Alice : Les châteaux faibles

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Amateurs de décalage, ne pas s’abstenir : derrière l’épais jeu de mots du titre de ce deuxième opus se cache beaucoup d’humour — et de pudeur. Peut-on détruire avec des fleurs ? Comment aimer les gens ? Comment c’était quand il y avait des oiseaux ? Ces trois Suissesses ont l’art d’exprimer l’étrangeté humaine avec trois fois rien (Sainte Lucie n’est pas loin !) : quelques questions, deux accords plaqués au synthé et leurs voix mêlées en prenantes polyphonies, reprenant les codes de la chanson trad… ou d’autres codes, comme cette reprise de The Roches. Dans leurs tonalités naïves, ces vingt morceaux sont engagés, cruels, touchants. Parfois le morceau tombe à L’eau (sans citron), tourne au vinaigre (Le restaurant)… le plus souvent il tombe juste. Pour parler du patriarcat ? Une simple syllabe suffit (Les hommes). D’autres fois on ne sait de quoi elles parlent (Il y a du rouge) — c’est bien là tout l’intérêt : ces songes qui naissent en nous.

Agnès André

Alice – Les châteaux faibles – Bongo Joe


Retrouvez cette chronique dans le numéro 37 de la revue.

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