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Gérard Morel, président du Centre de la Chanson

Gérard Morel, président du Centre de la Chanson

Gérard Morel, bien connu en tant qu’artiste est aussi le président du Centre de la Chanson. Il était récemment de passage à Lyon pour deux spectacles à A Thou Bout d’Chant. J’en ai profité pour le rencontrer et l’interroger sur le tremplin Vive la reprise qu’organise le Centre de la Chanson. Les sélections pour la finale se sont déroulées à Lyon, Toulouse et Paris. Les qualifiés sont donc Anissa et Sarah Mikovski pour Lyon ; Gauvain Sers, Danny Buckton Trio, Zoé Malouvet et Geneviève Morissette pour Paris, Guilam et Au creux de l’A pour Toulouse. La finale aura lieu à Paris le 2 novembre.

Photo Chantal Bou-Hanna

Photo Chantal Bou-Hanna

Hexagone : Peux-tu nous présenter le Centre de la Chanson dont tu es président ?
Gérard Morel : Le Centre de la Chanson a été créé il y a 25 ans par Didier Desmas qui en était le premier directeur avec autour de lui tout un groupe de personnes. La vocation du Centre était d’essayer d’aider les jeunes chanteurs dans leurs premiers pas dans le métier. Le projet était moins de leur apprendre à chanter – il y a des écoles pour ça – que de les aider dans l’organisation de leur travail, la rencontre avec la profession. Ça reste aujourd’hui la mission essentielle du Centre, mais c’est aussi un centre de ressources, et un lieu d’accueil et de conseil en direction de tous ceux qui s’intéressent à la chanson. Notre bureau est situé dans le 4ème arrondissement de Paris, où nous disposons également d’un petit studio de répétition accessible dans des conditions très favorables. C’est pour les aider qu’on organise aussi un certain nombre de manifestations, dont Vive la reprise, et des scènes ouvertes pour découvrir de jeunes chanteurs. Ces scènes ouvertes permettent un premier repérage. On peut ensuite proposer aux meilleurs des choses plus ambitieuses.

Hexagone : Comment est financé le Centre ?
Gérard Morel : Le Centre a quelques ressources propres grâce à l’édition d’un carnet d’adresse très complet. C’est un bel objet qui a aussi maintenant une version électronique. Mais pour l’essentiel le Centre fonctionne avec des aides publiques qui viennent de la mairie de Paris, du Ministère de la Culture, mais aussi grâce au soutien de l’ADAMI et de la SACEM. Le Centre dispose de 3 salariés dont Roxane Joseph, la directrice, et deux employés.

Gérard MorelHexagone : Comment es-tu devenu président ?
Gérard Morel : Le Centre a le statut d’une association. Il y a donc toujours un président aux côtés du directeur. Le plus souvent le président à été un chanteur, sauf le premier d’entre eux qui était Roger Gicquel (1). Anne Sylvestre lui a succédé, puis Gilbert Laffaille, Jacques Yvart et puis moi. Ca fait maintenant 8 ans que je le suis et je commence à insister pour qu’on me trouve un successeur pour la bonne santé de la vie associative. Avec le départ à la retraite de Didier Desmas s’est ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire du Centre. Le Centre s’est adapté au nouveau projet que portait Roxane avec sa personnalité. Je suis resté pour faciliter cette transition sans trop de ruptures. J’ai accompagné cette transition mais j’ai l’impression que le moment est venu d’un renouvellement à la tête de l’association.

Hexagone : Quel est le projet de Vive la Reprise ?
Gérard Morel : L’objectif est de donner l’occasion à des jeunes chanteurs de se confronter à un public de professionnels qui viennent assister à la finale. Mais il y avait aussi l’idée de mettre l’accent sur l’interprétation, ce qui est la particularité de ce tremplin. L’interprétation de l’œuvre des autres mais aussi celle de ses propres œuvres. Chaque année, il y a un parrain du tremplin. Les candidats interprètent une de leurs propres chansons, une chanson du répertoire et une chanson du parrain de l’année. Depuis quelques années, nous veillons à choisir un parrain qui puisse être présent à la finale de telle façon que les jeunes interprètes puissent le rencontrer. La première marraine à être présente à la finale fut Anne Sylvestre (qui est une vice-présidente très active de notre association) en 2010. Depuis, les parrains ont toujours été là : Graeme Allwright l’année suivante, puis Clarika, Yves Jamait, Michèle Bernard et cette année ce sont les Ogres de Barback.

Photo Fr. Garcia

Photo Fr. Garcia

Hexagone : Mais ce ne sont finalement que des auteurs-compositeurs-interprètes qui participent à ce tremplin ?
Gérard Morel : Nous n’en faisons pas une obligation. Les candidats doivent choisir une chanson de création de leur répertoire mais rien ne leur impose de l’avoir écrite et composée eux-mêmes. Cette chanson de leur répertoire, c’est une chanson qu’ils sont les seuls ou presque à chanter. Mais, de fait, le métier est surtout composé aujourd’hui d’auteurs-compositeurs-interprètes.

Hexagone : Pourquoi n’y a-t-il plus aujourd’hui de grands interprètes comme il y a eu en d’autres temps Cora Vaucaire, Gilbert Bécaud, Juliette Greco, Serge Reggiani et, toujours présente, Francesca Solleville ? Le seul tremplin réservé aux interprètes est organisé par Le Mans Cité Chanson.
Gérard Morel : Le problème est compliqué et tient à la façon dont le métier est organisé. Aujourd’hui les interprètes vont faire un spectacle Boby Lapointe, Léo Ferré ou Jean Ferrat. Alors que pour Francesca, des auteurs ont écrit des chansons qui lui étaient réservées. Aujourd’hui la plupart des gens qui écrivent des chansons ont envie de les chanter. Et ils n’ont pas toujours raison. Mais le problème vient aussi des directeurs de salles qui s’intéressent moins aux interprètes qui ne sont pas auteurs. Il y a un état d’esprit général dans le métier qui est à l’origine de cette situation et qui est également partagé par le public. Tout le monde est un peu fautif dans l’histoire.


La finale de Vive la Reprise a lieu le lundi 2 novembre à 19h au Centre Fleury Goutte d’Or Barbara, 1 rue de Fleury, 75018 Paris.
Réservation, c’est ici

Photo de Une : Chantal Bou-Hanna


1. Roger Gicquel était un présentateur du journal télévisé très connu et resté célèbre pour avoir commencé le journal de TF par la formule « La France a peur » le jour de l’arrestation d’un suspect dans le cadre d’une affaire criminelle très médiatisée.

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yveslepape@free.fr

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