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Concerts à Toulouse en Novembre

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On commence la sélection chanson de novembre par… un petit retour sur celle d’octobre. Je t’avais annoncé deux événements du mois « à ne pas rater », et nous avons bien fait de suivre mon conseil !

© FRANCIS VERNHET.

Le spectacle Avec de David Sire a fait forte impression que ce soit au Bijou ou au Café Plum et restera dans les mémoires. Même constat pour la création Toute honte bue de l’étonnant trio Lantoine-Lareine-Delrieu : il débute avec une chanson de Mireille Mathieu, finit par Quand les hommes vivront d’amour, permet à Lantoine – formidable aussi entre les chansons – de reprendre deux titres en anglais (Cohen et Cash) et nous offre des interprétations personnelles et fortes, une forte dose d’émotion et de sensibilité devant une salle plus que pleine les trois soirs. En Novembre, tu peux cocher comme « à ne pas rater » les deux événements suivants : d’abord la tournée toulousaine de Chouf qui va donner 11 concerts en 10 jours dans 7 lieux différents en variant les formules, et ensuite le passage attendu de Clarika au Bijou. Au programme de cette sélection, d’autres alléchants concerts comme Massilia Sound System, Michèle Bernard & Monique Brun. Et quelques talents à revoir (les toulousains Grabowski, Jules Nectar, Ronan), ou de passage (Frédéric Bobin, Davy Kilembé) ou à découvrir (Mathieu Barbances, Parité mon Q, DBK Project).


Les concerts chanson à Toulouse 

mercredi 1 au samedi 4 : No man’s Louise en apéro spectacle au Grand Rond (19h)
jeudi 2 : Chouf à la Pause Musicale (12h30)
jeudi 2 : Les Trash Croutes – Théâtres Près de chez Vous
samedi 4 : Evelyne Gallet – Théâtres Près de chez Vous (19h)
samedi 4 : Ronan – Concert chez l’habitant
dimanche 5 : D.B.K Project au Cactus
mardi 7 : Chouf à la CIAM-La Fabrique (12h30)
mardi 7 au samedi 11 : Chouf en apéro spectacle au Grand Rond (19h)
mardi 7 : Chouf et Cie : Chansons à la cheminée – Cave Poésie
mardi 7 : Albin de la Simone (et Jules Nectar en 1ère partie) à la Salle Nougaro
mercredi 8 : Jur et Imbert Imbert – Théâtres Près de chez Vous (19h)
mercredi 8 : Les Idiots à La loupiote
jeudi 9 : Massilia Sound System (et Telegram en 1ère partie) au Bikini
jeudi 9 : Chouf au Taquin
jeudi 9 : Cathon Cataix – Théâtres Près de chez Vous (19h
vendredi 10 : Chouf au Bijou
samedi 11 : Chouf au Breughel
jeudi 16 : Serge Lama au Zénith
mercredi 22 : Grabowski au Dahu
jeudi 23 : Frédéric Bobin au Bijou
vendredi 24 : Michèle Bernard & Monique Brun au Bijou
vendredi 24 : Parité mon Q à l’Aria – Cornebarieu
vendredi 24 : Les Trash Croutes au Taquin
vendredi 24 : Les Fils de ta mère à la Sainte Dynamo
samedi 25 :  Aldebert au Casino Barrière (15h et 20h30)
lundi 27 : Mathieu Barbances à La part du hasard
mardi 28 : Catherine Ringer – Bikini
mardi 28 au jeudi 30 : Clarika au Bijou
mardi 28 au jeudi 30 : Davy Kilembé en apéro spectacle au Grand Rond (19h)


