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Mèche et Louis Chedid marnent au FestiVal

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Troisième rendez-vous pour Hexagone sur le festival de Marne 2014. Aujourd’hui, en ce dimanche 5 octobre, nos pas nous mènent à Choisy le Roi, au théâtre Paul Eluard. Une double affiche programmée et réunie par la qualité du travail respectif de chacun des protagonistes. Mais un monde les sépare.

D’un côté, un jeune groupe, Mèche, débutant, emmené par la pétillante Clémence Chevreau. De l’autre côté, un monstre sacré, une montagne : Louis Chedid. Chedid, le patronyme qui fait flipper ou envie, c’est selon. On sait de longue date que le gène du talent ne se trouve pas dans l’ADN mais les Chedid viennent tuer la règle quand même… Andrée, Louis, Matthieu, Anna (Nash), Joseph (Selim)…

On imagine alors que les jeunes de Mèche (Damien, Benjamin et Dimitri en plus de Clémence) auront été quelque peu intimidés à l’idée d’ouvrir le bal devant une assemblée qui – reconnaissons-le – venait écouter soit l’auteur de « Anne ma sœur Anne » pour les plus anciens mais pas gâteux, soit « T’as beau pas être beau » pour les moins jeunes mais restés festifs. Nous, je te le dis tout net, on venait pour Mèche. Non pas que l’on n’apprécie pas l’ami Louis, bien au contraire, mais il n’a plus franchement besoin d’être ni découvert ni aidé dans ce sens. Donc Mèche.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Si le trac était perceptible dans les regards des 4 membres de Mèche, ils ont cependant crânement relevé leur défi et présenté les morceaux qui vont figurer sur un premier EP à paraître tout prochainement. C’est frais et élégant, le tout porté par un lead féminin qui fait toujours plaisir à voir et nous rappelle que la chanson rock n’est pas l’apanage des grosses couilles mecs et du tout testostérone.  Oui, on peut être femme et mener avec classe et féminité un groupe de rock. Comme pouvait le faire une Lulu Borgia, il y a quelques années, par exemple. Cette même Lulu – rangée des guitares électriques – qui fait aujourd’hui les superbes photos du groupe ! Pour Mèche, jouer ces quelques titres en première partie, dans une belle et grande salle très bien garnie, représentait un fort beau baptême du feu, et pour nous un excellent moyen d’évaluer le groupe.

L’univers artistique de Mèche est ancré dans une chanson-pop-rock qui rappelle par moments les débuts du groupe Autour de Lucie de Valérie Leulliot, à la fin des années 90. Les textes de Clémence parlent d’histoire de son temps, de son âge. Histoire d’amour, histoires tendres mais parfois dures. Aussi, chanson en regard sur une société violente comme sur le titre très réussi, A la Claire Fontaine, dont le texte est signé Agnès Bihl. Ça cible de suite le niveau quoi… Jouant sur le mode de la réécriture d’un texte traditionnel.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Musicalement la formule est également relativement classique, mais efficace, affichant une guitare (Clémence), clavier, basse, batterie. C’est bien fait et bien construit mais, comme toute histoire qui démarre, c’est encore un peu vert et demande de mettre et remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier. Rappelons que le groupe n’a qu’une petite année existence et encore peu de concerts à son actif.

Certainement pour les raisons évoquées ci-dessus, on a senti Clémence avoir quelques hésitations par moments. Peut être liées à un problème de retour ? Peut être un peu décontenancée sur une scène aussi grande ? En tout cas, tout cela est bien naturel et ne retire en rien au talent et aux qualités de ce jeune groupe qu’Hexagone va suivre de près. On attend ce premier EP avec impatience. Les Mèche sont entrés en studio. C’est une aventure qui commence. Ci-dessous Mon fleuve, Jérémy, histoire de te faire goûter le monde de Mèche que tu pourras venir voir en vrai live aux Trois Baudets le 27 novembre prochain. On s’y verra.



Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Puis, est venu le moment de Louis Chedid. Je ne vais pas t’en faire des tonnes sur la prestation de cet énergumène des plus sympathiques. Tout môme déjà j’étais fan. Les potes me prenaient pour un extra terrestre parce que eux ils écoutaient les daubes tubes du moment. Moi, je chantais « Ainsi soit-il, tel est le nom du film ». Je kifais grave. Alors, avoir le père Chedid devant moi, forcément ça m’a fait un truc. Comme si j’avais 10 ans. Le plus bel âge.

Après avoir sorti Deux fois l’infini l’an denier, très bon album au demeurant, Chedid a donc repris la route des salles. Le spectacle qu’il a joué dimanche après-midi est de nature que l’on pourrait qualifier de « spectacle du dimanche ». Sans que cela soit malveillant ou moqueur de ma part. Chedid a livré un show « grand public » qui, certes, présentait quelques morceaux récents mais qui était surtout construit sur les nombreux succès qui jalonnent sa longue carrière.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Le spectacle commence tout en douceur avec un Chedid qui chante dans un fauteuil de salon, comme à la maison, puis très vite, l’ensemble se débride. Un temps plus calme au clavier, le moment d’Anne ma sœur Anne qui plus de tente ans après fout encore les poils au garde à vous.

Ensuite, avec un métier hors norme, Louis se met progressivement un public acquis d’avance dans sa poche et il joue sur du velours. Il n’a plus qu’à enchaîner les tubes, Ego Man, T’as beau pas être beau, Triste et malheureux comme la pierre, Je me suis fait la belle et le public finit debout. Et danse. Les petits comme les grands. Les jeunes et les moins jeunes.

Ci-dessous en vidéo, Tu vas me manquer, titre tiré du dernier album Deux fois l’infini.


Photos & Vidéo : Toutes les photos de l’article sont cliquables pour être agrandies. Pour les vidéos, pense à passer la qualité en HD 720 ou mieux encore en 1080. T’auras l’impression d’y être !


Dimoné et Volo sur fond de Nuit Blanche à Villejuif

Photo Flavie Girbal
Photo Flavie Girbal

Difficile hier soir de passer à côté de la Nuit Blanche à Villejuif, commune du Val de Marne partie prenante du Festival du même nom qui se déroule jusqu’au 19 octobre. En effet, si pour nous l’évènement de la soirée se passait dans la salle Eglantine du Théâtre Romain Rolland, sur le parvis, un barnum était déplié et ça honorait crânement la fête d’automne dans le quartier !

Mais nous, on a filé rapidement dans la salle pour aller écouter les 2 protagonistes du jour. En première partie, le montpelliérain Dimoné. Puis, les frères Volovitch qui forment le groupe Volo.

On ne fera pas de grands discours ici sur les prestations respectives. On va laisser place à l’image et aux acteurs. Mais deux mots tout de même. On peut déjà qualifier cette programmation d’éclectique. Dimoné et Volo ne jouent pas dans la même catégorie, mais l’un comme l’autre (les 2 autres plutôt !) ont de solides arguments à faire valoir.

Photo Flavie Girbal
Photo Flavie Girbal

Dimoné, accompagné par l’impressionnant multi-instrumentiste Jean-Christophe Sirven, donne dans le rock, une pop-rock savoureuse qui côtoie Daniel Darc sur la gauche, Alain Bashung sur la droite et peut-être Katonoma au centre. Sur des textes tout en images, en couleurs, en impressions et en sentiments, à des latitudes du narratif, Dimoné joue sur la sonorité des mots, les rêves et les fantasmes, avance et se débat sur scène comme en un combat avec lui-même. Un nouvel album paraît le 13 octobre prochain, intitulé Bien hommé mal femmé. Ce quatrième opus, réalisé par Jean Lamoot (Alain Bashung, Noir Désir), dépasse les superlatifs, les rend caducs. C’est d’une maîtrise dont n’aurait pas rougi le Bashung cité plus haut. Dans la poétique comme dans les mélodies et les arrangements. Dimoné frappe fort.

Je conclus provisoirement en t’annonçant que Dimoné nous a reçus en interview avant son concert et qu’on te prépare un dossier sur sa belle personne qui sera publié dans ces colonnes d’ici quelques semaines.

