HomeReportagesAu festival de théâtre de rue à Aurillac : on y chante !

Au festival de théâtre de rue à Aurillac : on y chante !

Hexagonaute, en juillet, je t’ai annoncé que le festival off d’Avignon était un grand festival Chanson. Et je te l’ai montré. Je ne vais pas te dire la même chose avec le Festival de théâtre de rue d’Aurillac. Non. Le festival propose plus de 700 spectacles de 500 compagnies différentes et réserve à la chanson la portion congrue. La ville se remplit pendant quatre jours de théâtre, de cirque, de déambulation, de fanfare et de groupes de musiques. Mais à Aurillac on y chante !

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

On y chante en plein air, dans la rue bien sûr, dans des squares, dans des parcs. Souvent avec des groupes « émergents », souvent avec des spectacles adaptés au plein air. J’y ai apprécié les années passées La Belle bleue, groupe qui a gagné cette année le prix du public des Découvertes Alors Chante et Les Demoiselles de la Chorale de Saint Benoit La Chipote, duo féminin particulier passé au Bijou l’an passé. On y a aussi vu Les Trash Croutes (et je t’ai parlé leurs concerts toulousains). J’y ai également découvert des groupes revus cette année. Alors je t’en parle.

Bazar et Bémols, à Aurillac, chantent dans la rueUn trio de chanteurs musiciens avec leur spectacle La Vie buissonnière. Du swing coloré, joué en chaussettes et chemises unies, en rythme et en sourire ! D’excellents musiciens, des textes plutôt précis et originaux et des mélodies entraînantes. Un vrai groupe comme je les aime. Où tous les membres chantent, ensemble (et bien !) ou chacun à son tour. Sans leader déclaré. Souriants, ils nous font partager leur plaisir de jouer. De l’énergie. Du travail. Chaque chanson ayant sa propre petite mise en scène. Ils sourient, bougent, (font quelques pas de danse) et s’amusent. Une heure du plaisir.

Photo David Desreumaux

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Nine, en chaussette et chemise violette, joue de la contrebasse et parfois de la guitare. Raphaël, en rouge, s’exprime au cajon, à la trompette et parfois à la guitare. Chach en bleu se concentre sur la guitare, le chant et … les bons mots. Ils n’hésitent pas à allonger leurs morceaux avec de jolis moments musicaux à trois ou avec la mise en valeur d’un solo. C’est frais, pétillant et joyeux. Le groupe parisien voyage d’un style musical à un autre et introduit dans leurs chansons du manouche, du jazz et du swing. Sur un titre ils déclarent « Encore des espoirs impossibles, Mais j’attendrai demain que me poussent des ailes,  Si la musique ne me fait pas vivre, Je vivrai pour elle » avant de passer au scat et d’accélérer le rythme. Ils annoncent « une reprise d’un standard de jazz » et jouent la chanson extraite du  livre de la jungle (Il en faut peu pour être heureux), reprise très réussie. En rappel, issue de leur premier E.P Son Petit coeur en miettes qu’ils chantaient déjà il y a quatre ans. A l’aise avec le public, ils réagissent aux événements de passage avec un humour efficace. Ce trio jeune et décontracté possède une certaine maîtrise de la scène, surement car depuis 2007, il a donné près de 350 concerts dans la rue (ils sont abonnés à Aurillac depuis quelques années), dans le métro (où leurs prestations ont attiré l’attention des médias dont Arte et Le Parisien) et bien sûr dans les salles (avec, entre autres, la 1ère partie de Zebda et des Zoufris Maracas). Après deux E.Ps, en 2011 et 2013 ils viennent de sortir leur premier album Le Fruit du bazar  « après huit ans ». Je les ai découverts il y a quelques années, ici même à Aurillac, en acoustique, sans sono. Il me semble que leur spectacle doit être joué à l’identique ou quasi en salle. Hexagonaute parisien, ce groupe a pas mal de dates dans ta région. Je te le conseille. 

