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Charlotte Fever – Sous les pavés, le sable chaud

Réunis il y a deux étés, Cassandra et Alexandre forment aujourd’hui le groupe Charlotte Fever. Savant mélange entre percussions et synthés appelant à de longues rêveries le long des côtes tropicales, les deux jeunes parisiens perpétuent l’élan d’une chanson française électro-pop légère et spontanée. Rencontre en période post-caniculaire autour d’un café et de sujets tels que l’évasion, les paysages idylliques et la sensualité des corps, réelle ou imaginée. 
 
Amis depuis dix ans, vous sévissez à présent sous la bannière des Charlotte Fever. Comment la bascule s’est-elle opérée ?
Cassandra : Naturellement car on s’est complètement entendus musicalement et sans se projeter, on a essayé de faire de la musique tous les deux. On voulait surtout s’amuser et se faire plaisir avec notre musique.
Alexandre : Là où Cassie est vraiment entrée dans ma vie c’est quand elle a collaboré sur un de mes anciens projets musicaux, il y a deux ans. On a commencé à écrire des morceaux de manière spontanée, avec beaucoup d’ondes positives. Grâce à cette connexion entre nous, nos musiques émergent très facilement car on est capable de jouer et de chanter n’importe quoi l’un devant l’autre. En discutant sur l’univers sonore de nos chansons, nos paroles, ainsi que les thèmes abordés, notre complicité ne se dément pas et on développe tout ça très aisément.
 
Comment votre alchimie musicale se traduit-elle en incitation au voyage ? 
Alexandre : J’ai la sensation que nos instrus souvent exotiques tentent l’évasion et l’aventure. Dans nos studios parisiens où il fait souvent gris toute l’année oui, on a besoin de s’évader et d’imaginer des paysages idylliques. Cela peut être parfois imaginaire. Il s’agit d’un besoin d’être dans un autre monde, une autre bulle. A Paris, je suis grave en manque de vitamine D donc je vais la chercher dans mon imagination ! C’est un besoin d’aller vers du beau, du paradisiaque.
Cassandra : Je le vois aussi comme une envie de faire voyager à travers notre musique. Je trouve par exemple que l’artiste Fakear m’emmène hyper loin. Avec des sons, des atmosphères… Je voulais donc que les gens voyagent avec nous, et j’ai l’impression en entendant les retours que l’on a que ça marche. 
 

 
Avez-vous la sensation d’appartenir à une vague musicale française qui brille par sa spontanéité ? 
Cassandra : Quand La Femme a commencé à chanter en français, un élan s’est formé et nous en faisons sans doute partie. En école de musique on nous apprend beaucoup de morceaux anglais en sous-entendant que le français n’est pas forcément une langue musicale. Je pense finalement que c’est faux et puis, maintenant, on se rend compte enfin de ce que les groupes chantent (rires). Je suis en tout cas beaucoup plus sensible aux paroles qu’avant, à la façon dont elles s’accordent à une mélodie. 
Alexandre : On émerge clairement de groupes comme Vendredi sur mer ou L’impératrice et j’ai la sensation que nous sommes en phase avec ces univers. On a pas la prétention d’inventer mais plutôt de s’accomplir dans ces influences. Ces artistes m’ont en effet donné envie d’écouter et de faire de la chanson française. C’est parfois plus compliqué à écrire car il faut une vraie musicalité des mots et surtout, un véritable fond. L’anglais s’embarrasse un peu moins avec ça. 
 
Vos textes et votre musique donnent parfois à rêver des courbes féminines. Revendiquez-vous une forme de libération des corps et des esprits ?
Cassandra : Il s’agit surtout de rêverie et du fait de s’autoriser à raconter ce que l’on veut. Mais en effet on ne met pas de filtre pour parler de sexe ou de sensualité car ce sera toujours fait de manière élégante. Imaginer des courbes féminines m’inspire beaucoup et me donne à rêver. Et puis, les femmes sont souvent sous-représentées alors écrire sur elles et leur donner une place dans les histoires que l’on raconte me plaît beaucoup. J’ai envie de raconter toutes les femmes, quitte à les fantasmer. En musique cela apporte une puissance supplémentaire, qui correspond à notre univers. 
Alexandre : Nous revendiquons peut être une forme de sensualité, mais de façon inconsciente. En tout cas, ce que l’on exprime, c’est moi, ce que je pense, tout simplement. Je suis fan d’artistes comme Serge Gainsbourg ou Sébastien Tellier en musique et Anna Wanda ou Léa Chassagne en illustration, qui mettent énormément la femme en avant dans leur travail. La sensualité et la sexualité qui émanent des corps féminins génèrent beaucoup de créativité en moi car des mélodies et des paysages sonores peuvent alors se dessiner, puis se traduire en musique. Même si nous sommes inspirés par tout un tas d’autres choses, c’est en effet un sujet qui nous traverse. 
 

Avant de créer votre propre univers, quelles étaient vos première inspirations musicales ? 
Alexandre : Au collège je dirais… j’suis pas bien, hein (rires) ! Mais Muse. Dans tous les sens. Ensuite ce sera The Strokes. Toujours, d’ailleurs. Plus tard la « French touch » en général : Sébastien Tellier, les Daft Punk, Mister Oizo… 
Cassandra : Je commencerais avec Daniel Balavoine ou les Cranberries de par mes parents. Au lycée je suis branchée AC DC et aujourd’hui, beaucoup de français. Polo & Pan, Fakear ou les Daft punk là encore.

Vous revenez de scènes au Festival du film de Cabourg, en Corée du Sud et d’autres se préparent en Amérique Centrale. Vous prenez autant de plaisir à enregistrer en studio qu’à vous produire en live ?
Cassandra : Les deux me parlent mais j’ai une petite tendance pour le live. J’aime présenter notre travail au public, l’échange que l’on a ensuite après un concert, les réactions que cela provoque sur les réseaux sociaux… J’aime ce retour assez immédiat avec les gens.
Alexandre : Disons que je ne pourrais pas avoir l’un sans l’autre. L’écriture et l’élaboration en studio me plaît autant que le live et j’ai vraiment besoin des deux. Cela nous donne la liberté que l’on veut. Concernant les concerts, les portes ne sont pas toujours faciles à ouvrir et c’est beaucoup de travail. Notre prochain objectif est clairement de se produire régulièrement en festivals !
Cassandra : On travaille en tout cas pour notre rêve et ne se met aucune limite. Et en même temps, on existe depuis deux ans et on attaque déjà notre deuxième tournée internationale. Cabourg par exemple était une vraie victoire. On veut toujours en faire plus et passer à l’étape suivante. C’est aussi ça notre moteur, le fait de ne jamais être satisfaits (rires) !


Le premier EP des Charlotte Fever : https://www.charlottefever.fr/


Propos recueillis par Jérémy Attali 
Illustrations en une : Anna Wanda Gogusey
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