HomeReportagesJean-Roch Waro et Antoine Elie à la soirée « Ecoute donc voir »

Jean-Roch Waro et Antoine Elie à la soirée « Ecoute donc voir »

Jeudi dernier, Antoine Elie et Jean-Roch Waro étaient sur le scène du Forum Léo Ferré pour la 2ème soirée «Écoute donc voir» (co-plateau concert et co-exposition photo, organisé par Fred Petit et moi-même). Pour cette date, deux artistes qui nous tiennent tout spécialement à cœur pour diverses raisons, tant artistiques qu’humaines. Deux univers musicaux très différents, mais la sensibilité commune aux deux artistes fait le lien entre leurs mondes. Une belle soirée de partage musical, chacun en préparation d’un disque pour la rentrée.

Antoine Elie

Photo MH Blanchet

C’est Antoine Elie qui ouvre la soirée, seul sur scène avec sa guitare. Dès les premiers accords du titre Mon cœur à l’horizon, Antoine plonge la salle dans une atmosphère intimiste. Comme s’il entrouvrait une fenêtre sur sa vie, il commence à se raconter. Au fil des chansons, il dévoile ses failles, ses doutes, et sa vision du monde qui l’entoure. Dans chaque titre, il livre un morceau de vie. Que se soit la sienne ou celle de proches, il y a toujours cette même mélancolie, adoucie par sa façon d’utiliser mots et embellie par son jeu de guitare. L’artiste est torturé : «Il pleure, il chante, le pauvre, le triste, l’artiste. Qu’il pleuve, qu’il vente, le pauvre, les larmes, pour armes…» Mais il le dévoile avec une telle finesse qu’on ne tombe jamais dans le sentimentalisme. Dans la setlist de 14 titres, il n’y a rien à jeter, mais certains dégagent une émotion particulière. Je ne sais pas vivre tient sur un fil, entre la fragilité des mots et l’énergie de rythme : «Toi qui penses dans ma tête, guettes ma vie dans les détails, toutes mes failles et me fais tomber, tomber dans le blues…». Nous liés dans laquelle il raconte ses grands-parents avec une tendresse infinie : «Nous liés, oublier, sous les flots du sablier, à regarder droit devant…». La rose et l’armure, où comment raconter l’amour sous le plus bel angle possible. «Ma rose, écoute mes murmures, ma rose tu peux être sûre, que tu ne seras plus jamais seule pour franchir les murs, il y a de la place sur mon épaule pour une rose et son armure...». Je suis également obligée de citer Sacré fils.

Antoine Elie

Photo MH Blanchet

Ce titre est né l’année dernière aux Rencontres d’Astaffort (écrit par Zoé Simpson, composé et interprété par Antoine), et depuis, c’est toujours la même émotion à chaque fois. Auteur, compositeur et interprète de talent, Antoine touche à travers sa musique. La dédicace de Francis Cabrel sur sa guitare n’est pas là sans raison. On ressent chez Antoine l’influence des grands de la chanson française. Il a comme eux cette force de faire des chansons à texte, de donner du sens à chaque mot, et de transmettre de belles émotions.

Jean Roch Waro

Photo MH Blanchet

Pour la deuxième partie de soirée, c’est au tour de Jean-Roch Waro de s’installer sur la scène. Avec sa gratte électrique qu’il fait sonner comme personne, il emmène instantanément dans son univers. Dès le premier morceau, Avant (texte extrait de «chroniques des jours entiers, des nuits entières» de Xavier Durringer), on se rend compte de la finesse de l’équilibre entre le choix des mots et la place que prend la musique. Auteur, compositeur et interprète, l’intention qu’il met dans l’interprétation respire la sincérité et le vécu. Les textes sont habillement écrits, parfois les mots frappent, souvent ils apaisent, et par moment ils laissent le choix de les interpréter à notre façon selon nos histoires. La musique prend une place dingue, il suffit de quelques accords pour se laisser embarquer sans même s’en être rendu compte. Les titres s’enchaînent, Berlin, Un ange dans la vallée, Easy breezy, Les cerises… Cette sensation se confirme, sa musique n’est pas là juste pour accompagner les mots. Elle les adoucit, elle les porte, elle leur donne du sens, et va même jusqu’à permettre de ne pas les utiliser et d’en dire encore sans qu’avec. Que ce soit au travers de son répertoire ou de quelques reprises (You don’t know me de Ray Charles ou encore Freedom de Richie Havens par exemple), Jean-Roch vit et partage sa musique avec authenticité. Il pousse à écouter entre les lignes, pour saisir chaque nuance et chaque subtilité. Dans ses solos, on entend la profondeur d’où vient sa musique. Il va chercher loin, tout au fond de lui même, et livre cette énergie brute. Ces moments deviennent comme des parenthèses pendant les chansons, des invitations à lâcher prise, à se plonger au fond de soi-même. La setlist, composée de titres en français et en anglais, fait voyager parmi ses nombreuses influences musicales.

Jean Roch Waro

Photo MH Blanchet

Une touche de jazz, une pointe de rock, un brin de blues, et tout ça associé à une liberté artistique qui rend le résultat lumineux. Au milieu de tous ces morceaux, qui ont tous apporté quelque chose à la belle atmosphère de la soirée, difficile d’en souligner un plus que l’autre. Il y aurait de quoi dire sur chacun pour des raisons différentes. Je choisis donc de ne relever que les deux qui me parlent le plus, mais pour lesquels je suis incapable d’expliquer pourquoi. Vous voyez ces morceaux qui font instantanément du bien quand on les écoute et qui donnent envie de prendre votre gratte et de jouer ? Ces deux titres, c’est exactement ça. Tottenham Royal c’est un peu mon coup de coeur de ce soir-là, et L’autre côté en a été un dès la première écoute, il y a déjà quelques temps maintenant. Guitariste avec un talent dingue, artiste libre et riche de ses multiples influences, il offre aujourd’hui un projet musical d’une qualité qui se fait bien rare.

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