HomeReportagesAnne, ne vois tu pas Les Fils de ta Mère venir ?

Anne, ne vois tu pas Les Fils de ta Mère venir ?

Anne, ne vois tu pas Les Fils de ta Mère venir ?

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Les Fils de Ta Mère chantent Anne Sylvestre. Hexagone t’a déjà parlé des Fils de ta Mère ces derniers mois : je t’ai vanté leur spectacle sur l’affiche Brassens, Brel et Ferré et j’ai annoncé celui sur Mano Solo, en janvier, magnifique également. Donc tu sais, ou tu devrais savoir, que Les Fils de Ta Mère est un collectif de chanteurs et musiciens toulousains qui se réunit Chez Ta mère (bar associatif toulousain, mais là aussi maintenant tu dois connaître si tu me lis un peu) un weekend tous les deux mois pour créer un cabaret chanson, inédit, autour d’un thème ou du répertoire d’un artiste. En un peu plus de deux ans, c’est devenu quasiment une institution. En 2014, ils ont revisité le répertoire de Souchon, de Fersen, Higelin et Fontaine ou encore de Barbara. Dans ce collectif, à géométrie variable, on retrouve de 3 à 6 artistes sur scène, suivant le contexte, et pour Barbara nous avons même pu découvrir la 1ère fille de ta mère !

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Ce soir le groupe est composé de ses trois piliers : Chouf (tu peux lire ici l’interview publiée en Octobre), Florent Gourault (leader du groupe Zèbre et ex-Pauvres Martins) et Manu Galure (dont Hexagone te parle souvent, d’ailleurs tu peux retrouver la chronique du dernier album et du dernier concert parisien). Ils sont accompagnés par Gaël Carigand à la batterie, et aux interventions décalées présent ces derniers mois sur les spectacles consacrés à à Boris Vian, Fersen et Mano Solo. Désormais, il existe une marque de fabrique Les Fils de Ta Mère. Ses principales caractéristiques sont : la reprise d’un répertoire avec respect et personnalité ; une alternance de morceaux avec tout le groupe, en duo et en solo ; des arrangements et une mise en scène très personnalisée et souvent jubilatoire pour certains titres ; une bonne humeur contagieuse ; un enchaînement de titres enjoués et de titres calmes, parfois a capella ou débranché ; avec au début et à la fin du concert « la traversée » du public, départ initial de la cuisine de Chez Ta Mère et fin du spectacle devant le bar avec la conclusion finale et définitive au cri de « C’était les Fils de Ta mère ! … Le bar est ouvert !« .

