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En avril à l’ACP La Manufacture Chanson

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Après la programmation du mois dernier, en mars, la programmation d’avril, à l’ACP Manufacture Chanson.

Logique, tu me diras. Et t’auras pas tort.

En mars, t’as eu le droit à Volo, tous les lundis, et bien, en avril, c’est pareil.

Presque. 2 lundis sur les 4. Mais on change les premières parties ! Presque.

Donc le 4, ça sera Celinn, et le 11, Missonne.

Le 8, c’est Vanina de Franco qui occupera les lieux.

Et le 15, ça sera Gauvain Sers et Mèche, pour le plateau IDF.


Lundi 4 : Volo (avec Celinn en première partie)
Vendredi 8 : Vanina de Franco


Lundi 11 : Volo (avec Missonne en première partie)
Vendredi 15 : plateau IDF avec Gauvain Sers et Mèche

 

En avril au Limonaire

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Bon, j’espère que tu t’es bien reposé le mois dernier, hein…

Parce que ce mois-ci, y a encore du costaud qui est prévu, Au Limonaire, alors t’as intérêt à péter la forme pour suivre toute cette programmation.

Bon, ok, je te donne un jour pour te remettre de tes excès à te baffrer d’œufs, de lapins, de poules et de cloches et que sais-je encore… Mais pas plus. Faut pas déconner.

Donc, le 1er avril,  c’est Katel qui ouvre le feu, avec la reprise intégrale de son premier album, Raides à la ville, sorti en 2006. 10 ans, quoi. Sauf que… ça n’a rien d’une blaque premieravrilesque, non, c’est vrai de vrai ! Pour un concert surprise, c’est une bonne surprise !

Le 5, le 12, le 19 puis le 26, tous les mardis, si tu percutes pas, c’est François Puyalto, finaliste du 6ème Prix Georges Moustaki (j’espère que t’as suivi l’actu à ce sujet) qui occupera les 4 m² de la scène du Limo. Basse & chant, chant & basse, comme tu voudras, mais ça vaut le coup d’aller le voir, c’est original et bien foutu ! Et en plus, l’invitera des potes. Ça promet !

Mercredi 6, c’est K! qui sera là. K!, comment te dire… Bah tu y vas, tu vas la voir, tu vas l’écouter, et puis tu nous dis.

Le vendredi 8, c’est Clément Bertrand. L’aime bien le 8, le Clément, faut croire, l’était déjà passé le 8, mais en janvier de cette année. On l’aime bien aussi, qu’il passe un 8 ou à une autre date. Bref, faut absolument aller le voir, ce gaillard.

Le 20 et le 21, bah t’as déjà réservé ta table. Pour les deux soirs, ouais ! Parce que y aura Gauvain Sers le 20 et Clio le lendemain ! On te les présente pas, hein, pas la peine.

Le 22, c’est la clique d’Antoine Sahler qui déboule au Limo. Avec Lucrèce Sassella et Armelle Dumoulin qui vient de sortir un très album, T’avoir connu, sur le récent label Le Furieux d’Antoine.

Le 29, Antoine Amigues reviendra-t-il au Limo toujours en guitare-voix accompagné de sa Duesenberg ?

Aller, je te file la programmation au complet. Tu vas pas pouvoir regarder beaucoup la télé ce mois-ci, et bien c’est tant mieux (pour ton cerveau et tes oreilles).


Vendredi 1 er : Nicolas Flesch & Katel
Samedi 2 : Nicolas Flesch & Babx


Lundi 4 : La Goguette des Z’énervés
Mardi 5 : François Puyalto invite… Achille
Mercredi 6 : K!
Jeudi 7 : Il pleut sur la mer
L’Olympia 1995 d’Allain Leprest interprêté et joué par Loïc LANTOINE
avec Alice Perret (piano), Alex Leitao (accordéon) et Noemie Lamour (contrebasse)
Vendredi 8 : Clément Bertrand
Samedi 9 : Le Mégaphone Tour avec Ka, Denis Rivet et Sophie Maurin


Lundi 11 : La Goguette des Z’énervés
Mardi 12 : François Puyalto invite… Michel Schick
Mercredi 13 & Jeudi 14 : C gens là
Vendredi 15 & Samedi 16 : Fanfan et Marco & Billie Roque


