l’idée de rechanter ce premier album ?
Evelyne Gallet : Cela fait donc 10 ans que je chante. L’occasion d’observer le chemin parcouru depuis, que ce soit au niveau du travail de la voix, de la relation avec mes auteurs, de la façon dont j’appréhende les choses. Quand je veux faire un disque aujourd’hui, ça n’est plus du tout le même boulot qu’il y a 10 ans. Pour ces soirées, j’avais envie de retrouver un peu la simplicité de ce premier album. Et surtout reprendre la guitare que j’avais quelque peu abandonnée ces deniers temps. Ce qui tombe à pic puisque Arno Jouffroy, le guitariste qui m’accompagne depuis un bon moment, vient de se mettre à la contrebasse. Du coup on refait cet album en guitare/contrebasse. Une grande première donc !

Hexagone : Patrick sera sur scène les deux jours suivants. Peux tu nous en dire davantage ?
Evelyne Gallet : Patrick voulait fêter ses 75 ans, et moi les 10 ans des Confitures. Faisons d’une pierre deux coups ! Jeudi et vendredi mes soirées avec mes invités (secrets !), samedi dimanche, les siennes avec entre autres Nicolas Bacchus, Ze Fred, Anthony Casanova, Daniel Gros… Bref, des soirées qui réservent leur lot de surprises !


Agend’arts : 4 rue de Belfort, 69004 Lyon
mail : agendartshorslesmurs@free.fr
tel : 09 51 62 58 77

Evelyne Gallet « Retour vers le futur », 24 et 25 septembre, à 20h (10/5 €)

Patrick Font « Soirée anniversaire » 26 septembre à 20h et 27 septembre à 18h (13/8 €)

Soirée Sacem. Askehoug, un rock pictural

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

L’autre soir, même que c’était le 16 septembre et qu’on était un mercredi, j’ai chaussé ma boîte à images et j’ai pris la route des Trois Baudets. Il y avait un petit moment que j’avais fait un nœud d’une croix ou marqué d’un mouchoir sur mon agenda, ou l’inverse je sais plus, enfin bref j’avais prévu d’aller à la première soirée Scène Sacem de la saison.

Je te le fais en résumé, les soirées Scène Sacem – c’était la #11 mercredi soir – présentent régulièrement 2 artistes que la fameuse Société des Auteurs a choisi d’aider à un moment de leur parcours. Et le passage sur la scène du boulevard de Clichy est un temps où ces artistes montrent travail effectué et autres choses à venir.

Ces soirées attirent pas mal de monde. Ça draine pros, artistes et public lambda. C’est bien, c’est tant mieux, on ne va pas s’en plaindre à une époque où remplir les salles devient euphémiquement compliqué. On ne va pas s’en plaindre mais j’ai bien failli me trouver victime du succès de ces soirées. Si je n’avais pas rencontré cette bonne âme à l’accueil m’assurant le sésame tant convoité. Bref, j’ai pu entrer. Pour qui tout ce beau monde te demandes-tu ? Bouge pas, ne piaffe pas tant la môme, je vais te le dire.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Par souci d’esprit volontairement perpendiculaire et quelque peu malade, je commencerai par ceux qui ont clôturé la soirée. Par souci de synthèse également, j’en dirai peu de mots. Il s’agissait de Baden Baden. Je te le dis tout net Hexagonaute, je n’ai pas été conquis. Une formation pop-rock sur scène, des gens qui jouent bien, certes, mais je n’ai pas trouvé chez eux l’originalité que j’attendais. Que j’étais en droit d’attendre eu égard à la petite notoriété dont jouit le groupe. Au rayon des textes, même topo. Des préoccupations d’adolescents vues par des trentenaires.

Séduit en revanche, je l’ai été et pas qu’un peu par Askehoug. Le breton à l’improbable patronyme a ouvert la soirée. Actuellement  en préparation d’un nouvel album qui paraîtra en 2016, Askehoug a envoyé quelques tournures des opus parus à ce jour et s’est essayé également sur des morceaux nouveaux. Ca donne quoi ?

