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Le Jules Box, courroie de transmission populaire

Le Jules Box, courroie de transmission populaire

Ce mardi 12 mars 2019, Jules donnait sa seconde représentation du Jules Box aux Trois Baudets. La série entamée la semaine dernière va se poursuivre tous les mardis suivants jusqu’au 9 avril.

© David Desreumaux – Reproduction interdite

Nous étions hier soir dans cette salle des Trois Baudets, chauffée à blanc, remplie à ras bord. Pas mal d’afficionados étaient venus avec la banderole aux couleurs de l’équipe de leur choix : les bleus ou les rouges.

Qu’est-ce que le Jules Box ? Nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement plus en longueur mais disons, pour faire court, que nous avons là une manière de spectacle interactif qui se fait avec le public. Un spectacle populaire qui soumet, sous forme de jeu, notre patrimoine de la chanson à deux équipes (les rouges et les bleus donc…) emmenées par des capitaines d’équipes choisis au hasard dans la salle, en début de spectacle, et qui vont s’opposer, face à face, douillettement installés dans de blancs chesterfields.

Chaque représentation du Jules Box est unique. Du fait du changement des capitaines d’équipe, certes, mais aussi parce que le jeu consiste à remporter des points en répondant correctement aux questions thématiques proposées en direct. Les équipes choisissent leurs thèmes parmi les propositions de deux arbitres qui interviennent en off entre les morceaux. Si bien que Jules et ses musiciens ne savent pas avant de monter sur scène quelles chansons ils vont jouer précisément. Jules annonçait hier qu’ils avaient plus d’une centaine de morceaux à leur répertoire. Dans la musette. Au final, c’est une quinzaine de titres par soirée qui sont interprétés, en « mashup », c’est à dire en mixant les parties musicales de standards anglo-saxons aux textes d’autres classiques en français dans le texte, car cette émission en direct est à voir également comme un hommage à la langue française.

© David Desreumaux – Reproduction interdite

Jules a toujours affirmé son goût pour la chanson de variété et ce spectacle – qui est une véritable belle et grande réussite – met cet art populaire à l’honneur, en vecteur d’une transmission des cinquante dernières années du répertoire francophone. Ainsi Jules de chanter aussi bien Marc Lavoine, Michel Berger, Joe Dassin, Bernard Lavilliers que Georges Brassens. Et Jil Caplan, sur scène en tant que marraine de cette soirée qui a notamment interprété en duo avec Jules Tout c’ qui nous sépare.

On peut voir plusieurs raisons à ce succès  légitime qui nous réjouit. La première de ces raisons, c’est que contrairement aux idées reçues, « les gens » (entendons, le public toutes générations confondues) aiment les chansons, aiment chanter et la chanson n’est pas l’art ringard que quelques influents prétentieux voudraient nous faire accroire. Puis bien sûr, parlons de Jules. Ce garçon qui a tout pour lui. Bonne gueule, bonne humeur permanente, la sympathie sans confession. Un type dont le plaisir, le goût du partage et la sincérité dans l’exercice se lisent sur le visage. Sur scène, en parfait meneur de troupes, il s’amuse, amuse et fait lever la salle entière. Ca joue bien, ça joue parfois fort et rythmé, on rit beaucoup, on s’émeut aussi (un très beau moment poétique sur En cloque de Renaud durant lequel le peintre Rénald Zapata fait peindre le visage de Renaud par une marionnette), le public danse, hurle les réponses aux questions à leur capitaine d’équipe. C’est la nouba, rien n’est préfabriqué, rien n’est sale comme dans une émission à la télé, on est juste heureux d’être là, « en vrai », au milieu d’anonymes qui montrent que Paris la nuit c’est pas fini, que Paris a encore le coeur à la fête. Le mardi soir.

Ci-dessous, une galerie de photos de cette représentation du 12 mars 2019


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hexagone.lemag@gmail.com

Comments
  • Un miracle est arrivé: on voit ce qui se passe sur scène aux Trois baudets, soit l’éclairagiste psychopathe a été viré, soit David Desreumaux est le plus grand génie de la photo depuis Rembrandt, qui excellait dans les clair -obscurs..

    13 mars 2019
  • Cette photo est le résultat de deux savoir-faire : Celle de David à l’objectif et de Cyrille « Chonchon » Raach qui nous met en lumière ! Scénographie crée uniquement pour les Trois Baudets.

    13 mars 2019

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