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Maggy Bolle à Pause Guitare

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Cette année, à Pause Guitare, te disais-je, j’ai décidé de traiter, plus particulièrement de la chanson qui ose dire les choses, frontalement, qui montre le monde comme il va… pas bien ; de t’évoquer la chanson qui ne se contemple pas le nombril, qui ne se morfond pas dans les amours ratés. Parce que la chanson engagée, la chanson « rentre-dedans », se fait rare, parce que l’entendre fait du bien, encore plus ces temps-ci, et parce qu’à Albi trois talents la représentaient. Et pour chacun, je te livre un compte-rendu de concert et d’entretien. Après Archibald, et avant Les Idiots, voici l’épisode 2 : Maggy Bolle.

© Michel Gallas

Maggy Bolle, je t’en ai déjà parlé il y a deux étés à Aurillac. La voilà, deux soirs consécutifs, sur la scène atypique de La Caravane du Vladkistan. Cette artiste de scène, toujours souriante et enthousiaste, déploie une belle énergie pour délivrer ses chansons souvent décapantes. Ici, on est loin de la poésie aux mots recherchés, on est près du quotidien où surgissent les mots « connasse » et « enculé ». Quand elle parle d’amour avec un plombier qui débouche les canalisations, c’est plus qu’explicite. Quand elle évoque les problèmes de voisinage, cela donne La connasse d’en face. Elle commence son set de 45 minutes, temps imposé, par des chansons rigolotes voire burlesques à base de portraits bien sentis (comme La cougar sur une femme très âgée et quasi nymphomane) et se met le public dans la poche. Puis elle enchaîne sur des chansons plus engagées et politiques, voire grinçantes, sur les politiciens (« Votez pour l’enculé pour pas que le connard passe / Et nous on les laisse faire comme des connards de moutons « ), et sur le dénommé Denis Baupin : Beaux pains dans ta gueule (« Tu pensais que ton phallus te rendrait tout puissant, t’as oublié que c’est d’un utérus que t’es sorti en chialant » ). J’ai fortement apprécié une chanson qui met en opposition le monde tel qu’elle l’a rêvé et celui qu’elle retrouve à la télé et au quotidien. Elle, avec son franc-parler et son accent franc-comtois, se montre véritablement heureuse d’être sur scène. On ressent la volonté de rythme et d’échange avec le public. Dans l’écriture on sent l’amour des mots, on découvre des trouvailles. Musicalement, cela devient enjoué avec l’accompagnement de son guitariste contrebassiste choriste compère Maxou. Une prestation de Maggy Bolle, c’est du « rentre-dedans » salutaire. Et ça fait du bien !


Jeudi 6 juillet : Maggy Bolle en concert à 19h30 et entretien sur un banc un peu plus tard. Pause Guitare à Albi. Scènes du Off. Caravane du Centre Dramatique national du Vladkistan (pays imaginaire inventé par l’artiste Vlad) : véritable caravane-scène installée sur le Jardin National en plein centre ville d’Albi, pour la deuxième année à Pause Guitare.

© Michel Gallas

Hexagone : Comment es-tu venue à la chanson ?
Maggy Bolle :  De base je suis commerciale, j’ai fait des études pour, j’ai bossé quatre ans comme V.R.P, je suis partie faire un tour du monde pendant un an, j’ai vécu en Angleterre deux ans, un an en Espagne, tout à l’arrache. Je suis revenue en France, j’ai touché une guitare, je me suis dit : « Whaouh, je veux en vivre » et j’ai écrit.

Hexagone : Quand tu étais VRP, tu le faisais avec le même franc-parler que sur scène ?
Maggy Bolle :
Hé oui, les collègues me répétaient  : « ah si on disait le dixième de ce que tu dis aux clients, on se ferait jeter et toi tu vends ! »

Hexagone : Le franc-parler et le franc-écrire sont ta marque de fabrique ?
Maggy Bolle :
Je ne me verrais pas écrire autrement. Ni parler différemment sur scène. Parfois je fais des ateliers d’écriture dans des maisons d’arrêt ou dans des foyers. Par exemple fin août, dans un foyer d’enfant on va écrire sur les droits de l’enfant. Ils me font venir car ils savent que cela va décaper. A un moment, je vais les aiguiller sur « Mâche pas tes mots, si c’est assumé, si c’est naturel. » Le rentre-dedans c’est mon créneau, mais naturellement.

Hexagone : Tes chansons semblent inspirées du réel, tu confirmes ?
Maggy Bolle : Oui, tout part du vécu. Pour  « Jean-Marc » qui débouche les canalisations, c’est une vraie histoire. Ce gars m’a draguée et cela m’a donné l’idée, je suis parti dans un bar, j’ai beaucoup ri en écrivant cette chanson : je lui dis merci. Pour La connasse d’en face, je me sers d’une fois où les flics sont venus chez moi pour cause de tapage nocturne. Mais la vraie raison, c’est qu’à Besançon on a un café-concert qui a de grandes difficultés pour tenir le coup. Ils ont mis des thunes pour les lois sur le tabac, le respect des normes. Une fois sortis de cela, une connasse a acheté l’appart en face du café-concert et appelle les flics systématiquement, à chaque concert, quatre fois par semaine. J’ai écrit pour les deux nanas qui tiennent le lieu.

Hexagone : Tu as joué deux jours, je ne t’imagine pas faire exactement le même set ?
Maggy Bolle :
Pour les gens qui sont venus hier, c’est cool de ne pas refaire le même set. Et hier après le concert, deux gosses qui ont le disque mais ne m’avaient jamais vu sur scène, sont venus réclamer deux titres qu’ils adorent. Comme ils sont revenus aujourd’hui, je les ai chantés. On a aussi changé la fin. En fait, on n’a absolument pas suivi la set-list prévue, comme souvent d’ailleurs.

© Michel Gallas

Hexagone : Tu as sorti quelques albums, tu joues parfois dans un autre groupe. Et cela fait  un certain nombre d’années que tu fais de la scène désormais … 
Maggy Bolle :
Oui, c’est ma dixième année de scène. Je vis de ma guitare et j’ai vendu plus de dix mille CDs. On va sortir le quatrième album cette année. Depuis que je suis en duo avec Max, le côté musical est enrichi. Avant pour danser sur du Maggy Bolle, il fallait vraiment être franchement bourré, maintenant tu peux. Je joue aussi dans un groupe, les Cancoyote Girls, un trio féminin, chacune ayant un projet personnel. On a trois spectacles : celui où chacune reprend des chansons de son répertoire accompagnée par  les deux autres avec aussi des chansons de reprise qu’on aime bien, qu’elles soient  connues (Brassens) ou pas ; un spectacle « Chante Brassens » et « Chante Noël » avec nos propres chansons et la reprise de Petit garçon de Graeme Allright en punk.

Hexagone : On te voit très peu dans le Sud alors que tu tournes beaucoup . A qui doit-on ta présence à Albi ? 
Maggy Bolle :
Ma programmation ici est lié à Vlad, qui gère la caravane du Vladkistan. On s’est rencontrés il y a quatre ans, un coup de foudre : artistique, musical et amical. Quand il vient jouer chez nous, pour le décrire on dit : « Vlad, c’est Maggy Bolle en mec ». Et moi quand je vais chez lui, il dit : «  Maggy Bolle c’est Vlad en fille. » On tourne dans le Grand Est. Faut venir chez nous ! On joue au moins tous les week-end.

