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FestiVal de Marne, Klô et Vincent en terres de guinguettes

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Lancée mercredi 1er octobre dernier, la 28ème édition du FestiVal de Marne se tiendra dans 22 communes du département – qui jadis abritait les guinguettes de bord de Marne –  jusqu’au 19 octobre prochain. En près de trente ans, le FestiVal de Marne est devenu LE festival chanson incontournable qui s’ingénie à montrer l’effervescence musicale et la diversité de notre scène hexagonale dans un esprit engagé, festif et fédérateur.

Pour Hexagone, le démarrage c’était hier. Premiers concerts que l’on vient te narrer rapidement, histoire de te donner envie de lever ton cul ton délicat séant de devant la téloche et de courir dans les salles voir tout ce qu’il y a de formidable à y découvrir, à y entendre. Pour notre baptême, on ne s’est pas moqués de toi ! C’est au Théâtre André Malraux de Chevilly-Larue que ça se tient, avec Klô Pelgag en première partie de Vincent Delerm. Tu vois le niveau de l’affiche…

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

D’abord, le temps de Klô. Klô Pelgag, c’est la bonne élève, celle qui rafle tous les prix qui se présentent sur son passage. Vingt-trois ans, une maturité hors normes. Il y a moins d’un an qu’est paru son premier album, L’Alchimie des Monstres. Un album qui convoque tous les arts et toutes les liqueurs. A l’Alchimie du verbe de Rimbaud, viennent se heurter les Fleurs du Mal de Baudelaire et peut-être les Chants de Lautréamont pour l’omniprésence de la violence… Une vraie démarche d’artiste chez Klô. C’est dans sa Gaspésie natale, isolée, qu’elle crée, derrière son piano, qu’elle accouche de ses démons miraculeux, dans un imaginoir à la Dali ou Magritte.

Sur scène, c’est une furie ! Ceux qui venaient pour passer un moment doucereux à écouter Vincent parler d’Haçienda en ont eu pour leurs frais de sonotone ! Parce que la Klô, elle envoie une énergie et fait péter les décibels que je suis sûr qu’on l’entendait jusque sur l’aéroport d’Orly ! En juin dernier, on l’avait vue dans une formation exclusivement acoustique composée d’une contrebasse, d’une batterie, d’un violoncelle, d’un violon, d’un alto et de Klô au piano. Un groupe qui joue juste, fort et bien. C’est bien en place, le spectacle tourne depuis un moment et l’on sent que le temps du rodage est passé.

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Hier soir, Klô a joué en duo accompagné seulement de son contrebassiste. Formule réduite par les obligations du spectacle, le show de Klô n’en est pas pour autant édulcoré ! Cette fille chante, chante bien mais ne fait pas que ça. Elle discute pas mal aussi entre les chansons. Elle fait des « jokes » comme on dit dans son Québec. Toujours sur le fil de l’humour et de l’absurde avant  de retomber dans une belle cruauté des textes de ses chansons. C’est fort bien fait et Klô à 23 ans a déjà tout d’une grande, d’une très grand dame de la chanson.

Place au garçon de la soirée, à présent. Vincent Delerm. Tu m’excuseras lecteur, mais la prod de l’artiste a interdit les photos pour le concert. Oui, je sais, c’est navrant. Interdire à un photographe de prendre des photos, c’est comme interdire au chanteur de chanter et alors, du coup, tout le monde reste chez soi… Mais, tu ne perds pas au change, t’auras davantage de photos de Klô ! Sinon, Delerm, que dire. A Hexagone, on a qu’éloges à formuler à l’endroit de ce garçon qui mène une carrière remarquable, depuis ses débuts en 2002.

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Le spectacle de la tournée en cours, que Vincent a joué hier, s’appuie sur le dernier album, paru fin 2013. Les Amants parallèles. Un album-concept où les chansons conservent une veine cinématographique que Vincent cultive depuis ses débuts malgré des variations, au fil du temps et au gré des albums. A album-concept, concert-concept. Après un rapide sommaire du spectacle, avec Delerm lui-même au rétro-projecteur, la soirée se joue en deux temps. La première manche, Vincent au piano, seul, enchaine tous les titres des Amants parallèles, dans l’ordre de l’album. Gros moments d’émotion. Sur scène, cet album aux ambiances contrastées, entre du Woody Allen et du Patrick Modiano, frappe de plein fouet. Haçienda – que je citais plus haut  – parviendrait à tirer les larmes aux plus insensibles.

La seconde moitié, plus attendue, est faite des « chansons normales » comme l’a annoncé le maitre de cérémonie, professeur ès rétro-projecteur. Vincent Delerm y reprend ses standards et d’autres moins connues tirées des albums studio précédents. On y goûte aux incontournables Fanny Ardant et moi, Quatrième de couverture, la Vipère du Gabon mais également au sublime Baiser Modiano ou Il y a un temps pour tout. Si l’intensité retombe quelque peu sur cette seconde partie, elle gagne néanmoins en communication avec le public, voire en communion quand une bonne partie de la salle reprend en chœur les refrains du Monologue Shakespearien. C’est moins prenant mais reste cependant agréable et permet d’évaluer le chemin que ce garçon  a parcouru en 12 ans. Il ne s’y trompe d’ailleurs pas lui-même, distillant quelques anecdotes sur « ses débuts », conscient que l’exercice permet également à l’artiste de montrer qu’il est installé dans le circuit depuis un certain temps. Du métier, et beaucoup de talent.


Photos & Vidéo : Toutes les photos de l’article sont cliquables pour être agrandies. Pour la vidéo, ci-dessous, pense à passer la qualité en HD 720 ou mieux encore en 1080. T’auras l’impression d’y être !

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