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jeudi, avril 15, 2021

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Festival Dimey : Les DiDouDingues pour finir en beauté

Photo Chantal Bou-Hanna
Photo Chantal Bou-Hanna

Samedi 7 mai. Clôture du Festival Dimey, en Haute-Marne, avec Les DiDouDingues. Plus d’un an que je cherchais à voir ce spectacle. Longue attente mais un résultat au-delà des espérances. Huit artistes sur scène. Un superbe spectacle collectif. Une ovation debout à la fin du concert après quasiment deux heures de bonheur. Allez je te détaille cette « troupe » : Hervé Lapalud, Frasiak, Davy Kilembé, Laurent Berger, Gilles Roucaute (oui je sais j’ai commencé par les hommes, oh c’est pas bien mais je les connais un peu plus les ayant tous vus en concert au moins une fois), Coline Malice, Marion Rouxin, Julie Rousseau. Et sur scène : des guitares, un piano, un accordéon, un divan pour (re)poser ceux qui ne chantent pas à un moment, des plantes vertes, des lampes et quelques autres instruments.

Photo Chantal Bou-Hanna
Photo Chantal Bou-Hanna

Hervé Lapalud entre en scène et chante Si tous les gars du monde « voulaient se donner la main » au son de sa kora. Le ton est donné : on va parler de fraternité. Les autres comparses entrent. Chacun interprète une chanson de son propre répertoire entouré par les autres, instruments ou/et voix. Allez je t’en cite quelques unes. Mon île déserte de Coline Malice, une malicieuse chanson sur le minimum (ou pas) à emporter, enthousiasme le public. Certains titres évoquent nos racines (D’ici de Marion Rouxin et le Petit Mouin avec Julie Rousseau), nos racines voire notre racisme pour Mon pays de Kilembé. Quand Gilles Roucaute chante J’ai voté Front National, Davy Kilembé s’approche de lui et vient montrer sa gueule et sa fantaisie  « d’immigré » : la chanson n’en prend que plus de force. Toujours la fraternité quand Hervé Lapalud enchaîne avec Mes copains et son refrain repris en commun. On sent des copains sur scène. Ils vivent l’instant. Quelques blagues fusent. Puis Marion Rouxin lit un communiqué sur l’intermittence, chacun tenant une pancarte dont l’ensemble dit « C’est la direction qui est assistée, Déficit toi-même ». Et ils imagent le discours des intermittents par Quand les cigares… de Raoul de Godewarsvelde.

Photo Chantal Bou-Hanna
Photo Chantal Bou-Hanna

Un moment très fort : les trois filles reprennent Juste une femme d’Anne Sylvestre. Un couplet chacune avec une mise en lumière adaptée, et le dernier ensemble. Les titres rebondissent l’un sur l’autre, les univers et les répertoires se mêlent, reliés par le fil de la fraternité et de l’humanisme. Ils construisent un spectacle cohérent et créatif, original et enthousiasmant, émouvant et positif, dans lequel l’apport de chacun valorise le résultat collectif. On ressent une belle complicité, leur joie d’être sur scène. Et pour nous quel bonheur de spectateur ! Dans la deuxième partie, place aux chansons d’amour (une autre forme de fraternité ?). Pour la nouvelle année le titre de Marion devient duo au piano avec Laurent Berger. Davy Kilembé chante Le cinéma avec le trio choral féminin reprenant les noms des comédiennes. Dans ce concert, il est évident qu’il Y a de l’amour dans l’air (« même si tout tourne à l’envers tout autour ») comme le chante Frasiak. L’un d’entre eux dira « Ce spectacle ce n’est pas vraiment un spectacle c’est un rendez vous d’amour » avant que la troupe interprète, tous ensemble, un savoureux Salut les amoureux (de Joe Dassin).

Photo Chantal Bou-Hanna
Photo Chantal Bou-Hanna

Lapalud vient – comme il dit – payer sa dîme à Dimey en reprenant le beau texte hommage qu’il avait créé au même endroit deux ans plus tôt pour son concert solo. « La troupe » finira par une chanson de Dimey, inconnue pour moi, et particulièrement bien choisie. « Le mal d’être tout seul, le mal d’être perdu / A toujours fait mourir plus de gens que la peste / Donne moi ton amour je ne veux rien de plus / Quand je suis dans tes bras je me fiche du reste ». En rappel Les marquises, accompagnée entre autres à la kora et chantée par tous ressemble à un moment magique. Ils viendront conclure, tous assis sur le bord de scène et a cappella, sur Les philistins de Richepin et Brassens. Bon maintenant que je t’ai parlé du concert, évoquons un peu la genèse de ce spectacle. La veille, entre les deux concerts du soir, j’ai échangé une dizaine de minutes avec Hervé Lapalud et quelques DiDouDingues (Marion, Julie, Davy et Laurent). Beaucoup de rires, de plaisanteries. J’ai senti entre eux cette chaleur, cette complicité, ce plaisir d’être ensemble qui le lendemain illumineront le spectacle.