 Hexagone : Qu’as-tu envie de dire pour conclure ce petit entretien ?
Maggy Bolle :
J’ai rencontré Linda Bortolotto, une ancienne capitaine de gendarmerie qui a tout plaqué pour partir voyager à pied et sac à dos, en Sibérie, en Inde, une vraie aventurière. En ce moment, elle s’est lancé un défi : le « Tour de France de l’audace», elle court un marathon par jour, de ville en ville. Parfois comme à Besançon, elle fait une conférence sur l’audace. Alors ce que j’ai envie de dire, c’est que si tu as envie de faire alors FAIS. Un peu comme moi quand je me suis lancée avec mes quatre accords et mon envie.  T’occupe pas de ce que les autres pensent et disent. Si tu crois en toi, vas-y, ça vaut le coup. Sois audacieux.


Hexagonaute parisien, à voir sur scène : le 14 septembre Péniche El Alamein, les 16 et 17 à la fête de l’Huma. Hexagonaute des Dom Tom : elle sera en tournée à l’Ile de la Réunion en Novembre.

Un clin d’œil de remerciements à Patrick Boez qui m’a fait découvrir Maggy Bolle dans son émission Jambon-Beurre.

Archibald à Pause Guitare

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Pause Guitare, c’est un « gros » festival dont je t’ai déjà parlé ici, avec ses têtes d’affiches commerciales sur la grande scène Pratgraussals, mais Pause Guitare c’est surtout une grande fête estivale de la chanson, avec ses plateaux découvertes ou Québecofolies et puis ses trois scènes gratuites du Off, en centre-ville d’Albi. Cette année, j’ai décidé de te parler plus particulièrement de la chanson qui ose dire les choses, frontalement, qui montre le monde comme il va… pas bien ; de t’évoquer la chanson qui ne se contemple pas le nombril, qui ne se morfond pas dans les amours ratés. Parce que la chanson engagée, la chanson « rentre-dedans », se fait rare, parce que l’entendre fait du bien, encore plus ces temps-ci, et parce qu’à Albi, trois beaux talents la représentaient : Archibald, Maggy Bole, Les Idiots. Alors pour chacun, je vais te livrer un compte-rendu de concert et un entretien.

© Michel Gallas

 Episode 1 : Archibald, en plein air, sur la scène atypique de La Caravane du Vladkistan. Archibald, le projet solo de Quévin Noguès, c’était mon coup de cœur découverte en février 2016, au Bijou, à Toulouse pour une de ses premières représentations. A Albi, en 45 minutes, durée imposée, il nous délivre une superbe prestation. Sur la scène, il a disposé quelques objets : un ancien et gros poste à radio, une table basse, une vielle machine à écrire, une lampe de chevet et une caisse en bois. Il arrive, en redingote et chapeau, monte sur scène et nous déclame ses chansons rap acoustique engagées. C’est du « rentre-dedans », salutaire. Il argumente contre Mr Tout le monde haineux et raciste, il chante « les pauvres, les affaiblis, les opprimés, les démunis », met en avant l’humain et la solidarité, récuse l’injustice. Mais ce n’est pas un meeting, c’est un spectacle, avec une mise en scène adaptée et un parti-pris de musicalité. Lui, le sourire aux lèvres, se montre dans son élément sur scène, véritablement content d’être là. Chansons et textes, guitare et parfois des sons en boucle (voix, flûte, bruit de machine à écrire et percussions), human beat box et jeu avec la voix qui parfois prend des accents hispaniques. Il enchaîne les moments forts et prenants comme T’entends ça l’oiseau ? sur l’observation de l’état du monde et la nécessité de résistance (insurrection ?) des peuples. Il émeut avec Ma lettre, un slam intime et émouvant sur un être qui l’a laissé (« ça fait dix ans que ça dure, ça fait dix ans que c’est dur ») et on découvre à la fin qu’il s’agit de son « papa ». Il nous réjouit avec Intergitans du spectacle Y a comme une odeur de joie de vivre qui traîne dans l’air ») reçue comme une sorte de profession de foi. On se sent plus fort et plus vivant à la fin de la prestation. Deux programmatrices de petits festivals, que je connais et qui découvraient Archibald, ont été emballées et sont allés acquérir son album.


© Michel Gallas

 Vendredi 7 juillet : Archibald concert à 19h45 et entretien sur un banc un peu plus tard. Pause Guitare à Albi. Scènes du Off. Caravane du Vladkistan.

Hexagone : On s’est vus la dernière fois en février 2016, au Bijou. Quel a été le parcours du spectacle et le tien depuis ?
Quévin Noguès : Au Bijou, ce spectacle était tout neuf. Depuis un an et demi, je l’ai joué plus de soixante-dix fois. Je suis allé avec lui un peu partout, au delà des alentours toulousains, dans les Alpes trois fois, dans la région de Clermont-Ferrand au moins cinq fois, à Tours deux fois, à Nantes et en Bretagne,à Paris aux Trois Baudets et dans des bars. Et puis faire la route permet de faire de belles rencontres d’artistes et d’humains. Depuis quelques temps avec Mathieu Barbances, chanteur contrebassiste, on essaie quand on peut de se retrouver en co-plateau. Et récemment en mars au Bijou, j’étais programmé avec Govrache. On ne se connaissait pas. On a décidé de faire un vrai partage de scène et pas deux concerts qui s’enchaînent. On s’est aperçus que l’on traitait les mêmes thèmes. On s’est de suite appréciés humainement. On a décidé de rejouer ensemble et de monter un spectacle commun, j’espère à l’automne prochain du côté de Paris.

© Michel Gallas

Hexagone : Tu nous dis quelques mots sur ton album T’entends ça l’oiseau ?
Quévin Noguès : L’album est sorti l’été dernier. Je l’ai conçu et enregistré tout seul dans ma caravane, voix et instruments. Je suis content car beaucoup viennent le prendre après le concert.

Hexagone : Ton spectacle est rôdé et maîtrisé, on en a eu un bel exemple ce soir. As-tu écrit de nouvelles chansons que tu incorpores ?
Quévin : Le spectacle est dense, vu les textes proposés, et je pense cohérent. Je n’y touche plus depuis plusieurs mois. J’écris de nouvelles chansons mais je les garde pour un autre spectacle.

Hexagone : Que peux-tu nous dire sur ce prochain spectacle ?
Quévin : Ce sera dans la continuité. Mais je vais essayer d’être un peu plus mature, ou tout au moins d’être un peu plus optimiste. Plus dans la recherche de ce qu’on peut faire comme merveilles et moins dans le constat du bordel dans lequel on est. Après je ne peux pas m’empêcher de parler de certaines choses et d’être énervé. Mais je veux aller plus au fond des choses, soit dans le positif parler des belles choses et aller vers l’utopie, soit dans le négatif aller dans le vindicatif. Mais cela restera assez engagé.

© Michel Gallas

Hexagone : On sent à ton concert, que la musicalité t’intéresse, qu’écoutes-tu en ce moment ?
Quévin : J’aime la musique en général. J’ai eu plein de phases et de périodes. Depuis un an ou deux je suis très hip-pop, rap et beaucoup le rap espagnol, le rap français avec les vieux groupes NTM, IAM ; je me suis empressé d’écouter leur nouvel album qui est vraiment bien. Tom Waits que j’ai découvert, une claque, il y a trois ou quatre ans grâce au metteur en scène de mon spectacle. Et je suis en amour pour le Cirque des Mirages et Yanowski.

Hexagone : Qu’as-tu envie de dire pour conclure ce petit entretien ?
Quévin : De belles choses se mettent en place pour mon spectacle. Début 2018, dans le cadre du festival Détours de Chant je ferai la première partie de Juliette à la Halle aux Grains, superbe salle à Toulouse.