Photo David Desreumaux

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Les Soeurs Tartellini chantent le world et à Aurillac elles chantent dans un square. Bon d’accord ce n’est pas de la chanson française. Mais c’est bon ! Alors je t’en cause. Un duo féminin. De la chanson théâtralisée. Deux superbes chanteuses et excellentes comédiennes. Sonorisées mais sans micro à la bouche. A cappella. Avec parfois uniquement des percussions corporelles ou de petites percussions. Elles arrivent avec un sac à dos et équipées d’une solide paire de pompes, elles vont nous parler de leur voyage pour trouver des sœurs voire des jumelles chanteuses. Et elles nous embarquent pour une balade vocale et féminine all ovaire the world. On passe par l’Italie toscane, la Turquie et la chanson Dactylo. On continue par une berceuse algérienne accompagnée de percussions corporelles, une escapade en finnois (Finlande pour les pas finauds), et un intermède … amazonien. A chaque chanson elles prennent l’intonation et l’accent du pays : assez impressionnant. De plus nos deux « glottes trotteuses » font preuve de beaucoup d’humour entre les chansons et ont la langue bien pendue.

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Elles utilisent un paravent pour se changer 3 fois. Et sur du papier blanc dessinent le monde et positionnent leur périple. Un périple qui continue en Allemagne (pour évoquer les sœurs Kessler) et à Cuba avec Corazon de melon. Puis elles sont en Chine et à Shanghai. Ou plutôt Sangaye. Là, elles nous font rire avec leur manière de parler l’Asiatic, sorte d’esperanto, et nous livrent Mon ami Pierrot avec cet accent. Elles enchaînent avec une chanson de Shanghai,  un New York New York et quelques phrases bien senties avec aussi l’accent américain, et Papi Rossen chanson yiddish. Elles finissent, en français, avec un texte plus léger, annoncé comme tiré d’une opérette de Jacques Offenbach puis, en rappel avec une très sympathique Danse du baiser. Ce spectacle créé en  septembre 2010 tourne depuis cinq ans ce qui explique la maîtrise du rythme et la complicité entre les deux comparses (Sandra Costa et Héléna Bourdaud). Je ne connaissais absolument pas, je suis venu attirée par la boite de production nantaise Madame Suzie car c’est celle qui s’est occupée de Jeanne Cherhal et de Philippe Chasseloup. Une vraie et belle découverte. 

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Les Enculettes à Aurillac chantent dans un parc. Pour les voir cela se mérite : une quinzaine minutes de marche avec une montée qui fait … souffler ! J’avais découvert et apprécié Les Enculettes il y a quatre ans ici à Aurillac dans la rue, sans doute à leurs débuts. Ce duo féminin nous dit mettre à son répertoire des chansons à texte et à sexe. Leur numéro, désormais bien huilé, est assez réjouissant. En dehors des thèmes traités, la mise en scène met en valeur l’opposition entre la chanteuse plutôt extravertie et celle plus réservée, au départ faire-valoir, qui passe la bouteille d’eau et propose la guitare à « la vedette ». Elles pratiquent aussi une forte interaction, un vrai échange avec le public et entre elles, une des caractéristiques des spectacles de rue. Un mois plus tard, je me souviens de quelques moments marquants.

