HomeReportagesLe festival Dimey : vivement l’an prochain !

Le festival Dimey : vivement l’an prochain !

Le festival Dimey : vivement l’an prochain !

Bon d’accord, le festival est terminé depuis trois semaines. Mais les moments vécus restent très présents et l’envie de revenir l’an prochain déjà ancrée. Alors koikila de si bien ce Festival Dimey ? C’est un festival convivial avec une programmation originale de grande qualité, une superbe ambiance, de mémorables découvertes artistiques et de belles rencontres humaines.

Une programmation originale de grande qualité

Photo Chantal Bou-Hanna

Photo Chantal Bou-Hanna

Si j’ai traversé la France ou quasiment c’est que le plateau proposé était plus que motivant. Où peut-on trouver rassemblés sur quatre jours les artistes suivants ? Flow absente des festivals depuis longtemps, les Didoudingues qui en deux ans n’ont pas joué en dessous de la Loire, Katrin Wadteufel qui, elle aussi, ne voit pas trop le Sud Ouest depuis le Printival en 2013, Piton et son spectacle Dimey, Lebelâge en trio et Mazo, une découverte pour moi. Seul Jérémie Bossone passe assez souvent par Toulouse et alentours ces deux dernières années. Un plateau original mais surtout de qualité. Des artistes avec une forte personnalité, un univers particulier. Et un large panorama de la chanson du moment, que ce soit au niveau de l’expérience, du style ou de la formule : du duo plutôt intimiste au spectacle complet de Mazo (six sur scène avec décor) ou des Didoudingues (8 sur scène). L’organisation doit être remerciée pour ce grand travail de programmation depuis plusieurs années. L’an passé, les spectateurs ont pu découvrir par exemple les spectacles peu connus (mais que j’apprécie fortement) d’Anne Baquet, Gaelle Vignaux et Louis Noel Bobey .

Photo Chantal Bou-Hanna

Photo Chantal Bou-Hanna

Sur la programmation, j’ai déjà consacré des chroniques à deux des quatre grands moments de ce festival : au concert d’ouverture de Flow et au concert de clôture des DiDouDingues. Alors ici je vais te dire quelques mots sur les autres concerts. D’abord Jean-Michel Piton avec L’Homme de la Manche, un autre très grand moment. Ce spectacle consacré à Bernard Dimey, devait forcément faire un tour par Nogent. Mais tous les spectacles consacrés à Dimey n’ont pas cette force, cette qualité. Une véritable performance de chanteur-comédien, un tour de force tout en sensibilité et en humanité. Un Piton qui chante et dit. Qui incarne absolument son personnage. Il nous livre son Dimey, sa vision de Dimey, écorchée et émouvante. Un choix de textes marquants avec un fil conducteur tissé par le personnage joué. Une petite respiration avec Je vais m’envoler en rap (mais oui !) Nathalie Fortin au piano et Bernard Lemarchand à l’accordéon et aux percussions sont discrets mais apportent une présence musicale indispensable. Je ne suis pas un spécialiste de Bernard Dimey mais j’ai entendu ce soir-là beaucoup de textes que je connaissais peu et beaucoup que je ne connaissais pas du tout. On sort avec la certitude d’avoir vécu un moment de vie important, avec l’envie de lire ces textes et de continuer de découvrir Dimey. Et Piton ce soir-là est sorti avec une ovation debout de toute la salle. J’avais lu que L’homme de la manche était un nouveau spectacle créé en 2015. A le voir, je l’ai trouvé d’une forte maturité, d’une grande plénitude. Jean-Michel Piton, le lendemain nous dira qu’en fait c’est un spectacle qui a mûri au fil des ans et qui connaît désormais sa troisième mouture depuis… 1982. Il confirmera s’être intéressé à la face moins connue de l’auteur.

Photo Chantal Bou Hanna

Photo Chantal Bou Hanna

Et le lendemain, mon autre grand moment du festival, Jérémie Bossone que l’on ne te présente plus sur Hexagone. Un magnifique raconteur d’histoires d’écorchés, sa belle énergie en scène, une musicalité rock électrique, un interprète impliqué et théâtral et sa voix particulière. Je l’ai vu quatre fois ces quinze derniers mois et je l’apprécie de plus en plus. Il me semble qu’il arrive à une certaine plénitude. L’apport de son frère au clavier est indéniable : il apporte un socle musical, un appui et le duo est souvent en osmose. Je ressens également une plus grande maîtrise entre les chansons et même quand il arrive un ennui technique comme ce soir-là. Et puis quelle diversité ! De la ballade en solo à la guitare au rock électrifié en passant par des histoires-sagas (Le cargo noir, La tombe) et des portraits (Scarlett, L’Empire). Comme moments particuliers ce soir-là j’ai noté bien sûr Gottingen chantée en duo avec Coline Malice, et puis La vieille. Titre qu’il chante depuis longtemps, non présent sur l’album, et dont l’interprétation a évolué au fil des ans (Jérémie me dira après le concert qu’il avait enlevé ce titre de son répertoire scène et qu’il l’a remis à nouveau). Une prestation marquante qui sur la forme est bien sûr éloignée de celle de Piton, mais c’est tout l’intérêt de cette programmation.