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Tu sais que beaucoup détestent les présentations qui s’appuient sur les comparaisons. Comparaison n’est pas raison, tout ça qu’ils disent mais moi je m’en fous.  Je préfère te faire part d’une comparaison pas trop débile plutôt qu’une description vaseuse. Askehoug donc, on pourrait dire qu’il a trempé un moment dans le jus d’Arthur H, qu’il a reniflé Bashung de la narine gauche et Gainsbourg de la droite. C’est juste pour situer. Je ne te dis pas qu’il fait pareil, le copieur et ceci-cela, non, je dis qu’il appartient à cette famille. C’est tout.

Comme les loulous évoqués ci-dessus, Askehoug a cette dégaine de dandy rock’n roll. Pas rasé pas par hasard comme disait l’autre, costard blanc impeccable, il promène sa svelte silhouette, sa voix grave et inquiétante le long de textes qui ne le sont pas moins. Entre fantastique, onirisme, cours anatomique et érotisme, il embarque son auditoire dans des histoires peu banales à ne pas mettre dans toutes les oreilles. Ça étudie le cas de la belle-mère et ça règle les comptes avec préméditation. Mais le jeudi de préférence. Toujours avec Du style. « Je te promets que tu ne souffriras pas à l’instant T de ton trépas » assure-t-il soucieux du travail de qualité.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Qualité dans les musiques également. Askehoug et ses associés à la basse et à la batterie installent un climat qui va comme un gant aux textes. Climat tantôt planant, parfois étrange ou aux frontières de l’expérience, le spectateur, plongé dans une ambiance aux sonorités aussi variées qu’inhabituelles, assiste à une sorte de déambulation nocturne d’un rockeur élégant. Rockeur qui parfois se déplace sur scène semblable à un oiseau fragile. En adepte du contraste. C’est beau, c’est à la fois une réussite musicale, textuelle, graphique et picturale. Une performance au sens artistique du terme.

Les Coloriés ravivent le Grand Rond

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Les coloriés : de la chanson théâtralisée, un duo homme femme. Je les ai découverts au Bijou dans un « Osons » puis en février lors des « Coups de pousse » du festival Détours de chant. Déjà je t’avais dit le bien que j’en pensais. J’ai ensuite vu leur concert complet en mai Chez ta mère. Ici, pour les apéros concerts du Grand Rond, du mardi 8 au samedi 12 septembre, ils se produisent en format cinquante minutes. Vraiment une des belles découvertes du moment.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Un spectacle jeune mais déjà, au-delà des promesses, une belle réussite. Drôle, intelligent et inventif. Des thèmes variés, des personnages bien campés, des tranches de vie marquantes. Du rire et une certaine émotion. Léa a une superbe voix et une belle efficacité de comédienne,  Pablo un grand abattage au chant et à la guitare. Chaque chanson est bien construite avec une mise en scène spécifique et un rythme musical différent. C’est de belle qualité. Avec en plus le plaisir du mouvement et de la proximité liés à un spectacle sans sonorisation. Cela démarre par une chanson histoire plutôt surprenante Le lac sans fond, qui donne le la du spectacle : une histoire bien troussée qui contient des changements de rythme, un sens remarquable de l’observation, des répliques drôles et efficaces, un chant ensemble ou réparti, une mélodie bien marquée jouée à la guitare par Pablo, une forte qualité d’interprétation théâtrale des personnages par Léa très expressive et habile dans l’utilisation des accents ou intonations. De suite, le public est « emballé ».

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Quelques autres titres semblent issus de leur imagination ou de leur observation comme Dans une vie d’avant qui évoque des (p)ré-incarnations en animal ou … en pamplemousse ; comme un titre, sur l’arrivée des soirées d’été perturbées par les moustiques, qui démarre en ballade et se finit quasiment en rap ; et comme celui de la voyante qui voit surtout … l’argent à prendre. D’autres scènes nous parlent du couple, de celui sur scène et surement des nôtres. Le moment le plus représentatif me semble être une joute verbale, style popularisé à Toulouse par les Fabulous Trobadors, qui évoque les rapports homme femme notamment autour des corvées ménagères. La femme : « Si tu déployais l’énergie Que tu mets à faire le con A tout frotter dans le logis Monsieur Propre serait ton nom« . L’homme : « On ne verra jamais Ravel descendre les poubelles … Picasso faire du tricot …  Attila changer les draps, Stevie Wonder passer l’aspirateur, Les rois mages faire le ménage, Hugo passer le plumeau. » On rit beaucoup, mais on sait que ce n’est pas innocent. Le second degré et l’autodérision font partie des bagages. Par exemple le personnage du chanteur (tiens il s’appelle Pablo comme le chanteur !) nous transporte dans une maison inconnue où il trouve un bébé qui pleure. On s’aperçoit qu’il a romancé sa propre maison et sa propre progéniture et sa femme lui fait remarquer qu’il ferait mieux de s’occuper de son enfant et de sa maison plutôt que de passer son temps à écrire et à chanter !

