HomeActuDavid Sire à Toulouse et alentours : à ne pas rater !

David Sire à Toulouse et alentours : à ne pas rater !

David Sire à Toulouse et alentours : à ne pas rater !

Souvent, je te parle ici d’artistes en émergence, toulousains ou pas, mais là il s’agit d’un artiste au sommet de sa créativité qui vient chanter à Toulouse, Lavaur et Lautrec du 20 au 22 octobre. Un superbe spectacle atypique et étonnant, à ne pas rater.

© David Desreumaux

David Sire a commencé à chanter sur scène avec son groupe Drôle de Sire… au siècle dernier (et a publié deux albums). Puis il sort un disque jeune public (C’est de famille). Ensuite en solo, il réalise une tournée (à bicyclette !) de Paris à Sète au printemps 2008. puis au printemps suivant avec une nouvelle transhumance sur le trajet Strasbourg-Ouessant. Je l’ai découvert plus tard sur la scène du Printival au cours d’une soirée « Hommage à Boby Lapointe» sur 3 titres. Impressionné, j’ai acheté l’album du moment Bidule & l’horizon qui m’a enthousiasmé. Après deux autres albums, en 2016  Je est un nous reçoit un coup de cœur de l’académie Charles-Cros. Lors de la remise des prix, il chante un titre et s’accompagne avec des percussions corporelles. Mon voisin de fauteuil, directeur d’un festival me dit « Je découvre, tu le connais ?» Et Sire se retrouve cette année à l’affiche de ce festival. C’est vrai que cet artiste a cette faculté de séduire et d’enthousiasmer en quelques titres en donnant envie d’en voir plus. En novembre dernier, il participe aux auditions de Chantons sous les toits, organisation de Chansons en appartement principalement dans le département du Tarn. Il présente trois chansons et est choisi pour effectuer en 2017 une douzaine de dates chez des particuliers. En une année j’ai vu trois fois son concert, en fait un véritable spectacle : Avec. Voici mes notes : « C’est étonnant, tendre, musical, subtil, visuel, drôle, frais, émouvant, profond, parfois déjanté et surtout débordant d’humanité. Avec une énergie folle presque équivalente à sa générosité et à son talent, David Sire propose une performance bourrée de poésie, d’idées, d’humour et voire de «Bidulosophie» (pour ne pas citer le mot philosophie), pour une belle promotion du partage et de la vie qui vaut le coup. Un spectacle inclassable avec des ballons, des pompes à vélo, des danses, des guitares, des percussions corporelles et une belle interactivité avec le public. En duo avec son comparse et excellent guitariste Fred Bouchain nommé Cerf Badin – eh oui en plus, Sire est un spécialiste de l’anagramme. » Mais laissons-le parler de son spectacle et de sa tournée actuelle.


© David Desreumaux

Hexagone : Ton concert est un véritable spectacle, inventif et protéiforme. Que peux-tu nous en dire ?
David Sire : C’est un spectacle sur le lien. Il ne s’appelle pas Avec pour rien. Le ferment de ce spectacle, c’est la poésie, qu’elle soit textuelle, visuelle, musicale ou dans la relation avec le public. C’est un spectacle de « bidulosophie », une philosophie joyeuse, très humaine, très abordable mais qui n’exclut pas les questions complexes auxquelles nous sommes tous confrontés. Cette proposition, libre et affranchie, un peu indéfinissable, m’apparaît comme un grand banquet d’émotions et de poésie. Un banquet à partager. Ce spectacle est un peu comme une clairière de l’enfance, on y retrouve la liberté de quand on est gamin en y venant avec nos vies d’adulte et nos cicatrices.