Chouf : 11 concerts à Toulouse pendant 10 jours dans sept lieux différents

© Michel Gallas

Chouf fête ses dix ans de scène et par la même occasion, la sortie nationale officielle de son quatrième album Volatils. Pour cela il donne une série de concerts toulousains dans différentes formules : tantôt solo (Pause Musicale) tantôt en groupe (Breughel), tantôt à cordes, tantôt à cuivres; dans ses salles de prédilection (Bijou, Grand Rond) avec un public parfois assis, parfois debout (Taquin). A la Cave poésie, pour Chansons à la cheminée, un rendez-vous régulier qu’il a lancé la saison dernièreSimon Chouf invite quelques potes pour faire découvrir ou redécouvrir les chansons DU répertoire ou du leur, dans leur plus simple appareil. Pour l’étape au Taquin, il  sera accompagné par son groupe habituel, et au Bijou par un trio à cordes. Il chantera certainement Nuit de silences et Êtres jetables dont voici ici une vidéo enregistrée pour une session Hexagone. En Novembre, hexagonaute parisien ou lozérois, Chouf vient te voir le 15 au forum Léo ferré à Ivry et le 17 à Langogne pour un beau plateau « Occitanie » avec Camu et Davy Kilembé.


Au Bijou, l’exceptionnelle programmation de cette saison continue

© Michel Gallas

Je ne te parlerai pas de Chouf (c’est déjà fait juste au dessus) ni de Volo (car c’est complet les deux soirs). Frédéric Bobin dans une nouvelle formule 2017 vue au festival de Barjac cet été, en duo avec Hélène Piris au violoncelle, jouera certainement une partie de son nouvel album qui va sortir début janvier. Pour Michèle Bernard et Monique Brun, voici ce que j’écrivais, dans le n°1 d’Hexagone, sur leur spectacle apprécié à Avignon en juillet 2016 : « Un p’tit rêve très court. Un grand concert trop court. Pour moi, la claque du festival. Deux femmes qui ont déjà bien vécu viennent nous parler de la vie, de ses bonheurs et de sa dureté. Le chant et l’accordéon de Michèle, les mots et parfois le chant de Monique. Regards, sourires et textes emplis d’humanité  A noter que Frédéric Bobin ainsi que Michèle Bernard et Monique Brun se produisent le lendemain de leur prestation au Café Plum à Lautrec. Et pour clore le mois en beauté, Clarika venue au Bijou en 1994, revient en duo. Chantera t-elle L’inaperçue ou Les beaux jours comme ici dans la session Hexagone ?


Dans les autres salles de Toulouse

Jules Nectar © Michel Gallas

A la salle Nougaro, Album de la Simone. Et, en première partie le toulousain Jules Nectar dans sa formule trio, chantera quelques titres de son nouvel album qui sort prochainement et déjà disponible à la fin des concerts.  Au théâtre du Grand Rond, je ne te parlerai pas de Chouf (car il me semble que cela a déjà été fait au dessus !) et j’irai découvrir No man’s Louise, duo féminin accordéon et violoncelle dont le premier album Les enfants de la plaine a été chroniqué dans le numéro actuel d’Hexagone et est diffusé sur La Webradio. Et Davy Kilembé, en solo, proposera certainement les titres de son déjà sixième album Danser les mots, chroniqué dans le n°4 d’Hexagone. La manifestation Des Théâtres Près de chez Vous propose des concerts chanson (!) sous chapiteau place Saint-Pierre  : d’abord Les Trash Croutes, dont je t’ai souvent annoncé les concerts. Ce groupe féminin de cinq musiciennes chanteuses, en collants et paillettes reprend en chœur des tubes kitsch anglo-saxons qu’elles chantent en français avec une traduction/réécriture à leur façon. Elles seront aussi le 24 au Taquin et à Muret le 25.

Jur © David Desreumaux

Ensuite en apéro-concert la Rhône-Alpine Evelyne Gallet certainement avec de nouveaux titres, puis le duo d’accordéon Cathon Cataix et enfin une rencontre intéressante entre l’univers musical et circassien de Jur et la poésie crue d’Imbert Imbert. Dans la série ‘C’est pas parce que l’on a – ou avait – du succès qu’il faut nous ignorer’ : Aldebert vient avec son familial Enfantillage 3 pour deux séances, l’une l’après midi et l’autre le soir. Serge Lama, dont les chansons m’avaient touché à l’adolescence, sera au Zénith avec son spectacle Je débute. Et Catherine Ringer chantera, en duo acoustique, dans la salle rock du Bikini. Au Bikini où je te conseille d’aller voir Massilia Sound System, un de mes groupes préférés d’il y a deux décennies : offrent-ils toujours le ‘pastaga’ durant leur concert ? Et juste un peu plus loin, dans la nouvelle salle de l’Aria de Cornebarieu, tu peux aller découvrir Parité Mon Q, un des coups de cœur des deux derniers Avignon Off, joyeux spectacle réussi de polyphonie vocale et humoristique a cappella avec 7 hommes sur un répertoire de chansons paillardes.