Lundi 18 : La Goguette des Z’énervés
Mardi 19 : François Puyalto invite… Tarik Chaouach
Mercredi 20 : Gauvain Sers
Jeudi 21 : Clio
Vendredi 22 : Lucrèce Sassella & Armelle Dumoulin
Dimanche 24 : Le cabaret soupe de Roch Havet  et Cie (à partir de 20 h)


Lundi 25 : La Goguette des Z’énervés
Mardi 26 : François Puyalto invite… Armelle Dumoulin
Mercredi 27 & Jeudi 28 : Un Camion dans la Nuit avec Claudine Lebègue trio
Vendredi 29 & Samedi 30 : Antoine Amigues & Rémi Parguel

En avril au Forum Léo Ferré

On sait que tu l’attends avec impatience, à chaque début de mois, alors la voici, la belle programmation du Forum Léo Ferré, régale-toi : t’auras des jolis morceaux de Enzo Enzo, JeHan, Christiane Courvoisier et encore une belle soirée « Écoute donc voir » en perspective ! Note aussi, cette date avec Claude Lemesle qui remonte sur scène pour chanter, lui qui a surtout beaucoup fait chanter les autres en écrivant quelques dizaines de tubes.

Aussi, je ne saurais que trop t’inciter à venir le jeudi 7 avril pour une soirée songwriters autour de Roucaute, Frédéric Bobin (en photo) et Pierre Delorme. Pour le premier, c’est Springsteen qui est passé à la moulinette, pour les deux autres, c’est une revue de choix parmi les grandes oeuvres. Cohen, Dylan bien sûr, mais bien aussi Townes Van Zandt et Tom Paxton, moins connus mais dont le talent n’est plus à démontrer. Sans oublier l’indéboulonnable Graeme Allwright qui a jadis contribué à porter à la connaissance du plus grand nombre ces chansons des grands espaces, dans la langue de Gainsbourg. Et c’est d’ailleurs en français dans le texte que toutes ces chansons seront chantées. De Springsteen à Dylan. Je sais pas toi, mais moi je suis chaud bouillant !


Vendredi 1er : Claud Michaud
Samedi 2 : Clarisse Lavanant


Jeudi 7 : « Songwriters : faiseurs de chansons » (Roucaute, Bobin et Delorme chantent Springsteen, Cohen, Dylan…)
Vendredi 8 : Ayumi chante Brel
Samedi 9 : Alain Sourigues


Lundi 11 : Christiane Courvoisier (avec Bruno Daraquy en première partie)
Jeudi 14 : Le grand Mix des Beaux Esprits
Vendredi 15 : Enzo Enzo en Trio Jazz
Samedi 16 avril : Christiane Courvoisier (avec Le Grand Bi en première partie)
Dimanche 17 : Marie Leurent (17 h)


Vendredi 22: Claude Lemesle
Dimanche 24 : Christiane Courvoisier (17 h)


Jeudi 28 : Antoine Elie & Jean-Roch Waro (Écoute donc voir)
Samedi 30 : JeHaN et Caroline Allonzo

Askehoug le blanc est de retour

Photo Phanie Lacombe
Photo Phanie Lacombe

Fini le costard noir, place au blanc. Askehoug est de retour avec un tout nouveau spectacle. Bonne nouvelle non ? Les premières vont se donner les 7 et 27 avril prochains à L’Auguste Théâtre, dans le 11ème arrondissement parisien. C’est juste à côté du Pan Piper pour situer.

Chanteur bizarre débarqué en 2008 dans la chansonsphère peu encline à la nouveauté, Matthieu Askehoug va cependant gravir les marches de la reconnaissance jusqu’à cette petite explosion provoquée par Je te tuerai un jeudi, en 2012. Une petite notoriété qui va rapidement s’effriter suite aux départs de plusieurs éléments clé de la structure Askehoug. C’est la vie. Les chemins sont aussi fait pour diverger si bien que Askehoug se retrouve relativement seul avec un projet à relancer.

C’est le nouveau Askehoug qui revient donc aujourd’hui. Mais rassure-toi, toujours dandy, toujours rock’n roll. Dans un costard blanc tout neuf comme pour montrer qu’il a fini de broyer du noir. Ce nouveau spectacle se promènera le temps de quelques dates en France et en Suisse, durant le printemps, avant de s’installer au Festival d’Avignon du 7 au 30 juillet 2016, dans le cadre des « Talents Adami on y chante ». Ce sera au Théâtre de l’Arrache Coeur. Ce serait chouette d’y faire un saut en attendant le nouvel album qui devrait sortir en octobre.

