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Eric Frasiak : Mon Béranger

Eric Frasiak : Mon Béranger

Il est des artistes qui vous accompagnent tout au long de votre vie sans même l’avoir décidé. C’est ainsi ; le hasard, la croisée des chemins. On a 15 ans, on se passionne pour un chanteur par exemple. On s’arme d’une guitare, on retranscrit ses chansons sur un cahier, on y note des accords déchiffrés à l’oreille et on fait les mêmes mimiques que son idole en récitant ses textes, la six cordes en bandoulière.

Plus tard, on s’émancipe un peu mais pas totalement. On laisse au maître à chanter son oeuvre et l’on se met humblement à griffonner sur notre propre carnet à chansons. On prend alors de l’assurance, on se construit, on range la béquille, on vole de ses propres ailes.

Puis, comme tout n’est que répétition, l’idole vient se rappeler à votre bon souvenir, un beau jour. Cette histoire originale et banale, celle que nous avons presque tous connue nous autres amoureux de la chanson – à ceci près qu’on a chacun son propre héros – c’est l’Histoire d’Eric Frasiak, son histoire avec « son » Béranger. François Béranger.

Dix ans après la mort du père François, Frasiak vient dire et chanter toute sa longue admiration au père de Natacha en sortant un album de 17 reprises de Béranger, intitulé sobrement Mon Béranger. Frasiak a opté pour les albums du début des années 70, pour les chansons qu’il chantait lui-même à l’époque. L’ensemble est fort bien maitrisé dans le plus strict respect de l’original. Tant d’années d’écoute, d’entrainement serait-on tenté de dire, aboutissent à une connaissance du moindre détail, de la moindre intonation, du parfait placement du texte.

Mais, ne nous méprenons pas, l’exercice n’est pas une pâle copie d’un l’élève. Si tout y est respecté et conservé, la singularité propre à Frasiak est bien présente et se fait sentir par le biais notamment d’une voix qui se démarque radicalement de celle de Béranger.

L’album se conclut par une autre reprise mais une reprise de Frasiak par lui-même. Une chanson-hommage, toujours sobrement intitulée François Béranger, qui avait paru en 2009 sur l’album Parlons-nous et sur lequel Eric nous parlait déjà de toute la passion qui le liait à son modèle. La boucle est bouclée et de fort belle manière.

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