Dans les bars de Toulouse

Grabowski © Michel Gallas

Parfois, je te propose des concerts dans les bars ou restaurants de Toulouse. Et ce mois ci, ce paragraphe est à nouveau activé, en beauté pour cinq concerts !  Au Cactus, après sa superbe prestation ovationnée au Bijou le 27 octobre, le D.B.K Project, groupe atypique et musicalement enthousiasmant, viendra proposer son conte post apocalyptique avec une narration en français et un chant en anglais à deux superbes voix. Dans la Cave du Dahu, Grabowski, figure de la chanson à Toulouse, ce talentueux auteur-compositeur-guitariste nous régalera de son répertoire : souvent tendre et poétique, parfois guide descriptif des bars toulousains, quelquefois franchement burlesque et toujours magnifiquement écrit. Mathieu Barbances, en solo contrebasse, découvert et apprécié en début d’année au Grand Rond, effectue une petite tournée de petits lieux et sera à La part du hasard, très sympathique café-restaurant culturel à la cuisine originale et succulente (eh oui chanson ou bouffe je ne parle que de ce que je connais et apprécie…). Une belle occasion de venir découvrir l’artiste et le lieu (et éventuellement de trinquer avec moi). Les Idiots, dont j’ai déjà évoqué leur passage au festival Pause Guitare ici, reviennent à Toulouse à La Loupiote, bar aux bières excellentes qu’il m’arrive de fréquenter. Tu veux deux bonnes nouvelles ?  Les Fils de ta mère reprennent du service et La Dynamo, salle de concert contrainte à la fermeture, est remplacée en lieu et place par La Sainte Dynamo, bar à bières. Et dans cet endroit le nouveau thème des Fils de ta mère sera les chansons de bar, de comptoir ! Et puis ni dans un bar ni dans une salle mais chez l’habitant, Ronan en duo avec son pianiste, nous transportera avec les chansons de son album Volutes, sorti cette année et chroniqué dans le n°4 d’Hexagone. Réservations à sylvie.marchand@wanadoo.fr.


Rappel : un clic sur une photo et elle s’agrandit !

Photo de une Clarika : © David Desreumaux

Photo Delrieu-Lantoine-Lareine : © FRANCIS VERNHET. Par dérogation libre de droit pour site & réseaux sociaux de la salle « LE BIJOU » de Toulouse. Pour toute autre utilisation ou contexte, contacter impérativement le photographe pour en négocier préalablement les droits. francisvernhet@wanadoo.fr. 0672844129

 

Camille Hardouin en trio au Bijou

Depuis les Découvertes « Alors Chante ! » à Montauban qu’elle a gagnées en 2013, on a beaucoup vu La demoiselle inconnue puis désormais Camille Hardouin à Toulouse et ses alentours. Entre autres à Lavaur, deux fois au Festival Détours de chant et au Café Plum et fin septembre elle venait pour la troisième fois au Bijou à Toulouse. Camille, habituée d’Hexagone aussi, a souvent eu droit aux articles du site et du magazine dès le n°0 et même à sa couverture pour le n°4. Donc si on publie (encore !) un article, il faut du neuf et du lourd. Et c’est le cas : d’abord la demoiselle solo se produit pour la première fois en trio dans la région et lance sa nouvelle tournée. Ensuite le texte est enrichi par les photos de Francis Vernhet.

Marqué par l’émotion éprouvée lors des concerts en solo, on pouvait s’interroger sur une formule en trio. Hé bien, cette appréhension n’avait pas lieu d’être. L’apport musical embellit l’habit des chansons sans toucher à l’univers et aux émotions ressenties. Quelques titres restent joués en solo, parfois l’accompagnement arrive en cours. Un grand bravo à ces deux superbes musiciens et parfois choristes, discrets et efficaces : Jean-Laurent Cayzac (guitare et contrebasse) et Louise Goupil (clavier, clarinette et au trousseau de clés (!) en rappel).

© FRANCIS VERNHET.

