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Vianney à l’Olympia

Photo Frédéric Petit

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Vianney, c’est le petit gars qu’on a tous entendu une fois à la radio. Il y a ceux qui ne se lassent pas et qui chantent en boucle « mais t’es où ? Pas là » avec des yeux amoureux, et ceux qui n’en peuvent plus de l’entendre et qui la chante quand même sur un air niaiseux et une mine un peu blasée. Difficile d’adopter la demi-mesure avec lui. Si je suis facilement sceptique face aux tubes, Vianney m’a bluffée sur scène. Ce mardi 10 mai, il faisait son tout premier Olympia.

Contre toute attente, le public de Vianney ce n’est pas seulement des petites nanas fleur bleue en mal d’amour. La salle est hétéroclite : de la jeune ado, au quinquagénaire. Jusqu’aux « personnalités » qui viennent fleurir joliment le balcon comme Nolwenn Leroy, Sheila et même Manuel Valls… Le balcon devient le centre d’attraction durant l’entracte, le France d’en-bas cherchant à deviner qui se tient là-haut. Quand Gérard Lenorman se faire reconnaître, la fosse reprend en chœur La ballade des gens heureux, car c’était exactement ce que nous étions ce soir-là : des gens heureux ! L’ambiance y est détendue, agréable et on sait d’ores et déjà qu’on va passer un bon moment.

Quand Vianney apparaît, la fosse se retourne vers la scène après cet entracte divertissant. Il ouvre le bal avec On est bien comme ça. À peine, entame-t-il le premier vers que la salle entière reprend en chœur ses paroles, remplissant l’Olympia d’une charge émotionnelle forte. Pour l’avoir vu une première fois sur les planches il y a un an, Vianney a perdu en timidité pour gagner en assurance. On le sent à l’aise, rodé. Faire le show, seul avec sa guitare 3/4 et ses pédales, il sait y faire ! Il avertit ceux qui assistent à leur premier concert : « N’attendez pas les musiciens, car il n’y en aura pas. » De quoi rester admiratif, car il en faut du culot pour se présenter seul devant un Olympia rempli. C’est ici, sur scène qu’il exprime pleinement son talent, sa capacité à être avec son public et à faire de la musique, combinant chant, guitare et boucles pour réaliser ses compos devant nos yeux.

Photo Frédéric Petit

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On a beau connaître ses paroles, sur scène on a l’impression de le découvrir pour la première fois. Il ne se contente pas de nous chanter des ballades, il donne de la voix et de l’énergie, s’acharnant sur les cordes de sa petite guitare.

Vianney a fait une belle surprise à son public pour son Olympia, en lui offrant une chanson toute neuve, une inédite. Il est accompagné des trois jeunes chanteuses qui ont assuré ses premières parties : la délicieuse Pomme qu’on a déjà eu l’occasion de croiser lors du concert d’Anouk Aïata, Emilie Gassin qui jouait ce soir, une Australienne qui a réalisé la bande son d’Un homme à la hauteur et Alma Forrer. Cette nouvelle chanson de Vianney parle de chansons pas finies et de chevaux abandonnés, parle d’amour comme (presque) toujours. « J’m’en fous même si demain ne sera jamais aussi bien que nous et l’amour au matin. J’m’en fous car j’ai pu serrer de mes doigts ta main. » On ne peut pas dire que les textes de Vianney soient très recherchés, mais ils ont l’avantage de parler à un grand nombre et d’être simples accolés à une mélodie accrocheuse. Un succès commercial certes, mais une personne généreuse et sensible avant tout. On en aurait bien voulu d’autres, mais à défaut, il chante quelques reprises dont Je ne suis pas un héros de Daniel Balavoine. Cette chanson résonne bizarrement face à la sur-médiatisation dont Vianney a fait l’objet. Il est acclamé comme un héros dans l’Oympia mais n’en demeure pas moins simple et vrai envers son public. C’est en tant qu’humain qu’il se met à nu.

Photo Frédéric Petit

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Quand Vianney demande un « Oh », c’est toute la fosse qui s’élève dans une même tonalité, sur un même son pour Véronica. Il emporte les foules avec lui, avec ses musiques ce qui a quelque chose d’assez extraordinaire, de beau. Chacune de ses phrases sont ponctuées de rire : « Il existe deux groupes de gens : ceux qui connaissent toutes les paroles : c’est l’élite et il y a les autres. Je n’vous en veux pas…. Ca m’arrivait aussi au début d’oublier mes paroles. Y’en a même qui tente des trucs, qui remplacent Véronica par Olympia. C’est original… Mais la seule chose qui compte, c’est d’être capable de faire du bruit. » Le public s’exécute.

Je te déteste se transforme en chant d’amour. Le public recouvre la voix de son idole, s’accaparant ses mots. Vianney s’interrompt un moment pour nous laisser poursuivre un ou deux vers. L’émotion fait briller ses yeux et nous, nous continuons de lui hurler Je te déteste. Il termine en rappel sur Pas là, titre attendu durant tout le set par ses fans. On peut lui reprocher de rester peut-être un peu trop sur ses acquis, de ne pas nous surprendre avec une version complètement différente de la version originale, ce qui amènerait un peu de surprise, une prise de risque. 

Un Olympia plus qu’honorable, où nous nous sommes sentis presque entre nous, en famille, où nous avons partagé beaucoup d’amour, réparer nos peines. De petit caneton, Vianney est devenu le beau signe qu’on peut être à la fois artiste et connu. Un succès populaire.

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deborah-galopin@live.fr

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