Photo Chantal Bou-Hanna
Photo Chantal Bou-Hanna

Voici ce que je crois avoir compris. En 2014, à l’occasion des dix ans du Festival Faites de la Chanson, organisé par l’association Didouda, celle-ci qui, entres autres, organise chaque année des cabarets découvertes, a souhaité réunir quelques uns des artistes accueillis auparavant. Ils ont confié l’organisation de cette soirée à Hervé Lapalud. Plutôt que présenter un concert-défilé où chacun viendrait chanter deux titres, il a eu l’idée de construire un spectacle original.  Il a choisi les 7 autres artistes parmi la trentaine proposée. « J’ai eu carte blanche. Je ne connaissais que Laurent. J’ai écouté les chansons de chacun. J’ai choisi pour construire un spectacle. S’accompagner avec les artistes présents ».  Il a décidé de prendre une palette de gens différents, de construire un spectacle original, où les artistes eux-mêmes seraient musiciens pour eux et les autres. Le choix des chansons est une réussite (et parfois il est allé chercher loin dans un répertoire), les titres se répondent, le choix des instruments et des arrangements est une réussite. Cette soirée était prévue unique. Les retours dithyrambiques côté spectateurs, et le bonheur d’être ensemble sur scène les ont décidés de continuer l’aventure, de faire vivre Les DiDouDingues. « Depuis on a rejoué. A Nogent, c’est le quatrième rendez-vous pour la 5ème représentation ». Ce mois-ci, ils seront aussi au festival Aubercail le 24 mai. Et déjà une date est annoncée pour 2017.

Photo Chantal Bou-Hanna
Photo Chantal Bou-Hanna

Comme l’artiste en fin de concert, j’en arrive aux remerciements. Merci à l’association DidouDa pour avoir été à l’initiative. Merci à Hervé Lapalud d’en avoir été l’architecte. Merci au Festival Dimey d’avoir choisi ce plateau de 8 artistes (ah c’est beaucoup !), sans tête d’affiche. Grand merci à ces huit beaux artistes pour ce moment de partage, de complicité et de talent. J’aimerais avoir bientôt l’occasion de dire merci à toi programmateur pour continuer à diffuser cette belle aventure artistique et humaine. Et de dire merci à toi spectateur pour aller voir ce spectacle collectif et ensuite aller découvrir chacun des ces artistes dans leur spectacle « perso ». Et merci à Chantal pour ces photos qui donnent envie d’aller au concert.


Les DiDouDingues au Festival Dimey à Nogent (52). Ils seront au festival Aubercail le 25 mai.

 

Vianney à l’Olympia

Photo Frédéric Petit
Photo Frédéric Petit

Vianney, c’est le petit gars qu’on a tous entendu une fois à la radio. Il y a ceux qui ne se lassent pas et qui chantent en boucle « mais t’es où ? Pas là » avec des yeux amoureux, et ceux qui n’en peuvent plus de l’entendre et qui la chante quand même sur un air niaiseux et une mine un peu blasée. Difficile d’adopter la demi-mesure avec lui. Si je suis facilement sceptique face aux tubes, Vianney m’a bluffée sur scène. Ce mardi 10 mai, il faisait son tout premier Olympia.

Contre toute attente, le public de Vianney ce n’est pas seulement des petites nanas fleur bleue en mal d’amour. La salle est hétéroclite : de la jeune ado, au quinquagénaire. Jusqu’aux « personnalités » qui viennent fleurir joliment le balcon comme Nolwenn Leroy, Sheila et même Manuel Valls… Le balcon devient le centre d’attraction durant l’entracte, le France d’en-bas cherchant à deviner qui se tient là-haut. Quand Gérard Lenorman se faire reconnaître, la fosse reprend en chœur La ballade des gens heureux, car c’était exactement ce que nous étions ce soir-là : des gens heureux ! L’ambiance y est détendue, agréable et on sait d’ores et déjà qu’on va passer un bon moment.

