HomeReportagesTomislav, bête de Seine

Tomislav, bête de Seine

Hexagonaute salut. Il y avait un cagnard du diable sur Paname ce jeudi 25 juin 2015. T’en souviens-tu ? Le thermomètre poussait au crime du barbec’ arrosé au rosé plutôt qu’à une apnée juvénile dans les salles parisiennes et bouillonnantes. Pas de bol, j’aime pas le rosé et j’ai su rester jeune. A peu près. Du coup, j’ai enfourché mon ticket de métro et j’ai taillé la zone direction Quai François Mauriac dans le 13ème. C’est là que le bateau El Alamein fait trempette à l’année et c’est là, là itou (faut le dire vite et c’est rigolo) que Tomislav venait donner un concert de belle facture. Par « belle facture, » j’entends dire que c’était bien mais pas que c’était cher.

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Depuis quelque temps, Tomislav a mis du peps au féminin dans son band qu’il formait jusqu’à présent avec JB Pétri. Ca ne t’aura sans doute pas échappé, toi lecteur observateur et avide d’actualités chansonnières, cette meuf, c’est Garance. Sur cette péniche, ils formaient un couple à la Seine comme à la ville. On peut dire ça, ça m’amuse. Chez Tomislav, cette Garance que l’on a soigneusement rangée dans le « top à pas beaucoup de chiffres » chez Hexagone, elle se défoule sur un clavier, elle fait les chœurs aussi et puis elle chante en lead sur Montréal, leur duo de lovers à eux qu’ils ont. Il optimise son personnel Tomislav, il est malin l’animal et on ne saurait lui donner tort.

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Jeudi, on a eu droit à une première. Tu vois, j’ai bien fait de zapper le barbec’ et le rosé qui me fout une casquette le lendemain matin. Cette première, c’est une expérience scénique qui devrait prendre la route des dates estivales. Rien de moins. Oui je m’explique, cesse de t’impatienter. Je ne sais pas si Pétri c’est fini, mais il n’était pas sur les planches jeudi. Il était dans les samples de Tomislav. Pratiques ces petites machines. Tu vas dire que ça tue le métier et que rien ne remplacera jamais un vrai musicien avec la chaleur de son son,  son groovy Baby sound et tout ça. Ouais, t’as pas tort. Mais quand tu traverses la France et que ta bagnole est blindée entre les guitares, les claviers, les vestes de crooner et les robes de Garance, ben tu le mets où ton bassiste ? Et ne sois pas grossier s’il te plait ! Bah ouais tu vois, de nos jours, être artiste c’est savoir adapter son spectacle aux conditions et contraintes du moment. C’est pas essentiel, c’est juste vital si tu veux que ton projet navigue et traverse les contrées pour toucher un max de personnes. C’est le but non ?

Maintenant je vais te donner mon avis puisque tu ne me le demandes pas. Cette formule à deux avec un bassiste numérique, ça le fait, dirait-on de façon tiédasse, mais comme je reviens de ce concert avec une pêche de guedin, je vais te dire que ça déboite carrément. Déjà, Tomislav. Tomislav quoi ! Il joue de la gratte façon tueur du cartel de Medelin en mode Django avec tous ses doigts. En gros. Subtilité, précision, efficacité et quand il faut envoyer le pâté, il l’envoie. Sa gratte, c’est sa vieille folk Ariana qui lui vient de son daron et il te la fait sonner comme une sulfateuse par moments.

Photo David Desreumaux

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A côté, Garance apporte un contrepoint tout en grâce, une couleur féminine légère. Nickel. Au clavier, elle égrène des phrases du bout de ses petits doigts, discrète mais efficace. Elle est présente sur les choeurs également, sans en faire des tonnes, elle est là comme un stabylo pour surligner les mélodies et trancher avec la voix rauque de Tomislav.

Photo David Desreumaux

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Un set extra comme aurait dit Ferré. Mais de ce même Ferré, c’est toujours son adaptation de Thank you Satan que joue Tomislav après une mise en garde à l’endroit des gardiens du temple qui ne souffrent pas que l’on touche à une virgule de l’oeuvre du vieux lion. Mais nous on s’en fout, quand c’est pour en faire quelque chose à la fois d’original et de très chouette, on prend. A Hexagone, on préfère la musique vivante aux lions morts. Bravo Tomislav.

Beaucoup de songs du dernier EP interprétées jeudi soir. Je ne vais pas toutes te les raconter, j’avais décortiqué la galette dans cette chronique, je t’y renvoie. Mais je te redis quand même le plaisir pris à chacun des concerts de Tomislav. Sa voix prenante et faite pour raconter, son groove de ouf dingue qu’il a, son jeu de guitare, son élégance scénique. A chaque fois l’animal me séduit, petit plaisir répété qui attend son prochain. Un petit pas vers la félicité puisqu’il se dit que le bonheur c’est le désir de répétition. D’ailleurs, tu pourras retrouver Tomislav dans La Blackroom d’Hexagone en novembre, on t’en reparlera très vite. Salut Hexagonaute !


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