4.8 C
Paris
vendredi, avril 16, 2021

Buy now

- publicité -spot_img
Home Blog Page 32

Samuele ira au paradis

Samuele, artiste québécoise de 32 ans, nous revient avec un nouvel EP paru le 8 octobre 2018. Confirmant un talent indéniable, elle est la figure d’une avenante chanson francophone de haute qualité. Elle fait régulièrement œuvre de concerts en France et en Suisse ; l’occasion, pour nous, de découvrir un exquis témoignage d’une sensibilité hors du commun. Portrait.

 

Au principe.
Samuele a grandi bercée par la musique : une maman musicienne en amateur, et surtout feu son papa, Gaston Mandeville, qui fut auteur, compositeur et interprète de métier. Toute son enfance, elle l’accompagne dans cette atmosphère : l’occasion de se familiariser progressivement avec les diverses fonctions qui entourent le métier de chanteur. Dès l’âge de 7 ans, elle commence à écrire de la poésie – plutôt sombre – qui, vers l’adolescence, aura une fonction salvatrice. À 15 ans, elle commence la guitare, glissant très vite vers ses propres chansons et, à 16 ans, vers son premier groupe : l’expérience de la scène transcende alors une adolescence plutôt déprimée. Il y a là une constante : Samuele n’a jamais gardé longtemps un emploi, l’école ne lui a pas été concluante, mais la musique s’inscrit dans la durée. Depuis 2015, c’est d’ailleurs devenu son métier à temps plein.

Voici la femme.
Samuele raconte sur scène qu’après avoir eu un enfant à l’âge de 20 ans, c’est à 26 ans qu’elle a pu/su faire ouvertement état de son homosexualité. Cette annonce marque un avant et un après : à partir de cette révélation intervient une sorte de seconde période d’adolescence. Pourquoi en parler publiquement ? Parce qu’il n’y a guère de frontière entre sa personne privée et l’artiste de scène. Pendant longtemps, elle a eu peur du regard des autres, mais elle a su dépasser cette inquiétude : à partir du moment où elle a accepté cet état de fait – ce qui n’a pas été aisé – ça n’a plus été un souci de l’annoncer au monde extérieur.

Samuele © David Desreumaux – Reproduction interdite

Combats.
Samuele s’inscrit dans un féminisme assez radical, quoiqu’elle défende le dépassement de la binarité des genres. En ce sens, pour elle, il ne peut y avoir oppression d’un genre sur l’autre si la personnalité n’est pas genrément définie : la jeune femme s’inscrit donc dans l’idée du queer, expression qu’elle utilise elle-même, à savoir le refus d’une étiquette sexuelle clairement établie, ou normative, ou sociétalement conventionnelle. Ce positionnement lui permet alors de légitimement condamner l’homophobie ordinaire. De même, elle désavoue l’attitude inacceptable de certains messieurs s’adonnant à l’égard des femmes à diverses formes de harcèlement : le consentement doit être la seule règle. C’est là une évidence, mais il n’est jamais inutile de le rappeler. À cela s’ajoute, chez la Québécoise, une louable volonté d’inclusion des personnes victimes de racisme ou vivant en situation de handicap, mais aussi et plus largement le refus de toute notion de frontière fermée. Son vecteur : la musique. Plus précisément, l’éducation politique de Samuele passe par la musique. Et le disque, de même que le concert, sont alors pour elle des gestes politiques, et constituent une forme d’implication dans la chose publique. Elle se défend pour autant de donner des leçons de morale.

Langue française.
Lorsque Samuele commence à écrire des chansons, elle utilise alors essentiellement l’anglais, bien que le français soit sa langue maternelle. Puis le français s’est imposé – même si elle vit quotidiennement plutôt en mode anglophone – parce que d’une part c’est une langue magnifique, et que d’autre part c’est dans cette langue qu’elle s’exprime le mieux. Nourrie par le folk country américano-canadien, elle est pourtant fascinée par les chansons et le personnage flamboyant de Daniel Balavoine. A contrario, l’intensité tragique d’un Jacques Brel lui semble plus difficile à intégrer au quotidien. Cela dit, elle écoute peu de chanson française, de peur d’en voler des éléments dans ses propres chansons. Samuele aime en revanche beaucoup se produire en France et en Suisse, ce qu’elle fait depuis deux ans : culturellement, l’art y a une place plus importante qu’au Québec. En effet, outre-Atlantique, il faudrait presque s’excuser d’être artiste, considéré comme une activité de paresseux : en France, dit-elle, il y a une reconnaissance véritable de ce statut, une ouverture d’esprit, une volonté plus manifeste de sympathique découverte. Par ailleurs, la chanson à texte semble ici faire davantage partie du quotidien.