Quand Vianney apparaît, la fosse se retourne vers la scène après cet entracte divertissant. Il ouvre le bal avec On est bien comme ça. À peine, entame-t-il le premier vers que la salle entière reprend en chœur ses paroles, remplissant l’Olympia d’une charge émotionnelle forte. Pour l’avoir vu une première fois sur les planches il y a un an, Vianney a perdu en timidité pour gagner en assurance. On le sent à l’aise, rodé. Faire le show, seul avec sa guitare 3/4 et ses pédales, il sait y faire ! Il avertit ceux qui assistent à leur premier concert : « N’attendez pas les musiciens, car il n’y en aura pas. » De quoi rester admiratif, car il en faut du culot pour se présenter seul devant un Olympia rempli. C’est ici, sur scène qu’il exprime pleinement son talent, sa capacité à être avec son public et à faire de la musique, combinant chant, guitare et boucles pour réaliser ses compos devant nos yeux.

Photo Frédéric Petit
Photo Frédéric Petit

On a beau connaître ses paroles, sur scène on a l’impression de le découvrir pour la première fois. Il ne se contente pas de nous chanter des ballades, il donne de la voix et de l’énergie, s’acharnant sur les cordes de sa petite guitare.

Vianney a fait une belle surprise à son public pour son Olympia, en lui offrant une chanson toute neuve, une inédite. Il est accompagné des trois jeunes chanteuses qui ont assuré ses premières parties : la délicieuse Pomme qu’on a déjà eu l’occasion de croiser lors du concert d’Anouk Aïata, Emilie Gassin qui jouait ce soir, une Australienne qui a réalisé la bande son d’Un homme à la hauteur et Alma Forrer. Cette nouvelle chanson de Vianney parle de chansons pas finies et de chevaux abandonnés, parle d’amour comme (presque) toujours. « J’m’en fous même si demain ne sera jamais aussi bien que nous et l’amour au matin. J’m’en fous car j’ai pu serrer de mes doigts ta main. » On ne peut pas dire que les textes de Vianney soient très recherchés, mais ils ont l’avantage de parler à un grand nombre et d’être simples accolés à une mélodie accrocheuse. Un succès commercial certes, mais une personne généreuse et sensible avant tout. On en aurait bien voulu d’autres, mais à défaut, il chante quelques reprises dont Je ne suis pas un héros de Daniel Balavoine. Cette chanson résonne bizarrement face à la sur-médiatisation dont Vianney a fait l’objet. Il est acclamé comme un héros dans l’Oympia mais n’en demeure pas moins simple et vrai envers son public. C’est en tant qu’humain qu’il se met à nu.

Photo Frédéric Petit
Photo Frédéric Petit

Quand Vianney demande un « Oh », c’est toute la fosse qui s’élève dans une même tonalité, sur un même son pour Véronica. Il emporte les foules avec lui, avec ses musiques ce qui a quelque chose d’assez extraordinaire, de beau. Chacune de ses phrases sont ponctuées de rire : « Il existe deux groupes de gens : ceux qui connaissent toutes les paroles : c’est l’élite et il y a les autres. Je n’vous en veux pas…. Ca m’arrivait aussi au début d’oublier mes paroles. Y’en a même qui tente des trucs, qui remplacent Véronica par Olympia. C’est original… Mais la seule chose qui compte, c’est d’être capable de faire du bruit. » Le public s’exécute.

Je te déteste se transforme en chant d’amour. Le public recouvre la voix de son idole, s’accaparant ses mots. Vianney s’interrompt un moment pour nous laisser poursuivre un ou deux vers. L’émotion fait briller ses yeux et nous, nous continuons de lui hurler Je te déteste. Il termine en rappel sur Pas là, titre attendu durant tout le set par ses fans. On peut lui reprocher de rester peut-être un peu trop sur ses acquis, de ne pas nous surprendre avec une version complètement différente de la version originale, ce qui amènerait un peu de surprise, une prise de risque. 

Un Olympia plus qu’honorable, où nous nous sommes sentis presque entre nous, en famille, où nous avons partagé beaucoup d’amour, réparer nos peines. De petit caneton, Vianney est devenu le beau signe qu’on peut être à la fois artiste et connu. Un succès populaire.

Bertrand Belin au 104

Photo Frédéric Petit
Photo Frédéric Petit

L’autre mercredi, avec Fred, on est partis rendre une petite visite à Bertrand Belin sur la scène 104. La première partie a été assurée par sa batteuse, Tatiana Mladenovitch alias Fiodor, occupant cette fois le devant de la scène. Elle était accompagnée de Katel à la basse. Une scène bien frenchie donc et pourtant qui nous a pondu de l’anglais. Et t’sais quoi ? C’était pas dégueu du tout. L’inspiration Belin ne doit pas être très loin dans la précision des instruments, mais en revanche, beaucoup plus rock que le maître de cette soirée. Dix ans qu’elle l’accompagne et on sent un attachement quand elle en parle.

