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Ben Herbert Larue – L’autre BHL

Ben — diminutif de Benjamin — Herbert Larue — du nom du personnage de son premier seul en scène – part à 17 ans sur les routes de France avec son accordéon chanter dans la rue, écrire et rencontrer des gens. De retour en Normandie quelques années après, il crée la compagnie pluridisciplinaire Ô Clair de Plume, pour laquelle il écrit et joue une dizaine de spectacles. Il se frotte ainsi au spectacle vivant : théâtre, concerts (plus de cinq cents avec ses deux premiers groupes), cirque, jeune public et danse. Il anime des ateliers d’écriture en milieu carcéral, maison de retraite ou établissement scolaire.

Grand curieux de l’humain, il s’astreint à une gymnastique particulière : « J’aiguise mon regard à la poésie du quotidien. Pour voir de petites poésies un peu touchantes, un peu drôles, qui questionnent. La vie est plus belle comme cela. » À l’affût du beau hasard de la rencontre, amoureux de la vie et toujours enfant dans sa tête, cheveux ébouriffés, souvent le rire aux lèvres et la gouaille dans les yeux, Ben a envie « de jouer partout ; scène, rue et troquets, partout où il y a des oreilles et des yeux curieux ». Artiste de scène, tour à tour poignant, lunaire ou drôle, avec charisme et sensibilité, ce chanteur-diseur déploie son imaginaire et sa verve poétique de sa voix prenante et rocailleuse, qui rappelle quelques grands écorchés vifs de la chanson française. Ces dernières années, en  Ogre de paroles – pour reprendre le titre de ses précédents mini-album et spectacle –, il se recentre sur son projet de chanson en trio, avec deux musiciens comparses et choristes à l’apport musical incontestable. Un véritable trio-tabouret, car « si tu enlèves un pied, cela ne tient plus ! ». Dans son spectacle, un peu plus théâtral que récital, conçu comme un ascenseur émotionnel, il fait succéder sur le spectateur des vagues nostalgiques, engagées, émouvantes, drôles et cyniques.

Se constatant « éponge à gens et à émotions », jouant avec l’éloquence de son corps acteur, il chante avec force ou retenue, déclame ou murmure. Nostalgique de l’enfance, c’est sur scène qu’il la retrouve : « Dans ce métier, pour travailler, on dit que l’on va jouer. » En 2019 il déclare : « J’ai accouché de deux bébés » ; d’abord d’un album pensé en tant que tel et étoffé musicalement, ensuite du spectacle adapté à la scène et au trio. Aux lendemains traite du temps qui passe, mais Ben Herbert Larue les espère meilleurs et chante : « Nous, ensemble, se battre des ailes, qui rassemblent. » Souhaitons-lui de beaux lendemains.

Michel Gallas

Portrait paru dans le numéro 13 de la revue Hexagone.

photo : David Desreumaux – Utilisation & reproduction interdites



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