Samuele © David Desreumaux – Reproduction interdite

Les filles sages et les autres.
Le parcours discographique de Samuele se compose de deux EP et deux albums : Le goût de rien (EP, 2011), Z’album (2015), Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent (2017) et Dis-moi (EP, 2018). La ligne de vie de ces disques témoigne d’un éclectisme foutrement intéressant, tant du point de vue des compositions que des arrangements. Ils sont le fruit d’un travail soigné, précis, qui laisse toujours place à une émotion sincère de l’artiste : rien n’y est jamais posture, mais positionnement, à l’image de la jeune femme passionnée et engagée qu’elle est, que l’on soit ou non d’accord avec ses dispositions militantes.

Le dernier album publié, Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent, est le cœur d’un folk-rock à la fois puissant et sensible. Elle s’est entourée de Jean-Sébastien Brault-Labbé (batterie, percussions, chœurs, guitares additionnelles, prise de son, mixage et coréalisation), d’Alex Pépin (basse et contrebasse, percussions, piano, chœurs et prise de son), de Julie Miron (guitares, percussions et chœurs), d’Élizabeth Rogers (trompette) et de Gabrielle Smith (clarinette, flûte et saxophone), les arrangements étant signés par l’ensemble de l’équipe. Samuele en effet ne travaille jamais seule : elle-même au chant, aux guitares, au ukulélé, aux percussions, à la coréalisation et à la coproduction, elle tient à ce que le résultat soit aussi une œuvre collective, bien qu’elle signe toutes les paroles et toutes les musiques du disque, à une exception près. Elle est par ailleurs ravie d’avoir obtenu un coup de cœur de l’Académie Charles-Cros pour cet opus, prix dont elle ignorait l’existence avant de l’avoir reçu.

L’écoute des Filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent et de Dis-moi – pour rester dans l’actualité de la Québécoise – produit chez l’auditeur un authentique plaisir gustatif : une cuisine gastronomique mais pourtant accessible, où chaque mot épouse à merveille la moindre note. En quelque sorte une chaleur non brûlante, dans laquelle on a envie de s’emmitoufler complétement.

Le présent semble tout tracé pour Samuele : le talent est au rendez-vous, à n’en pas douter, et les idées fortes de même. Une telle personnalité ne peut que rencontrer un succès mérité. Elle commence d’ailleurs à écrire des chansons pour d’autres artistes, signe déjà d’une reconnaissance certaine.

Eric Kaija Guerrier


 

 

Portrait paru dans le numéro 10 de la revue Hexagone.


Charlotte Fever – Sous les pavés, le sable chaud

Réunis il y a deux étés, Cassandra et Alexandre forment aujourd’hui le groupe Charlotte Fever. Savant mélange entre percussions et synthés appelant à de longues rêveries le long des côtes tropicales, les deux jeunes parisiens perpétuent l’élan d’une chanson française électro-pop légère et spontanée. Rencontre en période post-caniculaire autour d’un café et de sujets tels que l’évasion, les paysages idylliques et la sensualité des corps, réelle ou imaginée. 
 
Amis depuis dix ans, vous sévissez à présent sous la bannière des Charlotte Fever. Comment la bascule s’est-elle opérée ?
Cassandra : Naturellement car on s’est complètement entendus musicalement et sans se projeter, on a essayé de faire de la musique tous les deux. On voulait surtout s’amuser et se faire plaisir avec notre musique.
Alexandre : Là où Cassie est vraiment entrée dans ma vie c’est quand elle a collaboré sur un de mes anciens projets musicaux, il y a deux ans. On a commencé à écrire des morceaux de manière spontanée, avec beaucoup d’ondes positives. Grâce à cette connexion entre nous, nos musiques émergent très facilement car on est capable de jouer et de chanter n’importe quoi l’un devant l’autre. En discutant sur l’univers sonore de nos chansons, nos paroles, ainsi que les thèmes abordés, notre complicité ne se dément pas et on développe tout ça très aisément.
 