Tout de suite, en images, Un homme libre. Dimoné et Jean-Christophe Sirven.



Photo Flavie Girbal
Photo Flavie Girbal

Avec Volo, on n’est pas dans le même registre du tout. Point de rock et point de grosses perles de sueur. Mais de l’énergie tout de même et de la chanson de belle facture, cousue main. Il faut dire qu’ils ne sont pas débutants ces deux-là !

Frédo est un des membres fondateurs des Wriggles qui ont officié pour l’essentiel du milieu des années 90 au milieu de la décennie 2000-2010. Un gros succès fait de chansons trash-burlesque dans une veine engagée et sans concessions. Si Olivier n’était pas sur les planches à l’époque Wriggles, il était néanmoins régisseur du groupe et suivait donc l’aventure au plus près.

Le duo Volo se forme officiellement en 2002. Parution de leur premier album en 2005. Actuellement signé sur le label Play On, Volo a sorti en 2013 un album intitulé Sans rires et réalisé par Jean-François Delort. 2014 voit le début d’une nouvelle tournée qui célèbre les 10 ans d’existence du groupe. Le spectacle, présenté à Villejuif ce 04 octobre, présente des morceaux connus mais également bon nombre de titres à paraitre sur le prochain album. En gros, ce n’est pas du réchauffé que les Volo nous proposent.

Photo Flavie Girbal
Photo Flavie Girbal

Chantant l’un après l’autre, alternativement, Frédo et Olivier présentent deux univers cohérents dans leurs disparités. Frédo, plus hâbleur, chante les luttes et des histoires d’égo masculin. Olivier, quant à lui, plus introverti, délivre des messages plus en biais, dans une veine plus poétique, moins directe et frontale que son frère. Les deux réunis forment un duo des plus touchants de sincérité et d’humanité. Ajoutez à cela la présence de Hugo Barbet en troisième guitare, une présence d’une subtilité aussi discrète que lumineuse. Hugo améliore les guitares de Frédo et Olivier, les augmente, les bonifie pour mettre les quelques notes, les quelques accords retenus qui transfigurent les morceaux. C’est toujours fin et inspiré. Tantôt à la folk acoustique, tantôt à l’électrique. Volo, encore un groupe Hexagonable et on ne s’en privera pas !


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FestiVal de Marne, Klô et Vincent en terres de guinguettes

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Lancée mercredi 1er octobre dernier, la 28ème édition du FestiVal de Marne se tiendra dans 22 communes du département – qui jadis abritait les guinguettes de bord de Marne –  jusqu’au 19 octobre prochain. En près de trente ans, le FestiVal de Marne est devenu LE festival chanson incontournable qui s’ingénie à montrer l’effervescence musicale et la diversité de notre scène hexagonale dans un esprit engagé, festif et fédérateur.

Pour Hexagone, le démarrage c’était hier. Premiers concerts que l’on vient te narrer rapidement, histoire de te donner envie de lever ton cul ton délicat séant de devant la téloche et de courir dans les salles voir tout ce qu’il y a de formidable à y découvrir, à y entendre. Pour notre baptême, on ne s’est pas moqués de toi ! C’est au Théâtre André Malraux de Chevilly-Larue que ça se tient, avec Klô Pelgag en première partie de Vincent Delerm. Tu vois le niveau de l’affiche…

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

D’abord, le temps de Klô. Klô Pelgag, c’est la bonne élève, celle qui rafle tous les prix qui se présentent sur son passage. Vingt-trois ans, une maturité hors normes. Il y a moins d’un an qu’est paru son premier album, L’Alchimie des Monstres. Un album qui convoque tous les arts et toutes les liqueurs. A l’Alchimie du verbe de Rimbaud, viennent se heurter les Fleurs du Mal de Baudelaire et peut-être les Chants de Lautréamont pour l’omniprésence de la violence… Une vraie démarche d’artiste chez Klô. C’est dans sa Gaspésie natale, isolée, qu’elle crée, derrière son piano, qu’elle accouche de ses démons miraculeux, dans un imaginoir à la Dali ou Magritte.