Le temps de changer de décor et Bertrand Belin se présente devant une salle comble d’un simple “bonsoir”. Rien d’extravagant, si ce n’est peut-être dans son attitude. Une main au-dessus des yeux, l’air sérieux, il scrute les visages tendus vers lui, comme un marin à la recherche de l’horizon. C’est son point fort sur scène, sa capacité à incarner des personnages multiples. La folie s’empare de son corps, perceptible jusque dans les traits de son visage, jouant la colère ou la gueule de bois. Pourtant, il n’a qu’à remettre ses cheveux gominés bien en place, pour retrouver son éternelle classe.

Cette classe, elle se ressent également dans ses textes, dans sa musique. Il y a un côté très carré et marqué à la fois. Cette façon qu’il a de raconter des histoires de façon minimaliste et volontairement opaque. Il ne s’embarrasse pas de grandes phrases, ni de grands vers, mais vient puiser les mots à leur essence. On ne comprend pas toujours ses textes, car il les manie d’une telle façon que le sens ne se fait pas immédiatement à l’oreille de son auditeur. Alors il les raconte d’une autre façon, récit un peu délirant de son auteur. Il n’explique ni comment, ni pourquoi il les a écrit. Il use d’autres mots pour reformuler sa pensée avec des répétitions, des reformulations, des répétitions, encore. On a parfois l’impression qu’il peine à mettre les mots bout à bout, mais en même temps de voir l’histoire s’écrire sous nos yeux, se dérouler dans notre tête, comme un film qu’on rembobine puis qu’on arrête pour en saisir les infimes détails qu’on ne peut voir autrement. Il révèle l’absurdité de ses paroles, comme avec cet homme qui boit du lait à même le pis d’une vache dans Hypernuit, recréant le bruit de succion, s’agenouillant et l’imitant. Le public rit de ses situations, surtout quand elles nous paraissent familières : “Quand j’ai fermé les yeux, j’étais chez moi. Quand j’ai ouvert les yeux, j’étais plus chez moi. J’ai déconné mon pote !” Les musiciens ne s’interrompent pas pour autant, tenant la cadence, peu importe le temps que durent ces digressions. Ces épisodes qui viennent rythmer le concert, nous permettent de plonger davantage dans son univers.

Photo Frédéric Petit
Photo Frédéric Petit

Si je craignais l’ennui, à cause d’un aspect assez monochrome dans les chansons de Bertrand Belin, j’ai été agréablement surprise : les deux heures de concert, je ne les ai pas vues passer. C’est un artiste tout en nuance, dans la subtilité et la délicatesse. Pas de grande démonstration, mais si on prête une oreille attentive, on se rend compte de la précision de l’instrumentation. La rythmique se fait lente, répétitive mais relevée de légères variations mélodiques. La guitare aux accents country apporte cette patte, avec un jeu propre au guitariste et songwriter.

Ce set était principalement composé de titres de Cap Weller, dont quelques inédits qui ont fait l’objet d’un nouvel EP comme  Nation ainsi que Le mot juste en duo avec Camélia Jordana. En rappel, il renouvelle cette composition avec sa batteuse cette fois, (qui est également chanteuse, on le rappelle). Ils se contentent de leurs deux voix et de leurs instruments respectifs pour jouer La chaleur et le résultat est émouvant.

Bertrand Belin, c’est le genre de mec, il pourrait jouer de la guitare tout en faisant des claquettes qu’il aurait toujours la classe. Il nous a offert un concert généreux de deux heures. On s’apprêtait presque à croiser un “buisson d’imbéciles” ou une pluie Folle folle folle sur le chemin du retour, mais on est juste rentrés avec des images et des paroles plein la tête.

Baptiste W Hamon, au Café de la Danse

Baptiste Hamon – Café de la Danse – Paris – 19/05/2016

Photos David Desreumaux

Au Forum Léo Ferré jusqu’à fin mai

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19 mai 2016 à 20h30

Olivier Eyt et en 1ère partie CAMU

Tout seul, tout nu !


20 mai 2016 à 20h30

Marine BERCOT : RAVI(E)S

À paraître en 2016, une invitation au ravissement des cœurs : le 3e album de l’auteur performeuse Marine Bercot.


21 mai 2016 à 20h30

BRASSENS dit et chanté par Annick ROUX et Yves UZUREAU

CES CHANSONS QUI SONT NÉES QUELQUE PART… BRASSENS. Sortie du nouveau DVD !