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Cette fois ils s’attaquent au répertoire d’Anne Sylvestre. « Les Fils de ta Mère devraient nous offrir un nouveau spectacle mémorable ! » disait l’annonce. Pari tenu ! Une nouvelle réussite. Pas gagnée d’avance : le répertoire d’Anne Sylvestre est très féministe, rempli de très belles chansons souvent bien sérieuses ou/et résolument personnelles. Ils font leur entrée, au milieu du public avec Faites nous des chansons, sans micro avec tambour guitare. Ensuite, ils nous offrent un bel amalgame de chansons connues comme Sur mon chemin de mots, légèrement jazzy ; T’en souviens tu La seine ?,  La faute à Eve chantée par trois mâles  et d’autres moins connues – en tout cas pour moi – comme S’ils filent tous dans la lune. Dans les morceaux où tout le groupe est présent les trois chanteurs se répartissent les couplets et se partagent le refrain.  Quelques moments particuliers bénéficient d’une mise en scène particulière, comme ici Je t’attends mon prince charmant où Florent porte une perruque blonde envahissante – ah bon elle est blonde Anne Sylvestre ? – dont la vue a déclenché un fou rire chez Simon Chouf – le Boby Lapointe du duo – qui, malgré ses efforts, a eu du mal à reprendre son sérieux. On peut noter aussi le moment où Garigand qui, pour Les Fils de Ta Mère, quitte parfois sa batterie : pour Mano Solo il s’était fait remarquer chantant le poing levé, ce coup-ci, il scande de sa voix forte Les Impedimenta.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Parmi les moments marquants du concert beaucoup retiendront ceux ci : l’interprétation de Manu Galure qui chante, piano voix, la superbe Le lac de San Sebastian ; Le fil du funambule par Florent Gourault qui, comme à son habitude, vient dans la salle, sur le côté, lire un texte ou chanter un morceau a capella ; et Chouf, en guitare voix, sur L’éternelle histoire, première chanson (et disait-il la seule) qu’il connaissait et dont il s’est vanté lors de sa première rencontre avec Anne Sylvestre. Mais on peut retenir aussi les belles séquences quand Les Fils de Ta Mère s’approprient les titres en personnalisant les arrangements comme Tiens toi droit qui devient rock, La balade de Calamity Jane qui se présente en version western avec une danse personnelle de Galure, Ca ne se voit pas du tout, débridé, dans laquelle ils font une allusion au patron du lieu, Olivier qui officie à la lumière et comme « ça ne se voit pas du tout » il éteint la scène quand on cite son prénom. Ils terminent sur ma préférée de Sylvestre Les gens qui doutent, en mode débranché avec une seule guitare, et ils repartent  de la scène au bar en passant au milieu du public. Ceux qui aiment Sylvestre ont apprécié d’entendre à nouveau ses textes (et certains connaissaient toutes les paroles mêmes celles des titres moins connus), ceux qui ne connaissent pas ont découvert de superbes chansons.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Deux amies, l’une venue car c’était complet pour Mano Solo, ne connaissaient absolument pas le répertoire « adulte » d’Anne Sylvestre : les deux m’on dit que « cela donne envie d’écouter les chansons« . Je disais pari gagné ! Gagné surtout par le public qui bénéficie d’un spectacle construit et original conçu et interprété par des artistes décontractés et professionnels, aimant la chanson et pas seulement les leurs, prenant du plaisir et en donnant. Je trouve même très fort leur capacité, à chaque fois, à trouver les titres, qui, tout en étant représentatif du répertoire du soir, leur conviennent parfaitement notamment avec les arrangements et la mise en scène choisis. Et ce qui pouvait paraître évident sur les répertoires qu’ils connaissaient comme Les Têtes Raides, Renaud, Souchon, Mano Solo devient assez remarquable quand il s’agit de Barbara ou d’Anne Sylvestre. Alors bien sûr tout  n’est pas parfait, le recours aux « sèches » pour le texte devant les yeux est fréquent et ils en jouent. Et, du coup, le spectacle, est un peu différent chacun des trois soirs. Alors, pour le prochain, fais comme moi, viens le vendredi et le dimanche !

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

D’autant plus que Chez Ta Mère, les spectateurs prennent aussi du plaisir à être dans ce lieu, à échanger et ils restent un long moment après le concert, souvent à boire la bière, artisanale et locale, toujours aussi bonne. Et parfois ceux qui restent tard ont le plaisir d’assister à un « after ». Ce vendredi l’after a été assuré par Chouf qui a repris sa guitare pour une longue série de chansons de Brassens, Sanseverino, Grabowski, et d’autres chansons inconnues de moi et savoureuses, rejoint au chœur par Carigand puis par un spectateur participant avec une contrebassine. Autre genre d’after, le dimanche où une fidèle spectatrice semble prendre l’habitude d’amener aux Fils de Ta Mère du rhum réglisse à chacun de leur cabaret chanson.

En synthèse : Vivement le prochain Fils de Ta Mère, dans deux mois, Chez Ta Mère !

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas


Les Fils de Ta Mère chantent Anne Sylvestre les 13 et 15 mars 2015 Chez Ta mère à Toulouse.

Share With:

mick.hexagone@gmail.com

Leave A Comment