Sur scène, c’est une furie ! Ceux qui venaient pour passer un moment doucereux à écouter Vincent parler d’Haçienda en ont eu pour leurs frais de sonotone ! Parce que la Klô, elle envoie une énergie et fait péter les décibels que je suis sûr qu’on l’entendait jusque sur l’aéroport d’Orly ! En juin dernier, on l’avait vue dans une formation exclusivement acoustique composée d’une contrebasse, d’une batterie, d’un violoncelle, d’un violon, d’un alto et de Klô au piano. Un groupe qui joue juste, fort et bien. C’est bien en place, le spectacle tourne depuis un moment et l’on sent que le temps du rodage est passé.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Hier soir, Klô a joué en duo accompagné seulement de son contrebassiste. Formule réduite par les obligations du spectacle, le show de Klô n’en est pas pour autant édulcoré ! Cette fille chante, chante bien mais ne fait pas que ça. Elle discute pas mal aussi entre les chansons. Elle fait des « jokes » comme on dit dans son Québec. Toujours sur le fil de l’humour et de l’absurde avant  de retomber dans une belle cruauté des textes de ses chansons. C’est fort bien fait et Klô à 23 ans a déjà tout d’une grande, d’une très grand dame de la chanson.

Place au garçon de la soirée, à présent. Vincent Delerm. Tu m’excuseras lecteur, mais la prod de l’artiste a interdit les photos pour le concert. Oui, je sais, c’est navrant. Interdire à un photographe de prendre des photos, c’est comme interdire au chanteur de chanter et alors, du coup, tout le monde reste chez soi… Mais, tu ne perds pas au change, t’auras davantage de photos de Klô ! Sinon, Delerm, que dire. A Hexagone, on a qu’éloges à formuler à l’endroit de ce garçon qui mène une carrière remarquable, depuis ses débuts en 2002.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Le spectacle de la tournée en cours, que Vincent a joué hier, s’appuie sur le dernier album, paru fin 2013. Les Amants parallèles. Un album-concept où les chansons conservent une veine cinématographique que Vincent cultive depuis ses débuts malgré des variations, au fil du temps et au gré des albums. A album-concept, concert-concept. Après un rapide sommaire du spectacle, avec Delerm lui-même au rétro-projecteur, la soirée se joue en deux temps. La première manche, Vincent au piano, seul, enchaine tous les titres des Amants parallèles, dans l’ordre de l’album. Gros moments d’émotion. Sur scène, cet album aux ambiances contrastées, entre du Woody Allen et du Patrick Modiano, frappe de plein fouet. Haçienda – que je citais plus haut  – parviendrait à tirer les larmes aux plus insensibles.

La seconde moitié, plus attendue, est faite des « chansons normales » comme l’a annoncé le maitre de cérémonie, professeur ès rétro-projecteur. Vincent Delerm y reprend ses standards et d’autres moins connues tirées des albums studio précédents. On y goûte aux incontournables Fanny Ardant et moi, Quatrième de couverture, la Vipère du Gabon mais également au sublime Baiser Modiano ou Il y a un temps pour tout. Si l’intensité retombe quelque peu sur cette seconde partie, elle gagne néanmoins en communication avec le public, voire en communion quand une bonne partie de la salle reprend en chœur les refrains du Monologue Shakespearien. C’est moins prenant mais reste cependant agréable et permet d’évaluer le chemin que ce garçon  a parcouru en 12 ans. Il ne s’y trompe d’ailleurs pas lui-même, distillant quelques anecdotes sur « ses débuts », conscient que l’exercice permet également à l’artiste de montrer qu’il est installé dans le circuit depuis un certain temps. Du métier, et beaucoup de talent.


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Plus loin sur Klô sur Hexagone : Fais péter !

Plus loin sur Vincent sur Hexagone : Fais péter aussi !


Gauvain, dans la maison un grand Sers

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

La gavroche vissée sur le crâne et taillant la discute au bar des Trois Baudets qu’il était Gauvain Sers lorsque je suis arrivé !