23 mai 2016 à 20h30

Soirée autour de l’univers baroque, poétique et provocateur de Jean-Claude Deret, jeune auteur compositeur interprète de 94 ans, accompagné de sa bande hétéroclite et fidèle.


25 mai 2016 à 20h30

DAVID ET DOMINIQUE

A l’occasion de la sortie du coffret de leur intégrale 1968-1980


26 mai 2016 à 20h30

Dom Colmé (photo en Une par Marie-Hélène Blanchet) et Samuel Cajal

Concert et Vernissage de l’expo photo « Sur Scène »


27 mai 2016 à 20h30

Mélodies Gainsbourg

Par le FRANZ.K avec Franca Cuomo (chant) et Cyril Trochu (piano)


28 mai 2016 à 20h30

Ascolta parlerie avec Monique Brun

Une fantaisie picturale


29 mai 2016 à 17h00

Ascolta parlerie avec Monique Brun

Une fantaisie picturale


02 juin 2016 à 20h30

Florent Nouvel et en 1ère partie Ana M

Soirée Les Beaux Esprits

Festival Aubercail – 10ème édition !

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Ce sera la dixième édition de ce festival printanier à la programmation toujours aussi ouverte, éclectique et de qualité. Cette année, Aubercail déménage et prendra place à L’Embarcadère à Aubervilliers. Jette-un oeil sur le programme et réserve avant que ce ne soit complet ! D’ailleurs, les 24 et 25 mai sont déjà complets ! Je te livre les petits commentaires, d’après dossier de presse, diffusés sur le site du festival Aubercail.


MARDI 24 MAI 2016 – COMPLET

aub-sourigues_300Alain Sourigues
Poings Sensibles
Tout à la fois comédien, chansonnier, illusionniste des mots, Alain Sourigues a le geste séducteur et puissant, le verbe sensible et intelligent.
Son tour de chant est ponctué de notations burlesques entre comédie sociale et désastre quotidien, aphorismes et jeux de mots.
Il les livre sur scène avec élégance et générosité, utilisant avec un vrai talent tout ce qui traîne autour de lui pour enjouer son public.

aub-perret_300Pierre Perret
L’age de Pierre
Est-il encore besoin de présenter ce grand auteur compositeur interprète humaniste, au ton enjoué?
Plus de 450 chansons à son actif, une quinzaine de livres, deux films, trois musiques de films, des contes, et des participations à moults projets.
Dans un spectacle de près de deux heures, Pierre Perret retrace sa carrière musicale et nous emmène dans son univers, du Zizi à La Corinne, en passant par Lily et tant d’autres chansons dont ses nouvelles créations.


MERCREDI 25 MAI 2016 – COMPLET

aub-didoudingues_300Les didoudingues
Enchansons-nous !
En juin 2014, à l’occasion des dix ans du Festival Faites de la Chanson, l’association Di Dou Da a souhaité réunir des artistes accueillis dans ses cabarets découvertes.
Lors de cette soirée qui devait être unique, quelque chose s’est passé, d’espéré et d’attendu à la fois, sur la scène et dans le public. Il était évident que l’aventure ne saurait s’arrêter là.
Ainsi sont nés « Les DiDouDingues », d’une envie de partage, de la curiosité de l’autre pour l’un, de la complicité de l’instant, de la fragilité du moment et de l’envie de défendre collectivement des propos singuliers.

aub-sylvestre_300Anne Sylvestre
Chansons nouvelles, chansons anciennes, tricotées plus ou moins serré autour d’un thème qui lui est familier.
Chansons nouvelles qui se dévoilent, qui témoignent, qui s’indignent.
Chansons anciennes, qui se souviennent d’avoir déjà défendu ces ardeurs, ces douceurs ou ces rires.
Chansons magnifiquement orchestrées par Nathalie Miravette ou Jérôme Charles, et pour certaines, habillées de neuf.
Juste une Femme.


