HomeReportagesOn voudrait revivre

On voudrait revivre

On voudrait revivre © David Desreumaux – Reproduction interdite

On voudrait revivre – 1/12/2018 – Théâtre Antoine-Vitez – Ivry-sur-Seine

Le délai nous était trop court pour parler de ce spectacle dans notre précédent numéro. Nous étions pourtant au théâtre Antoine-Vitez à Ivry-sur-Seine le 1er décembre dernier pour assister aux toutes premières représentations parisiennes d’On pourrait revivre, un spectacle autour de Gérard Manset écrit et interprété par Léopoldine HH et Maxime Kerzanet. Avec Chloé Brugnon à la mise en scène, Hugo Dragone à la création lumière, Mathieu Diemert à la création son et Jennifer Minard aux costumes et accessoires, le spectacle produit par la Compagnie Claire Sergent est une éblouissante pépite qui séduit tout autant amateurs de chanson que férus d’art théâtral. De la même façon, le public de Gérard Manset ne pourra qu’être conquis par cette approche de l’artiste qui ne fait qu’esquisser, suggérer le personnage, laissant planer le mystère mais faisant apparaître tout à la fois connaissance et profond respect de ce grand discret qu’est Manset.

Rien n’est convenu dans On voudrait revivre. Respect, disions-nous, mais également humour et taquineries viennent répondre aux séquences plus existentielles. Dans un décor modulable, sobre et parfois mystérieux, se joue l’histoire d’un parcours artistique hors norme, loin de tout formatage, se dessine le contour d’une figure majeure de l’art chanté contemporain. Interprété par les plus grands, Bashung en tête, Manset, depuis la sortie d’Animal on est mal en 1968, n’en finit pas de séduire, d’agacer, de faire parler et de réécrire l’histoire d’une certaine chanson, en marge de l’affichage médiatique, refusant tout autant interviews et production scénique.

C’est donc en amateurs éclairés et en rien obséquieux que Léopoldine Hummel et Maxime Kerzanet livrent ce spectacle audacieux, profond et cathartique qui donne un coup salvateur à la production chanson. Car si le théâtre est omniprésent dans On voudrait revivre, que l’on ne se méprenne pas, c’est pour mieux clamer une inclination envers la chanson. Envers la poésie et la littérature également car l’œuvre de Manset invite à d’autres questionnements, d’autres textes, d’autres auteurs, la consanguinité ne menant à rien de bon, jamais. Poésie, lectures, entretiens, chanson, théâtre : c’est tout cela On voudrait revivre, et tout en un. Un spectacle impressionnant pour une œuvre impressionnante.

David Desreumaux



 

Compte-rendu paru dans le numéro 11 de la revue Hexagone.


Info 07/06/2019 – On voudrait revivre a été sélectionné par la Région Grand Est pour jouer cet été au festival d’Avignon OFF, à la Caserne, du 6 au 22 juillet 2019, à 11h (sauf le 9 et le 16).

Pour soutenir le projet à Avignon, rendez-vous sur cette page.

Share With:

hexagone.lemag@gmail.com

No Comments

Leave A Comment