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Ils se font aussi une spécialité de choisir des chansons d’autres auteurs, pas forcément connues du grand public, et de les intégrer totalement dans leur univers. Aussi je me doute que beaucoup ne savent pas qu’au moins trois titres n’ont pas été écrits par eux. Alors je t’en parle. J’ai reconnu Régulièrement de Reno Bistan une chanson sur le couple (qui n’arrive pas vraiment à vivre ensemble, qui n’arrive pas vraiment à vivre l’un sans l’autre) qui semble écrite pour eux (par eux). Ils s’approprient aussi Le gros chat du marché de Gilbert Lafaille pour en délivrer une version irrésistible. Ce titre dénonce le racisme (ordinaire) des gens en évoquant la transformation d’une rumeur. Léa, en commère raciste est remarquable. A partir de ce moment, la dernière partie du spectacle devient un peu plus engagée politiquement. Ils enchaînent avec un meeting d’un représentant de la France voyant dans son drapeau surtout la couleur blanche et Léa (en fait Ginette à ce moment là) s’en donne à cœur joie avec son personnage. Et ils terminent par le jubilatoire Les romanos de Maggy Bolle (oui celle dont je t’ai parlé pour son concert à Aurillac le mois dernier). Dans cette chanson, en synthèse, tous les suspects habituels peuvent être tranquilles car s’il arrive quelque chose le coupable c’est Les romanos.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Depuis le concert de mai, le spectacle a évolué. Il a trouvé son titre Hâte toi … lentement (texte dit lors de la joute verbale) et son rythme, plus soutenu. Il déclenche encore plus l’enthousiasme, la joie et l’ovation du public.  Un public qui (avec le bouche à oreille toulousain ?) est venu nombreux toute la semaine et est reparti ravi. Le fait de jouer cinq jours d’affilée permet vraiment de finir « le rodage » et d’affiner les réglages. Et cela donne envie de (re)voir le spectacle complet dans sa formule aboutie. Je suis persuadé que, vu ses qualités, et comme All’arrabiata dans un autre genre, ce duo peut être programmé dans la salle du théâtre (et non plus dans le hall comme pour les apéros concert) et aussi voyager hors de la région. Joué sans micro depuis sa création, Hâte toi … lentement pourrait avoir une vraie légitimité dans les festivals de rue (car on sent une forte envie d’utiliser plus l’espace, le lieu et aussi les réactions du public). Et Léa et Pablo m’ont confirmé cette possibilité, cette envie. Peut-être qu’en août prochain lors de mon escapade à Aurillac je les retrouverai. Avant de te laisser, je t’indique les participants de ce spectacle. Pablo Coustau (guitare et chant), toulousain, est aussi le leader du groupe Zoé sur le pavé dont je t’avais annoncé un concert en mars. Léa Buijtenhuijs (chant et comédie) vit à Bordeaux. Sans oublier, puisqu’on parle de chanson théâtralisée, le metteur en scène et coach qui se nomme Frédéric Harpe. Hexagonaute, tu sais que je te donnerai des nouvelles de ce duo étonnant et de ce spectacle détonnant. Et déjà tu peux aller sur le site des Coloriés où tu trouveras, entre autres, les photos prises pour Hexagone lors de leur concert en mai Chez ta mère.


Les Coloriés en apéro concert au Théâtre du Grand Rond le 10 septembre.

Prochains concerts : 20 novembre au Théâtre en miettes à Bègles (33) et le 2 décembre au Bijou à Toulouse (31)

Patrice Mercier en goguette le 24 septembre au Forum

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Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Tiens Hexagonaute, j’ai pas de conseils à te donner mais je ne saurais que trop t’inciter d’aller promener ta carcasse au Forum Léo Ferré si tu fais rien, le 24 septembre. Pourquoi ? Parce que l’accueil y est toujours fort sympathique – et pas qu’à la Saint Patrick – mais surtout parce que Patrice Mercier vient y chanter ses goguettes à lui qu’il a. Tu suis ?

