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Barjac m’en chante, la scène ouverte

Barjac m’en chante, la scène ouverte

Le festivalier à Barjac a de quoi étancher sa soif de concerts et d’animations autour de la chanson. Le lève-tôt est au rendez-vous de 11h-11 pour des échanges autour de la chanson, avec des artistes de la veille et un acteur du métier. A 15h, deux choix de concert dont un spectacle jeune public. Juste le temps d’enchaîner avec deux concerts au chapiteau à 17h et 18h30. A peine la possibilité de grignoter un peu avant de monter au château pour les deux concerts du soir.

Marion Cousineau © Chantal Bou-Hanna

Vers minuit trente, la tête et les oreilles bien remplies – voire gavées – par une longue journée de concerts chanson, un grand nombre de spectateurs se précipite… au chapiteau pour La scène ouverte, du dimanche au mercredi, d’environ minuit trente à deux heures du matin. Le principe : celui qui veut chanter s’inscrit dans la journée et chante la nuit. C’est devenu une caractéristique de Barjac : une scène ouverte nocturne, avec un public important et beaucoup de candidats, certains revenant d’une année sur l’autre, avec des artistes amateurs et d’autres plus expérimentés. Bien sûr le niveau est inégal mais vu la densité et la diversité proposées, on n’est pas à l’abri de faire de belles découvertes. Dans la suite de cette chronique, je vais citer quelques personnes mais bien sûr je n’ai pas tout vu et comme toujours mon choix est subjectif, conjoncturel et assumé. Le lundi, j’ai découvert et fortement apprécié Marion Cousineau, une française vivant au Canada, alternant texte et chanson, et Alissa Wenz en clavier voix. Le mardi c’est Alice Animal qui en guitare voix m’emportait Dans la peau d’un dragon. En deux chansons, on perçoit chez ces trois artistes (hé Mick tu ne parles que des filles !) une personnalité, peut-être un univers et on ressort avec l’envie de les revoir sur plus de titres.

Alice Animal © Chantal Bou-Hanna

L’an passé, et les deux premiers jours cette année, une dizaine de chanteurs/ses se présentaient avec deux titres. Organisée par Roxane Joseph, qui va prendre la suite de Gilles Tcherniak aux commandes du Forum Léo Ferré, cette scène ouverte est victime de son succès. Et les deux derniers jours, ce sera une vingtaine de passages mais avec une seule chanson. Cela demande davantage de travail aux techniciens et est frustrant pour l’artiste, mais la formule s’avère plus intéressante pour les spectateurs venus (et restés) nombreux pour les deux derniers jours. Parmi les professionnels, on a pu apprécier Coline Malice qui avait présenté la veille son spectacle jeune public, Lizzie avec sa voix qui nous fait naviguer, Nicolas Joseph toujours très prenant en accordéon voix, Lily Luca et ses regards et mimiques minimaux pour une présence maximale, Laurent Berger et sa voix particulière. J’ai revu avec plaisir AnneliSe Roche, découverte l’an passé au même endroit et dont on reparlera certainement bientôt. De plus, nous avons bénéficié de quelques moments particuliers. Le plus fort peut-être avec Les oiseaux rares, une chorale créée la semaine précédente lors d’un stage de chanson à St Julien Molin Molette avec la quinzaine de choristes se retrouvant à Barjac et au clavier Michèle Bernard pour une de ses chansons inédites.

Nicolas Joseph © Chantal Bou-Hanna

Et aussi, une retrouvaille impromptue de copains entre Boule (qui chantait le lendemain) et Vincent Tronc (qui s’était produit dans l’après midi) à l’accordéon. Et un autre duo, avec Lise Martin et Nicolas Duclos pour un extrait de leur spectacle sur les chansons d’Anne Sylvestre. De très jolis instantanés. Mais celui qui marquera la scène ouverte cette année, c’est Patrice Mercier (en photo de une) et ses réjouissantes goguettes. Le lundi, attaquant le sujet de l’euthanasie, il nous livré Je l’aide à mourir qui fait crouler de rire les spectateurs résistants (il était plus de 2h du matin lors de son passage). Voyant cela, Roxane Joseph lui offrira le privilège d’être présent chaque jour et de clôturer la scène ouverte. Quel pied pour les spectateurs. Sa spécialité : les goguettes et celle de chaque soir fera rire et impressionnera le public. Il sait aussi s’adapter : cette année à Barjac une nouveauté : L’instant des souffleurs de vers où un texte enregistré est lu par l’artiste avant de se produire sur scène. Le lundi Patrice Mercier annoncera L’instant des souffleurs de vers pour dire un texte de son cru, plus tordant que poétique et le mardi il proposera L’instant des siffleurs de vers pour un texte dit par un alcoolique.

AnneliSe Roche © Chantal Bou-Hanna

Le dernier soir, des fans du lundi lui ont réclamé Je l’aide à mourir qui a régalé à nouveau les spectateurs du mercredi. Ecriture précise et inventive, qualité de la voix (ah les accents à la Balavoine sur SMS d’un élève en détresse, une présence de comédien en décalage avec les textes. J’ai eu le plaisir de voir son spectacle deux fois, alors hexagonaute, programmateur ou spectateur, précipite toi. Accompagné par une excellente pianiste, tu y découvriras d’autres chansons, peut-être un peu moins « rigolotes » mais toujours aussi bien écrites et interprétées.

Je disais en introduction que cette scène ouverte nocturne est une des caractéristiques de Barjac. Elle l’est d’autant plus qu’elle se poursuit par des échanges et des rencontres à côté du chapiteau, pas loin de la buvette. Et que parfois un bœuf entre artistes continue la soirée jusqu’à très tard.


Festival Barjac m’enchante : Scène ouverte du 30 Juillet au 2 août au chapiteau.

Un grand merci à Chantal Bou-Hanna, de retour comme photographe sur mes rubriques comme l’an passé à Barjac.

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mick.hexagone@gmail.com

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