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Pauline Dupuy : Contrebrassens & Co.

Au festival d’Avignon en 2015, Hexagone a découvert Contrebrassens : les textes de Brassens, la voix de Pauline Dupuy et sa contrebasse. Après un joli parcours, Contrebrassens est revenu à Avignon durant l’été 2019, à nouveau en solo. Une belle occasion de faire le point sur ces quatre années et sur le futur proche.

Pauline, pourquoi refaire le festival d’Avignon, quatre ans après et à nouveau en solo ?
Pauline Dupuy : Je ne voulais pas le refaire. Je ne voulais plus tourner le spectacle en solo et je n’ai pas le budget de jouer à Avignon le spectacle actuel en duo ou en quartet. Cela fait deux ans que le théâtre des Lila’s me sollicite pour venir. J’ai dit non une année et puis ils sont revenus me chercher. En plus ils me proposaient de m’accueillir comme compagnie coup de coeur. C’est à dire avec un logement au-dessus du théâtre, sans devoir se trimballer la contrebasse : c’est un grand avantage financier et pratique. Alors venir dans un petit théâtre de quarante quarante-cinq places, avec des gens très sympas, sans être dans le flot d’Avignon, pourquoi pas ? D’autant plus que le spectacle a désormais assez tourné en duo ou en quartet pour que je puisse reprendre le solo. Cela permet aussi de continuer le chemin, d’avoir la visibilité que procure Avignon sans prendre trop de risques financiers, ni trop de pression.

Quelle évolution le spectacle a-t-il connu en quatre ans ? 
Pauline : Je propose le même spectacle avec trois chansons nouvelles qui ont vu le jour avec le duo ou le quartet : Le père Noël et la petite fille, Putain de toi – deux titres qui, comme ceux choisis initialement, évoquent la femme – et Mourir pour des idées que je fais en rappel. Dans le retour de ceux qui me suivent depuis longtemps, ce qui a évolué c’est l’ancrage, une plus grande maîtrise de la scène, et le rapport avec le public, moins solennel qu’il y a quatre ans.

Contrebrassens
©David Desreumaux – Reproduction & utilisation interdites sans autorisation de l’auteur

Peux-tu faire un bilan provisoire ?
Pauline : C’est un bilan très positif.  Le spectacle affiche complet tout le temps, à part trois jours dont les deux premières où nous étions entre vingt-cinq et trente personnes. Je suis contente de retrouver l’essence du spectacle en solo : la vibration de la contrebrasse et de ma voix, et le plaisir de sentir comme cela respire ensemble, à l’unisson. Cette année aussi, je profite vraiment du festival, je vais voir des spectacles, je rencontre du monde.

Si tu devais résumer les quatre ans passés à quelques événements marquants quels seraient-ils ?
Pauline : Je dirais l’album avec de superbes retours, avec la belle tournée qui a suivi et pas mal de disques vendus. Bien sûr les spectacles : L’improbable duo avec Michael Wookey et le quartet avec lui et Art Deko un duo de cuivres bugle et trombone. Mais également les scènes chanson comme notamment Barjac. Du point de vue artistique, jouer à Barjac est hyper inspirant : de la scène tu vois les étoiles, un arbre, la lune qui se lève, c’est fort. D’un point de vue plus personnel, je citerais comme évènement le retour en France car j’ai quitté Berlin où je vivais.

Et tes projets pour demain ?
Pauline :  D’abord l’envie de développer le spectacle en quartet, et je vais sortir un EP enregistré en public pour donner une idée de ce qui se passe sur scène. Et puis j’ai un projet personnel, Cybèle Le Buis, pour lequel je compose et je fais les arrangements sur des textes écrits par un ami auteur. Ce sont des textes que j’ai choisis, que je me suis vraiment approprié. Sur quinze chansons, je vais sortir un EP quatre titres, que je veux défendre. Cela traduit l’envie de faire autre chose que Contrebrassens, de travailler avec d’autres musiciens, d’avoir d’autres collaborations. J’ai un peu peur de vieillir avec Contrebrassens.


Photos : Contrebrassens avec Michael Wookey au Forum Léo Ferré (94), le 2 février 2017


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mick.hexagone@gmail.com

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