HomeReportagesRetour en 1983 avec Agathe (Regrets), Cléa Vincent et ses invités

Retour en 1983 avec Agathe (Regrets), Cléa Vincent et ses invités

Photo Déborah Galopin

Photo Déborah Galopin

Ce Jeudi 14 janvier, nous avons fait un bond dans le passé. Nostalgique d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ? Morose ? Hâte que la semaine se termine ? Ou une envie dévorante de faire la fête ? Si tu ressens tout cela à la fois, c’était aux Trois Baudets qu’il fallait te rendre. Cléa Vincent s’est occupée de tout, tu n’avais qu’à t’asseoir dans le fauteuil de ton choix et à te laisser guider. Personnellement, c’est ce que j’ai fait.

C’est la troisième fois que Cléa Vincent organise une soirée autour d’une année donnée. Cette fois, c’est 1983, en partie grâce à l’invitée d’honneur : Agathe, du groupe Regrets. Cléa est arrivée toute pimpante sur scène, fière de nous présenter cette dame qui a marqué sa discographie. Cette fierté on la comprend. D’abord quand on sait que cette chanteuse n’est pas montée sur les planches depuis vingt-cinq ans et plus encore lorsqu’on rencontre le personnage. « Ca fait longtemps qu’on ne s’est pas vu » nous dit-elle, comme si nous avions été présents lors de sa dernière représentation. Qu’importe les cheveux blancs qu’elle a pris entre temps, elle brille de la tête au pied, entre sa jupe à sequins et son haut à paillettes. D’abord accompagnée d’un guitariste, elle entame un premier morceau. Elle semble avoir le trac, le même que celui d’une jeune fille faisant ses débuts. Agathe use de son humour pour l’évacuer. Une émotion particulière traverse la salle qui est comble, riant de bon cœur. Elle n’a pas perdu sa voix fluette, bien qu’elle exagère les descentes dans les graves. Agathe semble soulagée lorsque Cléa, Kim, Victorine et Guillaume la rejoignent sur scène pour « une version 2016 » de ses tubes. « Ils suivent bien, parce que moi je fais n’importe quoi ! » plaisante-t-elle de nouveau.

Photo Déborah Galopin

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Le set ne dure que le temps de quatre ou cinq titres dont « tout le monde s’amuse ». C’est court mais lorsqu’on sait ce qui nous attend nous nous consolons vite. Agathe termine sur son titre phare, reprit en chœur par la salle. « Je ne veux pas rentrer / Je veux pas rentrer chez moi / Je veux pas rentrer chez moi seule.» Dans le public, un groupement de personnes au look tout droit sorti d’un de ses clips, se déhanchent, ajoutant un peu de folklore au cadre. On regrette presque que la salle entière n’en fasse pas autant. Toujours est-il que la sauce prend bien. Nous sommes chauds, prêt à accueillir les quatorze autres invités pour la seconde partie.

Ce sont des artistes de la nouvelle scène Française qui ont accepté de reprendre des anciens titres. Enfin presque ! Joyce Giani a été la première à s’élancer sur la scène, pour interpréter son propre titre « Miaou Miaou », chanson mignonette au sous-entendu. A la fin de chaque morceau, Cléa Vincent annonce le suivant.

C’est au tour de Marius alias Ashtray pour une version de Girls juste want to have Fun. Le public entier s’en amuse : le nominé est absent, nous offrant une version instrumentale du titre de Cindy Lauper. Le public se retourne, entre voisins on se regarde l’air amusé. Les musiciens assurent le show pendant qu’en coulisse, les éclats de rire fussent. L’inquiétude est loin, l’ambiance est détendue. L’erreur est rattrapée après que Simone Ringer, chanteuse du groupe Minuit nous a offert sa très belle version de David Bowie Modern Love, tout en puissance. Ashtray fait finalement son apparition. Sa voix diffère du style de la chanson, un peu brisée donnant une dimension autre à ce texte festif.