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Photo David Desreumaux

Une chanson sur Chloé décrivant ce qui se passe dans la vie après le mariage, le même texte étant dit par les deux protagonistes sauf les derniers mots différents : l’une donnant la vision positive ou rêvée de Chloé l’autre fournissant la vision réaliste et triste montrant le comportement de l’homme. La reprise de La bite à Dudule  qu’elles font chanter, bien sûr au public. Et Le tube du rhube, très drôle, à la manière des rappeurs, où la « faire valoir » se lâche et donne sa pleine mesure. C’est gai, sans prétention, bien construit. Un bon moment très « spectacle de rue ». Hexagonaute Rhône-alpin n’hésite pas à retrouver ce duo Lyonnais dans un bar ou dans les lieux où elles se produisent. A noter que la Lily du duo se nomme Lily Luca. Elle est connue, un peu, avec un autre répertoire, beaucoup plus chanson française « classique » qu’elle a présenté ces dernières années à Toulouse au Grand Rond puis au Bijou. L’an passé, au festival de Barjac, elle s’est produite en première partie d’Anne Sylvestre. Et comme tu es curieux, alors va faire un tour sur son blog où elle dessine les aventures (en fait le quotidien) de l’étoile montante de la chanson française (une Lily qui lui ressemble un peu … beaucoup).

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Photo David Desreumaux

Maggy Bolle à Aurillac chante sous un chapiteau au parc des Ramiers. Besoin de prendre un bus pour y aller. Si on était mauvaise langue on pourrait imaginer que la chanson, à Aurillac, est laissée un peu à l’écart, positionnée dans des lieux plus éloignés. En tout cas Maggy Bolle, Chanson réaliste et décapante, constitue le quatrième concert de cette journée, une journée qui me permet de passer le cap des cent cinquante concerts de l’année. Une journée qui aurait pu être galère seul mais que l’organisation en équipe d’Hexagone a transformé en journée total plaisir. J’ai proposé le programme et j’essaie d’écrire ; David m’accompagne, s’occupe des photos et boit des coca light ; Flavie a choisi le restaurant pour après ce dernier concert. Maggy Bolle (eh oui si on parlait un peu de l’artiste !) je l’ai connue en écoutant l’excellente émission radiophonique Jambon Beurre concoctée par Patrick Boez qui en a fait un peu son (sa ?) chouchou ces derniers mois.

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Je découvre sous le chapiteau une artiste de scène, souriante et enthousiaste, qui déploie une belle énergie, avec son petit accent du Jura. Son répertoire décrit une bonne part de portraits bien sentis avec Requiem  la caricature de l’homme décrit par sa compagne, avec La connasse d’en face pour la voisine qui pourrit la vie, avec Mémé pour l’aïeule qui fait un peu pareil, avec une personne très âgée et quasi nymphomane. On ressent la volonté de rythme et d’échange avec le public. Elle reprend une partie de C’est pas l’homme qui prend la mer de Renaud et Robert et Cathy de Sttellla dont elle fait chanter une partie du refrain « Salope » et « Connard » par les hommes et femmes du public.  J’ai grandement apprécié une nouvelle chanson, plus engagée, qui met en opposition le monde telle qu’elle l’a rêvé et celle qu’elle retrouve à la télé et au quotidien. Maggy est bien accompagnée par son guitariste contrebassiste choriste compère Maxsou au visage jumeau du pianiste chanteur toulousain Lucas Lemauff. Dans l’assemblée un petit groupe de « fans » connaissaient et reprenaient souvent les textes. Et pour Hexagone, après ce mini marathon de quatre concerts en neuf heures il était temps d’aller se restaurer avec les spécialités culinaires du Cantal.


Bazar et Bémols  21 août dans la rue à Aurillac. Hexagonaute parisien, ils chantent aussi le  19 septembre au Pavillon des canaux, Paris (19è) au 39 Quai de la Loire à 18h00 et le 2 octobre à L’Estival, St-Germain-en-Laye (78) à 23h30.

Les Soeurs Tartellini  21 août à Aurillac sur une scène dans un square. Elles chantent aussi le 29 septembre à La Passerelle – Fleury les aubrais dans le Loiret(45)

Les Enculettes 21 août à Aurillac dans un parc.

Maggy Bolle 21 août à Aurillac sur une scène sous un chapiteau. Elle chante aussi les 11 & 13 septembre à la Fête de l’huma au stand du Doubs – La Courneuve (93)

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mick.hexagone@gmail.com

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