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Mèche et Louis Chedid marnent au FestiVal

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Troisième rendez-vous pour Hexagone sur le festival de Marne 2014. Aujourd’hui, en ce dimanche 5 octobre, nos pas nous mènent à Choisy le Roi, au théâtre Paul Eluard. Une double affiche programmée et réunie par la qualité du travail respectif de chacun des protagonistes. Mais un monde les sépare.

D’un côté, un jeune groupe, Mèche, débutant, emmené par la pétillante Clémence Chevreau. De l’autre côté, un monstre sacré, une montagne : Louis Chedid. Chedid, le patronyme qui fait flipper ou envie, c’est selon. On sait de longue date que le gène du talent ne se trouve pas dans l’ADN mais les Chedid viennent tuer la règle quand même… Andrée, Louis, Matthieu, Anna (Nash), Joseph (Selim)…

On imagine alors que les jeunes de Mèche (Damien, Benjamin et Dimitri en plus de Clémence) auront été quelque peu intimidés à l’idée d’ouvrir le bal devant une assemblée qui – reconnaissons-le – venait écouter soit l’auteur de « Anne ma sœur Anne » pour les plus anciens mais pas gâteux, soit « T’as beau pas être beau » pour les moins jeunes mais restés festifs. Nous, je te le dis tout net, on venait pour Mèche. Non pas que l’on n’apprécie pas l’ami Louis, bien au contraire, mais il n’a plus franchement besoin d’être ni découvert ni aidé dans ce sens. Donc Mèche.

Photo David Desreumaux

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Si le trac était perceptible dans les regards des 4 membres de Mèche, ils ont cependant crânement relevé leur défi et présenté les morceaux qui vont figurer sur un premier EP à paraître tout prochainement. C’est frais et élégant, le tout porté par un lead féminin qui fait toujours plaisir à voir et nous rappelle que la chanson rock n’est pas l’apanage des grosses couilles mecs et du tout testostérone.  Oui, on peut être femme et mener avec classe et féminité un groupe de rock. Comme pouvait le faire une Lulu Borgia, il y a quelques années, par exemple. Cette même Lulu – rangée des guitares électriques – qui fait aujourd’hui les superbes photos du groupe ! Pour Mèche, jouer ces quelques titres en première partie, dans une belle et grande salle très bien garnie, représentait un fort beau baptême du feu, et pour nous un excellent moyen d’évaluer le groupe.

L’univers artistique de Mèche est ancré dans une chanson-pop-rock qui rappelle par moments les débuts du groupe Autour de Lucie de Valérie Leulliot, à la fin des années 90. Les textes de Clémence parlent d’histoire de son temps, de son âge. Histoire d’amour, histoires tendres mais parfois dures. Aussi, chanson en regard sur une société violente comme sur le titre très réussi, A la Claire Fontaine, dont le texte est signé Agnès Bihl. Ça cible de suite le niveau quoi… Jouant sur le mode de la réécriture d’un texte traditionnel.

Photo David Desreumaux

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Musicalement la formule est également relativement classique, mais efficace, affichant une guitare (Clémence), clavier, basse, batterie. C’est bien fait et bien construit mais, comme toute histoire qui démarre, c’est encore un peu vert et demande de mettre et remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier. Rappelons que le groupe n’a qu’une petite année existence et encore peu de concerts à son actif.

Certainement pour les raisons évoquées ci-dessus, on a senti Clémence avoir quelques hésitations par moments. Peut être liées à un problème de retour ? Peut être un peu décontenancée sur une scène aussi grande ? En tout cas, tout cela est bien naturel et ne retire en rien au talent et aux qualités de ce jeune groupe qu’Hexagone va suivre de près. On attend ce premier EP avec impatience. Les Mèche sont entrés en studio. C’est une aventure qui commence. Ci-dessous Mon fleuve, Jérémy, histoire de te faire goûter le monde de Mèche que tu pourras venir voir en vrai live aux Trois Baudets le 27 novembre prochain. On s’y verra.



Photo David Desreumaux

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Puis, est venu le moment de Louis Chedid. Je ne vais pas t’en faire des tonnes sur la prestation de cet énergumène des plus sympathiques. Tout môme déjà j’étais fan. Les potes me prenaient pour un extra terrestre parce que eux ils écoutaient les daubes tubes du moment. Moi, je chantais « Ainsi soit-il, tel est le nom du film ». Je kifais grave. Alors, avoir le père Chedid devant moi, forcément ça m’a fait un truc. Comme si j’avais 10 ans. Le plus bel âge.

Après avoir sorti Deux fois l’infini l’an denier, très bon album au demeurant, Chedid a donc repris la route des salles. Le spectacle qu’il a joué dimanche après-midi est de nature que l’on pourrait qualifier de « spectacle du dimanche ». Sans que cela soit malveillant ou moqueur de ma part. Chedid a livré un show « grand public » qui, certes, présentait quelques morceaux récents mais qui était surtout construit sur les nombreux succès qui jalonnent sa longue carrière.

Photo David Desreumaux

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Le spectacle commence tout en douceur avec un Chedid qui chante dans un fauteuil de salon, comme à la maison, puis très vite, l’ensemble se débride. Un temps plus calme au clavier, le moment d’Anne ma sœur Anne qui plus de tente ans après fout encore les poils au garde à vous.

Ensuite, avec un métier hors norme, Louis se met progressivement un public acquis d’avance dans sa poche et il joue sur du velours. Il n’a plus qu’à enchaîner les tubes, Ego Man, T’as beau pas être beau, Triste et malheureux comme la pierre, Je me suis fait la belle et le public finit debout. Et danse. Les petits comme les grands. Les jeunes et les moins jeunes.

Ci-dessous en vidéo, Tu vas me manquer, titre tiré du dernier album Deux fois l’infini.


Photos & Vidéo : Toutes les photos de l’article sont cliquables pour être agrandies. Pour les vidéos, pense à passer la qualité en HD 720 ou mieux encore en 1080. T’auras l’impression d’y être !


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hexagone.lemag@gmail.com

Comments
  • Juste une petite rectification: Mèche, c’est Clémence Chevreau au chant / guitare, Damien Nison aux claviers , Benjamin Riez basse / guitare et Dimitri Delporte à la batterie (et pas Juien)…

    7 octobre 2014

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