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Rose, Vivre pour écrire

Rose, Vivre pour écrire

Rose, c’est une artiste authentique avec une écriture fine et aiguisée dont la sincérité de l’interprétation donne encore plus de sens. Elle n’a pas de filtre, elle livre ses mots et ses émotions dans chacune de ces chansons. De La liste à la sortie Pink Lady, il s’est passé presque dix ans. Avec le temps, Rose a ajouté de plus en plus couleurs et de profondeur à sa palette. Son univers devient progressivement plus rock. En pleine préparation de son cinquième album, elle revient sur son parcours, nous présente sa vision du milieu actuel de la chanson et nous parle de ses projets.

© Marie-Hélène Blanchet

© Marie-Hélène Blanchet

Hexagone : Comment as-tu commencé la musique ?
Rose : La première guitare, c’est celle de mon père : une Yamaha sèche qu’il nous a mise dans les mains très tôt. Il nous a appris les premiers accords. Vers 10 ans, j’ai compris qu’avec ces accords simples je pouvais jouer des morceaux que j’aimais bien. Parallèlement, j’écrivais aussi : des textes, des petits poèmes. J’avais des carnets intimes mais que je tenais en rimes. J’avais une passion pour les mots, je dévorais déjà la littérature. À un moment les deux se sont alliés, un peu par hasard, et j’ai fait mes premières chansons aux alentours de 15-16 ans.

Tu imaginais à cette époque là d’en faire un métier ?
Jamais. Il y a une vidéo de moi, quand j’étais gamine, dans laquelle ma mère me demande ce que je veux faire plus tard, je réponds : « Je veux être une star ! ». Donc j’avais cette envie de me démarquer, d’être la préférée. Quand on n’a pas confiance parfois on se met devant, alors qu’au fond ça nous fait peur. Mais on sent qu’on a besoin de ça pour exister. J’avais ce truc-là, mais je n’imaginais pas une seconde en faire mon métier. J’ai été en fac de droit à Nice, jusqu’au moment où à 22 ans, je quitte Nice pour Paris en plein milieu d’année. J’ai fini ma maîtrise plus tard à La Sorbonne, puis j’ai été institutrice. À ce moment-là, je commençais à faire beaucoup de chansons et à connaître un peu plus de gens. Ma meilleure amie, qui me disait depuis tout le temps qu’un jour elle serait ma manageuse et qu’on réussirait à faire quelque chose, commençait à réussir dans ce métier-là. En 2005, j’écris « La liste », elle me demande de l’enregistrer. Pour la première fois, je fais une maquette, elle attend le bon moment et la bonne personne, puis tout a démarré comme ça.

Quand tu as enregistré La liste, tu imaginais ce qui allait se passer ?
Non, mais j’avoue que c’était la première fois qu’à chaque fois que je la jouais à quelqu’un, il se passait quelque chose. Notamment la personne pour qui je l’avais écrite, qui elle-même avait eu une réaction différente de toutes les autres fois où je lui avais chanté des chansons. J’ai eu des propositions de maisons de disques un peu hallucinantes à ce moment-là, et en plus j’avais le choix parce qu’il y avait plusieurs personnes intéressées. J’ai signé avec une petite maison de disques qui s’appelait « Source ».

Rose

Photo: MH Blanchet

Quel regard as-tu aujourd’hui sur ton premier album homonyme ?
Très tendre. J’ai une nostalgie forte parce que c’est un moment où il s’est passé des millions de choses qu’on ne peut pas espérer dans toute une vie, et qui se sont passées en quelques mois. C’était complètement fou. Je me retrouve connue, avec des revenus et j’ai trouvé ma voie. C’est un moment où ma vie a basculé et où j’ai enfin trouvé un métier.