Patrice Mercier, si t’es pas un vieux gâteux en phase terminale d’alzheimerisation, tu te souviendras que je t’en avais touché une poignée de mots en mars dernier lors de son passage chez Thénardier. Il assurait la première partie de Benoît Dorémus. Je découvrais ses goguettes goguenard et j’ai été cueilli tout net comme un haricot à la bonne saison. La goguette, tu remets, tu vois ce que c’est ? Tu prends un air connu et tu cloques tes paroles à toi dessus. Sur un sujet d’actu. Ça fait une goguette.

Alors, on a tous déjà fait ça. Mais avec plus ou moins de talent et de réussite, il faut le reconnaître. Lui, Patrice Mercier, c’est quand même un spécialiste du genre. Doté d’une qualité d’écriture remarquable, d’un sens de l’humour et de l’interprétation qui font mouche à fois, il s’accapare les standards du répertoire pour faire entrer l’auditeur dans son univers personnel. Généralement, sur les 3 ou 4 premiers vers de la chanson, tu souris, sur le deuxième couplet tu rigoles franchement et au troisième refrain t’es juste à te tenir les côtes parce que t’es parti en fou-rire.

Accompagné par Clémence Monnier au piano, Patrice Mercier puise large dans le patrimoine de la chanson mais il choisit pas les plus mauvais ni les morceaux les plus attendus ! Brassens, Leprest, Aznavour, Renaud et quelque autres dont je te ménage la surprise. Ben ouais, je suis là pour te donner envie pas pour te raconter ce que tu vas voir non plus !

Donc, si tu veux passer une excellente soirée, on récapitule. Forum Léo Ferré à Ivry. Jeudi 24 septembre 2015 – 20h30 | ouverture des portes à 19h00. Nous autres d’Hexagone, on y sera !


INFOS PRATIQUES :

Tarifs : 10€ (8€ tarif adhérent-e)
Restauration possible sur réservation.

Forum Léo Ferré
11 rue Barbès – 94200 Ivry sur Seine
Tél. 01 46 72 64 68
resa@forumleoferre.org – www.forumleoferre.org

Buridane, « jouer c’est la seule chose qui compte »

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Buridane, je l’ai découverte sur scène en 2009 au Festival Brassens de Soucieu-en-Jarrest, non loin de Lyon. Rouennaise, elle assurait la première partie d’un autre Rouennais, Allain Leprest. Elle chantait alors depuis 2 ans seulement et on sentait déjà la forte personnalité de cette jeune artiste. Pour Hexagone elle m’a proposé de nous retrouver au Sofffa, le premier « anticafé » lyonnais (Payez au temps, consommez à volonté!), un nouveau concept de bar du bas des Pentes de la Croix-Rousse. Buridane s’apprête à ouvrir la première saison de la nouvelle équipe d’A Thou Bout d’Chant, les 17 et 18 septembre. C’était une belle l’occasion d’évoquer avec elle ses débuts à Lyon dans la chanson. Pour la suite de son parcours, on a déjà convenu de se retrouver au moment de la la sortie de son second album, très probablement en 2016.

Photo Claude Gassian
Photo Claude Gassian

Hexagone : L’événement chanson de la rentrée à Lyon ce sont tes 2 concerts à A Thou Bout d’Chant où tu ouvres la première saison de la nouvelle équipe. Faisons d’abord un petit retour en arrière. Comment as-tu connu A Thou Bout d’Chant ?
Buridane : Je viens de Rouen et je suis arrivée à Lyon en 2003 pour y faire une formation de danse, car je voulais devenir danseuse. J’ai manqué d’un peu de ténacité pour m’engager professionnellement dans ce métier. L’écriture a alors été pour moi le liant entre la danse et la chanson. Etant quelqu’un de très timide, je me suis dit que ça serait une jolie façon de se faire violence que de faire des chansons. Et puis j’avais vraiment envie de garder ce contact avec la scène. J’ai donc passé une audition au conservatoire de Lyon en « musiques actuelles » pour me mettre à l’épreuve. J’y ai été admise en 2007. La même année j’ai été lauréate du tremplin « Et en plus elles chantent ». Dans le jury se trouvait Olivier [Boccon-Gibod] de Caravelle*. Quelques mois plus tard, il est venu me proposer de travailler ensemble. Le comble pour une danseuse, c’est que je ne me suis jamais sentie aussi handicapée avec mon corps que lorsque je me suis retrouvée à chanter sur scène : il faut dire que chanter avec une guitare dans la main et un micro devant soi, ça réduit les capacités gestuelles. Mais je crois que je vais revenir à ce premier amour d’une façon ou d’une autre**… Je lui tourne autour.