Armelle Dumoulin au Théâtre aux mains nues

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Armelle Dumoulin – Théâtre aux mains nues, Festival Les Traverses de juin, 24/06/2017

© Fabien Montes

Fin de saison bien remplie pour la chanteuse-rockeuse-théâtreuse : un EP (Le Quatre) lancé lors d’un concert au FGO-Barbara ; la préparation du Festival des Fromages de Chèvre à Courzieu avec Christian Paccoud fin juillet ; les répétitions d’un nouveau spectacle théâtral dans la lignée des Magnifiques (qui mettra en scène les mots collectés auprès de personnes en fin de vie). Avant les vacances, elle a donné un dernier concert dans le cadre du Festival les Traverses de Juin, organisé par le Théâtre aux Mains Nues, spécialisé dans… la marionnette. Eté et chaleur obligent, elle s’y présentait en configuration « légère », seule avec Paul Jothy à la mini-batterie, pour un set ramassé mais rentre-dedans – treize chansons en une petite heure, rappel inclus.

Dans le détail, cela donnait : Tout ce bleu / Ta petite âme / La gueule de tes genoux /Myosotis / Gergovie / Balcons /Honneur / Petit chéri /La chute /Bien / Il pleut sur mes parents / Allons-y / T’avoir connu. Soit une majorité d’extraits du dernier album, quelques beaux souvenirs du deuxième (Les Armelles Dumoulin), une paire de nouveautés tirées du EP… et l’impasse sur les premiers opus (l’album Est-ce nous ? ou la démo 10 titres qui l’avait précédé), dont la formule accordéon/piano ne colle plus à l’humeur du moment – résolument guitaristique (*).

© Fabien Montes

« Quand il fait chaud ou humide, ou les deux, je parle beaucoup – dommage collatéral » : si les chansons d’Armelle Dumoulin sont souvent brèves, elliptiques, répétitives (dans le bon sens du terme – insister pour faire entendre les multiples nuances du mot qu’on martèle), ses interventions parlées emmènent le tour-de-chant du côté d’un théâtre moderne. Loin du tout-venant « je raconte une anecdote entre deux chansonnettes », cette parole sophistiquée-absurde ou poético-punk marie les contraires, prolonge, éclaire – ou, au contraire, obscurcit à dessein, cherche quasi-systématiquement le contrepied qui titille. Le fraternel Gergovie est ainsi introduit par un récit humoristique (et légèrement inquiétant) mêlant faille spatio-temporelle et référent culturel anachronique (les « paroles gelées » de Rabelais). Allons-y, assez guilleret sur le plan musical, prend une tournure plus sinistre quand on croit deviner les histoires de famille auxquelles il renvoie. Quant au très sérieux Honneur, il est précédé d’une histoire drôle où s’entremêlent personnages historiques (Mitterrand, Jean Moulin) et jeu de mot lamentable.

© Fabien Montes

Armelle joue les matamores, se cache derrière les décibels pour ne pas paraître sentimentale – mais l’émotion contenue dans une bonne chanson (« j’ai mis dix ans avant de pouvoir écrire mon amour » dit-elle pour introduire La Chute) résiste aux coups de boutoir de la fée électricité. Il lui arrive de réciter du Baudelaire pendant qu’elle se réaccorde, interrompant le poème – Chants d’automne, alors que la canicule est là, c’est rafraichissant – une fois les cordes en place. Il lui prend souvent l’envie d’entrecouper ses chansons par d’autres textes : prière incongrue au milieu de Tout ce bleu (« anomalie pleine de grâce, soyez ici je vous en prie ») ou parenthèse punk-rock électrisant Petit chéri (« Ca y est l’alcool et mon sang font Meurthe-et-Moselle / me voici petite fille de Pantagruel » !) Les rares slows parsemant le show n’y changent rien : l’énergie est définitivement plus rock que chanson. Quand il fait vraiment trop chaud, la chanteuse sort prendre l’air (la porte de la salle est restée ouverte)… avant de revenir conclure : les fins musicales « claquent », moulinet de guitare et roulement de caisse-claire synchrones.

© Fabien Montes

La fusion entre la chanteuse et son batteur est impeccable : elle a toute latitude pour s’arrêter, divaguer  un peu – il déploie derrière un tapis rythmique ininterrompu qui lui permet de reprendre le fil de la chanson quand elle veut. En entretien, elle nous parlait récemment des petites « battles rythmiques » sophistiquées auxquelles s’adonnent les musiciens entre eux : on se surprend à écouter/observer tous ces micro-détails d’arrangements qui font qu’une chanson d’apparence limpide est – musicalement – moins évidente qu’elle en a l’air… Si le jeu de guitare d’Armelle Dumoulin paraît simple, les rythmes créés à deux ne le sont pas : les morceaux sont truffés de mini-ponts ou couplets-refrains évolutifs (c’est particulièrement sensibles dans Le Quatre, dont certaines parties sont difficiles à reproduire à une seule voix – Il pleut sur mes parents notamment). L’attitude physique de Paul Jothy est à l’image de son jeu : discrète au premier abord, mais capable de brusques embardées si besoin. Alors qu’il semble concentré sur un point invisible (le bout de chaussure d’Armelle, une figure dans le public ?), la fixité de son regard devient presque inquiétante à la longue… Il faut se méfier des batteurs qui utilisent les balais – synonymes de fausse douceur : quand ils les font enfin claquer, ça peut être violent !

Armelle achève le concert en nage. Elle a « mouillé le maillot », raccord avec ses chansons qui parlent sang, sueur, mictions (« ta pisse sent la noisette, ça veut dire que t’aimes quelqu’un »). La chaleur y est pour beaucoup… mais aussi la façon dont elle a occupé l’espace : sautillements, poses de rockeuse – très bonne idée, ces baskets rouge qui tranchent avec le noir ambiant et mettent en valeur son joli jeu-de-jambes. Malgré la féminité soulignée par le costume de scène (décolleté, bras nus), elle a de fières allures garçonnes, un côté volontaire et baraqué – des épaules notamment – qui empêche de la traiter en petite chose fragile. Il y a une bizarrerie dans son écriture et sa façon d’être qui la distingue des filles qui ne sont « que » chanteuses… de leurs historiettes qui ne sont « que » chansons – alors qu’il y a tant d’autres choses à y mettre.

Nicolas Brulebois

(*) Le très rare Gésir dans l’herbe (paru sur EP avant le 1er album, jamais repris ailleurs) pourrait être réactivé prochainement, doté d’une nouvelle musique adaptable à cette configuration guitare-batterie.

Dimoné – Indigo : nouveau clip en exclu !

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En février dernier, Dimoné sortait un nouvel EP, Epris dans la glace, enregistré au Québec et réalisé par Pierre-Philippe Côté (Pilou). La grande allée, premier single, est très vite venu mettre en alerte et prévenir que le Montpelliérain allait frapper à nouveau très fort.
Voici à présent le nouveau clip du nouvel extrait : Indigo. Une réalisation de Renaud Papillon Paravel qui n’en est pas à son coup d’essai avec Dimoné. C’est beau, on y voit que du bleu.
Actuellement, en cette période estivale, Dimoné travaille sur son prochain album qui sortira en 2018. Du changement en perspective. Il sera accompagné du groupe Kursed en studio et sur scène !
Tu peux retrouver un entretien de 6 pages de Dimoné au sommaire du numéro 4 d’Hexagone la revue. Clique sur l’image en bas de page.


Indigo – Extrait de l’EP « Epris dans la glace » Sortie le 24 février 2017

Clip réalisé par Renaud Papillon Paravel

Montage : Nathalie Masek

Avec la participation de Manzanita

EP enregistré et réalisé par Pierre Philippe « Pilou » Côté Studio Le Nid (Québec) assisté par Emmanuel Crombez.