Comment s’est passé ton deuxième album Les souvenirs sous ma frange ?
Ça avait été tellement un petit miracle pour le premier que je ne m’étais jamais dit que je devrais travailler et que ça pouvait être compliqué. J’étais un peu sur un nuage. Jusqu’en 2010, une période je crois aujourd’hui une des plus dures de ma vie. C’est l’après d’un mariage raté, un deuxième album qui ne vient pas parce que je n’arrive pas à écrire, puis qui vient finalement mais qui n’a pas du tout l’effet escompté, en plus de la difficulté de voir que tu remplis moins de salles… Mon équipe s’agrandit, on fait quand même beaucoup de salles et j’ai vendu un nombre d’albums honorable. Donc c’était un échec par rapport au premier, mais c’était quand même une super période. J’essaie de me faire une place un peu plus légitime. Cet album était un peu plus travaillé, les chansons étaient beaucoup moins « variété ».

En 2013 tu sors ton troisième album Et puis juin.
C’est encore plus compliqué pour ce troisième, j’attends un bébé. Là, je n’avais plus d’histoires comme avant de gamine amoureuse qui se sépare, qui va, qui vient. C’est une vie établie, une maison, un bébé. C’est encore autre chose. Chaque album, j’ai l’impression que c’est de plus en plus dur pour tout le monde, mais j’ai la chance de ne pas prendre personnellement les « échecs ». Je considère que c’est une réussite de vivre toujours de la musique.

Ton dernier album Pink Lady sorti en 2015. Que peux-tu nous en dire ?
Pour moi, c’est un aboutissement. Je travaille sur cet album avec Pierre Jaconelli, dont j’entendais parler depuis longtemps, dont j’aimais le travail et qui avait travaillé avec Zazie – qui était une de mes sources d’inspiration. Là, c’est tout une année de vrai travail et de recherche. On avance tout doucement mais sûrement, avec sérénité et la certitude en plus qu’on est en train de faire quelque chose de très bien. Aujourd’hui encore, ça reste mon album préféré. C’est celui que je prends le plus de plaisir à jouer sur scène. Une carrière ça se construit. Au quatrième album, on se sent appartenir à ce monde-là.

Comment et pourquoi as-tu choisi d’avoir plus de collaboration sur cet album ?
Je me rends compte que je tourne un peu en rond dans mes musiques. Je n’aime plus faire de la musique solo ni le côté solitaire de la composition comme je le faisais avant. Avant il fallait que je dise « J’ai tout fait toute seule », toujours dans cette recherche de légitimité. Maintenant, je n’en ai rien à faire. Je veux faire de bonnes chansons et j’ai naturellement été voir des amis et des gens avec qui j’avais envie de travailler, Loane, Auden, Laurent Lamarca, Medi… Je crois que c’est l’album qui m’a donné le plus envie de rester là où j’étais. Après c’est frustrant quand on a envie mais que ça ne se passe pas forcément comme prévu.

Rose Pink LadyComment expliques-tu la difficulté du milieu aujourd’hui et qu’un album comme celui-ci ne fonctionne pas comme on aurait pu l’imaginer ?
On a du mal à expliquer. L’œuf ou la poule. Je n’arrive pas à savoir si ce sont les médias qui choisissent eux-mêmes des choses qu’ils donnent au public ou si c’est le public qui est en attente de quelque chose. Il faut qu’on vous voie beaucoup pour qu’on vous passe beaucoup, mais si on ne te passe pas, on ne te voit pas. On rentre dans des cercles vicieux. J’étais en plein là-dedans. La radio n’a pas voulu passer mon single, qui n’a pas tourné donc qui n’a pas été en télé, donc les gens ne te voient pas, donc ils n’achètent pas tes disques et ne vont pas à tes concerts. Je n’ai aucune aigreur par rapport à ça. Je sais qu’au moment où moi j’ai réussi, il y a d’autres gens qui faisaient d’autres choses qui n’ont pas été entendus. On m’a donné ma chance, c’est aussi à moi de la garder et de faire en sorte que les gens aient toujours envie d’écouter. Peut-être que je n’ai pas été assez tenace. On ne fait pas toujours les bons choix, ce n’est pas toujours le bon moment. Après il y a des choix très commerciaux. Est-ce que c’était une bonne idée de suivre cette envie de chanter avec Jean-Louis Murat, sachant qu’il n’est pas forcément très médiatisé non plus ? J’aurais pu faire un choix un peu plus judicieux en demandant à quelqu’un qui passe en radio et avec qui cela aurait aussi pu me plaire de l’enregistrer. Julien Doré par exemple. Ce n’est pas du tout dit qu’il aurait dit oui, mais ça m’a traversé l’esprit. C’était autre chose forcément de le chanter avec quelqu’un de plus jeune, de plus moderne, de plus actuel.