JEUDI 26 MAI 2016

aub-didier_300Romain Didier
Dans ce piano tout noir
Avec « Dans ce piano tout noir », Romain Didier nous invite, sur le ton de la confidence, à une croisière sans escale au coeur de son univers d’auteur compositeur.
Seul derrière son piano, il revisite ses chansons et, comme en miroir, évoque tout un monde de perles du répertoire de la chanson francophone.
Sa voix chaude, ses textes délicats, ses doigts virtuoses …
Un artiste exceptionnel pour un voyage tendre et lucide, élégant et magistral, qui parle un peu de lui mais surtout de nous, tant il sait que son travail consiste à restituer le monde et tenter de rendre chaque chose universelle.

aub-anniv_300Soirée Anniversaire
Les 10 ans d’Aubercail !
Pour les dix ans d’Aubercail, nous allons retrouver dix artistes qui entretiennent des liens particuliers avec notre festival, des liens d’amitié et de fidélité réciproques.
Ils se succéderont sur scène avec des chansons surprises, des interprétations inédites. Avec Clarika, Hervé Akrich, Wally, Jehan, Céline Caussimon, Christian Paccoud, Chloé Lacan, Michèle Bernard, Volo et Yvan Dautin qui seront accompagnés par trois musiciens : Michel Kanuty (piano), Yvan Descamps (batterie) et Franck La Rocca (basse).


VENDREDI 27 MAI 2016

aub-bossone_150Jérémie Bossone
D’un rock atmosphérique tissé d’arpèges électriques au rock primaire à guitares saturées, en passant par un autre teinté d’orchestrations classiques ou d’éléments électros… De la chanson française à celle du folk américain, en passant par le lied allemand…
Les courants sont vastes, et Bossone est avide de les voir s’embrasser.
Son objectif : raconter des histoires (d’amour, de haine, d’alcool, de quête, d’amitié, de voyages…), comme on le faisait dans la chanson française des années 50/60 mais en mettant au service de la narration une musique plus contemporaine, plus électrique, cathartique.
Il les livre sur scène avec élégance et générosité, utilisant avec un vrai talent tout ce qui traîne autour de lui pour enjouer son public.

aub-ottilie_300Ottilie B
Poésie sonore et visuelle.
Femme aux origines multiples (Kabylie, Mongolie, Italie …) OTTiLiE [B] joue avec les codes et les références pour mieux les détourner avec une grande liberté. Pour elle, tout s’inspire et tout l’inspire !
Ses influences se promènent de Björk à James Blake en passant par Fink, Gainsbourg, Satie, Les Elles et encore Sainkho Namtchylak ou Abida Parveen. La spontanéité de ce tourbillon et sa générosité nous invite les sens et les titille avec humour.

aub-leo_300Les Hurlements d’Léo
Chantent Mano Solo
Chanter Solo. A huit. Hurler sa rage, porter son énergie rock, distiller sa poésie héritée des plus grands auteurs français.
Cela ne pouvait qu’être eux. Les Hurlements d’Léo s’attaquent à Mano, en petits frères de la même trempe. Celle qui noue le ventre et illumine les rires.
Celle qui rend la vie plus intense. Celle qui ne se résigne pas à voir les fascismes en tous genres ramper dans les cerveaux d’une France malade de ses peurs. Celle dont les colères se chantent haut et fort.
Depuis 1998, les Bordelais sont des aventuriers artistiques. Les parcours fléchés ne sont pas pour eux. En une dizaine d’albums, du « Café des jours heureux » au « Bordel de luxe », les Hurlements d’Léo ont brandi l’esprit de la révolte et de la rencontre au fil des scènes communes, des idées partagées, des proches humanités.


SAMEDI 28 MAI 2016

aub-suissa_150Suissa
Spécialement influencé par la musique Maloya (ile de la Réunion), Suissa nous ensoleille de ces rythmes si particuliers, soulignant avec un groove africanisant des chansons douces-amères toujours écrites avec une verve touchante.
Accompagné par des musiciens talentueux, Suissa nous offre un spectacle qui relie les ensoleillements, avec malice et bonhommie.

aub-pierpoljak_300Pierpoljak
Général Indigo
Retour de l’enfant terrible du reggae avec le nouvel album de Pierpoljak : «Général Indigo».
Ses nombreux voyages en Jamaïque auront marqué à jamais sa musique. C’est empreint de ce savoir-faire et détaché de la surenchère du show business que Pierpoljak remet sur le devant de la scène la musique qu’il a toujours défendu et de laquelle il s’est toujours inspiré, ce qu’il sait faire de mieux : le reggae-music.
Les paroles de Pierpoljak s’adressent toujours directement au peuple. Il y aborde des thèmes forts et universels comme la garde des enfants dans Papas du week end, l’impunité policière face aux meurtres d’adolescents (Je te tuerai), et rend hommage aux oubliés du système, comme il le déclare dans Keep On Dada : «Je chante pour les opprimés, les pauvres et les sans-papiers, tous ceux qui ont besoin de lumière, ceux qui ont tant mangé de fer», ou quand il raconte l’histoire d’Alex, un clochard parisien, dans Puta Vida Loca.