« Epris dans la glace » disponible en physique : http://boutique-ulysse.com/dimone/

Spotify : https://open.spotify.com/album/5uGKjY

Deezer : http://www.deezer.com/album/15191389

Itunes : https://itunes.apple.com/…/épris-dans

Toujours disponible « Bien hommé mal femmé » (Octobre 2014) Album réalisé par Jean-Christophe Sirven Mixé par Jean Lamoot Disponible ici : http://boutique-ulysse.com/dimone/

Plus d’informations concernant Dimoné en se baladant ici : http://www.dimone.fr et là : https://www.facebook.com/pages/Dimone

Management : Dany Lapointe

Tournée : http://www.ulyssemaisondartistes.coop/


Avignon off 2107 : autour du pont on y chante, on y chante

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Du 7 au 30 juillet, le festival d’Avignon Off présente plus de mille quatre cents quatre vingt spectacles. Et qui dit festival d’Avignon dit théâtre. Mais autour du pont on y chante, on y chante de plus en plus. Hexagonaute festivalier, tu viens de jeter un oeil dans le programme, type catalogue Trois Suisses, avec ses 432 (!) pages. Et tu as peur de passer plus de temps à essayer de trouver un spectacle plutôt que d’aller en voir. Alors Hexagone t’offre ci-dessous une pré-sélection de plus de quarante propositions chanson avec pour chaque spectacle :  un petit descriptif ou avis, l’heure, le nom  du lieu, les dates et même le numéro de page dans le programme. Et, le cas échéant, un lien sur un article d’Hexagone ! 


Le lieu chanson du festival : Théâtre de l’Arrache-coeur – (page 59)

Pour la quatrième année l’Arrache cœur propose une programmation exclusivement chanson dans sa salle Moustaki (relâche les 10, 17 et 24 juillet). L’an passé, j’y ai vu huit des neufs spectacles programmés dans ce lieu. Peut-être le record sera battu ce mois-ci, cela n’aurait rien de surprenant vu la programmation. Ce théâtre héberge l’événement Talents Adami : Artistes en Avignon – On y chante. (article dans le dernier n° d’Hexagone) dont voici la riche programmation, par ordre d’apparition dans la journée. A 15h Nicolas Jules, dossier du récent n°4 d’Hexagone, pour un nouveau spectacle à l’occasion de la sortie de son nouvel album Crève-silence. Sur la scène, son domaine, il se produit en trio avec le fidèle Roland Bourbon à la batterie et Brice Perda, déjà dans ce même lieu l’an passé avec Chloé Lacan. A 16h30, Clément Bertrandportrait dans le n°3 d’Hexagone, avec son spectacle Peau bleue, voix chaude et poésie, chansons électrisées en duo avec l’excellent guitariste Nolan Rivetti.

© David Desreumaux

A 18h Amélie-les- Crayons avec Mille Ponts, nouveau spectacle dont tu peux lire la chronique enthousiaste ici, et nouvel album chroniqué dans le n°4 d’Hexagone. A 19h30 je vais découvrir Ottilie B, « Quand la chanson se réinvente en funambulant sur la tradition, en bouleversant les codes tout en jouant avec, cela donne Ottilie [B]. Heureux patchwork musical, aussi dynamique que délicat, Ottilie B est autant une bâtisseuse de sons que de sens » voilà ce qu’écrit David Desreumaux sur son spectacle :passage: titre de son dernier album. A 21h, Hildebrandt que j’irai aussi découvrir avec Animals, et dont tu peux lire un portrait dans le n°2 d’Hexagone.  Les voir tous me semble une bonne idée d’autant plus qu’un pass spécifique Talents Adami est vendu 25 euros les 5 concerts. Ce serait dommage de s’en priver !

© David Desreumaux

Et autour des talents Adami, Michel Boutet ouvre la journée à 10h30, en solo avec Barbouillot d’pain sec, dont le nouveau livre-cd vient d’être publié fin mai. David Desreumaux a écrit : « Que je l’aime cet artiste ! Simple, humble, délicat avec ses chansons qui ont un coeur gros comme ça, d’une sincérité et d’une profondeur troublantes. Tout chez lui est sensibilité (même s’il ne rechigne pas à mettre des coups sur la tête à la bêtise humaine). Quel bonhomme ! «  A 12h, j’irai découvrir Romain Lemire, en solo aussi avec Gaston moins le quart. Puis à 13h30, Nathalie Miravette. Après Cucul, mais pas que… voici son deuxième spectacle En toute modestie. Accompagnée par un guitariste dans une mise en scène de Juliette : à découvrir. Et pour clore la soirée à 22h30, allons (re)voir Parité Mon Q, mon coup de cœur découverte de l’an passéspectacle de polyphonie vocale et humoristique a cappella avec 7 hommes.


Il se peut que j’aille revoir (mais toi n’hésite pas ) des spectacles déjà vus et appréciés

Virage à droite Spectacle humoristique et décalé de reprises des plus grandes chansons réactionnaires,  programmé à la Blackroom d’Hexagone à l’hiver 2015-2016. Avec Nicolas Bacchus (Nicolas Sarcchus),  Stef! (Stéphanie de Morano), Gilles Roucaute (Gilles Scardestaing) qui remplace Manu Galure, Lucas Lemauff (Lucas Stoipovon) en alternance avec Patrick Laviosa (Patrick Laviodjian).  A 21h à la Bourse du travail CGT sauf les 10, 14, 17, 24 – page 133

Garance : Bien connue des Hexagonautes, en couverture du n°1 de la revue trimestrielle, présente aux deux spectacles de sortie du n°1 et 2, elle donne à Avignon, un concert en solo, créé pour l’occasion et articulé autour des chansons à paraître dans son prochain album en 2018. 13h  Maison de la Parole jusqu’au 26 juillet (sauf les 13, 15, 16 et 20) page 264

Joséfa : Découverte sur ce festival en 2015 et évoqué dans Hexagone ici, elle a fait une apparition en solo l’an passé. Joséfa joue sa comédie, à nouveau en solo, avec un concert encore plus théâtralisé et quelques nouvelles compositions. Chansons Pétillantes à 21h30 à l’Ambigu Théâtre sauf les 10, 17 et 24 – page 54


J’irai surement découvrir ces spectacles

© David Desreumaux

Jean Guidoni. Son affiche annonce « l’événement chanson du festival off ». Cela y ressemble. Il vient présenter son nouveau spectacle Légendes urbaines du titre de son dernier album qui a reçu un très bel accueil critique. A 22h du 8 au 29 juillet sauf le 28 à l’Espace Roseau – page 199

Zèbre à trois  en jeune public, nouvelle création et nouvel album : Dur comme faire autour d’Hervé Peyrard, auteur et chanteur de Zèbre à trois, qui sont devenus quatre. Voilà le regard de la photographe Chantal Bou-Hanna sur ce spectacle « C’est super beau, le décor et les lumières sont somptueux, si ça passe par chez vous, enfants, adultes, ou vieillards, foncez-y, ça vous fera un brin de lumière dans la morosité générale actuelle.«   10h45 sauf les 10, 17 et 24, au théâtre des Lucioles – page 252 

Caribou Volant Déjà là, l’an passé, le Caribou Volant, annoncé « Chanson biologique et humaniste », c’est la rencontre franco-québécoise de deux voix, Yoan Giansetto et Ninon Moreau, d’une plume et d’un mélange de cordes tantôt frottées tantôt pincées (guitare, violon, mandoline). 20h au Théâtre des Vents Relâche les 11, 18, 25 juillet – page 380

© Michel Gallas

Les Frères Brothers, quatuor vocal humoristique a cappella, fêtent leur 20 ans de scène pour leur quatrième festival d’Avignon. Drôle et très fort  vocalement. 21h30  sauf le 19 juillet au théâtre Buffon  page 118.