Askehoug remet le voyage en route avec Ulysse comme tourneur et producteur. Une nouvelle odyssée est à venir.



André Bonhomme, une intemporalité d’aujourd’hui

André Bonhomme va clôturer en chansons le mois de la poésie du théâtre lyonnais Le Carré 30. Ce spectacle est l’occasion pour André de faire connaître son tout nouveau CD, De l’aurore… au couchant, travaillé l’été dernier avec son fils Emmanuel qui va également l’accompagner sur scène. Sur cet album de famille on retrouve donc André tel qu’en lui-même avec des textes hors du temps et des musiques toutes fraîches qui vont régaler ce public fidèle qui l’accompagne toujours régulièrement.

Photo : Yapasphoto
Photo : Yapasphoto

Hexagone : Ce sont de nouvelles chansons qu’on trouve sur De l’aurore… au couchant, ton nouvel album ?
André : Sur cet album, certaines chansons sont très anciennes comme La joie ou Le bonheur et d’autres toutes récentes comme De l’aurore au couchant. Les anciennes chansons n’avaient jamais été enregistrées sur CD et certaines me semblaient avoir tenu le coup malgré le temps. La joie c’est mon fils Emmanuel qui m’a dit que cette chanson n’était pas datée et il a insisté pour qu’elle soit reprise dans l’album. Pour les plus récentes, ce sont des chansons que j’ai déjà beaucoup chantées sur scène, qui sont bien rodées, qui ont en quelque sorte reçu la patine du public. C’est un peu l’inverse de ce que font les chanteurs aujourd’hui : ils font d’abord l’album et ils vont ensuite le chanter sur les scènes.

Hexagone : Tu as changé de musiciens pour ce nouvel album ?
André : Quelque chose dans l’air, le précédent album, a été réalisé avec Patrice Kalla (percussions), Laure Vannereux (violon alto) et Michel Sanlaville (guitare) fidèles compagnons eux aussi, avec qui j’ai beaucoup joué sur scène. Actuellement en spectacle, je suis accompagné par Emmanuel au piano et Florent Jouffroy (flûte et percussions) et le nouvel album est le résultat de cette collaboration.

Hexagone : Tu as donc beaucoup travaillé avec ton fils pour faire cet album ?
André : Pour préparer cet album on a beaucoup joué ensemble. Emmanuel connaît très bien tout mon répertoire et j’ai beaucoup travaillé avec lui l’été dernier. C’est lui qui conçoit les arrangements mais nous travaillons ensemble de façon très étroite et ça se passe très bien. Je lui apporte les partitions de mes chansons : les mélodies et les accords sont écrits. J’ai vraiment besoin d’écrire ma musique mais mon fils les enrichit ensuite énormément, tout comme les partenaires qui l’ont précédé dans d’autres albums. Pour certaines chansons il a mis à contribution un groupe de jazz, pour d’autres on est resté avec la formule voix/piano.

Photo : Yapasphoto
Photo : Yapasphoto

Hexagone : Tous les textes sont de toi sauf ceux de la chanson Les larmes.
André : J’interviens toutes les semaines dans une classe de maternelle où l’institutrice propose de la philo à ses élèves. Un jour elle leur a proposé de parler de la tristesse et du chagrin. Elle les a enregistrés et m’a communiqué le résultat. Habituellement quand je fais des chansons avec des enfants je les versifie ensuite. Là j’ai sélectionné mais je n’ai rien changé aux expressions des enfants. Et au bout du compte ça fait une vraie chanson avec vraiment des mots d’enfants.

Hexagone : On dit souvent de tes chansons qu’elles sont intemporelles.
André : Je suis très habité comme tout le monde par le temps qui passe, par les drames, par tout ce qui fait que la vie est ce qu’elle est. Mais dans mes chansons je n’en parle jamais directement. Je suis très préoccupé par exemple par les guerres et je fais alors une chanson comme Chemin de rondes qui est une sorte de regard en abîme sur une situation dans le passé car finalement c’est bien toujours la même chose qui se produit toujours aujourd’hui. Comme l’a dit Michel Kemper, cette chanson aurait pu être écrite au XIXème siècle.