Les trois derniers albums se ressemblent plus que le premier, qui est un peu à part, non ?
Beaucoup de gens me disent de revenir aux sources, de faire un album plus naturel, plus folk, moins arrangé, moins réfléchi aussi, parce que finalement, je n’ai pas réfléchi quand j’ai fait ces chansons-là. C’est vrai que maintenant on réfléchit tout le temps. Quand on fait une chanson, on se demande si ça va plaire, si ça pourrait passer en radio, comment on peut l’arranger. On perd cette naïveté du début. C’était beaucoup plus léger. Malheureusement, la vie a apporté de la gravité à tous les sujets. À 27 ans et à 38 ans, ce n’est pas pareil.

Dans Je de société, tu abordes le sujet des réseaux sociaux.

Aujourd’hui, on a toujours tous l’impression que la vie des autres est mieux parce qu’on voit leurs photos. Je pense que 100 % des gens qui sont devant leur écran ont l’impression que les autres ont plus d’amis, plus d’argent, de meilleures vacances etc… C’est très vicieux et c’est un monde qu’on est en train de construire, dans lequel on vit, et dans lequel on est complètement acteur. On est en train de partir complètement en vrille. Je pense qu’un millième de ce qu’on fait est utile. Il y a aussi des super côtés, pour le boulot par exemple. J’ai rencontré plein de gens et d’artistes par ce biais-là. Aujourd’hui, il y a vraiment une capacité de pouvoir faire écouter des choses en étant inconnu. C’est magnifique que tout le monde puisse maintenant tenter sa chance grâce à tout ça. Mais aujourd’hui, on s’en sert aussi d’une manière voyeuriste et malsaine. Les heures passées derrière son écran à regarder ce que font les autres ou à faire croire à ce qu’on fait sont des heures où on ne vit pas. On est sur-connecté et sous-connecté à la fois. Je n’invente rien, on le sait tous. On passe à côté de la réalité, de notre vie et des vrais bonheurs. Quand il nous arrive quelque chose de fort et qu’on est obligé de le prendre en photo pour le poster alors qu’en fait on devrait juste le vivre, c’est gravissime.

Quels sont tes projets ? Il y a un nouvel album en préparation ?
Je suis dedans, j’écris et je compose un peu. Je suis dans la même phase, ni mieux ni moins bien que pour les autres albums. Cette phase où on a l’impression qu’on n’y arrivera jamais, mais ce qui me rassure c’est de savoir que je me suis dit ça quatre fois d’affilée. Il y a des choses qui arrivent, des choses plus légères. Mais c’est compliqué, parce que si je n’ai pas la chair de poule quand je chante une chanson, je n’ai plus envie de la chanter. Il faut vivre pour écrire, et j’ai encore pas mal de choses à vivre ! À chaque album, c’est une nouvelle étape. Il n’y a jamais un album où je sois dans la même situation personnelle. D’ailleurs heureusement, sans ça, je ne sais pas comment j’écrirais. Je ne sais pas comment les gens font pour avoir une vie stable et arriver à écrire des albums comme Alain Souchon. Mais c’est magnifique parce que du coup, lui, il écrit sur d’autres sujets que sur lui-même, et il pense que ce n’est pas utile de parler de lui. Je sais qu’il faut que j’aille vers ça. La légèreté me manque vraiment. Même Je de société, qui a l’air léger, c’est une addiction qui me concerne.