Pascal Mary. En solo piano, un habitué d’Avignon : c’est son 7ème ! Et pourtant je ne l’ai encore jamais vu sur un spectacle complet, seulement dans des auditions ou concours.  16h45 à l’Atypik théâtre sauf les 10, 17, 24 juillet – page 85

Pêcheurs de Rêves, chansons, écrites et chantées par Laurent Brunetti, composées et arrangées par Mario Pacchioli ; deux artistes suisses établis à Paris, un spectacle annoncé vu dans plus de 16 pays sur 3 continents. Je n’en avais jamais entendu parler. 14h sauf les 11, 18 et 25 Théâtre au Chapeau Rouge – page 138

Des amis passionnés de chanson m’ont dit du bien de Marionèle chante La Pacifie à 19h à la Bourse du travail CGT sauf les 10, 17, 24 – page 133 et aussi d’Alex le Piéton, conteur chanteur en solo, à 17h50 Maison de la Parole jusqu’au 26 juillet (sauf les 13 et 20) page 264


Ils étaient là l’année dernière, ils sont là à nouveau : Profite !

Les fouteurs de joie. Un collectif de chanteurs multi-instrumentistes (Tom Poisson, Nicolas Ducron, Laurent Madiot qui ont chacun leur projet personnel) et deux excellents musiciens. Ayant adoré leurs deux premiers spectacles, vus dans le même lieu à Avignon, je te conseille de découvrir Des étoiles et des idiots, créé l’an dernier au festival, bien rôdé depuis. Les Fouteurs de Joie, burlesques et délirants, ont reçu une ovation debout au festival Aubercail en mai dernier. 19h20, sauf les 11, 18 et 25 à Présence Pasteur – page 357.

Les propositions suivantes, concernent aussi des habitués du festival qui tous  pratiquent l’humour en chanson. Barber Shop Quartet, quatuor vocal humoristique, deux femmes et deux hommes, a cappella, revient pour une création Chapitre 4. 19h sauf les 13, 20, 27 Essaîon Théâtre – page 208. Le trio de Chanson Plus Bifluorée livre, pour la deuxième anné,e leur Cuvée spéciale, assemblage de nouveautés et de « standards ». 14h30 sauf les 10, 17, 24 juillet, à la Luna page 258. Et Frédéric Fromet, révélé au grand public par sa chanson d’actualité hebdomadaire sur France Inter (souvent une goguette) revient pour la troisième année consécutive en trio, dans Ça fromet ! 20h15 Au coin de la lune page 91.

 


Les spectacles autour de … 

Une « tradition » du festival c’est de proposer des spectacles d’hommage autour des grands et très souvent Brassens, Vian, Brel, Barbara. Voici ce que j’ai repéré cette année.

Ma cantate à Barbara. Anne Peko comédienne chanteuse, conceptrice de ce spectacle,  est accompagnée de deux musiciens ( piano, violon). A Avignon elle a déjà chanté Piaf, Brel,  et … Barbara. 22h sauf les 18 et 25 juillet Théâtre du Petit Louvre – page 341. Barbara : il était un piano noir. Chant et lecture. Piano et accordéon. à 21h5 Maison de la Parole jusqu’au 26 juillet (sauf les 13 et 20) page 264.

Gainsbourg confidentiel. Textes de Jean-François Brieu biographe de Gainsbourg évoquant la période 57-63, le cinquième album est porté par la voix et le chant de l’Avignonnais Stéphane Roux accompagné par guitare et contrebasse. 19h10 sauf 12, 19 et 26 Théâtre du Petit Chien –  page 337. Le Commando Nougaro présente son nouveau et second spectacle La Voix est libre, une traversée musicale articulée autour de trois morceaux phares de Claude Nougaro : Paris Mai, Locomotive d’or et Plume d’ange avec ses trois interprètes musiciens François Dorembus, Fabrice Aillet et Olivier Capelle. 19h30 sauf les mardis 11, 18 & 25 Atypik Théâtre – page 86

Clotilde Moulin : La boîte à musique enchantée, vu l’an passé. Clotilde Moulin, impressionnante chanteuse harpiste, dans un décor de boîte à musique, reprend quelques grands classiques du répertoire français (Brassens, Barbara, Brel, Piaf, Renaud), que fait choisir un maître de cérémonie, un peu trop théâtral. 18h les 10, 17 et 24 au Collège de la Salle – page 167. Les grandes gueules, quatuor vocal mixte a cappella, croquent Salvador !, après avoir repris Boby Lapointe en 2014. 10h45 au théâtre Notre-Dame page 282.


Attention, spectacles ne passant que quelques jours

Emma la clown et Gérard Morel qui l’accompagne, pendant la relâche de Zèbre à trois à 10h45 les 10, 17 et 24, au théâtre des Lucioles – page 252. MESS, duo toulousain chanson électro , les 19 et 21 juillet au Kabarouf – page 243

Cabadzi dans CABADZI X BLIER. Le groupe s’est approprié les dialogues de films pour en faire des chansons, ce spectacle et un album qui paraîtra en septembre. Une initiative curieuse qui donne envie d’aller voir. 23h jusqu’au 14 et sauf le 12 à La Manufacture – page 278

Les festivals pendant le festival Off : une nouvelle tendance qui prend de l’ampleur chaque année

Tout’Ouïe Avignon, le festival musical pour les enfants, organisé par les Jeunesses Musicales France avec la Sacem, j’ai retenu le spectacle jeune public  Icibalao de Presque Oui. Du 18 au 23 juillet à 12h30 à l’AJMI Jazz Club – page 39

Là c’est de la musique au Collège Joseph Vernet (page 245). J’ai sélectionné Duo Du Bas, duo féminin de chanson polyglotte a cappela, avec leur Tour de Chant, le samedi 15 juillet à 17h et 20h en première partie de SamarabaloufLes Siestes Acoustiques de Bastien Lallemant à 14h du 17 au 19 juillet. Le public est invité à s’étendre, les musiciens s’installent au centre de la salle, ces siestes sont l’occasion pour Bastien Lallemant d’inviter des amis parmi lesquels, Seb Martel, David Lafore, JP Nataf…

Contre-Courant . J’ai sélectionné Courir les Rues & sa Band’, 9 musiciens sur scène, avec leur dernière création Les enfants d’hier, 14 juillet à 20h, Ile de la Barthelasse – page 390


Et plus, si affinités. En fouillant pour toi, dans le programme, j’ai déniché quelques curiosités. Et j’en essaierai quelques unes.

La Revue Rouge, des chansons révolutionnaires, des chansons de lutte interprétées par Nora Krief entourée de trois musiciens. Dans le répertoire plusieurs chansons de Brecht, Les anarchistes de Léo Ferré, un titre de Montheus entre autres. 19h40 jusqu’au 27 juillet sauf les 11 et 18 au Gilgamesh – page 23 Etsaut trio emmené par laurent CabanéUn spectacle musical et visuel De la terre dans l’canon !  pour une évocation de la Grande Guerre en privilégiant les paroles des chansons de soldats avec les mots de Prévert, Brassens et Rimbaud, et des musiques métissées interprétées par trois musiciens sur une douzaine d’instruments et des images d’archives. 12h30 jusqu’au 20 juillet au Théâtre Tremplin – salle Les Baladins – page 375. KosmAnarchie. Sur des textes de Prévert et la musique de Kosma, deux chanteurs comédiens suivent le fil rouge de la révolte. 10h45 sauf les 8, 17 et 24 juillet au Théâtre Notre Dame – page 282

Après vous… Chansons Contresignées. Chanson (Aurélien Mouzac) et langue des signes (Maud Thibault). On les avait vus autour du chanteur Jean-Jacques Mouzac dans un spectacle de Sale Petit bonhomme : Mon Brassens. A 17h00 et 20h30, les 13 juillet et 20 juillet Maison de la Parole – page 264. Rue de la Belle Ecume, annoncé comme une balade insolite au coeur de la chanson française avec, entre autres, Laurent Viel. 12h sauf les 10, 17 et 24 juillet. Le Rouge Gorge -page 366.