Je me suis assis, de dos, et sa voix devisant avec quelques amis de même accoudés au zinc me rappelait tantôt Wladimir Anselme, tantôt le renard avant sa mue excessive. Plutôt période 75, si tu vois ce que je veux dire.

Le rencard aux Trois Baudets, pour ce 1er octobre, je l’avais pris il y a un moment s’il t’en souvient. J’avais dit, dans ces colonnes, rapidement, tout le bien que ce creusois m’inspirait et m’étais promis de l’aller voir défendre ses ritournelles sur scène. Voir ce que elles et lui avaient dans le bide. Parce que un chanteur c’est comme une chanteuse, c’est quand même sur scène que ça se juge vraiment.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

C’est toujours court la partie découverte aux Trois Baudets. L’artiste qui passe en prem’s a juste quatre chansons pour lustrer le plancher et s’attirer les faveurs du public. A cet horaire de tout début de soirée, la salle est rarement bondée et en cela hier n’a pas fait mentir la règle.

Mais face à cette modeste mais réceptive audience Gauvain Sers a su apporter le dynamisme, la bonne humeur et le côté un brin chafouin qui procurent de suite les clés de la réussite d’un bon moment. Histoire de planter le décor, il a annoncé qu’il n’avait pas préparé « d’entre chansons » et que – du coup –  il ne serait pas fort disert. De l’intox je te dis, c’était préparé tout ça ! Et ça tombait juste, ça s’enchainait plutôt très bien.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Depuis le premier EP paru l’an dernier, Gauvain ne cesse d’écrire et d’apporter de nouvelles chansons à ses tours de chants (un album complet devrait voir le jour en 2015). Hier, il n’a chanté aucun des titres de l’EP mais des morceaux plus récents qui montrent l’évolution dans l’écriture de ce jeune auteur-compositeur-interprète. Il a commencé son concert par un texte, parlé, à la manière du Poème de Renaud, en 1980 environ. Je chante pour grandir que ça s’appelle, une manière de manifeste en faveur de son art rimé comme pour mieux faire oublier que le jeune homme a un diplôme d’ingénieur en poche, et qu’au lieu de nous faire profiter de ses bien belles ritournelles, il pourrait être cadre chez Airbus ou chez Safran. Nous, on le préfère aux Trois Baudets. Franchement.

Puis, mine de rien, il a balancé Comme chez Leprest, très bel hommage non seulement à l’Allain à deux ailes mais à Françoise, figure patronnesse du Connetable, célèbre maison cabaret du Marais parisien, rue des Archives. C’est aussi beau qu’inattendu de la part d’un gaillard d’une vingtaine d’années d’aller faire sa révérence sur ce terrain de la chanson de proximité si loin du grand public. Cette chanson est une bombe d’émotion. Seul sur scène, avec son inséparable Gibson sunburst folk chevillée au corps, dans la jolie pénombre d’une scène toujours aussi mal éclairée aux Trois Baudets, Gauvain se livre. Il parle de L’Écharpe de Maurice (Fanon). Il raconte qu’il vient avec ses potes respirer le lustre des légendes, dire les textes d’Allain et de Dimey, et qu’il est toujours assis à la même place, « un peu comme chez Leprest, quand on y est, on y reste. Tout est beau, même l’ardoise, chez Françoise ». Une Françoise qui revit dans la fraicheur des ces gosses qui font tourner la guitare comme d’autres font tourner le pétard.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Le concert monte progressivement en énergie, devient plus péchu sur des titres tout indiqués ! Hénin-Beaumont, histoire de montrer que la chanson contestataire n’est pas moribonde, puis, A quoi tu penses sur ton tracteur pour signifier que si Gauvain sait envoyer des coups de poing dans la gueule du FN, il sait aussi se faire tendre et un poil nostalgique. Ce rapide récital se conclut avec Dans mes poches. « Si tu viens fouiller tout au fond / Archéologue du pantalon / Tu trouv’ras plein d’choses sympatoches / Au milieu des miettes de brioche / Avec mes clés qui s’baladent / Y a quelques pièces quand j’suis en rade / Et si une mélodie m’accroche / J’griffone des noires et des croches / Dans mes poches », morceau qui fait la synthèse des influences majeures de Gauvain Sers, de Dans ton sac de Renaud à J’écris faux, je chante de la main gauche de Benoît Dorémus. Ajouté à parfois quelques petites maladresses de textes, c’est ici le seul reproche que l’on pourrait formuler à Gauvain, de coller d’encore un peu trop près aux Phares. Mais bon, les nouveaux morceaux montrent que  Gauvain travaille cet aspect-là également et qu’il progresse rapidement, très rapidement. Et qu’il ne tardera pas à s’affranchir totalement.