Comment votre alchimie musicale se traduit-elle en incitation au voyage ? 
Alexandre : J’ai la sensation que nos instrus souvent exotiques tentent l’évasion et l’aventure. Dans nos studios parisiens où il fait souvent gris toute l’année oui, on a besoin de s’évader et d’imaginer des paysages idylliques. Cela peut être parfois imaginaire. Il s’agit d’un besoin d’être dans un autre monde, une autre bulle. A Paris, je suis grave en manque de vitamine D donc je vais la chercher dans mon imagination ! C’est un besoin d’aller vers du beau, du paradisiaque.
Cassandra : Je le vois aussi comme une envie de faire voyager à travers notre musique. Je trouve par exemple que l’artiste Fakear m’emmène hyper loin. Avec des sons, des atmosphères… Je voulais donc que les gens voyagent avec nous, et j’ai l’impression en entendant les retours que l’on a que ça marche. 
 

 
Avez-vous la sensation d’appartenir à une vague musicale française qui brille par sa spontanéité ? 
Cassandra : Quand La Femme a commencé à chanter en français, un élan s’est formé et nous en faisons sans doute partie. En école de musique on nous apprend beaucoup de morceaux anglais en sous-entendant que le français n’est pas forcément une langue musicale. Je pense finalement que c’est faux et puis, maintenant, on se rend compte enfin de ce que les groupes chantent (rires). Je suis en tout cas beaucoup plus sensible aux paroles qu’avant, à la façon dont elles s’accordent à une mélodie. 
Alexandre : On émerge clairement de groupes comme Vendredi sur mer ou L’impératrice et j’ai la sensation que nous sommes en phase avec ces univers. On a pas la prétention d’inventer mais plutôt de s’accomplir dans ces influences. Ces artistes m’ont en effet donné envie d’écouter et de faire de la chanson française. C’est parfois plus compliqué à écrire car il faut une vraie musicalité des mots et surtout, un véritable fond. L’anglais s’embarrasse un peu moins avec ça. 
 
Vos textes et votre musique donnent parfois à rêver des courbes féminines. Revendiquez-vous une forme de libération des corps et des esprits ?
Cassandra : Il s’agit surtout de rêverie et du fait de s’autoriser à raconter ce que l’on veut. Mais en effet on ne met pas de filtre pour parler de sexe ou de sensualité car ce sera toujours fait de manière élégante. Imaginer des courbes féminines m’inspire beaucoup et me donne à rêver. Et puis, les femmes sont souvent sous-représentées alors écrire sur elles et leur donner une place dans les histoires que l’on raconte me plaît beaucoup. J’ai envie de raconter toutes les femmes, quitte à les fantasmer. En musique cela apporte une puissance supplémentaire, qui correspond à notre univers. 
Alexandre : Nous revendiquons peut être une forme de sensualité, mais de façon inconsciente. En tout cas, ce que l’on exprime, c’est moi, ce que je pense, tout simplement. Je suis fan d’artistes comme Serge Gainsbourg ou Sébastien Tellier en musique et Anna Wanda ou Léa Chassagne en illustration, qui mettent énormément la femme en avant dans leur travail. La sensualité et la sexualité qui émanent des corps féminins génèrent beaucoup de créativité en moi car des mélodies et des paysages sonores peuvent alors se dessiner, puis se traduire en musique. Même si nous sommes inspirés par tout un tas d’autres choses, c’est en effet un sujet qui nous traverse. 
 

Avant de créer votre propre univers, quelles étaient vos première inspirations musicales ? 
Alexandre : Au collège je dirais… j’suis pas bien, hein (rires) ! Mais Muse. Dans tous les sens. Ensuite ce sera The Strokes. Toujours, d’ailleurs. Plus tard la « French touch » en général : Sébastien Tellier, les Daft Punk, Mister Oizo… 
Cassandra : Je commencerais avec Daniel Balavoine ou les Cranberries de par mes parents. Au lycée je suis branchée AC DC et aujourd’hui, beaucoup de français. Polo & Pan, Fakear ou les Daft punk là encore.