aub-grolektif_300Le bal du Grolektif
Étirez-vous les chevilles et échauffez-vous la voix car le Grolektif fait son bal !
Le collectif lyonnais s’attaque ici à quelques-unes de ses influences les plus improbables, parfois inavouables mais toujours de circonstance pour vous mettre en mouvement.
Des hits rock, des tubes funk, la crème du R&B ou des petites pépites pop auxquels les musiciens du Grolektif redonnent vie et panache le temps d’un soir.
Des voix qui donnent soif, des cuivres qui envoient du bois, des rythmiques héroïques, et pourquoi pas des groupies hystériques…
Telle est la recette de cette grand’messe populaire, revue et corrigée par une quinzaine de musiciens


JEUNE PUBLIC : MATINALE A 9H30

aub-bouskidou_300Bouskidou
Mieux ça serait pire !

Bouskidou, groupe de musique pour enfants mais pas que, aborde dans ses spectacles les grands thèmes existentiels de manière plus concise qu’une thèse sociologique 3ème année mais tout autant documentée.
Et, puisque ce sont des chansons, la musique est au texte ce que la baguette est au jambon-beurre : indissociable et indispensable.
Il y a un style Bouskidou, reconnaissable à la fraîcheur et l’inventivité des arrangements, une sorte d’évidence musicale avec quelques clins d’oeil.

Les Innocents, un monde parfait à Marseille

Photo Malorie d'Emmanuelle
Photo Malorie d’Emmanuelle

Il est des groupes que l’on écoute toujours avec le même plaisir, qui évoquent des moments de vie universels qui nous font nous sentir bien l’espace d’une chanson, d’un album ou d’un concert. Les Innocents sont de ceux-là. Le 11 mai 2016 à Marseille, ce sont des retrouvailles tardives et émouvantes et  qui ont eu lieu avec les 300 personnes présentes dans la petite salle du Moulin. Car outre les 15 ans de séparation du groupe, c’est un peu plus que les Marseillais ont attendu pour voir ou revoir les Innocents ! Exactement depuis mai 1993, à l’Espace Julien, soit 23 ans.

Certes ils ne sont plus que deux sur scène, JP Nataf et Jean-Christophe Urbain, mais les voix sont là, inchangées et toujours justes. Les chansons s’égrènent dans une ambiance intimiste, un savant mélange des plus récentes du très bon l’album Mandarine, ils ouvrent avec les superbes Philharmonies Martiennes, ou des anciennes, voire très anciennes comme Jodie, que l’on retrouve avec une joie non dissimulée. Ce sont d’ailleurs ces morceaux anciens, l’Autre Finistère, un monde parfait ou Colore, qui sont repris à l’unisson par le public conquis. Le duo occupe la scène, plaisante sur sa séparation. Ils se taquinent mais c’est aussi le public parfois trop sage qui est pris à parti prenante des plaisanteries ou que les compères entrainent pour faire les chœurs.

Photo Malorie d'Emmanuelle
Photo Malorie d’Emmanuelle

Côté musique, les deux hommes sont fidèles à leurs albums et leurs sonorités, la pop toujours, parfois plus rock ou jazz. Ils alternent les morceaux qui bougent et ceux plus lents. Et  toujours avec des textes qui touchent par leur justesse et leur intemporalité.

La proximité entre le groupe et le public était telle que certains se sont assis sur le devant de la scène, il y a des jeux de regard et l’on devine une complicité entre les deux hommes qui se ressent désormais dans leur manière de faire de la musique.  Les presque deux heures passent trop rapidement. La chemise de JP est à essorer, le spectateur a une folle envie que cet instant dure et que la musique continue. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et c’est avec la magnifique Un homme extraordinaire que se termine le concert. Ce come-back inespéré des Innocents fait partie de ces instants musicaux qu’on apprécie et dont on se souviendra comme d’un moment extraordinaire.

