HomeArtistesChristian Olivier, un « Chut ! » qui tombe à plat

Christian Olivier, un « Chut ! » qui tombe à plat

Photo Flavie Girbal

Photo Flavie Girbal

Samedi 10 janvier 2015, Christian Olivier donnait son spectacle Chut ! à La Menuiserie à Pantin. La Menuiserie, tu le sais Lecteur à nous qu’on a, c’est ce petit laboratoire à chansons et autres expressions artistiques situé à Pantin. Un de rares endroits à proposer des spectacles pour les gens cultivés et de bon goût. Eh j’le sais, j’y vais !

Souvent, très souvent même, La Menuiserie propose des découvertes. Des artistes pas ou peu relayés dans les médias en dépit d’une qualité et d’un intérêt certains. Pas de frontières, pas d’œillères, du rap à la chanson la plus traditionnelle en variant par autres circassiens et j’en passe et pas des moindres.

Samedi dernier, c’est presque un contrepied finalement qui se passait à La Menuiserie. Programmer Christian Olivier, affiche alléchante s’il en est, c’est presque mainstream pour nous autres. On a tous en tête les grandes heures des Têtes Raides, depuis leur premier album Not dead but bien raides paru en….. c’est tellement loin que je ne me le remets pas. Ah si, à la fin des années 80. 89 je crois. Un style dans une mouvance montante, aux côtés de La Tordue de Benoît Morel notamment, des textes toute poésie et engagement dehors, des musiques entre chanson et rock-punk. Puis, comme les temps sont durs, les années cruelles et que ce qui est donné un jour se reprend le lendemain, l’engouement des années 2000 pour le festif intelligent a pris du Sarkozy dans l’aile, et sans pour autant capituler, il mène aujourd’hui une résistance loin des autoroutes promotionnelles d’hier, surfant encore sur un Gratte-poil en tout points excellent. Mais bon, ça va quand même, elles restent bien visibles nos Têtes Raides qu’on aime bien.

Photo Flavie Girbal

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Cependant, Christian Olivier, leader de la formation – qui a connu pas mal de modifications au fil de ces quelques 25 années d’existence – Christian Olivier donc se fend d’un spectacle en solo, sous son blase à lui. Une sorte de défi certainement, de cour de récréation. Le projet c’est quoi ? Proposer une lecture de textes de grands tubes de la chanson française, voire de la variété. Et des moins tubes aussi. D’ailleurs, il faudra un jour parvenir à définir clairement les frontières entre ces deux-là ! Entre variété et chanson.

Le public de La Menuiserie, venu en grande masse samedi dernier – au point qu’il a fallu réquisitionner les loges pour agrandir la salle – a ainsi pu revivre les grandes heures des Mots bleus de Christophe, du Téléphon de Nino Ferrer, de Marcia Baila des Rita Mitsouko qu’on te propose en vidéo ci-dessous.

Que dire de ce spectacle ? Je suis rarement taquin dans mes critiques mais je vais l’être un peu aujourd’hui. Commençons par le positif. Du point de vue de ton serviteur cher Lecteur, cela va sans dire. La mise en scène, la scénographie tiennent la route. Ambiance à l’ancienne, genre résistant retranché dans une arrière base. Vieux bureau, vieille lampe, clair-obscur, une chaise rouge pour donner de l’éclat. Et puis une bande sonore ininterrompue de laquelle on attend un « les français parlent aux français » à tout instant. Entre musique et grésillements ; c’est tordu, bizarre, moderne et vétuste, désagréable parfois mais ça participe d’une esthétique générale réussie. On s’attend donc à des chansons mise en résistance.

Photo Flavie Girbal

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Et c’est là que ça pêche justement. Le choix des textes n’est pas toujours judicieux, mal adapté au spectacle. Marcia Baila, Mamadou m’a dit, Les mots bleus et deux trois autres s’en tirent très bien mais une part significative de ces chansons parlées ne s’élèvent pas, ne décalent pas, n’étonnent pas et surtout n’émeuvent pas. C’est d’autant plus dommage que pareil exercice doit pouvoir donner à entendre différemment, voire entendre tout court des textes qui souvent absorbés par leurs musiques se font oublier. Avec le temps, Le plat pays, Hexagone, Ginette des Têtes Raides ne prennent pas d’ampleur, ne provoquent pas d’émotion prisonnières d’une récitation monocorde et désincarnée. Sans éclat. C’est dommage, on aime bien Christian Olivier chez Hexagone, on le sait féru de poésie, mais là, on est restés très circonspects à défaut d’être contemplatifs. Tant pis, ce sera pour une prochaine.

L’accueil et la bouffe restent excellents à La Menuiserie, on n’est même pas repartis déçus du coup. « Même pas mal » comme on dit ces temps-ci !


Les photos sont cliquables pour être agrandies.
La vidéo sera de meilleure qualité si tu passes en mode HD.


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