Hexagone : Avec trois concerts sur un week-end, tu es train de finir ta tournée « Chantons sous les toits 2017 » :  12 concerts en six venues. Quel bilan peux-tu en faire ?
David : Quand on a créé le spectacle en septembre 2016, les programmations de la saison étaient bouclées. On n’avait pas l’opportunité de jouer, de le rôder. Et la fenêtre des auditions « Chantons sous les toits » s’est ouverte. La douzaine de dates, environ un tiers de nos concerts cette année, a permis d’aller expérimenter le spectacle sur le terrain, dans des conditions qui ne trichent pas – un dispositif scénique minimaliste et une salle symbolique – ; tu es chez les gens, tu ne peux pas te planquer. On a pu vérifier que le spectacle répondait présent. Et la très grande proximité nous a permis d’aller chercher encore plus de précision, de liant et de lien dans le rapport au public. C’était génial. Comment une chanson, une fois écrite et composée, se partage avec le public, c’est une question que l’on peut explorer, peut être beaucoup plus dans cette intimité que lors d’une résidence devant une salle vide. Bien sûr le spectacle est écrit mais sans le lien, les interactions avec le public, Avec n’existerait pas. Et cela a permis d’aiguiser, d’affiner cette relation avec le public.

© David Desreumaux

Hexagone : Souvent, le concert est centré sur le nouvel album avec quelques anciennes chansons autour. Celui-ci pioche dans tes trois derniers albums et même dans ton spectacle pour enfants, il parle aussi des « cercles bidules ». Il semble un aboutissement de ton parcours. 
David : Oui, il contient même un titre de la période Drôle de Sire. Ce spectacle est une synthèse du travail d’une vingtaine d’années, le résultat de pas mal de cheminement. Et tu te retrouves enfin à avoir pondu un spectacle dont tu te dis : ça, c’est moi ! ; voilà ce que j’étais en train de malaxer depuis des années. Y arriver donne une grande joie et une grande énergie dans le travail.

Hexagone : On sent une grande complicité avec celui que tu nommes Cerf Badin. Plus un compère qu’un simple guitariste ?
David :  Nous avions eu une longue collaboration sur Drôle de Sire de 1999 à 2006. Là sur ces dates, sans régisseur, c’est beaucoup de temps partagé à deux : faire la route, monter, démonter, débriefer, préciser. Avec c’est AVEC mon collègue, mon compère, mon ami. Et le spectacle est devenu David Sire et Cerf Badin, la naissance d’un duo, un duo de clowns contemporains. Son énergie sur scène me fait fleurir,  me rend plus inventif. On se surprend.

Hexagone : En une année j’ai vu trois fois ton spectacle. Et à chaque fois il apparaît encore un peu meilleur, à la fois plus maîtrisé et plus débridé.
David : La matrice du spectacle est fixe, l’ordre des chansons est identique. Mais le reste est libre, entre les chansons, entre notre corps et la salle, entre notre corps et ceux des spectateurs toujours différents. Ecouter et travailler avec, c’est comme caresser la peau d’un tambour commun et jamais le même. Un spectacle, une salle, un public c’est un tambour avec lequel on essaie d’être en résonance, de ne faire qu’un. C’est un autre effet positif de cette tournée aussi car plus tu maîtrises ton spectacle, et plus tu as conscience des moments où tu peux « partir » vers l’imprévisible et l’unique.

© David Desreumaux

Hexagone : Après ces douze dates dans le Tarn, tu reviens chanter le 20 octobre sur Toulouse au Bijou puis à Lavaur (81) et ensuite au délicieux Café Plum à Lautrec ?
David : J’avais très peu pratiqué cette région. Et cette année elle s’est ouverte d’une belle manière. Ces trois dates sont comme le point d’orgue des concerts « Chantons sous les toits » : on arrive avec une belle expérience et cela nous permet de terminer par des concerts en salle.

Hexagone : Veux-tu ajouter quelque chose pour donner envie de venir aux Hexagonautes de Toulouse et du Tarn?
David : Peut-être juste dire que ce que l’on va vivre ensemble, ne va jamais se reproduire. C’est un spectacle pour faire exploser le présent. Pour jubiler ensemble.


David Sire (en portrait dans le n°3 d’Hexagone, article consultable ici). Vendredi 20 Octobre au Bijou à Toulouse. Samedi 21 à Lavaur. Dimanche 22 au Café Plum à Lautrec.

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mick.hexagone@gmail.com

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