Hexagone : Pourquoi ne veux-tu pas parler de ce que tu ressens dans l’actualité d’aujourd’hui ?
André : Je parle beaucoup de ce que je ressens. Mais je suis aussi un grand lecteur et j’ai beaucoup lu de romans du XIX ème ou des textes encore plus anciens. A partir de cette perspective que me donne la littérature, ce regard sur d’autres temps, d’autres époques, je n’ai pas envie de parler au premier degré des événements actuels. Je n’ai jamais eu envie de le faire. Mais il n’en reste pas moins que mes chansons sont faites de ce que je peux ressentir dans la vie d’aujourd’hui. Je ne fais pas des chansons pour dire « je vais vous dire ça ». Et ça me fait donc plaisir qu’on dise que mes chansons sont intemporelles. Brassens ne parlait pas de l’actualité et Brassens a beaucoup compté pour moi.


André Bonhomme au Théâtre Le Carré 30, 12 rue Pizay, 69001 Lyon
résa : 04 78 39 74 61
du vendredi 1er au dimanche 3 avril
Vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 17h30
tarif unique 8€


André Bonhomme, l’album De l’aurore… au couchant est en commande à André Bonhomme



 

La Femme nous fait hurler de plaisir

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Photo Déborah Galopin

Le 23 mars était une date attendue par un bon nombre de personnes depuis plusieurs mois. La Femme se produisait à l’Olympia sonnant leur grand retour après un premier album au succès fulgurant. Un concert qui promettait d’être intense, et ça n’a pas loupé.

L’ouverture des portes s’est faite de bonne heure, à 18h30 soit 1h30 avant le début du concert. Les quelques incorruptibles du groupe voulant être aux premières loges y sont arrivés pile à l’heure, les autres ont pris leur temps, mais une heure après la salle débordait, nous empêchant de voir le fond de la salle. Pas de première partie. En fait si ! C’est La Femme elle même qui l’assurait. Vous en aviez rêvé, une soirée concert uniquement consacrée au groupe que vous êtes venus voir ? Ils l’ont fait ! 7 premiers titres, dont 5 issus de leur nouvel album.

Le coup d’envoi a été donné par Sphinx, le tout nouveau clip sorti une semaine tout pile avant. La réception a été immédiate, tout le monde semblait déjà connaître le morceau, la fosse se déhanchait, le sol de l’Olympia tremblait. « Danser sous acide, et se sentir comme une plume qui vole au gré du vent… » Déjà un tube ? À n’en pas douter. On y retrouve l’esprit déjanté du groupe, des paroles écrites sous on ne sait quelle substance, mixées à des sons psychédéliques. Parfait pour se sentir drogué tout en étant a jeun.

Photo Déborah Galopin
Photo Déborah Galopin

Cette ambiance survoltée redescend un peu dès lors que le groupe nous présente leurs nouveaux titres. La Femme lance son public vers un terrain inconnu. Nos pieds sont moins actifs, pour permettre à nos oreilles d’être plus attentives. Bien que Clémence soit la principale chanteuse du groupe, La Femme nous offre un défilé de voix féminines comme il l’avait déjà fait sur certains titres de leur premier album. On y retrouve entre autre Clara Luciani du groupe Hologram. Chacune d’entre elles, apporte une touche particulière.

Le morceau Mycose en a fait rire plus d’un pour le culot d’avoir fait un titre sur une MST. La chanson Septembre est mignonette, évoquant la fin de l’été et le début des classes. La chanteuse coiffée de deux nattes sur le côté, habillée d’une jupe courte par-dessus un pull trop large, rappelle la fausse innocence de France Gall lorsqu’elle chantait Les sucettes à l’anis de Gainsbourg. Sur le titre Elle ne t’aime pas, Marlon quitte son clavier pour se fondre dans la peau d’un rappeur. Le résultat est réussi. D’autres titres en revanche laissent plus perplexes comme Psyzouk. La tessiture soprano de Battista Acquaviva en devient presque dérangeante. Mélanger des genres musicaux aussi aux antipodes que l’opéra et l’électro ressemble presque à une provocation. Avec le recul on aimerait réécouter ce morceau sur platine pour s’en faire une meilleure idée. Cependant, il va falloir attendre encore un peu, leur nouvel album n’étant prévu que pour septembre. Et oui ça fait loin, mais on se sent d’autant plus privilégié d’avoir pu les écouter en exclusivité.

