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DBK Project – 480

Un nom et un titre cryptiques, une démarche assumée, doublée d’un avertissement en guise d’introduction : nous sommes bel et bien en présence d’un concept-album, comme au temps des foisonnantes et inventives années soixante-dix. L’histoire contée et chantée en douze tableaux d’une utopie futuriste en mode dystopie, avec pour guide le personnage féminin 480 (c’est son nom), qui tente de survivre dans un monde à la 1984. Après deux EP en guise d’esquisses en 2016 et 2017, le groupe toulousain DBK Project s’est lancé dans son grand œuvre. L’enchaînement des narrations – interprétées par l’impeccable Mélanie Briand – et des morceaux est remarquable de fluidité et permet une immersion totale dès le premier titre. On est happé comme dans un film, incapable de décrocher avant l’épilogue et la touche finale Color of the rain. Car oui, les textes, chantés à plusieurs voix, oscillent entre Shakespeare et Molière (avec un net avantage à William). Mais compte tenu de l’universalité du propos, l’emploi de l’anglais reste tout à fait légitime. Il en est de même des musiques d’inspiration anglo-saxonne qui l’accompagnent. Du funk d’Avant la tempête au classique Behind the wall, en passant par les groovy Run away et Draw me something, les rythmiques collent à merveille. Le hip-hop s’invite même dans Sing a song, et Violent girl doit autant au disco qu’à Pink Floyd. Un éclectisme qui contribue pour beaucoup à la réussite de ce projet hors norme, assurément un des albums phares de cette année 2019.

Mad


  • DBK Project
  • 480
  • MAD – 2019
  • Chronique parue dans le numéro 13 de la revue Hexagone.

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