Au royaume de la dérision et de l’ironie réside un prince sans rire dont on ne parle pas assez. Pourtant, résumer le répertoire de Boule à un style déjanté serait bien réducteur. Si ses vers sont souvent acides ou cocasses, ils sont loin d’occulter une sensibilité latente. Quand l’artiste ne mâche pas ses mots, ils sont crus ; quand le cœur s’ouvre, une sensibilité exacerbée les enveloppe. Dans cet album enregistré en public, où l’artiste pour la première fois fait la part belle à l’accordéon, on trouve des textes nés d’une imagination foisonnante. Le loup et le chien, réécriture d’après La Fontaine, est une fable où le loup pacifique incarne la liberté et le chien policé l’ordre et la soumission. Je ne touche plus parle d’un couple dont la passion s’éteint, et cette fois les mots crus se font tendres, fondent sous une langue à la fois drolatique, effrontée et mélancolique. Un opus singulier qui rivalise d’audace et de tendresse.
Christian Milleret
Boule – Vide son sac en public – autoproduction




