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Vian par Debout sur le zinc

Boris Vian, disparu il y a soixante ans et entré depuis dans La Pléiade, représente bien cette époque de l’après-guerre, ce désir de renaissance et d’appétit de la vie qui traversait une partie de la jeunesse d’alors.

Pour les six musiciens de Debout sur le Zinc, tout part d’une rencontre avec Françoise Canetti, la fille de Jacques Canetti, producteur et directeur artistique de toute une génération de chanteuses et de chanteurs dans les années cinquante, et qui propulsa Vian sur la scène des Trois Baudets.  L’occasion pour les artistes de se mettre un peu en retrait au niveau créatif afin de servir l’œuvre du grand Boris et de l’enrichir. Ils s’étaient déjà frottés à l’univers du musicien en 2011 avec la création d’un spectacle jeune public autour de son Abécédaire musical.

Ces dernières années, le groupe a d’abord créé un spectacle, l’a rodé devant le public exigeant et sans concession d’Avignon, avant de songer à l’enregistrement d’un disque. Un choix audacieux de quinze chansons, parmi les cinq cents de l’écrivain recensées à ce jour. Le déserteur et J’suis snob sont là, évidemment, mais aussi d’autres beaucoup moins célèbres et cinq inédites, mises en musique par les membres du groupe. Dans cet exercice, les contraintes sont multiples : le langage de Vian appartient à une certaine époque, certains mots ne sont plus employés et sa musique, quant à elle, demeure élémentaire dans un souci d’efficacité. Mais Debout sur le Zinc s’en tire avec brio, sous l’œil certainement bienveillant de Jacques Canetti.

Philippe Kapp


  • Debout sur le zinc
  • Vian par Debout sur le zinc
  • Productions Jacques Canetti – 2019
  • Chronique parue dans le numéro 13 de la revue Hexagone.

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