Vous revenez de scènes au Festival du film de Cabourg, en Corée du Sud et d’autres se préparent en Amérique Centrale. Vous prenez autant de plaisir à enregistrer en studio qu’à vous produire en live ?
Cassandra : Les deux me parlent mais j’ai une petite tendance pour le live. J’aime présenter notre travail au public, l’échange que l’on a ensuite après un concert, les réactions que cela provoque sur les réseaux sociaux… J’aime ce retour assez immédiat avec les gens.
Alexandre : Disons que je ne pourrais pas avoir l’un sans l’autre. L’écriture et l’élaboration en studio me plaît autant que le live et j’ai vraiment besoin des deux. Cela nous donne la liberté que l’on veut. Concernant les concerts, les portes ne sont pas toujours faciles à ouvrir et c’est beaucoup de travail. Notre prochain objectif est clairement de se produire régulièrement en festivals !
Cassandra : On travaille en tout cas pour notre rêve et ne se met aucune limite. Et en même temps, on existe depuis deux ans et on attaque déjà notre deuxième tournée internationale. Cabourg par exemple était une vraie victoire. On veut toujours en faire plus et passer à l’étape suivante. C’est aussi ça notre moteur, le fait de ne jamais être satisfaits (rires) !


Le premier EP des Charlotte Fever : https://www.charlottefever.fr/


Propos recueillis par Jérémy Attali 
Illustrations en une : Anna Wanda Gogusey

Guillo – Macadam animal

Guillo, de son vrai nom Guillaume Galiana, fait paraître son troisième album intitulé Macadam animal, composé de douze titres réalisés avec Benoît Crabos (Le Trottoir d’en Face). Dans ce nouvel opus, Guillo, habitant de la Terre attaché à ses racines et à son histoire familiale, se pose en observateur attentif et lucide de la condition humaine, de la planète, et des déplacements migratoires auxquels il accorde une grande importance. Le chanteur, lui-même issu d’une famille qui a dû quitter l’Algérie et à qui il rend un vibrant hommage dans Algania – anagramme de son nom – rend universel un sujet qui touche de près nos sociétés contemporaines : le déracinement, l’itinérance, le lien à la famille, aux origines et à la nouvelle terre, celle qui accueille, qui réchauffe et qui protège. Mais cette terre parfois hostile, il faut aussi l’apprivoiser, s’y faire une place. Avec Nous aimions la terre, Guillo compose un très bel hymne, saluant ceux qui partent pour se reconstruire dans un ailleurs plus ou moins proche : « Nous aimions la terre, nous y étions nés / Nous aimions la terre mais n’avons pu rester. » Guillo rappelle que, finalement, nous sommes tous des animaux, comme en attestent les tigres en origami sur la très belle pochette signée Valérie Vernay. Loin d’être moralisateur, Macadam animal est un album subtil : Guillo préfère raconter des histoires qui prônent la tolérance, comme le symbole d’un monde en mouvement constant.

Perrine Morlière


Guillo
Macadam animal
Cinq secondes – 2019

Chronique parue dans le numéro 12 de la revue Hexagone.


 

Sélection de concerts en Est-Occitanie

Le mois d’octobre s’annonce particulièrement copieux pour les amateurs de chansons en Est-Occitanie. A vos agendas !