La croisière, ça m’use. Bonbon, ex-membre intérimaire du trio toulousain féminin Boudu les Cops’, reprend des tubes et des pépites oubliées du répertoire des chansons humoristiques.  18h à l’Atypik théâtre les jours pairs – page 86. Chez Joe, deux guitares et une voix, un hommage folk acoustique à Joe Dassin. A 19h15 sauf le 23 au Chapeau Rouge page 123


Et puis, entre deux concerts de chanson, fais comme moi un petit tour au théâtre, au bar, au cirque, au resto, va voir des copains ou à la commedia del arte … Et au plaisir d’échanger sur place.

Le Festival Pause Guitare à Albi du 4 au 9 juillet

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Le Festival Pause Guitare, dont c’est la vingt et unième édition, est devenu un grand festival incontournable qui chaque année prend de plus en plus d’ampleur. Il propose une belle mixité entre les « grosses » têtes d’affiches commerciales et les artistes en développement. Cette « grosse machine » attire environ 14 000 festivaliers par soir et nécessite 950 bénévoles pour programmer sur 6 jours de festival, soixante-dix artistes répartis sur sept scènes de la belle cité d’Albi. Mais Pause Guitare, belle organisation avec une équipe solidaire bien orchestrée par Alain Navarro, c’est aussi une trentaine de concerts gratuits et une ambiance qui a su rester conviviale. En fait, ce festival comporte trois, voire quatre lignes de programmation différentes, que je vais te détailler.

© Michel Gallas

La première ligne de programmation, celle des têtes d’affiche, la plus visible et la plus marquante, se déploie sur la grande scène de Pratgraussals, située au sein de la base de loisirs avec une jauge désormais à 14 000 spectateurs. C’est du lourd, « de la grosse cavalerie » avec les têtes d’affiche et les valeurs commerciales montantes pour trois ou quatre artistes par soir. Après Elton John et Bob Dylan les années précédentes, c’est ZZ Top cette fois. Une soirée affiche déjà complet : celle du dimanche avec Les Insus (l’ex Téléphone au masculin) et Radio Elvis. Pour les autres affiches françaises, sont programmés Renaud avec Féfé, Olivia Ruiz et Christophe Maé, ainsi que Vianney et L.E.J. Cette grande scène, qui a généré une large partie des spectateurs du festival, et fait venir un grand nombre de spectateurs en tarif V.I.P,  est un peu la raison économique du festival. Car bénéficiaire, elle permet de financer les autres lieux et de présenter de nombreux artistes en émergence.

© Michel Gallas

La deuxième ligne programmation s’adrese à un public de découvreurs-connaisseurs, dans la salle Athanor. Le vendredi 7 juillet, Les Québécofolies, pour la sixième année, offre une vitrine pour quatre artistes et groupes canadiens francophones : Alfa Rococo, Mehdi Cayenne, Tire le Coyote et Saratoga. Le lendemain, le tremplin «Découverte Chanson» présente un plateau relevé de cinq artistes, chacun proposé par un festival, certains déjà passés par les tremplins du Pic d’Or ou de Grain de Sel ou par le Printival pour les festivals régionaux. Les sélectionnées : Makja, Wallace (avec Erwan le co-fondateur des Hurlements de Léo), le groupe local Les Idiots, les belges Dalton Telegramme et Clio, bien connue des Hexagonautes car interviewée dans le numéro 2 du mook Hexagone (ah au fait, tu t’es réabonné ?) et locataire d’un soir de la Blackroom en 2016. L’Athanor abrite également le très intéressant spectacle jeune public Allez jouer dehors ! de Thomas Pitiot accompagné par ses deux acolytes musiciens. A voir, à entendre, à chanter et à danser.

© Michel Gallas

Une troisième ligne de programmation cible des artistes confirmés au Grand théâtre (900 places assises). On pourra y voir le jeudi Vincent Delerm et le toulousain Art Mengo, la veille Salvatore Adamo. A noter le dimanche après-midi, la «scène Sacem » propose Lo’Jo et Mesparrow.
La quatrième ligne de programmation, le festival Off, populaire et accessible, programme des concerts gratuits, sur plusieurs scènes, en centre-ville. L’ouverture du festival s’effectue le mardi 4 juillet avec De bars en bars, 11 concerts, chacun dans un bar, dans Albi (pour huit) et les villages environnants. Du mercredi au vendredi, d’autres découvertes sont proposées sur trois scènes. L’Expérience Acadie fait venir trois artistes du Nouveau-Brunswick. Les Amis du Jour d’Euf présente des groupes locaux émergents et on pourra y (re)voir le jeudi Emilie Marsh, gagnante du prix des pros aux découvertes 2016, La Caravane du Vladkistan propose, entre autres, les mercredi et jeudi, la franc-comtoise Maggy Bolle, ses chansons burlesco-comiques, son franc-parler et sa bonne humeur contagieuse ;  le vendredi Archibald que je te conseille et pas seulement parce ma photo de lui est sur le site de Pause Guitare ; et Zob’ provocation et univers personnel, prix du public aux Découvertes 2016.
Pause Guitare, ce sont aussi des concerts « Hors Murs ». D’abord pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer avec des concerts du groupe Les Idiots à la maison de quartier de Cantepau et à la maison d’arrêt d’Albi. Ensuite, pour faire connaitre encore plus le Café Plum à Lautrec – haut lieu de la chanson dans le Tarn qu’affectionnent les organisateurs du festival et votre serviteur puisque j’annonce leurs concerts tous les mois – Pause Guitare y programme des artistes à trois reprises.

Donc tu vois, ce festival – programme complet sur le site ici – offre de nombreuses possibilités de concerts, de découvertes et de rencontres. En plus, si tu ne connais pas Albi, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, c’est une belle occasion de mêler concerts, culture et tourisme dans une ville très agréable. On s’y voit ?


Festival Pause Guitare à Albi (81) du 4 au 9 juillet.

Isabelle Mayereau – Parcours

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Cent titres en cinq albums : sous la pochette se cachent quelques trésors. EPM a eu la bonne idée de retracer le Parcours d’Isabelle Mayereau, en revisitant l’œuvre riche et précieuse de cette artiste injustement tenue dans l’oubli. Ses influences variées pourraient la situer entre Véronique Sanson et Yves Simon. C’est fort élégant, et on y retourne volontiers. DD

En juillet à Toulouse et alentours

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Hé non, pas de vacances pour la chanson à Toulouse, dans le Tarn et alentours en Juillet. Mais une ambiance estivale avec des concerts en plein air dans les jardins, dans un parc, dans la cour du Café Plum ou celle du Bijou de l’été. L’affiche inclut quelques artistes venant de loin comme Jules et son Vilain Orchestra, David Sire et Danny Buckton. Mais la programmation est essentiellement orientée artistes locaux et régionaux que l’on apprécie et dont je t’ai souvent parlé. Alors hexagonaute, vacancier de passage, viens découvrir les artistes de par ici. Nota : et en plus c’est hors festival Pause Guitare qui a lieu à Albi du 4 au 9 juillet, mais promis je t’en parle dans la prochaine chronique.


