Ludéal – L’aurore

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La sortie d’un album de Ludéal est toujours à regarder comme un événement important : le ravissement ne manque jamais d’être au rendez-vous. Voilà près de quinze ans que cet infatigable facteur de l’ombre œuvre à redonner de l’éclat à cette noble vieille dame qu’est la chanson. Après un premier album homonyme (2008), Allez l’amour (2010), Paon d’or (2014) et Pluton (2016), L’aurore est le cinquième essai transformé de cet artiste aussi discret que doué, parmi les plus inspirés de la scène actuelle. Grand admirateur de l’album Fantaisie militaire d’Alain Bashung qui lui a montré la voie et a libéré en lui la parole chantée, Ludéal installe ici – à l’instar de son précepteur idéal – autant de climats que l’album compte de tableaux. Huit précisément, dans lesquels il donne la mesure d’une œuvre qui puise ses racines autant dans les énergies contagieuses écoutées jadis (Pink Floyd, Supertramp) que dans les pièces classiques dont il se délecte aujourd’hui (Rameau, Gabriel Fauré).

Tout L’aurore (réalisé par Yann Arnaud) confine au raffinement, depuis les touchantes Rivières, chanson écrite pour ses enfants, jusqu’à Nos limites en duo avec Katel, en passant par la formidable Chute libre qui questionne sans parvenir à résoudre l’éternelle équation : « Comment s’embrasser en plein vol / Si quand tu t’élèves moi je dégringole ? » Du grand Ludéal.

David Desreumaux


    • auto production – 2020
    • Chronique parue dans le numéro 15 de la revue Hexagone.

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