Le 3 octobre : Guilam au Live France Bleu Hérault, à l’hôtel Mercure de Montpellier (34)

Dans le cadre des Internationales de la Guitare – Sud de France :

  • Le 3 octobre : Christophe (en solo) à l’Opéra Comédie de Montpellier (34)
  • Le 4 octobre : Olivia Ruiz à l’Opéra Comédie de Montpellier (34)
  • Le 5 octobre : Barbara Carlotti au théâtre Samuel Bassaget de Mauguio (34)

Le cabaret satirique All’Arrabbiata se produira dans le Gard et l’Hérault les 4 et 5 octobre. Un spectacle intelligent et corrosif à ne pas manquer :

  • Le 4 octobre à Uzès (30)
  • Le 5 octobre à la Carmagnole à  Montpellier (34)

Le 5 octobre : Les Hormones Simone, spectacle du collectif Evasion autour du répertoire d’Anne Sylvestre à la Tuilerie de Bédarieux (34)

Le 5 octobre : Kijoté au Théâtre des 3 Conques de Conques-sur-Orbiel (11)

Le 8 octobre : soirée Salut les Ringards, avec Cédric Laronche, au Gazette Café de Montpellier (34)

Du 18 au 20 octobre : 7ème édition du festival Les Bulles Sonores de Limoux (11) avec notamment : Catherine Ringer, Les Ogres de Barback et la rue Ketanou. La programmation complète est disponible sur le site du festival : lesbullessonores.com

Le 18 octobre : Benoît Paradis Trio à L’Arbousier de Belvezet (30)

Le 18 octobre : Soirée Slam à La Carmagnole à Montpellier (34)

Le 19 octobre : Yves Jamait et Davy Kilembé à El Mediator de Perpignan (66)

Le 20 octobre : Louise O’sman à La Voûte aux Oiseaux de Sabran (30)

Le 27 octobre : Les Goguettes en trio mais à quatre à Servian (34)

En octobre, la tournée à pied et en chanson de Manu Galure traverse le Gard, l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Avec une vingtaine de concerts au programme, il passe forcément près de chez vous :

  • 1er octobre : Nîmes (30)
  • 3 et 4 octobre : Théâtre de Poche à Sète (34)
  • 5 octobre : Grotte de Clamouse à St Jean de Fos (34)
  • 6 octobre : Mourèze (34)
  • 8 octobre : St-Jean-de-la-Blaquière (34)
  • 9 octobre : Mons (34)
  • 10 octobre : Pézenas (34)
  • 11 octobre : La Cosmopolithèque de Béziers (34)
  • 12 octobre : Montbrun-les-Corbières (11)
  • 15 octobre : Bages (11)
  • 16 octobre : Narbonne (11)
  • 17 octobre : La Palme (11)
  • 18 octobre : Palairac (11)
  • 19 octobre : Perpignan (66)
  • 20 octobre : Banyuls (66)
  • 23 octobre : Collioure (66)
  • 25 octobre : Ille-sur-Têt (66)
  • 26 octobre : Fourques (66)
  • 27 octobre : Montalba-le-Château (66)
  • 31 octobre : Serres (11)

Sélection établie par Marion Ferfoglia


Photo de une : Guilam © David Desreumaux – Reproduction interdite

Des concerts en octobre dans le Tarn et alentours

0

Ce mois-ci : les programmations dans le Tarn, entre autres, de « Chantons sous les toits » et du Café Plum, ainsi qu’un petit tour dans le Tarn-et-Garonne et en Ariège.


Dans le Tarn pour Chantons sous les toits : trois artistes qui participent pour la première fois et le très habitué Frasiak qui revient pour sa troisième saison.

samedi 5  – Marie d’Epizon, salle des Auriols à Labruguière avec Bleu nuit, ses compositions avec Thomas Fontvieille à la guitare.

samedi 12 – Clara Sanchez, 19h à Curvalle. Cette artiste, la locale de l’ étape du mois, se produit en solo à l’accordéon. Son premier album La fille sans loi est sorti cet été.

dimanche 13 – Côme, 17h à Cadalen

samedi 19 – Frasiak, 19h à Gaillac, et le dimanche 20 à St Paul sur Save (31). En duo acoustique avec Benoit Dangien au piano et avec son nouvel album Charleville qui sort le 15 octobre. Il sera aussi à l’espace Yves-Roques à Decazeville (12) le samedi 26.