Les concerts chanson à Toulouse et alentours

samedi 1 : Lucien La Movaiz Graine à Encausse les Thermes (31)
samedi 1 : Alain Sourigues au Relais de Poche à Verniolle (09)
dimanche 2 : DBK Project  au parc Ritouret à Blagnac (31)
mardi 4  au samedi 8 : La Chorale de l’Ebranleuse  en apéro concert au Théâtre du Grand Rond
le vendredi 7 et les 8, 11, 12, 13, 18, 19, 20, 25, 26, 27  : Jane For Tea au Théâtre des 3 T
samedi 8 : Orlando Trio – Le jardin musical de Toulouse
samedi 8 : Jules et le Vilain Orchestra à Saint-Sulpice / St Lieux Lès Lavaur (81)
samedi 8 : Maggy Bolle au Café Plum à Lautrec (81)
mardi 11 : Victoria Lud à La pause musicale
mardi 11 au samedi 15 : Les Fils de Ta Mère en apéro concert au Théâtre du Grand Rond
samedi 15 : Les Idiots au Café Plum à Lautrec (81)
mardi 18 : Victoria Lud au Café Plum à Lautrec (81)
à partir du mardi 18 : All’arrabbiata au Théâtre du Grand Rond
mercredi 19 : Orlando à Bérat (31)
dimanche 23 : Danny Buckton au Café Plum à Lautrec (81)
mercredi 26 : David Sire au Bijou de l’été à Sengouagnet (31)
mercredi 26 : Hervé Suhubiette à Aureville (31)
mercredi 26 : Barbara Weldens au Café Plum à Lautrec (81)


Dans les salles de Toulouse : ce mois-ci, la chanson s’entendra dans deux théâtres

Au théâtre du Grand Rond, pour la quatrième année consécutive, La Chorale de l’Ebranleuse (photo de une) vient chanter cinq jours en apéro-concert début juillet. Cette chorale toulousaine, féminine et féministe, d’au moins vingt voix, interprète en plusieurs langues un répertoire choisi collectivement. Les chansons, qui évoquent souvent les luttes politiques des femmes ou leur condition, peuvent être tour à tour engagées, drôles ou bien exprimer des sujets plus graves. Une curiosité : cette chorale féminine est accompagnée par… un homme, chef de chœur d’origine cubaine, auteur des arrangements.

All’arrabbiata -Théâtre du Grand Rond – 01/2016 © Michel Gallas

Après les deux exceptionnelles soirées d’entre deux tours où ils se sont retrouvés à plus de dix sur la scène de la Cave Poésie, Les Fils de Ta Mère, on the road again, reprennent la route ou plutôt le répertoire qui chante la route, la rue, les chemins. Ils retrouvent pour la troisième fois  le Grand Rond, cette fois, pour clôturer la saison des apéros concerts. Le collectif sera composé de son « noyau dur »  Simon Chouf, Florent Gourault et Gaël Carigand, enrichi pour l’occasion de Simon Barbe à l’accordéon et de Damien Guisset. A partir du 18 juillet et pour trois semaines All’arrabbiata passe l’été au Grand Rond. Ce cabaret piquant, avec texte satirique et chansons en italien, condensé d’intelligence et d’humour, se révèle un spectacle à la sauce relevée, piquante, qui reste en bouche et procure du plaisir. Le trio joue à nouveau au Grand Rond où il avait rempli la salle il y a un an et demi. Faut dire que depuis sa création en 2014, il a écumé les salles toulousaines puis les villes, les places et les salles de France et de Navarre dont Paris, Aurillac, la place du Capitole pour Nuit Debout et … la Blackroom d’Hexagone ! A découvrir ou à revoir. Tu ne seras pas déçu.

© Michel Gallas

Jane for Tea au Théâtre des 3 T, lieu plus habituellement consacré au théâtre comique, pour une série de onze concerts, série nommée Jane 4T fait les 3T pour fêter ses 5 ans. Old sound for new songs. Jane for Tea c’est un duo composé de Séverine Lescure, voix chaude et superbe, ukulélé et wahsboard, et de JP. Salvodelli, batterie vintage et textes. Jane For Tea, c’est un look et un style musical particulier,  une écriture à base de jeux avec les mots et une belle énergie contagieuse.


Dans les jardins de Toulouse  

Tu sais que, parfois, je te propose des concerts dans des endroits insolites, qui ne sont pas des salles de concert. Alors cette fois-ci, profitons de l’été pour aller au jardin écouter un concert. D’abord, dans le jardin du musée Georges Labit, organisé par Le jardin musical pour le concert d’Orlando, trio toulousain « ovniesque » donc surprenant, décalé et décapant. Orlando  sera précédé par Cathon Cataix : deux accordéons, deux voix. Pour en savoir plus  : contact.apoirc@gmail.com. Victoria Lud joue le 11 juillet dans le jardin Raymond VI pour une Pause musicale dans le cadre du festival Toulouse d’Eté. Ce trio chanson cabaret rock déglinguéun des groupes toulousains dont je te parle souvent, a gagné le concours de la médaille d’or de la chanson française à Saignelégier (Suisse) fin avril (tiens d’ailleurs il y a un bel article sur ce concours dans le dernier numéro de ton mook Hexagone) et a sorti en juin un très beau et original clip de son titre Eldorado.


 En Haute-Garonne (31)

Le premier samedi du mois, Lucien La Movaiz Graine sera à Encausse les Thermes en quartet avec son spectacle Juste en face. Le lendemain DBK Project, groupe atypique de 6 artsites, présentera son conte post-apocalyptique dans le Parc du Ritouret dans le cadre des Estivités de Blagnac. Narration en français, chant en anglais et musique originale. Avec, entre autres, Milu Milpop et Clément Foisseau, appréciés en tant que musiciens de Jules Nectar. 

© David Desreumaux

Le Bijou prend ses quartiers d’été à Sengouagnet, village à 90 kms de Toulouse, avec une programmation de quatre soirées d’été dans la cour du presbytère. En chanson, le 26 juillet David Sire et son superbe spectacle Avec. Voici mes notes : « C’est étonnant, tendre, musical, subtil, drôle, frais, émouvant, parfois déjanté et surtout débordant d’humanité. Avec une énergie folle presque équivalente à sa générosité et à son talent, il propose une performance bourrée d’idées, d’humour et de poésie voire de «Bidulosophie» (pour ne pas citer le mot philosophie), pour une belle promotion du partage et de la vie qui vaut le coup. Un spectacle inclassable avec des guitares, des ballons, des pompes à vélo et des percussions corporelles. En duo avec son comparse et excellent guitariste, déjà présent dans l’ancien groupe Les drôles de Sire, Fred Bouchain nommé Cerf Badin – eh oui en plus, Sire est un spécialiste de l’anagramme. » A ne pas rater !

Le festival 31, Notes d’été offre, pour les habitants de Haute-Garonne; quelques rendez-vous chanson comme Le trio Orlando, cette fois en quartet le 19 juillet à Bérat, et Hervé Suhubiette le 26 à Aureville. Ces deux concerts sont prévus en plein air.


Dans le Tarn voisin

Maggy Bolle © David Desreumaux

Comme chaque mois, voici la programmation chanson du Café Plum, à Lautrec. Et en juillet, les concerts ont lieu dans la cour à 19h. Par ordre d’apparition chronologique Maggy Bolle, la franc-contoise, chanson réaliste et décapante, une artiste de scène, souriante et enthousiaste, qui déploie une belle énergie, et qui dit ce qu’elle pense, directement, parfois sur des titres engagés, souvent sur des titres qui font rire. Jurassienne, elle ne passe pas souvent dans la région alors il faut aller découvrir. Le duo Albigeois Les Idiots, eux on les voit souvent ces derniers temps dans les festivals (Printival, Grain de sel, Pause Guitare) ou les lieux (Bijou) de la région. Ils se présentent de la manière suivante : « Les idiots ce sont des chansons en français avec des textes drôles ou pas ou les deux à la fois. Au final si Les idiots ne sont que deux, ils savent qu’ils peuvent compter sur tous ceux qui les entourent. » Des textes engagés et humanistes qui ne manquent pas d’humour et de dérision, une belle présence sur scène, avec au chant Guillaume à la voix éraillée et puissante, Mika à la guitare et à la grosse caisse. Ils seront suivis de la régionale Victoria Lud, déjà citée sur cette chronique. Puis de Danny Buckton, trio parisien mais souvent de passage par ici. Et de Barbara Weldens, une autre artiste souvent annoncée ici et qui, cette année, est programmée dans un grand nombre de festivals chanson : elle s’est produite récemment au Festival Bernard Dimey et au festival Ta Parole, elle va chanter en juillet aux Rencontres Marc Robine à Blanzat, au festival Léo Ferré à Gourdon et au festival Barjac m’enchante.