Tu pourras aller vérifier par toi-même le 27 novembre prochain au Forum Léo Ferré, à Ivry, par exemple.


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Emilie Marsh, Goodbye Comédie au Café de la Danse

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Emilie Marsh(1)
Photo Vincent Margueritte

// Goodbye Comédie. Au revoir et merci.
Je ne ferai pas semblant.
Je chanterai comme j’ écris, j’écrirai comme je crie. Sauvagement.
Je ne me cacherai pas, je n’aurai pas peur de tout dire.
Chanson, rock, c’est ainsi.
Bienvenue à toi avec qui je veux partager tout ça. Qu’on s’entrechoque un peu.
Je m’appelle Emilie Marsh //

Voilà. La présentation est faite par Emilie Marsh en personne. Goodbye Comédie est son nouveau spectacle qui fera une halte au Café de la Danse le lundi 6 octobre prochain, à 20h00, en plateau partagé avec La Jeanne et Mister Février.

Toujours accompagné d’Etienne Champollion aux piano, claviers et chœurs, Mathieu Chrétien complètera l’équipe en prenant place à la batterie. Ce nouveau spectacle s’annonce plus rock que l’était le premier album d’Emilie Marsh, La rime orpheline sorti en 2013.

Un nouvel EP est attendu pour le début 2015, un nouveau clip tout prochainement. Et on n’attend plus que toi, lundi prochain au Café de la Danse !

Photo Vincent Margueritte


Alexis HK : Mets du vent

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Depuis le début des années 2000 – alors qu’il se faisait connaître avec  C’que t’es belle sur l’album Belleville – Alexis HK mène une carrière en tous points remarquables. Album après album, Alexis a construit son univers raffiné entre chanson de tradition littéraire et modernité.

Lui, l’ancien étudiant en philo, a réussi à faire entrer sagesse et capacité d’étonnement dans ses chansons. Lors d’une interview qu’il nous accordait en 2003, Alexis HK, ne disait pas l’inverse : « Une bonne chanson part d’un étonnement. On va faire sortir une émotion, on va raconter une histoire mais c’est sur la base d’un étonnement qui doit se constituer, sur la base de plein de petites surprises et qui doit être le nœud d’un mystère. Dans toutes les chansons, il y a un mystère, une question qui est posée. »

Mets du vent est tiré de l’album Le dernier présent paru en 2012. Admirable de recul, la chanson n’échappe pas à la règle décrite ci-dessus. La quarantaine aux aguets, « quarante ans de loose, ça se fête entre amis, comme j’ai plus que toi comme ami…« .

Superbe, grande, très grande classe.

Photo Franck Loriou


Oldelaf au Zénith le 29 novembre

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oldelafTu l’as vu, Oldelaf, à la téloche chez Dave le dimanche après-midi ? C’est son nouveau rendez-vous dominical, depuis la rentrée, où c’est qu’il tient une chronique. Bien drôle, comme d’hab’. C’est une émission, en gros, pas franchement pour tirer la bourre à Druker mais pour lui apporter un pendant éveillé, une version « public plus jeune », sans déambulateur ni verveine. Une émission sans les blagues pourries de Gerra ou ses clones, tu vois.