Dans le Tarn au café Plum

 jeudi 17 : Benoit Paradis Trio. Un trio d’excellents musiciens québécois, en tournée en France pour la sortie du nouvel album La quintessence du cool. Benoit Paradis, musicien chanteur un peu « barré » raconte des histoires drôles et déprimantes sur fond de sonorités jazz. Il est accompagné, depuis le début en 2006, par Chantale Morin (piano) et Benoit Coulombe (contrebasse).

samedi 26 et dimanche 27 : Lo’jo en trio


Ailleurs dans le Tarn

 vendredi 4 – Simcha, à la Source – Les Cammazes

vendredi 18 : Simon Chouf & le Hardcordes trio – Le noctambule à Albi. Leur album est chroniqué dans le n°13 actuel d’Hexagone.

samedi 26 : Véronique Pestel – Salle de l’Agora à Lavaur. Intérieur avec vue : nouveau spectacle solo au piano et nouvel album sorti en septembre. Elle sera également le lendemain, dimanche 27 pour Chansons à domicile à Artigat (09)


Un festival en Ariège

 Festi’Srib à Banat – samedi 12 : Ludivine Nebra et Baptiste Bramman, qui sera aussi le vendredi 11 au Relais de poche à Verniolle.


Dans le Tarn-et-Garonne

samedi 5 : Matéo Langlois à Cayrac – Musique au Jardin (renseignements : musiqueojardin@gmail.com). L’artiste toulousain sort son 1er EP Décoder les cases le 4 octobre.

samedi 12 : Nicolas Peyrac à Moissac. Les Acoustiques Improvisées, en solo guitare.

jeudi 10 : Sollex et jeudi 24 : Elanora. Au Fort à 19h, organisé par l’association La Brique Rouge, deux artistes à découvrir.


Photo de une : Véronique Pestel © David Desreumaux – Reproduction interdite


Sélection de concerts en octobre à Toulouse

0

Au programme de cette sélection :  neuf artistes au Bijou pour douze concerts, un festival Trash Croutes pour fêter leurs dix ans, et d’autres douceurs automnales.


Au Bijou

mardi 1 : Pierre Antoine. En solo piano, coup de cœur du Bijou, il a été programmé à la suite des auditions publiques Osons. A découvrir.

mercredi 2 et jeudi 3 : Daran revient au Bijou en solo guitare.

vendredi 4 : DBK poject. Ce quintet a sorti en juin son premier album, 480, chroniqué dans le n°13 en cours d’Hexagone.

mardi 8 et mercredi 9 : Clio, en entretien dans le n°13 en cours d’Hexagone.

jeudi 10 : Marie Sigal en concert de sortie d’EP, Les géraniums.

vendredi 11 : Daguerre qui chantera son album, 107218km/h

mardi 15 : Benoit Paradis Trio en tournée française pour La quintessence du cool.

mardi 22 et mercredi 23  : Dick Annegarn

jeudi 24 et vendredi 25 : Lo’Jo en trio



Un festival

Les Trash Croutes fêtent leurs 10 ans du 23 au 27 octobre dans différents lieux, avec 16 groupes amis. Ces cinq musiciennes chanteuses, collants et paillettes, revisitent en français des tubes anglo-saxons traduits à leur sauce. Elles joueront notamment le 23, au Taquin, en acoustique, pour les enfants, le 24 au Kalinka pour un cabaret déjanté, le samedi 26 au Mix’art Myris pour La Big teuf.  


A Toulouse

mardi 1 : Yvan Cujious et Louis Winsberg – Salle Nougaro – Leur nouveau spectacle, Une voix, 6 cordes, est un hommage à Claude Nougaro, qui aurait eu 90 ans cette année. Ils  accueilleront, en invités, Art Mengo et Magyd Cherfi.

vendredi 4 : Lucien la movaiz graine au Chapeau Rouge, avec son nouveau titre Ton frère qui sort ce jour-là.

jeudi 10 : Renaud, récréation libertaire (Chouf, Matéo Langlois et Jerôme Pinel) – La Pause Musicale à 12h30 

vendredi 11 : Dalele  au Chapeau Rouge

vendredi 18 : Zoé sur le pavé à la Maison blanche. Ce groupe ariégeois de 5 musiciens sur scène, emmenés par Pablo – chanteur auteur et guitariste – a réjoui récemment le public de Musicalarue et du festival MediterranéO.

mercredi 23 : Jane BirkinGainsbourg symphonique – Halle aux grains

mercredi 30 et jeudi 31 : Loic Lantoine, Eric Lareine et Claude Delrieu dans Toute honte bue au théâtre du Hangar. Vu en 2017 au Bijou, au moment de la création, un spectacle étonnant et une prestation hors-normes. Nous sommes impatients de découvrir l’évolution. A ne pas rater.