Au Bijou, le concert est composé pour moitié de toutes les chansons du premier album et pour moitié d’autres pas encore enregistrées. Parmi celles-ci, certaines sont installées depuis un an environ comme le texte surprenant Un endroit qui n’existe pas, et l’émouvant Terre d’oubli. Mais ce tour de chant contient des nouveautés. D’abord des ajouts, par rapport au dernier concert vu, comme Le géant, chanson rare qu’elle annonce n’avoir chanté précédemment qu’au Bijou et Au bord. Ensuite si on l’avait vu jouer de la guitare avec une poupée représentant Britney, désormais elle chante dans le corps d’une contrebasse du Billie Holliday dans J’veux pas. Et si on l’avait entendue, dans une soirée spéciale reprise, déclamer une partie du Condamné à mort de Genet, là elle nous le fait, lors du rappel, en version quasi intégrale pendant une quinzaine de minutes avec un accompagnement musical lui apportant encore une autre dimension. Et si, ces derniers temps; elle intégrait des reprises dans son concert, là pas de reprise à proprement parler mais elle introduit des bouts de chanson dans Pablo et dans Les Pirates. Mais nouveautés ou pas, solo ou trio, le plus important c’est qu’elle nous embarque une fois de plus dans un voyage d’émotions et de sensibilité, avec frissons et chair de poule garantis. Encore un coup de magie de la sorcière poète qui nous transporte au plus profond de nous ! Une fois de plus, ceux qui la découvrent parleront d’un choc et d’un gros coup de cœur.


Je retrouve Camille Hardouin dans l’après-midi du dernier soir, où le concert affiche complet, dans la salle du Bijou vide, où seule Louise viendra répéter au clavier, mais en gardant le son dans ses écouteurs. Camille évoque la formule en trio, les concerts au Bijou et ses deux autres actualités.

© FRANCIS VERNHET.

Hexagone : En octobre 2015, lors d’un entretien publié sur le site puis dans le n°0 tu parlais de l’envie de jouer à plusieurs. Envie réalisée avec cette tournée en trio ?
Camille Hardouin : Hé oui, deux ans après on y est ! On avait joué aux Francos en juillet 2016 et cet été en août on a fait une pré-première d’un peu plus d’une heure. Là, le spectacle dure quasiment deux heures. L’idée des concerts en trio c’est de jouer les chansons de l’album sorti en avril. Écrites parfois il y a très longtemps, ces chansons ont toutes été enregistrées il y a plus de deux ans dans cette formule en trio. Le jeu sur scène, c’est de les présenter et de les colorer de la manière qui nous correspond aujourd’hui.

Hexagone : Dans ce même entretien, tu évoquais l’album enregistré dont tu attendais la sortie. J’étais là le jour du premier concert où tu es venue apporter ton album : au Printival, en avril cette année. Tes sentiments au bout de cinq mois ?
Camille : Je suis soulagée et un petit peu plus calme. Les premières fois prennent plus de temps : trouver une équipe, savoir avec qui tu vas jouer, sortir l’album dans des conditions qui conviennent. Je pense très fort au deuxième album. Pour moi cela ferait sens de continuer à travailler avec ces deux musiciens que je trouve merveilleux, et donc un bout du chemin serait déjà fait. Et j’ai le troisième dans la tête. J’ai l’impression d’avoir toujours beaucoup de chansons en retard,  faites et non enregistrées : j’aimerais être à jour quand je vais mourir et je ne sais pas quand cela va arriver. D’où mon empressement.

Hexagone : Que t’apporte le trio ?
Camille : JL – Jean-Laurent – et Louise m’accompagnent vraiment généreusement, ils sont attentionnés et non intrusifs. Ils m’apprennent énormément de choses. Ils me nourrissent artistiquement, humainement et pour le positionnement sur scène.

© FRANCIS VERNHET.