Hexagone : Ta première scène c’était donc au Kraspek pour le tremplin « Et en plus elles chantent  » ?
Buridane : Non, c’était à A Thou Bout d’Chant. Ce concert intégrait le cursus du Conservatoire. Les débuts étaient des expériences assez éprouvantes et pendant deux ans je me suis même demandée si c’était un métier taillé pour moi. C’était une véritable violence, mais pas une violence destructrice. Une violence qui allait me construire. J’ai donc persisté et, sans dire que je m’y suis habituée, la peur est devenue de moins en moins paralysante, voire carrément moteur. A Thou Bout d’Chant étant un lieu réputé pour défendre la chanson française, presque dans une forme de résistance, c’était une vraie fierté que de pouvoir y faire mes premiers pas.

Hexagone : Tu avais déjà des chansons toutes prêtes pour cette occasion ?
Buridane : Pour passer l’audition d’entrée au Conservatoire il fallait présenter un répertoire personnel. Tout cela était très frais et balbutiant. Je devais en avoir une petite dizaine, j’avais fait un peu de guitare classique étant enfant mais ça s’arrêtait là. J’ai donc appris toute seule à m’accompagner, en repiquant à l’oreille des chansons de chanteurs que j’aimais bien. J’ai appris à force de concerts.

Hexagone : Et l’écriture du texte d’une chanson, tu as appris toute seule ?
Buridane : Ecrire c’est la pierre fondatrice. J’avais envie d’exprimer des choses. La chanson permet la poésie, la pudeur, la sublimation, la frontalité. C’est une vraie soupape, une décompression, une façon d’exorciser des choses. Pour moi c’était donc en effet d’abord écrire, et mettre ces textes en musique, une façon de pouvoir les partager. Besoin que ce soit dit et de faire entendre ma voix.

Photo Claude Gassian
Photo Claude Gassian

Hexagone : Tu n’as pas pensé à devenir romancière un jour ?
Buridane : Oui j’en ai envie. Mais il est pour moi plus facile d’écrire un format court qu’un roman. J’aurais peur de me diluer dedans. Pourtant arriver à tout dire dans une chanson est un exercice pas simple, et cette nécessité de devoir aller à l’essentiel peut être parfois frustrante. Le roman demande une certaine rigueur un peu mathématique dans la construction que je n’ai pas. Bien que ça me travaille quand même.

Hexagone : Tu avais écouté beaucoup d’artistes avant de commencer à écrire tes propres chansons ?
Buridane : J’ai commencé à écouter de la chanson au lycée. C’était à l’époque l’essor de la nouvelle scène française : Vincent Delerm, Pauline Croze, Keren Ann, La Grande Sophie… Et puis il y a eu un déclic avec Batlik. Je me suis dis « la chanson française ça peut être ça aussi, on peut dire tout ça ». Il y avait là quelque chose d’assez effronté et hors cadre dans la construction, les thèmes choisis, la façon d’en parler. Quelque chose de très différent de la chanson « de variété ». Depuis je l’ai rencontré et j’ai eu l’immense honneur d’être invitée par lui ( sur Myspace !) à faire sa première partie au Zèbre de Belleville à Paris. C’était une reconnaissance d’un père/pair qui était valorisante et qui me disait « Continue, tu as le droit d’être là. »

Hexagone : Tu as été beaucoup aidée par Caravelle et Olivier ?
Buridane : J’ai appris à distinguer « se sentir redevable » et « être reconnaissant ». J’ai donc une reconnaissance infinie (et donc une fidélité solide) envers Olivier et l’équipe de Caravelle. Ils ont été là dès le début, à une époque où il y avait encore beaucoup de travail, et sont encore là sept ans plus tard, m’ayant permis entre temps d’aller aux Chantiers des Francos, de sortir des EP, de rencontrer Sony mon éditeur et le label Believe. Les relations ont toujours été saines, stimulantes, transparentes. Caravelle aujourd’hui s’est muté en Horizon, et je suis heureuse de faire toujours partie du bateau. Ça a beaucoup de valeur, dans une période où les partenaires ont tendance à n’être excités que par la trouvaille, et à zapper l’artiste une fois la phase émergence un peu épuisée. Je compare ça aux histoires d’amour ; au début c’est génial et la phase ascendante est assez évidente et puis arrive un moment où ça devient plus compliqué, où il faut redoubler d’efforts, renouveler son choix, entretenir la confiance et ne pas se lasser lorsque nous nous retrouvons dans une phase de travail souterraine et moins valorisante. Je trouve ça fort et courageux.