En Haute-Garonne

vendredi 11 : La Belle bleue au Veilleur de bières – Muret. Un concert acoustique de ce groupe de 5 musiciens qui fête ses quinze ans.


Photo de une : Dick Annegarn © David Desreumaux – Reproduction interdite


Louis Arlette – Des ruines et des poèmes

Le jeune homme a l’allure tatouée d’un Daniel Darc et une voix à la Jean-Louis Murat. A entendre ses textes pénétrants, tout en noirceur romantique et sombre pessimisme, on devine qu’il doit aimer fréquenter beaucoup les poètes et se nourrir de littérature. Ce second album après Sourire carnivore en 2017 est enregistré par Philippe Paradis (Zazie, Thiéfaine, Christophe). Dans une pop électronique lourde, un poil vintage, aux percussions synthétiques à la Nine Inch Nails ou Kraftwerk, Louis Arlette distille ses histoires d’amour maladif : « Dans ton bulbe vicieux / Je dépose les armes / Je vais pondre mes œufs / Qui éclosent mes larmes. » (Semence) Un peu monocorde sur la longueur, le charme finit par opérer au bout de quelques écoutes.

Louis Arlette étonne en nous proposant une reprise de Brel plutôt réussie qui s’intègre bien à l’ambiance générale new wave torturée, Je suis un soir d’été : « Et la sous-préfecture / Fête la sous-préfète / Sous le lustre à facettes / Il pleut des orangeades / Et les champagnes tièdes / Et les propos glacés / Des femelles maussades / De fonctionnarisés / Je suis un soir d’été. »

Selon Louis : « Nous vivons dans une ambiance de Rome d’avant le déclin, de Babylone d’avant la chute : une ambiance de fin de civilisation. » L’opus se termine sur une envolée spatiale défiant l’immensité. Après « Une poignée de millénaires / Et tout redeviendra poussière »… il ne restera probablement plus que des ruines et des poèmes.

Philippe Kapp


Louis Arlette
Des ruines et des poèmes
Le bruit blanc – 2019

Chronique parue dans le numéro 12 de la revue Hexagone.


 

Patrice Mercier – Mélodies chroniques

Patrice Mercier – Théâtre Antoine-Vitez – 02/04/2019

Dans une autre vie, Patrice Mercier était membre du groupuscule Action Discrète, célèbre bande d’irrésistibles olibrius, terroristes cathodiques faisant rage dans le domaine de la caméra cachée et des parodies sur les ondes de Canal+. Dans une autre vie encore, Patrice Mercier écrivait des chansons très sérieuses. Dans une troisième vie, celle d’aujourd’hui, Patrice Mercier a fusionné les deux précédentes pour parvenir à Mélodies chroniques, son tout nouveau spectacle mis en scène par Xavier Lacouture, créé en résidence au Théâtre Antoine-Vitez, à Ivry-sur-Seine.

Avec Missonne au piano – qui a pris le relais de Marilou Nézeys – Mélodies chroniques se présente comme un spectacle musical et aborde les grands sujets d’actualité, les thèmes brûlants, par le truchement de la goguette. Autrefois nous appelions cela l’exercice du timbre. Il s’agit d’écrire un texte sur un air connu et de l’interpréter. D’aucuns y vont à coups de bélier dans la plus parfaite virulence – qui présente, soyons sincère, un caractère de défoulement salutaire parfois – et d’autres, moins radicaux, manient plus volontiers l’art goguettier avec force fantaisie et humour. C’est l’art du contournement, de la trajectoire oblique pour parvenir à fin semblable, c’est-à-dire faire mouche. Patrice Mercier joue dans cette seconde catégorie, la plus subtile, qui consiste à user du rire – le propre de l’homme – pour mettre en avant les dérives et les travers de nos sociétés. La goguette chez Mercier est à entendre comme on s’esclaffe devant un bon dessin de presse. Il y a chez lui l’esprit subversif, la pertinente impertinence d’un Charb ou d’un Luz. Ou d’un Piérick. Lorsqu’il veut aborder la question de la fin de vie, de l’euthanasie, un des plus grands classiques de Francis Cabrel devient Je l’aide à mourir. C’est irrésistible de drôlerie et ça questionne en profondeur cet important problème que les couardes institutions préfèrent planquer sous le tapis.