Photo Déborah Galopin
Photo Déborah Galopin

Lors de la seconde partie, La Femme a déchainé le Music Hall, le faisant danser à s’en faire mal aux pieds, hurler à s’en briser la voix. S’ils n’ont pas joué l’intégralité de leur répertoire, ils n’en étaient pas loin, comblant leur public pendant près de deux heures trente. On a commencé sur Packshot, pour finir sur Antitaxi, en passant par Sur La planche, Nous étions deux, Le Blues de Françoise et bien d’autres.  Les lumières se sont rallumées, calmant notre cœur palpitant, nos poumons haletants. C’est un peu hagards que nous sommes sortis de l’Olympia, mais persuadés d’avoir vécu un grand concert.

Alors La Femme c’était mieux avant ? Difficile de répondre à cette question. Psycho tropical Berlin fut une bombe à lui tout seul. Les membres du groupe aiment expérimenter, surfer sur des genres différents, sortant des sentiers battus pour créer leur propre sillon. Ils ont démontré une nouvelle fois leur générosité, leur envie de partager et la passion qui les anime. Alors quoiqu’il arrive, tant qu’il garde cette authenticité d’âme, La Femme on continuera de l’aimer.


Pierrick Vivares, de jazz en pop

Pierrick Vivares a sorti il y a trois ans Transports en commun, un premier album très remarqué. Il nous propose maintenant un EP, Ph[o]enix, qu’il va chanter au Radiant dans la banlieue de Lyon en avril, puis à A Thou Bout d’Chant en mai prochain. Je suis allé rencontrer le jeune homme, un artiste déterminé, un musicien amoureux des mots qui raconte ses premiers pas dans la chanson, son parcours et ses projets.

SYlVAiN FAiSAN PhOtOGRAPhE AUtEUR
Photo : Sylvain Faisan

Hexagone : Tu as fais la Maîtrise de la Loire comme Sarah Mikovski, mais c’est en mettant en musique un texte de ton père que tu es devenu, un peu par hasard, un auteur-compositeur-interprète.
Pierrick : C’est vrai, je suis devenu chanteur un peu par « hasard », bien que l’ayant forcément un peu provoqué. C’est parti de ce texte de mon père, une poésie que j’avais étudiée au collège en 4ème. Mon père était coiffeur à l’époque et aimait écrire. Il m’a transmis ce goût des mots. Le goût de la musique me vient beaucoup de ma mère qui est chanteuse lyrique. Ma sœur faisait du violon et elle est aussi chanteuse lyrique. Mon père écoutait beaucoup de chansons françaises, Brel, Souchon, Le Forestier, Jonasz et bien d’autres. Je les aimais bien aussi mais plus tard j’ai découvert Fersen, Boogaerts, Baguian et bien d’autres encore et me suis fait mes propres expériences, mes propres découvertes.

SYlVAiN FAiSAN PhOtOGRAPhE AUtEUR
Photo : Sylvain Faisan

Hexagone : Et comment se sont passés tes débuts dans la chanson ?
Pierrick : Je savais que je voulais être dans le monde du spectacle où je me sentais à l’aise. Je chantais depuis un certain temps, je faisais du piano à la maîtrise de la Loire mais je ne savais pas ce que je pourrais faire. J’ai vraiment débuté sur scène en avril 2010, avec ma guitare cette fois-ci, dont j’étais tombé amoureux quelques années auparavant. J’avais un répertoire de 3 ou 4 chansons que je complétais par des reprises de Souchon ou Tété, Sheller ou Brassens… De concert en concert on me demandait de revenir et je me suis pris au jeu. Voilà comment ça a vraiment démarré et comment j’ai écrit ensuite de plus en plus de chansons. Ce qui est curieux, c’est qu’adolescent, je n’étais pas vraiment un littéraire mais que j’ai toujours beaucoup aimé les mots. J’étais plutôt matheux et je ne lisais pas beaucoup. J’ai pourtant trouvé un grand plaisir à écrire, à jouer avec la texture des mots. C’est devenu très rapidement un plaisir. Étonnamment, c’est l’écriture qui m’a ouvert le chemin de la lecture et non l’inverse. Et naturellement, la musique a été le support idéal pour m’exprimer puisque j’étais avant tout musicien.