Enfin bref, je ne venais pas te parler de ça mais de Dimanche quand même. Du nom du dernier album d’Oldelaf.  La grande date de la tournée Dimanche approche et si tu n’as pas encore pris ta place, grouille-toi un peu quand même. Ce sera le samedi 29 novembre 2014 au Zénith de Paris. Ça va être une joyeuse partie de déconne organisée comme on les aime je crois.

On va bien se marrer et on ne voudrait pas que tu rates ça !


Claire Elzière chante les voix qui se sont tues

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Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Ce samedi 27 septembre 2014, Claire Elzière faisait L’Européen pour présenter son nouvel album d’interprétations de textes d’Allain Leprest.

Je suis arrivé en avance. Le temps de faire les réglages, les tests de l’appareil photo. D’avoir une place correcte et de pouvoir shooter sans faire chier déranger le voisin ou la voisine.

La salle s’est remplie petit à petit pour finir pleine comme un oeuf. Ca fait plaisir de voir des salles pleines. Du monde et du beau monde ! Ca causait dru aussi. Des fois assis, souvent debout et ça sentait la bonne humeur du samedi soir à Paname.

La scène était fin prête et d’un raffinement simple et élégant. Deux lampadaires au tissu rouge plissé envoyaient des lux diffus et apaisants. Au sol, les instruments patientaient. Une contrebasse couchée sur le côté attendait son manipulateur, un oud accoudé négligemment au podium semblait se concentrer pour le grand moment. Un ukulélé accroché à son stand ressemblait à un nouveau né. Un apprenant qui observait les grands frères et les grands faire.
Un beau demi ou quart de queue Yamaha, pimpant préparait en silence ses premiers accords.

Celle que l’on attendait dans cette salle mythique de L’Européen hier soir, c’est Claire Elzière. Une chanteuse. Une interprète, plus exactement, comme il y en avait des belles et des fameuses à l’époque où existaient encore les lieux pour les entendre. Tu vois, Claire, c’est la filiation des Fréhel, Berthe Sylva, Cora Vaucaire, Juliette Gréco, Francesca Solleville. Rien de moins.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Tout récemment, est paru le dernier album de Claire. Après avoir chanté Pierre Louki, cet album  présente 14 interprétations de textes d’Allain Leprest. Dont dix inédits. Leprest, pour te rafraîchir la mémoire, c’est un monstre sacré littéraire qui a donné à la chanson d’expression parmi ses plus belles lettres de noblesse. Aussi talentueux qu’inconnu auprès du grand public… Disparu à l’été 2011, Leprest a laissé un grand vide dans la chanson qui, disons tout net, ne sera jamais comblé. Il y aura certes autre chose, soyons optimiste, mais Leprest n’est plus, il est mort pour toujours.

Faut-il pour autant ne plus toucher à l’oeuvre de Leprest, de peur de n’être pas à la hauteur, de ne pas suffisamment l’honorer ? Que nenni ! Il l’a bien dit le fou chantant que « Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues ». Message reçu pour Claire Elzière. La meilleure façon de le convoquer parmi nous, c’est de faire ce que fait Claire Elzière. Le reprendre. Le chanter. Et comment !

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Leprest, impressionnante bête de scène était éructant et on l’adorait aussi pour ça. Chez Claire, c’est tout en féminité que les messages vont passer. Sans manières, sans chichis. Une diction claire et précise, qui donne aux mots d’Allain une couleur différente. Ça reste du Leprest, ça s’entend dès le premier vers !  Les mots, les images fulgurantes viennent en permanence nous le rappeler. Mais Claire s’approprie la langue de son aîné, langue parfois bien masculine qu’elle déclame avec assurance, quand il s’agit de parler de « coupeur de bites en deux » par exemple.

Pas de maniérisme, pas de mauvaises imitations donc. La grande réussite de l’exercice réside dans la simplicité musicale et d’interprétation retenues par Claire Elzière et sa bande. Il s’en dégage non pas une modernité mais une contemporanéité qui parle à tout le monde et qui aura séduit la diversité du public présent dans la salle.