Le spectacle est conçu en deux axes, apportant l’élasticité nécessaire pour se plier au quotidien, au gré de l’actualité agitée qui est la nôtre. Le premier pan est constitué d’un socle quasi inamovible, les « standards » de Patrice Mercier, goguettes qu’il a su inscrire dans une sorte d’intemporalité, liées à des sujets et problèmes collants et tenaces, à des vérités qui traversent le temps. Ainsi la chute du niveau de l’orthographe nous vaut le SMS d’un élève en détresse. Dans un registre plus léger, Patrice exprime la fantaisie de finir ses jours de la même façon que Félix Faure (La mort de Félix Faure, sur l’air de La femme d’Hector). Et que dire de ce plat d’anthologie, A bas les carbonaras (d’après Les lacs du Connemara), qui pourfend tout à la fois les vendeurs de régimes et nos comportements conduisant à la malbouffe ? Ici, la goguette se fait analyse sociologique, sans prise de tête, énumérant nombre de paradoxes et leurs conséquences.

Patrice Mercier © David Desreumaux – Reproduction interdite

Le second pan du spectacle tient dans l’actualité immédiate. Reprenant le modèle du courrier des lecteurs, Patrice rythme ses Mélodies chroniques par la lecture et l’interprétation régulières de chansons que de supposés épistoliers lui ont adressées, portant en somme la parole du peuple (actuellement, il est beaucoup question de Gilets jaunes, bien sûr…). C’est le moment choisi également pour donner davantage de place et d’envergure à la pianiste, la parfaite Missonne, le temps de quelques échanges verbaux qui dynamisent d’autant plus l’ensemble.

Après une série de quatre dates à raison d’une par mois au théâtre Antoine-Vitez – qui coproduit le spectacle avec Les Instants Volés – Patrice Mercier se prépare actuellement à donner ses Mélodies chroniques au théâtre du Petit Chien à l’occasion du festival Off d’Avignon en juillet prochain. Si vous passez dans les environs, ne vous privez pas d’un spectacle qui n’élude aucune des questions citoyennes qui se posent et s’imposent à nous aujourd’hui.

David Desreumaux


 

 

Compte-rendu paru dans le numéro 12 de la revue Hexagone.



Photo de une : Patrice Mercier & Missonne – © David Desreumaux – Reproduction interdite

Julien Belliard – Le mirage

0


« Le Mirage »

Attirer vers le mirage, pour deviner, ce qui s’efface
Au passage de l’eau sur la rive qui s’éloigne
Jusqu’aux dernières traverses qui se courbent
Il y a là bas, l’orage et le ciel qui plonge

Et c’est ensemble vers la croisée des lumières
Au bout du monde dans les nuits
Infinies, au parfum de cavale
Au soleil, nous cherchons, qui nous sommes
L’étranger qui sommeille

Et marcher sur la glace polie où s’élance les vents du grand sud
Pour laisser dernière nous la lumière qui s’étire
Jusqu’aux dernières roches que je longe
Il y a là-bas, notre rêve et le ciel qui plonge
On dit là bas qu’il y a les rêves et le ciel qui plonge

Et c’est ensemble vers la croisée des lumières
Au bout du monde dans les nuits
Infinies, au parfum de cavale
Au soleil, nous cherchons, qui nous sommes
L’étranger qui sommeille

Album enregistré à Sipomatador par Dino Trifunovic
Mixé par Yann Arnaud
Masterisé par Benjamin Joubert
Chant & Guitare : Julien Belliard
Guitare : Dino Trifunovic
Basse : Christian Leroy
Batterie : Matthieu Devos
Violon : Christian Leroy

Label Satellite (c)
avec Microcultures et All Dream Music

Suivez-nous sur Instagram