Hexagone : Souvent les jeunes artistes commencent par un premier EP et font ensuite, s’ils y arrivent, un premier album. Tu as commencé directement par l’album.
Pierrick : Pour faire mon premier album, en 2013, j’avais fait appel à un financement participatif et j’avais également des partenaires privés. J’avais démarché les TCL, le réseau des transports en commun de Lyon, puisque l’album s’appelait Transports en commun, ainsi qu’Irisbus, l’entreprise qui fournit des bus aux TCL. Mais comme je manquais d’expérience, je n’ai pas fait le nécessaire pour assurer la diffusion de cet album, ça fait partie de l’apprentissage !

SYlVAiN FAiSAN PhOtOGRAPhE AUtEUR
Photo : Sylvain Faisan

Hexagone : Tu travailles maintenant avec d’autres musiciens ?
Pierrick : J’ai longtemps été tout seul à mes débuts. Mais j’ai fait le premier album avec Stéphane Piot aux studios de l’Hacienda à Tarare, un studio qui continue maintenant à nous soutenir. Ils sont devenus éditeur et nous avons signé avec eux en édition. On est également soutenu par Les Poly’Sons, le festival de Montbrison, et j’ai autour de moi deux musiciens et amis (Clément Faure et David Marduel) avec qui je travaille depuis longtemps. Quand on travaille les chansons, j’arrive avec les guitares/voix et on travaille ensuite ensemble, ainsi qu’avec Stéphane Piot pour les phases de studios. On fait des pré-productions, mais on travaille aussi beaucoup en studio où il se passe aussi toujours quelque chose de spécial, d’inattendu. Les musiciens sont donc partie prenante des arrangements et sur le nouvel EP j’ai même confié une partie de la réalisation à mon guitariste, Clément Faure.

Hexagone : Mais pourquoi faire un EP alors que tu as déjà un premier album ?
Pierrick : La raison principale est le virage musical que je suis en train de prendre et j’avais besoin d’en faire la photographie pour m’en imprégner et dévoiler cette autre facette de ma personnalité artistique. Le style de l’album précédent était plutôt pop/swing. Le nouvel EP est résolument pop, tout simplement parce que j’ai changé, que mes envies ont changé, que j’ai changé de guitare, que j’ai changé ma façon de travailler et écouté d’autres musiques : Boogaerts, JP Nataf, De La Simone et plus globalement tout le label Tôt ou tard. J’ai réécouté beaucoup Tété et de la chanson anglophone, des années 70 à aujourd’hui. Et puis, là où avant j’écrivais d’abord le texte, maintenant il m’arrive aussi de commencer par la musique.

Hexagone : Il y a déjà des concerts qui sont prévus pour la suite ?
Pierrick : On a déjà une dizaine de dates jusqu’à mi juillet et on retourne en studio cet été parce qu’on a une furieuse envie d’enregistrer d’autres chansons pour un nouvel EP, qu’on aimerait sortir en 2017.


Escale au Québec avec Marcie et Philippe Brach

Avec Fred, on est parti en expédition aux Trois Baudets. Direction le Québec, vol direct sans escale Paris-Montréal. Lui chargé comme une mule avec son matos photo sur les deux épaules et moi légère comme une plume avec seulement mon carnet de notes et mon stylo. Les artistes ont pensé à nous, ils nous ont évité de braver le froid et sont directement venus à nous. Dans la salle, le climat était chaleureux entre la douce voix de Marcie et la bonne humeur de Philippe Brach. Avec eux deux comme guides touristiques, c’est un sacré voyage qu’on a fait.

Photo Frédéric Petit
Photo Frédéric Petit

Marcie incarne une sorte de douce mélancolique, elle parle d’amour avec noirceur. Quand d’autres supplient l’être aimé pour qu’il les récupère, elle lui demande de la faire pleurer « Une fois pour toutes qu’on en finisse, que je laisse tomber, sans remords, sans le moindre doute, abandonner. » Elle envisage les ruptures plutôt que les rencontres. Ses cheveux coupés à la garçonne renvoient la force de caractère qu’elle met dans ses chansons. Elle valse entre force et fragilité. Elle tente de nous mettre en garde contre les sirènes, mais l’unique sirène qu’il y a aux Trois Baudets ce soir ; c’est elle. Ses histoires sont « belles à pleurer », il est difficile de résister à sentir son cœur chavirer surtout quand elle nous charme sur un air de tango.