Hexagone : Tu as beaucoup fréquenté le Kraspek à Lyon également ?
Buridane : En effet avant de travailler avec Caravelle c’est Pascal Valy du Kraspek (fondateur du tremplin « Et en plus elles chantent » et du label Poon) qui m’a « prise sous son aile ». Venant un peu de nulle part je me suis retrouvée au milieu de cette famille « punk », qui m’a ouvert grand ses bras et donné la confiance nécessaire pour oser prendre une place dans ce métier.

Photo Claude Gassian
Photo Claude Gassian

Hexagone : Tu gardes donc toujours le contact avec ces petites scènes lyonnaises ?
Buridane : Je ne suis pas quelqu’un qui oublie. Ces gens m’ont poussée, donné confiance. Tout cela compte et a contribué à ce que je suis devenue aujourd’hui. Et puis Lyon reste une ville de cœur et Paris est beaucoup trop grand pour moi !

Hexagone : Et comment as-tu occupé les deux années de « répit » que tu viens de vivre ?
Buridane : Ca m’a permis d’aller chanter à l’étranger : au Japon, au Canada, en Allemagne, en Russie. Je n’ai jamais autant voyagé de ma vie. J’ai aussi donné des ateliers d’écriture de chanson dans des prisons, des collèges, des maisons de quartier, un peu partout en France. Me rendre compte que j’avais envie de transmettre et que j’en étais capable a été une expérience fondatrice. J’ai vécu des moments très denses et très intenses, très différents les uns des autres. J’avais une hypothèse que j’ai pu confirmer : n’importe qui est capable d’écrire pour peu qu’on lui donne confiance. Ça n’a pas de prix que de voir des gens émerveillés et surpris d’eux-même. Je sais que la musique fait du bien, mais je me suis sentie utile autrement. Le fait d’être moins sur la route m’a donné aussi du temps, pour intégrer et accepter (pas encore tout à fait !) que ce métier est fait de pleins et de vides. Ce qui m’a permis d’investir des zones de ma vie plus personnelles qui étaient en jachère…

Hexagone : L’équipe d’A Thou Bout d’Chant est donc venue te chercher ?
Buridane : J’avais déjà croisé Lucas [Roullet-Marchand ] et j’étais ravie d’apprendre que ce soit lui qui reprenne A Thou Bout d’Chant. J’ai eu très envie de dire oui, une façon de soutenir leur démarche, qui semble suivre l’engagement de Marc [David]et Fred [Gagnol]. Je serai en solo et ce sera pour moi l’occasion de confronter quelques nouvelles chansons au public lyonnais dans une proximité toujours impressionnante. C’est aussi une façon de dire « je n’oublie pas », qu’avoir eu le bonheur incommensurable de jouer par deux fois aux Nuits de Fourvière, sincèrement sans démagogie, n’efface pas le reste. Parce que jouer c’est la seule chose qui compte.


*Caravelle est un tourneur et producteur de concerts lyonnais qui a travaillé jusqu’il y a peu avec Sloe Joe, Coralie Clément, Radio Elvis, Lior Shoov et quelques autres. Olivier a quitté Caravelle et créé Horizon dont aura j’espère l’occasion de parler prochainement sur Hexagone .

**On peut en voir une sorte d’ébauche sur des vidéos accessibles sur Dailymotion comme celle de Sauvage


A Thou Bout d’Chant

2 rue de Thou 69001 Lyon

Tarif
Plein tarif | 15€
Tarif réduit | 10€

+ 2€ d’adhésion annuelle au premier concert

Abonnement
5 spectacles (dont 1 maximum au tarif 15€) | 34€
Abonnement illimité saison 2015-2016 (septembre à juin) | 150€

Réservations
Sur notre site internet www.athouboutdchant.com
Par téléphone au 07 56 92 92 89 (nom et nombre de place à indiquer sur le répondeur)
Autres points de vente | FNAC – BilletReduc

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