Finalement, chanter Leprest, c’est également une évidence. N’a-t-il pas été, en parallèle de sa carrière d’ACI, un simple parolier ? Comme pour Francesca Solleville par exemple, dont Claire a repris hier soir deux titres dont la fabuleuse Les p’tits enfants d’verre. Le talent de Leprest est aussi dans la capacité à avoir su écrire, à la fois pour lui mais pour d’autres, en s’adaptant toujours mais en conservant toujours sa marque de fabrique : la boîte à images. « Une mirabelle au bois dormant » et quelques centaines du même tonneau…

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Sur scène avec la fidèle équipe musicale que l’on trouve sur l’album, de Dominique Cravic (guitare, ukulélé) qui a composé bon nombre des musiques de l’album, en passant par Grégory Veux au piano et Jean-Philippe Viret à la contrebasse, l’alchimie prend d’entrée, monte progressivement et l’émotion est parfois bien vive. L’interprétation de SDF de Claire Elzière, toujours emprunte de simplicité, est bouleversante. Que dire d’Osaka à Tokyo, qui narre les derniers instants d’un type dans un avion en train de se crasher… A une certaine froideur des morceaux que l’on a pu ressentir sur l’album – mais c’est bien le problème des enregistrements – les versions live apportent la chaleur, l’humanité, le sens inné du partage qui étaient dans l’ADN d’Allain Leprest.

La soirée pouvait faire craindre l’exercice obligé de l’hommage à la fois poussiéreux et larmoyant. Non seulement il n’en a rien été mais en conviant de très nombreux invités sur scène, presque à chaque chanson – dont Pierre Barouh en personne – c’est bien plutôt une fête qui n’aurait pas déplu à Leprest lui-même qui s’est jouée sous nos yeux, avec nous. Une presque communion générationnelle. Finalement, par la voix de Claire Elzière, Allain Leprest – qui fit longtemps peintre en bâtiment – après avoir souvent peint les cloisons, aura contribué à les faire tomber.

Claire Elzière sera au Lucernaire tous les dimanches de janvier prochain. On ne saurait que trop t’inciter à y aller !


Ci-dessous, un extrait du concert en vidéo. Passe la qualité en HD, tu verras, c’est mieux.

Je Vous Déteste : Dimanche

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Dimanche est issue du deuxième album de Je Vous Déteste, intitulé Fais comme tu veux. Emmené par Steban – que l’on peut voir aussi au sein du groupe Les Petites Bourrettes – et Malek, Je Vous Déteste explore un univers folk dont les ambiances planent entre Miossec et Bashung. Le troisième album du groupe, Ça manque de présence féminine, est paru en mai dernier.

Photo Karine Desbonnes


Astier au Forum Léo Ferré le 10 octobre prochain !

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ASTIER1200Alerte rouge ! Oui, tu as bien lu ! On le croyait en exil au Chili, à dos de lama mais Astier revient au Galop vers la Porte d’Ivry !

Claude Astier, de son vrai nom,  sera le 10 octobre prochain au Forum Léo Ferré pour chanter ses chansons, des anciennes, certes, mais également pour présenter les nouvelles qui tu auras le plaisir de retrouver sur un nouvel album à paraitre !

Et comme, ce sera un peu un évènement exceptionnel, ben il y aura des invités et pas des moindres. Je te laisse les découvrir en cliquant sur la photo juste à côté. C’est Astier lui-même qui fait les présentations, et tu sais que ça vaut toujours son pesant du cacahuètes !

C’est stupéfiant !

Entrée à 12 & 15 €, possibilité de petite restauration sur place et comme toujours, l’équipe est super sympa. Renseignements et réservations auprès du Forum.


FORUM LEO FERRE
C’est toujours à Ivry sur Seine, au 11 rue Barbès.

  • En métro : Stations Porte-d’Ivry ou Pierre-et-Marie-Curie de la ligne 7.
  • En tramway : Station Porte-d’Ivry de la ligne T3.
  • En voiture : le Forum se trouve à 100 mètres environ des sorties Porte-d’Ivry du périphérique, face au vieux moulin.
  • StationVelib le Forum se trouve à 100 mètres de la station Velib n° 42015.

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