Même si cela fait longtemps que l’on joue ensemble, soulever le rideau maintenant, en venant sur scène, apporte de nouvelles sensations, peut-être presque comme une nouvelle rencontre. Même si l’intimité est déjà là, tu tâtonnes pour trouver ce qui est juste, il y a une beauté aussi dans ce tâtonnement. Avec le trio on est sur le fil tout de suite. Tout est neuf. Par exemple, JL et Louise sont en impro sur le texte du Condamné à mort. Je ne sais pas quel paysage ils vont dessiner. Et eux ne savent pas non plus où je vais partir. On se laisse des moments de liberté. Ils m’apprennent ça aussi. J’ai tendance à beaucoup écrire aussi pour ce qui va m’arriver, pour être assez stable afin de rendre bienvenu le non prévu. Ils m’ont appris à leur faire confiance, et à laisser ces trois planètes interagir et à marcher sur un paysage sans cesse en mouvement. Cela demande une autre souplesse qu’en solo. J’ai une grande soif de continuer à faire cela.

Hexagone : Quelques mots sur Le condamné en mort ?
Camille : En rappel, faire une reprise de Mansfield.TYA mélangée avec ce texte du Condamné à mort, c’est un plaisir et une grande traversée. Je me régale d’avance de savoir que je vais embarquer les gens, sans les prévenir, pour un moment à la fois tellement cru et tellement gracieux. Je n‘ai aucune idée de comment les gens vont le recevoir. Je me souviens de la tempête reçue la première fois que j’ai entendu ce texte, dit par Têtes raides. J’étais frappée de plein fouet. Et je me suis dit que la seule manière de comprendre ce texte, c’est de l’avoir à l’intérieur de moi et de l’apprendre petit à petit.

© FRANCIS VERNHET.

Hexagone : A la fin d’un titre, parfois tu souffles, par exemple pour Le condamné à mort. Cela indique quoi ?
Camille : Cela marque la traversée que l’on vient de faire. En trio, avec des versions un peu plus fraîches, la traversée, tu la reçois super fort sur la peau. Le souffle signifie : « Waouh ok, on vient de vivre ça et maintenant on se dirige vers autre chose. » A la fois au gouvernail et passagère, je reçois moi aussi le voyage . Et d’entendre et de traverser un texte comme Le condamné à mort, émotionne d’autant plus.

Hexagone : En concert, la version Les pirates diffère vraiment de celle de l’album ?
Camille : Cela faisait longtemps que j’avais envie d’être sans guitare, seulement avec le texte pour interpréter ce titre. De plus, j’ai intégré un texte en anglais qui parle d’une chanson d’amour qui m’avait bouleversé : True love will find you in the end de Daniel Johnston. Dans les concerts, de plus en plus, j’aime m’amuser avec mes propres chansons et les « farcir » de textes nouvellement écrits. Et comme dans une éprouvette de chimie quand tu mélanges des ingrédients, je suis intéressée par la juxtaposition de ces moments pour sentir ce que cela révèle dans mon interprétation et dans les chansons.

Hexagone : D’où vient l’idée de chanter dans la contrebasse ?
Camille : Ah ! Déjà de l’envie de chanter partout ! Ça prend le coffre de la contrebasse, cela ressort dans le micro, cela donne un autre son, très intéressant et super joli, une autre couleur de la voix. Dans mes tout premiers concerts, je chantais dans un téléphone fixe qui trafiquait un peu la voix. Je veux garder cette habitude d’aller chanter partout.

© FRANCIS VERNHET.

Hexagone : Trois jours dans le même lieu : le Bijou, que peux-tu nous en dire?
Camille : C’est fantastique de rester plusieurs jours dans un lieu. C’est vraiment un cadeau, toujours. Car le lieu est important, il fait partie des instruments. Dans le concert j’ai dit que j’ai l’impression ici au Bijou d’être dans le ventre d’une baleine. Un endroit, un peu hors du temps, familier et mythique en même temps. Un lieu qui sonne à la fois comme la maison et comme un endroit que l’on ne visite pas si souvent. Qui résonne au sens sonore et au sens des sensations qui nous évoquent tout ce qui s’y est passé. Avoir la chance d’habiter un lieu plusieurs jours permet de s’accorder avec lui. En arrivant au Bijou, on a (re) répété  avant de faire le spectacle : qu’est ce qui est possible ici ?, qu’est-ce qu’on s’imagine ici dans ce lieu ? Comme quand tu tournes un film dans un décor, si tu changes de décor peut être tu vas réécrire une partie pour que ce soit juste. Pour nous, en début de tournée, on peut essayer des variantes ou apporter des précisions. Avec la constante du lieu, cela nous permet d’entendre ce qui change dans une version sans que l’écho soit trop brouillé.