Festival Dimey : Flow d’émotions en ouverture

Photo Chantal Bou-Hanna
Photo Chantal Bou-Hanna

Mercredi 4 mai. Ouverture du festival. Je me suis assis dans un fauteuil confortable avec l’envie et même le plaisir de revoir Flow. Mais je ne m’attendais pas à une telle émotion. Toujours cette voix particulière et prenante, puissante et cassée. Un répertoire de plus en plus centré sur les enfants, sur l’enfance. Des mots simples, sur des sujets forts. Une artiste authentique, entière. Une sensibilité qui fait mouche. Ça part des tripes, de l’âme, du cœur. Et ça arrive direct dans les nôtres. Sans filtre, sans réflexion. Conséquence : j’ai pleuré trois fois, sur trois chansons différentes. Mais pas le genre « je suis un peu ému, ouh les larmes affleurent le bord des yeux ». Non des larmes bien grosses, bien garnies qui te font un bien fou en coulant, qui te purgent et te régénèrent. Je pense qu’en concert cela ne m’était jamais arrivé de la sorte. Hé je ne te raconte pas ma vie, je te parle de l’effet sur le public. Car ma voisine partageait mon état, et d’autres le diront après le spectacle. J’avais vu Flow en groupe à l’époque de son premier album au festival Musicalarue (en 2008 ?) et j’avais déjà pris une grande claque même en voyant le concert de loin en haut du théâtre de verdure. Puis je l’ai revue au Printival, toujours en groupe, quelques années après (2011 ?). Ce soir, ils arrivent à deux. Flow (Florence Vaillant) et son guitariste. Une formation en duo, qu’elle fait appeler Les Flow depuis quelque temps.

Photo Chantal Bou-Hanna
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Un début étonnant avec Une souris verte qu’elle fait chanter au public. Puis elle décortique et traduit le texte ; la souris, nuisible femelle, serait une sorcière montrée à ses messieurs de l’inquisition. Et la comptine moyenâgeuse, aurait été chantée par les enfants dansant une ronde autour du bûcher de l’exécution. Le ton est donné : « Je vous invite à vous renseigner avant de répéter quoi que ce soit. » Habillée sur scène comme à la ville ou plutôt comme dans la rue (casquette, sweat large, jean trop grand, grosses chaussures). Elle dit avoir été prise pour une punk. Mais c’est une punk qui chante une berceuse, Le sourire d’un môme : « Promesse à l’espièglerie… Ce p’tit plissement de frimousse C’est la vie qui éclabousse… Ça efface les galères, Tu porterais le monde entier pour Le sourire d’un môme. » Elle se met à la place de l’enfant dans Je sais (Je fais ce qu’on me fait) ou dans Alexandre : « C’est dur l’intégration / J’espère que ma mère va comprendre / C’est peut-être pas la solution / Mais je veux qu’on m’appelle Alexandre ». Elle chante ce qui la touche, sans fard, avec humanisme et sans tabou. Elle évoque le départ de Leprest dans Même pas mal. 

Photo Chantal Bou-Hanna
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Elle parle de la fragilité de la paix, l’illustrant par la superbe Shalom. Et se montre comédienne, avec chorégraphie, sur Pouffiasse. Un tour de chant maîtrisé. Elle utilise autodérision et humour dans les inter-chansons qui servent de respiration. A l’aise sur scène, elle sourit souvent (je ne me souvenais pas de cela sur les concerts précédents). Percutante et sensible elle est accompagnée par un guitariste choriste hors-pair, Etienne Abellion, qui continue à jouer même quand Flow parle. En rappel, elle ose un portrait au vitriol de la vie Dans mon village : « Quand on divorce on peut rester frère et sœur ». Puis elle finit dans l’émotion, avec Tout le bataclan en évoquant un soir de novembre dernier, le 13, où elle a perdu quelques amis (« Viens on va danser / Ramène ta gueule ton bout de courage et tout ton bataclan … / Viens on va chanter entre les larmes mais ça va le faire. »)

Petite anecdote : avant le concert, dans la salle où le repas est pris en commun entre festivaliers organisateurs et artistes, elle est venue, par hasard en tenue de scène (oui habillée comme tout le temps, quoi !). Elle nous a parlé de son passage à la télévision pour l’émission Chabada, de ses liens avec « les gens du métier » et d’autres sujets. Mais je ne t’en dirais pas plus (eh c’était pas une interview, juste un échange entre personnes qui partagent la même panière). Je peux juste t’apprendre (car elle le dit dans son concert) qu’elle prévoit toujours d’interpréter en concert quelques chansons inédites, n’existant pas sur album, en cadeau, pour les gens qui font l’effort de se déplacer. Dans la journée, elle a animé un atelier d’écriture avec des enfants de 3ème. D’après les présents, les élèves vont longtemps s’en souvenir, comme certainement du concert où ils ont été invités.

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Au début de son concert, elle dit quelque chose du genre : « Les enfants ça ne ment pas. Quand ça n’aime pas, ça n’aime pas. Ça ne fait pas semblant. Et ça fait du bien : la vérité, l’authenticité. » De ce que j’ai vu à Nogent, cette phrase ressemble à un auto-portrait de Flow.

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Flow au Festival Dimey le 4 mai à Nogent (52). Elle sera au Pic d’Or à Tarbes les 20 et 21 mai.

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