Les influences françaises sont indéniables chez Marcie. Il y a dans sa voix, quelque chose qui nous rappelle un autre temps entre Barbara et Françoise Hardy. Elle va même jusqu’à nous chanter la comptine Malbrough s’en va en guerre reprise en chœur par la salle, lui donnant une dimension sensible. Son chant y est presque religieux lorsqu’elle se lance a capella. Mais ce qu’on aime surtout ; c’est quand elle nous amène sur la côte nord du Québec, et nous raconte ce Montréal en cendres à cause d’elle, sur un charmant air de guitare tout en intimité.

Photo Frédéric Petit
Photo Frédéric Petit

Philippe Brach, je l’avais découvert avec son titre Dans ma tête, issu de son premier album La foire et l’ordre. Il racontait : « On est ben, dans ma tête, On est une gang à se partager la fête, On est ben, dans ma tête, Tout le monde se parle, personne s’écoute » assis sur un tracteur, au milieu d’une nature sauvage et de pneus. Vous voyez le topo ? Complètement barjot le mec, alors j’ai voulu vérifier ça par moi-même.

Dès qu’il est entré sur scène, il n’y a plus eu un seul doute : il est taré ! Mais « osti », ce qu’on aime ça ! Son costume de scène ? Un kimono rouge – qui entre nous, ressemble davantage à une robe de chambre. En guise d’intro, il s’échauffe la voix sur une reprise, faisant quelque chose comme « only you » tout en s’énervant sur le pad. Puis tout d’un coup, sans prévenir, il envoie les baguettes valdinguer. Dès qu’il ouvre la bouche pour nous dire allo, il plie la salle en deux et pas seulement à cause de son accent. Voilà bien la première fois qu’un artiste nous dira « ne jugez pas à ce que vous voyez ni à ce que vous entendez ». Il nous raconte ses titres avec un humour noir et pince-sans-rire, nous donnant parfois une autre vision de ses paroles. Un titre romantique comme Nos bleus désirs ? Il casse immédiatement cette image en parlant sodomie. Il a un franc-parler, n’hésite pas à parler crûment et toujours dans le speed. Il pousse même le vice jusqu’à lancer « Wah, c’est poli à Paris. On m’a dit que c’était chiant ». Il se moque gentiment, nous taquine et joue avec nous. On se croirait à un one man show, avec le talent de chanteur en plus, et quel talent !

Photo Frédéric Petit
Photo Frédéric Petit

Si, entre ses titres, on rit, le reste du temps, il nous met quand même une bonne claque dans la tronche. Quand il pousse la chansonnette, sa voix est haute et puissante. Tantôt rauque, tantôt elle s’amuse à chatouiller les aigus. Rajoutez à cela des textes bruts et sincères, une instrumentation entre folk et rock parfois country, vous avez le topo de ce à quoi ça peut ressembler. Philippe Brach c’est avant tout un raconteur d’histoire. Il parle d’amour, mais pas sous ses beaux jours comme celle qu’on vit dans la maladie, L’amour au temps du cancer. On a tous/toutes connu une Crystel, celle qui a l’art de se pointer quand on s’y attendait plus, se fichant pas mal de foutre notre cœur en vrac.

Alice est probablement la chanson la plus émouvante quand il nous en explique le sens. Pour une fois pas de blague, juste ces mots : « Alice, c’est la petite fille que je n’ai plus. J’ai écrit cette chanson pour me déculpabiliser. » Alors forcément quand il se projette dans une réalité qui n’aura jamais vu le jour, il est difficile de rester insensible à ce dernier couplet : « J’suis pas en train de me justifier / Mais si l’envie te reprend / Reviens cogner pis on prendra notre temps / Désolé si j’ai fucké tes plans ».

Il a terminé sur D’amour, de booze, de pot pis de topes. L’heure d’aller dormir ? Ce serait beaucoup trop sage pour Philippe Brach que de nous quitter sur un titre tout en douceur. Il fait péter le gros son, bien rock. Les lumières rouge et blanches clignotent et nous plongent immédiatement dans l’ambiance, tandis qu’il se déhanche au milieu de la scène et hurle sa frustration de passer une semaine sans boire ni fumer. Le set fut court : huit morceaux – en comprenant l’intro – c’est pas déconnant non plus, mais il faut dire que le temps passe vite en sa compagnie.

Un grand merci à ces deux artistes qui sont venus à nous dans le cadre du festival Les déferlantes nous amenant un petit bout de chez eux et beaucoup d’eux-mêmes.