A Saint-Sulpice / St Lieux Lès Lavaur,  Jules et le Vilain Orchestra viendront au complet, sept joyeux et talentueux musiciens, avec à leur tête Jules. « Un show-man doublé d’un rockeur de variété. Jules maîtrise parfaitement son sujet scénique. Il est drôle, touchant, sait titiller les consciences politiques et musicalement, c’est fichtrement bien gaulé !  A voir absolument. » 


Dans les autres départements, pas loin :  l’Ariège
Au Relais de Poche à Verniolle (09), le 1er juillet, Alain Sourigues vient en trio, jongler avec les mots, chanter et dire quelques aphorismes de son cru.

Gérald Genty à l’Essaïon

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Gérald Genty à l’Essaïon, 02/06/2017 – et tous les vendredi/samedi jusqu’au 29/07

Il arrive grotesquement caché sous un drap noir, effet fantômatico-pathétique de film fauché. Au sol, des ustensiles qui serviront de bruitages pouêt-pouêt en cours de spectacle. Un landau branlant relié à des câbles dissimule mal un synthétiseur-jouet. Au mur, un collage doré de couronnes de galette des rois encadre une photo rapiécée de notre humble héros en compositeur Deutsch Gramophone. La première chanson (« Une fois rangé mon appartement, il a l’air dix fois plus grand ») donne le ton : en 1h30, le chanteur va transformer la petite salle en chaudron incandescent, faire de ses bouts-de-ficelle une symphonie en gags majeurs.

Après cette intro en forme d’ode au minimalisme, Genty pousse le curseur de l’économie dans le rouge : il enfile les chansons courtes (mais bonnes) de son dernier album, l’épatant Hippopopopopopopopopotame. On a déjà dit (dans le numéro d’été d’Hexagone) tout le bien qu’on pensait de ces vignettes absurdo dadaïstes balancées sur des airs pop-rock que n’auraient par reniés McCartney ou Voulzy. Il les réinvente en concert avec les moyens du bord – diverses guitares, un sampler, la complicité bon enfant des spectateurs. Si les calembours sont des pets de l’esprit (dixit Victor Hugo), alors Gérald Genty est un moteur à explosion qui change une pétrolette en bolide : les morceaux-sketchs de moins d’une minute s’enchaînent à un rythme soutenu et le public (à dominante féminine ce soir-là – bogosse oblige) commence vite à se gondoler à l’écoute des jeux de mots brillants et/ou navrants.

En concert, le chanteur offre un éclairage nouveau à des gags qui nous avaient échappés sur le disque, d’infimes nuances qui font que ces micro-chansons s’oublient moins vite qu’on aurait pu croire. A titre personnel, on a ainsi redécouvert (ou compris) ce soir-là Un discret yeah et son disque rayé, Que cela ne se reproduise plus et ses couplets de lapins forniquant dans tous les sens – et le lendemain, à la maison, les enfants ont éclairci La fac de champignons et son hermétique programme du lundi (gestion de champignons). L’absurde a ses codes, Gérald Genty nous offre quelques pistes pour le décrypter : il explique son goût pour les homophonies et paronomases, ces bouts de phrases symétriques aux sonorités proches mais dont une partie du sens s’est délité en chemin, glissant vers les chausse-trappes de l’inconscient, qui entend ce qu’il veut entendre. Quand on est écossais et « quand ton nez est cassé », Immobilier « y m’a oublié » ; ou le magistral Marais salant (mélodie sublimissime) déclinant « ça l’ennuie, nuit et jour » avec une finesse quasi poétique dont on ne se lasse pas.

Des chansons issues de ses précédents disques se mêlent à ces babioles pour allonger la sauce. On reconnaît Mon prénom c’est Gérald pas Gérard, les Quiproquos 1 & 2, Tata E.T. ou le Camping Car (sur lequel il se met à délirer en mode Autotune, comme un PNL en roue libre). Là encore, ces morceaux sont truffés de trouvailles que les réinterprétations permettent de redécouvrir : ce soir-là, par exemple, une spectatrice réentendant la chute du Quiproquo 1 (« l’espion c’est celui qui dort »), s’exclame : « j’ai le disque depuis 10 ans et je viens à peine de comprendre ! » Il joue aussi avec des chansons connues qui auraient pu être plus courtes (Fais comme l’oiseau, Voulez-vous danser grand-mère, ou – absent du disque – Mon manège à moi et son ostéo-psychopathe heureux de faire « tourner la tête » jusqu’au « crac » fatal).

En plus de ses dons d’auteur, le bougre s’avère aussi bon musicien : il sample ses parties avec virtuosité et n’abuse pas du playback… ou à bon escient comme sur le superbe Merci bocaux, peut-être le morceau le plus réussi de l’album, mini-tube à plusieurs étages fonçant comme une fusée vers l’explosion mélodique finale : là, visiblement, Gérald jubile à faire hurler sa guitare – et il y a soudain quelque chose d’émouvant (et d’un tout petit peu pathétique) à le voir jouer seul ses musiques sublimes sur une bande préenregistrée. On rêverait de l’entendre accompagné par un groupe digne de lui, que la France découvre quel incroyable compositeur se cache derrière cette bille de clown ! Mais le temps de formuler en pensée ce regret, il est déjà passé à autre chose : le voici nous expliquant – justement – la recette du tube sur un clavinet faussement funky (mais vraiment ridicule), ou samplant les bruits de la ferme à l’aide de boîtes-à-meuh et autres accessoires peuplant son monde dérisoire et pourtant si touchant.

Le public – clairsemé mais complice – est aux anges. Quand le chanteur salue, il est en nage. Le concert porte ses fruits : rentré à la maison, on réécoute le disque pour retrouver les choses appréciées en live. Dans la foulée, le lendemain, les enfants se l’approprient et se repassent ad nauseam leurs morceaux préférés – à peu près tout l’album. Ils sont le public le plus exigeant : si les petits l’ont élu, c’est que Gérald Genty est un grand. Allez vérifier par vous-mêmes…

Fin de saison au Forum Léo Ferré

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Ce week-end, au Forum Léo Ferré, se déroulent les deux soirées de fin de saison. La première a eu lieu hier, formidable de bout en bout avec Yvan Dautin, Lise Martin, Michel Bühler, Claire Elzière, Rémo Gary et… avec Patrice Mercier à la présentation. Ca donne une certaine idée du déroulé… Ce même Mercier qui a réussi à retrouver une vidéo d’archive de l’INA avec Gilles Tcherniak, datant de 1979 (l’archive, pas Gilles). J’espère qu’il nous la partagera ici-même.
Cette fin de saison est un peu particulière pour le Forum Léo Ferré. Elle sonne la fin d’une ère et le départ de l’équipe actuelle, après 4 années de travail dévoué et de grande qualité. Gilles a salué et remercié toute l’équipe hier soir, tous les bénévoles qu’il a préféré appeler « les militants de la chansons » (la valse à militants ?). Il a également fait monter sur scène, Floréal Melgar, initiateur du Forum il y a 16 ans, et Roxane Piroska (Joseph de son vrai nom de la vraie vie) qui prendra la direction du lieu dès la rentrée de septembre. Cette image symbolise ça, un passage de relais militant, bon esprit, par et pour la chanson.
Pour faire mon travail de journaliste jusqu’au bout, j’ai interrogé Roxane à la fin de la soirée et lui ai demandé de nous rassurer quant à la programmation de la saison prochaine. Elle m’a dit « qu’on fera comme prévu, qu’on installera un dance-floor au milieu de la salle avec 2 DJ qui feront gueuler de l’électro-house-dance. » Nous voilà rassurés : le forum restera une place forte de l’humour et du spectacle vivant.

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