Rose

Photo: MH Blanchet

Tu as envie de nouvelles collaborations ?
J’ai dans ma tête des idées, mais pas de gens précis. Comme j’ai envie justement de modernité et de légèreté, j’ai envie de collaborer musicalement avec des choses qui mettent en joie. Je n’ai pas envie d’aller vers le sombre ou la mélancolie, j’ai plus envie de quelque chose de joyeux. De toujours profond mais en même temps sur lequel tu danses.

Si tu devais choisir une seule de tes chansons, ça serait laquelle et pourquoi?
Je pense que celle qui traverse le temps et que je peux m’approprier à tout moment c’est Je me manque. J’ai toujours l’impression que ce n’est pas moi qui ai écrit les chansons, qu’il y a une inspiration qui « arrive », que j’écris ce qui me vient, mais que ça vient d’ailleurs. Quand j’écoute Je me manque, je me demande comment j’ai trouvé ces mots, ces phrases… C’est tellement ça…. Cette chanson, je suis fière de l’avoir écrite parce que c’était il y a cinq ans, et que je vais encore le dire aujourd’hui. On se cherche à tout moment de sa vie. Ce moment où on a l’impression d’être à côté de ses pompes, à côté de ce qu’on voudrait, de ne pas être heureux comme il faudrait.

Donc si tu ne devais en garder qu’une, ça serait celle-là.
Oui. En même temps je dis ça, mais je ne la joue pas tout le temps. Je prends moins de plaisir à jouer La liste, mais c’est mon porte-bonheur. Donc voilà, La liste c’est mon porte-bonheur et celle que je trouve la plus réussie c’est Je me manque.

Tu te racontes beaucoup dans tes textes. C’est un choix de ne parler que de sujets personnels ou c’est parce que c’est plus difficile pour toi d’écrire sur autre chose ?
C’est plus facile de parler de ce qui me concerne et de ce que je vis. Naturellement, c’est ce qui me vient. Je n’ai jamais inventé d’histoires même quand j’étais petite. Je reste dans le concret. Et il y a aussi une sortie d’exhibitionnisme et d’égocentrisme. On a l’impression que ce qu’on va dire va intéresser les gens. J’ai parfois l’impression que si je ne raconte pas des choses qui me sont vraiment propres ça ne va pas intéresser les gens, alors que c’est très prétentieux. J’ai l’impression surtout que si une chanson ne me donne pas la chair de poule, ne me fait pas vibrer, ne me donne pas les larmes aux yeux quand je la compose, elle ne va pas intéresser les gens. C’est complètement faux parce qu’en tant que fan d’Alain Souchon, les trois quarts de ses chansons, celles que je préfère parlent de sujets généraux. Donc je ne pense pas que ça soit un choix, c’est que je ne sais pas faire autrement.

Comment définirais-tu ta relation avec ton public ?
Je déteste ce mot, mais avec ceux qui me connaissent depuis le début, il y a un côté fusionnel. Parfois, j’ai l’impression qu’on a les mêmes vies. C’est des gens que j’ai vus célibataires, mariés, avec des enfants. C’est comme de la famille. Ils ont l’impression que je chante leur vie et j’ai cette impression d’être dans leurs vies. Je sais que j’entretiens ce lien parce que je suis peut-être « trop » accessible. Je discute avec les gens sur les réseaux sociaux, je les vois après les concerts et il y en a qui sont devenus des amis. Pour moi, le public c’est la clé. Du coup, c’est violent quand on perd des gens. Le problème n’est pas du tout commercial, c’est comme lorsqu’on perd une amitié, on se demande ce qu’on a fait pour mériter ça. Pourquoi il m’aimait et il ne m’aime plus ? Il y a un désamour des gens quand on vend moins de disque, qui est pour moi le vrai problème. C’est violent quand on sait qu’on fait ce métier parce qu’on a un manque de confiance déjà à la base et que l’amour des gens vous a rempli. L’amour des gens est volatil. Mais je comprends aussi. Moi aussi, j’ai déjà écouté un album en boucle et n’ai pas acheté celui d’après.