Hexagone : Du coup, le même set les trois soirs ou des différences ?
Camille : On ne joue pas tout à fait le même set. Hier, on a fait une version différente de Mary the road que l’on a aussi changé de place : cela donne déjà une autre couleur dans le concert. La question, en plus de « Est-ce juste émotionnellement ? » c’est aussi « Se sent-on prêt à faire quelque chose de nouveau ? » Comme sur un fil, peut-être ce serait beau de mettre cette pirouette, mais quelle quantité de risque peux-tu prendre  ? Est-ce qu’avec la pirouette tu restes sur le fil ou pas ? Evidemment, parfois le risque fait aussi la beauté de la pirouette, comme l’improvisation sur Le condamné à mort.

Hexagone : A part cette tournée en trio, ton actualité, c’est aussi la sortie d’une bande dessinée ?
Camille : Oui, cette B.D Rouge Zombie raconte l’histoire d’une petite zombie végétarienne. Cela parle d’identité, de féminité, de différence, et beaucoup du fait d’avoir un corps. Je dis « cela parle » mais en fait, contrairement à moi dans mes chansons, dans les interviews et peut-être dans la vie, quand je dessine je deviens moins bavarde et le texte est peu présent. C’est une histoire que je n’aurais pas pu écrire avec des mots. L’important c’est ce que l’on transmet quelque soit le support : une voix, une guitare, un stylo. Il est prévu que Rouge Zombie commence à sortir sur internet à partir d’Halloween en page par page, qu’elle puisse être pré-commandée pour arriver chez toi à Noël, puis en librairie début 2018.

© FRANCIS VERNHET.

Hexagone : Une autre actualité, radio celle-ci, ta participation à l’émission « Se(p)t de cœur » n’ayant pas étanché sa soif de partage, tu récidives ?
Camille : Oui, René Pagés de Radio R’d’Autan m’a proposé de participer à son émission Se(p)t de cœur où l’on choisit sept chansons que l’on apprécie, en expliquant pourquoi. Je l’ai fait deux fois. A la fin de ce ’14 de cœur’, comme j’avais eu beaucoup de mal à sélectionner, et que cela m’intéressait d’essayer de transmettre pourquoi une chanson me bouleversait, alors je lui ai dit « c’est trop peu et j’aimerai faire un Mille de cœur ». René a dit OK. Alors je me suis amusé à faire des textes se rapprochant de chroniques pour parler subjectivement de toutes les chansons que j’aime, qui me touchent intimement. Et désormais, tous les lundis, la radio publie ma chronique suivie d’une chanson que j’ai choisie. On a gardé le nom Mille de cœur comme si c’était une carte avec mille petits cœurs tous serrés les uns sur les autres.

Hexagone : Tu viens, pour la troisième fois au Bijou, en trio pour trois jours. Donc la prochaine fois ce sera en quartet pour quatre jours ?
Camille : Ah ah ! Pourquoi pas ?


Camille Hardouin au Bijou du 20 au 22 septembre 2017. Le compte-rendu évoque le concert du 20, les photos ont été prises le 21 et l’entretien s’est effectué le 22.

Quelques prochains concerts : le 8 Novembre à Paris – Madame Arthur, le 29 novembre Le Haillant (33) dans le cadre de Bordeaux Chanson. Hexagonautes Toulousains ou Haut Garonnais, elle revient le 13 avril à Cornebarrieu (31) – CC l’Aria.

Mille de cœur :  en écoute sur « R d’autan » le lundi à 8 h et le mardi à 7h40 h et le vendredi à 8h50 sur « Radio Pays Hérault ». Pour écouter et télécharger http://toujoursbellaciao.blogspot.fr/2017/. Emission de René Pagès, interviewé dans le n°5 d’Hexagone

Photos de une et de l’article : © FRANCIS VERNHET. Par dérogation libre de droit pour site Hexagone et réseaux sociaux de la salle « LE BIJOU » de Toulouse. Pour toute autre utilisation ou contexte, contacter impérativement le photographe pour en négocier préalablement les droits. francisvernhet@wanadoo.fr. 0672844129.

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