Photo Déborah Galopin

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Si cette soirée n’a pas été uniquement consacrée à la chanson française, elle n’a pas été mise de côté pour autant. Mise au point donne lieu à un beau duo. Lockhart a poussé l’aspect parlé des couplets pour se rapprocher du rap. Le contraste est intéressant avec la voix de Lise à la tessiture haute lorsqu’elle entame « Juste une mise au point / Sur les plus belles images de ma vie / Sur les clichés trop pâles d’une love-story / Sur les état-d’âme d’une femme sans alibi. » Les deux s’harmonisent dans un dernier refrain, accompagné d’un saxophone qui apporte cette touche jazzy-romantique. Une autre chanson sentimentale écrite par Gainsbourg a été interprétée non pas par Jane Birkin mais Robi, Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve. Robi qui habituellement chante « On ne meurt plus d’amour », donne ici une bonne explication avec cette chanson, anticipant le basculement de ce sentiment fuyant et imprévisible. Les deux mains sur le micro, elle s’efforce à communiquer la même sensibilité que Jane. Elle ne lui vole pas la vedette, mais ça fait quand même un petit quelque chose.

LenParrot fête ce jour, son 27ème anniversaire. Age de la mort de beaucoup d’artistes, souligne Cléa, de quoi se sentir bien. Il est remarquable sur Une seule journée passée sans elle qui prend son rôle de Michel Jonasz à cœur. Ce grand blond en impose, hurlant la douleur « Une seule journée passée sans elle / Est une souffrance / Et mon cœur pendu au bout d’une ficelle / Se balance. » C’est certainement la bonne surprise de cette soirée. Cette interprétation me rend curieuse d’en entendre davantage de la part de cet artiste.

Fishbach semble prédestinée à chanter Poisson dans la cage de Daniel Balavoine de par son nom. Cette femme a la voix grave transforme le ton de la chanson, moins joyeux mais dynamique. D’autres titres s’enchainent, dont un duo avec Pirouettes, Laurent Saligault s’attaque à du flashdance, la candide Pomme interprètre Even the strong get lonely de Tammy Wynett contrastant avec le sexy que dégage Carmen Maria Vega sur Sweet Dreams.

Photo Déborah Galopin

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Entre temps, Batist vient nous décrasser les tympans au cas où l’on se serait entre temps endormis. Ça avait peu de chance d’arriver vu les bonnes choses qu’on a entendues, mais sait-on jamais. « C’est pas vraiment une chanson d’amour, ça pique un peu les oreilles » nous prévient-il. Il nous livre une très belle performance de Seak and Destroy de Metallica à la guitare. Un jeu nerveux et précis, précis et gras comme il faut.

Un autre moment fort de ce concert : le retour en enfance que nous font vivre Victorine et Guillaumette Foucard avec le générique d’Ulysse 31. Combinaison argentée moulante, lasers et pistolets sont de rigueurs. Victorine pousse même le vice jusqu’à inviter deux personnes du public pour un combat épique de sabre laser digne du dernier Star Wars. On en redemande: « Ulysse revient, Ulysse revient », chantons-nous en cœur. Quiconque aurait ouvert la porte à ce moment précis, sans être au préalable prévenu de la programmation, aurait pris peur. La réaction la plus saine aurait été de fuir la salle. Mais pour nous qui sommes téléportés quelques années en arrière, tout va bien. On s’amuse et n’avons pas peur du ridicule.

Photo Déborah Galopin

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Cléa Vincent apporte un peu de légèreté avec La reine des pommes de Lio. Une chanson qui correspond à merveille à son style un peu naïf mais joyeux. Cet esprit rétro lui colle à la peau, elle se l’approprie tout en écartant le côté vieillot.

Malgré la disparition de David Bowie, il est encore parmi nous. Le set se termine avec Let’s Dance dirigé par deux femmes sexy Carmen Maria Vega et bien évidemment Cléa Vincent. Touchés par cet hommage, nous ne pouvons que nous lever et témoigner la joie immense que ces quatorze artistes viennent de nous communiquer. Un dernier miaou miaou en rappel pour nous dire au revoir, même si sincèrement nous n’en avons aucune envie.

Cette soirée fut un beau tour d’horizon sur cette année, avec des genres différents. Du métal au dessin animé en passant par la pop, le rock et la variété Française. Il y en aura vraiment eu pour tous les goûts, avec du beau monde. Si certains pensaient avoir pris une ou deux rides, la musique nous rajeunit et égaie l’humeur. Merci Cléa, merci pour cette réunion de joyeux lurons. On n’oubliera pas de revenir en 2017 pour pousser encore la chansonnette des grands classiques.

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deborah-galopin@live.fr

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