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Soirée TriFaZé : bon plan à trois

Soirée TriFaZé : bon plan à trois

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Dans la séquence découverte, cher Hexagonaute, aujourd’hui je ne te propose pas un artiste, pas deux artistes, mais trois ! Rien que ça ! Au diable l’avarice et les avares vicieux ! Qui peut le plus peut le plus et tout ça, alors pourquoi pas me suis-je dit. D’autant plus que j’ai une tonne d’articles en retard, que je ne voulais pas passer cette soirée sous silence parce que j’en avais pris date depuis un bout de temps déjà, alors je claque juste quelques mots sur chacun d’entre eux, quelques photos, quelques vidéos et on y reviendra forcément dans les mois à venir. Je te raconte.

D’abord, ça se passe au Forum Léo Ferré à Ivry. Tu commences à connaître la boutique de la clique à Gilles Tcherniak, il s’en passe des choses intéressantes là-bas. Ce 17 septembre, ce sont donc trois artistes qui se produisaient sur la scène du Forum. T’as dû remarquer toi lecteur attentif et pertinent que lorsque je vais voir des co-plateaux ou des tri-plateaux, je ne fais généralement de retour que sur un seul des artistes. Non pas que l’un d’entre eux ne m’ait pas intéressé, mais tout simplement parce que l’on peut parler librement comme je le fais, comme au coin d’un bar, et néanmoins avoir « un chemin de fer » comme on dit, un plan de vol sur les articles à écrire. Là, c’est différent et pas pareil. Attends je continue à raconter.

Il se trouve que par un hasard incroyable, Cyril Adda a organisé une soirée TriFaZé rassemblant 3 artistes que je suis depuis quelque temps et que je n’avais pas eu l’occasion de voir sur scène. En un soir, je comblais mon envie et mes lacunes. Cyril Adda, Flo Zink et Gervaise sur la même scène.

Photo David Desreumaux

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Les soirées TriFaZé, c’est le concept imaginé et organisé par A.B.M. Production (All By Myself). A.B.M, la boîte de prod de Cyril Adda. Qu’est-ce que c’est exactement que ces soirées, leur concept tu te demandes ? J’ai demandé à Cyril pour toi, et il a répondu ça : « On n’a pas encore vraiment notre concept, au départ on voulait quelque chose de pluridisciplinaire avec une ouverture sur les musiques actuelles, le théâtre. En attendant, on fait nos événements en chanson et on est très contents. Cela offre pour cette 3ème soirée, un moment convivial réunissant trois artistes chanson : Cyril Adda – Flo Zink – Gervaise. Trois styles différents pour une seule envie : celle de faire découvrir et partager leur musique. » Qu’il a dit le Cyril.

Photo David Desreumaux

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Et d’abord, je te le dis tout net Hexagonaute, il ne s’est pas planté le gars Adda. Pour ce qui est d’avoir été conviviale, la soirée le fut (Je crois que c’est le premier passé simple que j’utilise depuis que j’écris sur Hexagone !). Conviviale et variée.

Le premier à claquer quelques notes sur le piano du vieux Léo, c’est Cyril Adda justement. Cyril, on se croise régulièrement dans les salles. C’est un gars qui chante mais qui va voir beaucoup les autres chanter également. Ce n’est pas si fréquent et ça mérite d’être souligné. Et puis le garçon jouit d’un capital sympathie énorme. Toujours le sourire. Sur scène, c’est le même. Une dégaine encore un peu enfant, un peu d’innocence dans le regard et dans la voix. Cette innocence, passés les récits de l’enfance, le récit de cette « baraque à frites » achetée par le daron du côté du Montpellier où l’on voit le temps passer lentement alors que l’on décolle le papier peint de cette Thébaïde qui n’est qu’un leurre, cette innocence disais-je cède place à un regard plus caustique sur les travers de notre société. Musicalement, Adda vient du jazz. Après s’être essayé un temps dans une veine plus folk, il revient en quelque sorte à ses premières amours, celles qui l’ont vu débuter dans les pianos-bars. Folk-jazzy dirons-nous, très à l’aise avec le public, son récent EP A l’étroit témoigne du point de vue éponyme qu’il ne faut pas coller des étiquettes au risque d’étriquer le propos. Alors, j’arrête là. Un garçon à revoir sur scène où il donne plus d’émotions que n’en procure la production discographique.

Photo David Desreumaux

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Ensuite, place aux filles ! La première d’entre elles à venir pousser la chansonnette, c’est Flo Zink. Je connaissais peu de choses de Flo. J’avais maté sur Youtube les quelques vidéos présentes. Et j’avais été relativement séduit, je te l’avoue. Flo ouvre le bal avec une chanson très fantaisiste, Cyril est resté pour l’annoncer et l’accompagner au piano sur cette pitrerie liminaire sur laquelle Flo Zink chante avec un accent anglais très prononcé, très poussé. Elle ne rechigne pas à la danse, aux claquettes et l’on est de suite dans le bain et le mouvement. Dès le second morceau, c’est Martial Bort qui rejoint Flo pour l’accompagner à la guitare. Dès lors, Flo montre les différentes facettes de son répertoire. Des textes qu’elle a écrit pour la plupart et sur lesquels quelques compositeurs pas manchots pour un sou y ont posé des musiques : Frédéric Bobin, Une femme mariée pour ne citer qu’eux. Cette ouverture tout en fantaisie n’est peut être que la politesse de nos réalités aléatoires. Très vite Flo Zink distille sa poésie dans le Forum, de sa voix amie. Autant de chansons que de questionnements. Sur la vie, sur l’autre, sur les relations amoureuses, sur le temps qui passe, sur nos bobos. C’est aussi dépouillé et simple qu’élégant. Très beau moment.

Photo David Desreumaux

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Last but not least. Gervaise. Elle porte un nom d’héroïne de Zola mais la comparaison s’arrête là. En formation à deux sur scène, avec Olivier Le Gall aux guitares, Gervaise a montré l’éventail de ses possibles en chansons. Et ils ne sont pas peu. Variés dans les mélodies, dans les rythmes. La bourguignonne sait taper le bœuf aussi bien en mode jazzy que sur un registre bien plus retenu comme sur Le goût de ses lèvres. Par exemple. Fort à l’aise sur scène et dans l’échange avec le public malgré son jeune âge, ce clou de la soirée n’avait rien de rouillé. Energie, vitalité, humour et belle sensibilité. Autant de qualités pour servir des textes bien fichu, des portraits souvent croustillants et sans concession comme pour stabyloter les contrastes des vies qui nous entourent. Sur le plan de l’interprétation, là aussi, il y a du niveau. Une aisance agréable qui permet à Gervaise de jouer de pleins et de déliés qui donnent un relief et une profondeur à ses morceaux. Fort belle découverte, à suivre de près.




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