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Wladimir Anselme, des heures trop courtes

Wladimir Anselme, des heures trop courtes

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Vendredi 10 juillet 2015. Après une séance de repérage photos, Manu Lods me jette en scoot au pied du Limonaire qui n’en a qu’un de pied et c’est pour ça que j’en cause au singulier. Singulier aussi le personnage que je viens voir ce soir dans ce célèbre cabaret de la cité Bergère. Wladimir Anselme avec un W à Wladimir pour montrer qu’il est pas normal ce gars et qu’il fait rien comme les autres.

A mon arrivée, je vois direct que ça sent les vacances à Paname. La terrasse est blindée, un peu, la salle moins. Remarque, je suis arrivé tôt. Je me dis que ça sent quand même sérieux la fin des concerts parisiens de la saison et qu’il va falloir penser aller hexagoner ailleurs. Mais pour l’heure, pas question de rater le Wlad’ qui se fait bien trop rare sur nos planches. D’ailleurs, dans l’assistance du soir, je les ai reconnus les habitués de la chanson parigote qui savent toujours flairer les bons plans et qui étaient là. J’ai des noms mais j’les garde pour moi parce que si ça balance pas mal à Paris pour France, moi pas !

Ce vendredi, Wladimir-avec-un-W venait pousser la chansonnette sans plan de vol super strict. Son superbe dernier album pour les grands, Les heures courtes, commence à avoir un peu de bouteille et dernièrement, on a surtout vu Wladimir défendre ses Cromosaures de l’espace. C’est quoi ? Je te dis. C’est du jeune public ça. Un album de chanson-histoire-bande-dessinée qui raconte une aventure à la sauce Anselme, c’est à dire un truc un peu barré où l’on ne comprend pas toujours tout mais d’où l’on sort toujours sur le cul.

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Vendredi soir donc, il a mélangé tout ça le Wlad-à-W. Il a commencé seul à la guitare sur quelques titres avant d’être rejoint dans un premier temps par une autre guitare. Quand il chante pour les grands, en formation, il est accompagné des Atlas Crocodile et ça envoie. C’est du rock élégant avec du parfum sous les bras. Là, de la bande des crocos, c’est Csaba (prononce Chabat comme Alain) Palotaï qui l’a rejoint. Csaba est à la guitare ce que Bernard Hinault est au vélo : un steack ! Mais Csaba est encore en activité. Et bien outillé ! Guitare électrique aussi old school que son antique ampli à lampes au son chaud et crunchy, c’est que du bonheur.

Et puis, comme il n’était pas tout seul tout seul Wladimir-avec-un-double-V, Hexagonaute, si tu suis le gars Anselme de longue date, sache que tu as raté la présence-retour de Frédéric Norel, fidèle des premières heures qui est venu jeter son violon dingue sur quelques morceaux en seconde partie de concert.

Photo David Desreumaux

Photo David Desreumaux

Alors, ça nous donne quoi cette formation de solo à trois ? Et bien ça donne un merveilleux moment de poésie qui va crescendo (t’as vu, je cause en latin aussi !). Débutant le set tout seul comme un grand, rejoint ensuite par Csaba, puis par Fred Norel, Wladimir-au-double-vé a mêlé sans méli mélo chansons des heures courtes, anciennes, nouvelles, textes et chansons des Cromosaures de l’espace pour un résultat du plus bel effet. Certes, il y eut ici et là quelques petites hésitations inhérentes à une formule nouvelle et/ou de circonstance. Mais franchement de la broutille, de la roupie de chansonnette, au regard du beau moment passé.

Surprenante réussite que ce croisement de genres et de publics. Allier les chansons d’adultes au répertoire des plus jeunes. Ça montre s’il en est besoin qu’une bonne chanson touche quiconque veut prendre le temps de l’écouter. Ça montre que les catégorisations, finalement, c’est aussi un peu des conneries. Par exemple, moi j’en connais qui pensent faire des chansons pour les grands mais j’oserais même pas les faire écouter à ma gosse de trois ans. Tu vois le genre. N’insiste pas, je ne dirais pas de mal de Christophe Maé. De M Pokora non plus.

wladimir-anselme-12-07-2015-@david-desreumaux-7795La force, la très grande force de VVladimir Anselme repose sur la qualité de son écriture, sur sa puissance imaginative et sa propension à créer des univers singuliers, à générer des climats où le temps d’une chanson, on se sent comme absent du monde. On est dans le sien, dans les siens. Le sens résiste au fil de la narration, parfois nous échappe, mais le transport poétique vaut toute assertion mal affirmée. Ajoute à cela des mélodies fichtrement bien gaulées, sur lesquelles tu te sens comme sur un aéroplane ou sous LSD et t’auras compris que t’arrives à la fin du concert carrément zen. Limite, tu files acheter un aller simple pour Katmandou.