Rose

Photo: MH Blanchet

Tu participes régulièrement à des actions caritatives. Tu trouves que cela fait partie du rôle d’un artiste ?
Je ne le cherche jamais vraiment, sauf cette fois-ci. J’ai vu une pub à la télé, Action enfance. J’ai pris contact avec eux et depuis on a fait des choses. J’ai été dans des villages d’enfants. C’est une association qui crée des villages de familles d’accueil et qui privilégie les fratries pour qu’ils restent ensemble. J’ai rencontré par ce biais-là un chanteur super, Bruno Guglielmi, avec qui on a fait l’hymne de la fondation. C’est la seule fois que je me suis investie de façon consciente et volontaire. Sinon, on m’appelle, et ce n’est pas que je ne sais pas dire non, mais je ne veux pas dire non. Grâce à ce nom de Rose, on m’appelle pour me dire que ça serait utile que je sois là, que ça aiderait. Tout ce qu’on me demande, pour moi, c’est une chance qu’on m’offre d’être utile, donc j’y vais. 

Toi qui écris des textes travaillés, quelle vision as-tu de l’état de la chanson française ?
Tu l’as bien dit, l’état… Elle est en piteux état. Aujourd’hui les choses que j’aime et qui me touchent ne sont pas du tout mises en avant. Il y a énormément de choses géniales, partout. Malheureusement ce n’est pas celles-là qu’on écoute. Dès qu’il y a quelque chose qui marche, on le matraque. Ça va avec la façon dont les jeunes vivent, comment ils écrivent sur leur smartphone. C’est devenu du langage parlé. J’ai l’impression qu’on revient un peu à la « chanson française » plus populaire avec Slimane ou Claudio Capello, ce genre de personnes. La chanson française revient enfin, mais dans ce qu’on entend le plus souvent il n’y a pas de textes qui me fassent vibrer comme un Ben Mazué peut faire. Il faut faire en sorte que les médias essaient de se diversifier, parce que je pense que c’est le plus gros problème. Ils savent ce qui marche, ils ne prennent aucun risque et y vont à fond. Toutes les 10 min tu entends Louane et Kendji. C’est sympa, mais ils pourraient alterner. Au milieu de 5 chansons modernes, balancer un Ben Mazué qui pourrait plaire. Ils ne prennent pas le risque de se dire que ça pourrait plaire.

Si tu devais faire la liste de tes envies, qu’est-ce qu’il y aurait ?
Aujourd’hui, elle se résume vraiment à deux choses : vivre de belles choses, pour écrire de belles choses. Je ne sais même pas si je préfère vivre ou écrire, mais les deux vont ensemble. J’ai besoin d’être amoureuse tout simplement. Je crois que pour moi c’est la seule de mes envies, parce que c’est cette envie-là qui amène toutes les autres. Vu que le cœur est un peu mort quand il n’est pas amoureux, j’ai l’impression que sinon on ne peut que faire semblant de vivre.

Qu’est-ce que la musique représente pour toi ?
Quand j’étais jeune, la musique c’était une passion, je ne pouvais pas vivre sans musique tout le temps. Ensuite c’est devenu du fun avec la tournée. C’était une façon de vibrer, de s’éclater. Du coup, c’était un peu toute ma vie. Après, c’est devenu un métier. Aujourd’hui, la musique c’est vraiment une bouée à laquelle je me raccroche. C’est souvent ce qui m’a sauvée depuis dix ans. Ce n’est pas toute ma vie, mais c’est ça qui me pousse à vivre des choses qui sont primordiales.

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