Photo Chantal Bou Hanna

Photo Chantal Bou Hanna

Ces quatre moments marquants (un par jour) ne me font pas oublier les autres concerts, tous intéressants. Un joyeux concert avec MAZO (Mac Abbé et le Zombi Orchestra). La volonté d’un show spectaculaire avec décor, costumes et maquillages. Six musiciens sur scène excellents et totalement déjantés. Une grande énergie. Une orientation thématique assumée et la volonté d’un humour décalé et macabre. Katrin Wadteufel, Cello woman, la femme violoncelle a délaissé le solo pour une prestation en duo avec Bastien Lucas claviers et guitare. Un personnage un peu déjanté ou tout au moins décalé. Ce sont les morceaux de la fin du spectacle qui m’ont apporté le plus d’émotion comme L’affiche rouge d’Aragon-Ferré interprétée assise en solo violoncelle. Mais aussi des chansons tendres comme Le magasin de souvenirs ou celle sur la grand-mère. Pour finir le retour sur la programmation, Pierre Lebelâge, dont Babel reste un de mes albums préférés de l’année dernière, se présentait en trio avec deux excellents musiciens.

Une forte animation intéressante hors concerts du soir

Photo Chantal Bou Hanna

Photo Chantal Bou Hanna

Je voulais noter aussi la volonté de porter une animation hors des murs du centre culturel. Les organisateurs ont demandé à Flow d’orchestrer un atelier d’écriture avec les jeunes du collège Dolto, a priori une expérience dont beaucoup se souviendront. Mam’zelle Suzie a chanté dans les maisons de retraite du pays. Et on a vu Anicet Seurre, régional aussi, animer avec son groupe le marché, un bar et un restaurant. Une nouveauté, le festival Dimey propose un concert en plein air, et gratuit, avec les jeunes du groupe régional Joli Falzar. Comme habituellement, en journée, un spectacle en lien avec Dimey dans La cave à Bernard, sous la médiathèque Bernard Dimey. Cette année Le petit théâtre d’Ernest, troupe de comédiens amateurs présente Le bistrot d’Alphonse et déclame des textes de l’auteur Nogentais.

Photo Chantal Bou Hanna

Photo Chantal Bou Hanna

On ne s’ennuie pas non plus entre les concerts du soir. Dans le hall du centre culturel, une belle diversité d’ouvrages proposés sur la thématique de la chanson. Mais cette année, en plus, j’ai découvert un passionné de chansons et de disques Jean-Yves Coissard avec son impressionnant stand de cd et vinyles. Et sa magnifique et fournie collection de vinyles de Mouloudji qu’il avait exposée. Une autre animation très remarquée et appréciée : Dominique Decker, photographe, capture les à-côtés du festival (balances, arrivée ou départ des artistes, festivaliers) mais surtout réalise de suite des tirages, qui sont exposés dans la foulée. Avec en plus la possibilité, le dernier soir d’emporter une de ses belles photos en souvenir. Comme j’ai été moins rapide que d’autres sur les photos de ce festival je suis reparti avec deux superbes clichés de Gaelle Vignaux présente l’an passé.

Une superbe ambiance

Photo Chantal Bou Hanna

Photo Chantal Bou Hanna

Une ambiance qui peut être caractérisée par la 3ème mi-temps et le repas du soir. D’abord la « 3ème mi-temps » dans une salle aménagée avec des tables, à côté du bar. Elle commence par le fil rouge, cette année Mam’zelle Suzie  avec son orgue de barbarie. La Chaumontaise a invité quelques groupes locaux. Et ensuite, le hall se transforme chaque soir en scène ouverte. Les spectateurs des concerts précédents ont souvent la joie de voir les artistes du soir ou des artistes de passage venir chanter un ou plusieurs morceaux : cela a été le cas avec Françoise Kucheida, Bastien Lucas et aussi la veille de leur passage Eric Frasiak, Laurent Berger et Davy Kilembé. Quel plaisir ! Ces derniers avaient joué sur une guitare prêtée par Martial Robillard. Ce chanteur, régional certainement, nous a aussi régalés avec ses compositions et des reprises de Brassens et surtout Boby Lapointe.

Photo Chantal Bou Hanna

Photo Chantal Bou Hanna

Mais le grand moment, l’apothéose de ces 3èmes mi-temps a eu lieu le samedi soir. Les DiDouDingues sont venus participer. En solo. En duo comme les très complices Roucaute et Kilembé. Ou à plusieurs comme par exemple la « revisite » de la chanson Cinéma de Kilembé chantée par les filles en version masculine car égrenant le nom de comédiens célèbres. Après quasiment deux heures de spectacle, ils nous ont offert encore une heure et demi de chansons. Générosité des artistes, plaisir des festivaliers, moment unique de partage. Oups, j’allais oublier de te parler de la seconde particularité : le repas du soir. Pris en commun avec les festivaliers, les artistes et les organisateurs c’est aussi un beau moment de partage et de rencontres de passionnés de chanson.  

Vivement l’an prochain

Photo Chantal Bou Hanna

Photo Chantal Bou Hanna

Cette 16e édition du festival a connu un grand succès public. Quelques points notables (et donc que je note !). Le nombre de pass festival pour les 4 jours et le nombre de repas commandés ont fortement augmenté montrant la confiance dans la programmation et l’intérêt de l’initiative du repas partagé. L’origine de certains festivaliers : Saint Pierre et Miquelon, Québec, Suisse, mais aussi Strasbourg et Marseille ainsi que Toulouse (ah bon !) et le Gers démontrent que l’on se déplace de loin mais pas pour rien. Si cette chronique te fait regretter de ne pas être venu, c’est triste mais trop tard ! Si elle te donne envie de venir l’an prochain alors tu ne devrais pas le regretter.

Avant de finir je voudrais remercier grandement Yves Amour, président de l’association Dimey, en plus de sa programmation, pour ses chemises à fleurs, sa bonne humeur, (son… cadeau) et son équipe. Et vivement la prochaine édition !


Festival Dimey à Nogent (51) qui a lieu du 4 au 7 mai.

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mick.hexagone@gmail.com

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