Tu vois, hexagonaute, on commence à salement se connaître toi et moi. Ça fait déjà un petit bail que je te raconte mes divagations en chanson, que je me livre à toi avec le plus de sincérité possible. J’essaie. Je sais, je suis timide. Je vais quand même te dire un secret que tu répéteras pas. Ok ? Des chanteurs et des chanteuses, j’en écoute plein, tu le sais bien toi puisque tu lis ces colonnes comme un junkie. Et j’en aime beaucoup. Des chanteurs et des chanteuses. Pas des junkies. Mais dobeuleyou-Wlad, c’est un cas à part. Je l’aime beaucoup avec un petit truc en plus. Figure-toi que fin des années 90 ou tout début 2000, c’est le premier artiste que j’ai chroniqué avec mes petits doigts. Ouais. Parce que je l’avais vu en première partie de Thiéfaine à Orly. C’était le Festival de Marne et j’avais kiffé comme on disait pas encore à l’époque. Et puis aussi, le concert où j’ai rencontré ma fiancée alors qu’elle avait même pas encore fait mes enfants, c’était un concert de Wladimir Anselme ! C’était le 12 mars 2002. C’était au Limonaire. Déjà oui. Tu vois, il est bon W et c’est pas d’hier ! Comme disait l’autre, « la routourne a tourné » et dans un seul sens. Le bon.


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hexagone.lemag@gmail.com

Comments
  • La vie a de ces hasards… J’étais peut-être au Limonaire ce soir-là. À moins que ce ne soit l’une des autres soirées où Anselme a alors officié dans le bar à vins et à chansons.