Stéphane Balmino, live is life !

Stéphane Balmino est de retour. Cela faisait 7 ans qu’il était dans un silence discographique. Mais sur scène, il a toujours été présent. Souvent comme rocker avec son groupe Broc. Chanteur aussi, parfois, quand ses amis l’enrôlaient pour une carte blanche comme tout récemment Jeanne Garraud. Quelle belle surprise donc de découvrir son nom sur la programmation de la salle Léo Ferré à Lyon pour 3 soirées d’enregistrement en public d’un nouvel album. Je suis donc allé lui demander ce qu’il faisait pendant toutes ces années d’un silence relatif et nous avons parlé théâtre, financement participatif, album live et de son rapport à la scène. Nous avons pris rendez-vous pour parler des chansons de cet album quand il sortira à l’automne prochain.

IMG_7047Hexagone : Quand je vois les albums de Frédéric Bobin, je vois chaque fois le nom de Bobin. Quand je cherche Balmino, je vois d’abord Khaban’, puis Balmino, puis Broc puis à nouveau Balmino. Comment expliques-tu ce parcours sinueux ?
Stéphane : C’est un parcours au gré et au bonheur des rencontres. J’ai toujours eu au fond de moi l’ idéal de ces groupes qui commençaient à faire de la musique ensemble au lycée avec trois accords et qui grandissaient et évoluaient ensemble tant humainement que musicalement. Mon premier groupe, Khaban’, est né de cette envie et de cet idéal-là qu’on avait tous je pense. Khaban’ c’était la collision d’un auteur compositeur interprète autodidacte venant résolument du rock avec trois musiciens plutôt issus du Jazz. C’est ce qui a fait la couleur si particulière de ce projet. Quand Khaban’ s’est terminé j’ai enregistré dans la foulée une démo de 7 titres avec Staguef Augagneur, guitariste avec lequel j’ai tourné ensuite pendant 2-3 ans en formule acoustique avant de monter avec lui et 2 autres vieux rockers lyonnais le projet Broc, fantôme Rock’n’roll qui me hantait depuis longtemps.

Hexagone : Et aujourd’hui ?
Stéphane : Aujourd’hui, à 42 ans, je pense avoir digéré les nombreuses influences ayant jalonné mon parcours ainsi que les diverses rencontres et expériences de groupe pour pouvoir enfin donner naissance à mon premier véritable projet solo, dans la toute plénitude des paysages musicaux qui peuplent mon conscient autant que mon inconscient.

IMG_7048Hexagone : Et pourquoi choisir dans ces conditions de faire un album live ?
Stéphane : Je pense sincèrement que le studio et la scène sont 2 disciplines foncièrement différentes et je suis définitivement plus à l’aise dans l’expression de ma musique en live. J’ai toujours eu du mal à exprimer de réelles émotions en studio, ou tout du moins, à la réécoute de mes différents albums, je retrouve cette frustration-là. Et puis il y a l’énergie du live qui est pour moi la manière la plus naturelle de partager mes chansons avec le public.

Hexagone : Cet album est entièrement autoproduit et autofinancé ?
Stéphane : Pour nous aider dans la réalisation de ce beau projet, nous avons lancé un financement participatif qui se prolonge jusqu’au 31 mars et qui avance bien.

Hexagone : Comment en es-tu arrivé à te lancer dans le théâtre et à jouer dans Mon traître, un livre magnifique de Sorj Chalandon adapté et mis en scène par Emmanuel Meirieu ?
Stéphane : J’ai rencontré Emmanuel Meirieu il y a 5 ans et je travaille avec lui depuis cette date. Mon traître est le 3ème spectacle qu’on fait ensemble. La rencontre avec Emmanuel a été forte tant sur le plan professionnel que sur le plan humain. Il a commencé uniquement par me faire chanter puis petit à petit m’a amené au texte en intégrant aux parties chantées de vrais moments de jeu. De fil en aiguille je me suis vraiment laissé prendre et je ne le remercierais jamais assez de m’avoir piégé de la sorte !


Stéphane est présent sur Bandcamp

Enregistrement live à la salle Léo Ferré de Lyon du 24 au 26 mars à 20h30, 15€, Réservation auprès de Franck

http://www.mjcduvieuxlyon.com/evenements/balmino/


 

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