    15 juillet 2015
  • Tiens, c’est marrant que tu racontes ça aujourd’hui, parce que c’est bizarre, mais y vient d’m’arriver un truc à peu près similaire, là tout de suite.
    Alors tu vwas, y a encore dix minutes, j’étais dans ma cuisine où, pour changer, j’pensais concertiner tranquillement tout seul, mais en trio.
    Bon, en plus de la pwêle, y avait kwa ? Une échalote qui commençait à s’déloquer, quelques dizaines de lardons qui s’mettaient à s’étriper dans leur barquette en la r’luquant, et deux trwas oeufs sortis on n’sait comment du frigo, qui s’dandinaient dangereusement sur le bord de l’évier en roulant de grands yeux.
    J’te cache pas qu’observant la scène depuis sous l’robinet où j’me lavais les mains, j’le sentais mon trio plutôt s’évaporer du côté de la cacophonie que de la poésie instrumentale, si tu entends c’que j’veux pas dire, Dodécaphonaute ! (Mais y a vraiment pas d’raison qu’tu comprennes, vu qu’tu fais encore semblant de lire c’que j’écris)
    Bref.
    Tu vwas pas qu’là-d-ssus, j’attrape proprement (Beh oui, j’venais d’me laver les mains, j’te rappelle ! -[Juste Ici, tiens, j’m’en vas faire un ‘tit’ apparté, juste pour dire que c’que j’viens d’faire, là, ça s’appelle une blague téléphonée, totalement gratuite, puisque même pas facturée par Mme France Orange Télémécanique, ni par M. Laisse-Twa-Faire, encore moins par le rafraîchissant Mister Free ; gratuit, j’te dis, les blagues téléphonées ! Y a même un service sur le net qui te les fournit à volonté – si, si, c’t Hexa ! – Rhô, punaise, encore une ! J’sais même plus où les mettre !]
    Bon, Bref.
    Non, j’l’ai d’jà dit, ça. J’en étais où ?
    J’me perds en contractures.
    Tu permets que j’m’étire le pied ?
    Ah oui ! Doncques, c’est là que proprement j’empwagne l’effeuilleuse qu’en finit plus d’se désaper. Mais t’imagines même pas les cris qu’ça pousse ces frangines-là dès qu’on les touche !
    C’est qu’j’en pouvais tellement plus, mwa, d’la chanteuse lyrique, qu’après à peine trwas secondes, j’ai sifflé mon cout’las qu’a accouru de son perchwar en zézayant (oui, en fait c’est un sabre japonais que j’ai suspendu au-dessus de la fenêtre de la cuisine, et il a pas son pareil pour… oh pis tu verras bien), et v’là-t-y pas qu’en deux coups d’cuiller à pot (oui, avec un cout’las jap’, tu fais bien de relever l’explwat !), juillet décapsulé l’fond’ment (août tu crwas qu’c’est ?), avant d’lui fendre le coeur par le centre (ça, c’est quasi un pléonasme, tu notes ? – bon, disons par le ventre, alors ?), pis dès que que j’ai vu l’moment où elle allait s’répandre en lamelles, et avant qu’elle m’les jette méchamment à la gueule, j’t’ai ramassé tout ça sans pleurer, du bout de ma rap’ jap’, et j’t’ai tout lâché dans l’huile d’olive qui au même moment, s’est décidée à frémir dans la pwêle.
    Tu sais kwa ? Ca l’a carrément calmée, l’effeuillée ! C’est tout juste si j’l’entendais encore faire des messes basses dans son huile, pour discuter les termes de sa nouvelle colloc’.
    Et tu sais kwa bis ? Les lardons, qui depuis d’taleur avaient des vues sur l’effeuillotte, et s’chicanaient entre eux, mais bon, des trucs de mômes – tu vwas-tu pas qu’ces morveux-là, voyant que j’les avaient sacrément doublés (et pas juste avec un V, pour le coup, avec tout l’alphabet !) – tu le crwaras-tu, ça, Môssieur le Zarbonaute ? – ben v’là qu’ils se sont mis à s’allonger.
    Hey, non mais tu m’as vu ? Chuis pas en train de te dire qu’ils étaient en train de s’applatir, là ! Tu comprends le lardonien, ou bien ?
    Non, mon gars, c’est qu’ils s’allongeaient en hauteur pour essayer de me choper, non mais oh !
    Et des lardons qui s’allongent verticalement, le danger c’est que ça peut très vite faire des ados (alors oui, j’te rappelle, qu’aujourd’hui t’as drwat à des blagues téléphonées, tu pourrais au moins faire l’effort de pas décrocher – allez hop, deux pour le prix d’une – ah non c’est gratuit – ah oui c’est Hexa !). Bon, tu y es sur les lardons qui d’viennent des ados ? Mais le pire, c’est que livrés à eux-mêmes dans une barquette, déjà qu’y s’chicanaient, mais là, si j’les laissais encore grandir, c’était la guerre que j’me préparais ! Une invasion d’lardons montés en graines dans mes salades ! (Oui, celles que j’te raconte depuis maintenant deux heures, mais que tu mettras deux minutes et d’mie à lire, tellement tu capteras queud’).
    Tsé kwa ? C’est marrant quand j’y repense, là, juste là, j’ai eu un réflexe typiquement ONUsien (c’est dire si j’me suis fait peur) : d’une main, j’ai saisi la barquette, et je te l’ai collée, puis maintenue au plafond pour éviter que mes futurs ados se barrent. De l’autre main, j’ai commencé à faire couler de l’eau dans mon évier.
    Tu me suis toujours, Migronaute ?
    Non, mais mwa non plus. Parce qu’en fait j’avais l’intention, une fwas la marée suffisamment haute, de déposer la barquette sur l’eau, doncques, mais du côté de l’évier opposé à ma pwêle. Le but, c’était de vwar si, en mettant l’eau entre eux et elle, ils parviendraient à sauver leur échaillée d’un pér-huile immonde. J’avais ôçi l’idée de corser le tout avec quelques embarcations de gardes-côtes, mais j’ai vraiment pas eu le temps.
    Non parce que c’est pas du tout ça qui s’est passé ! Oui, tu peux minauder, Minotaunaute !
    Dis, t’aurais pas déjà oublié que d’une main je scotchais mes lardons au plafond tandis que lentement je tournais le robi…
    Splotch.
    Ou cruic.
    Ou quiddisplatch !
    Enfin un truc comme ça. Parce que c’est là que ça n’a plus été – du tout – en entendant ce bruit, furtif, mais inquiétant.
    Oui, c’est ça : quiddisplatch ! C’est ce bruit-là qui m’a panthéonisé les z’oreilles, Sonotonaute ! Entends-tu ce que je t’esgourdille ?
    J’ai juste eu à tourner la tête, et tout de suite j’ai compris : les vibrations !
    Les vibrations, te dis-je !
    Mais oui, j’ai eu beau user de toute ma délicatesse – Mais bien sûr, que si, Connardonaute que tu me fais dire, je sais être délicat ! – au moment de pécho la barquette avec toute la vivacité qui me nonotilise – non – monolithise ? – non plus – monopolise ? – ridic..lise ? Mmmh.
    Non mais accro-croche-twa, Nautomobile, tu vwas pas les s’cou-cousses sismi-miques que j’viens d’créer ? Et encore, y avait pas assez d’eau-d’eau dans l’évier pour fai-faire s’lever un tsu n’ami.
    Mais mes deux-trwas œufs de d’taleur… t’avais encore perdu le fil ?
    Oui ben deux trwas œufs sur un fil, pareil : à force de s’dandiner les yeux au ciel depuis un bail, les vibrations, l’eau qui monte, l’idée soudaine qu’on a le pied marin, l’envie de vwar du pays, de découvrir ce qu’il y a derrière l’autre rive, tout ça… et les vibrations insistantes… quiddisplatch ! Dans l’évier.
    Enfin bon dans le bac, oui, mais pas vraiment…
    Nonnon, j’dirais rien
    Ouep, c’est vrai, Bavavardonaute, j’ai un peu honte… mais tu le répèt’ras pas, dis ? Purée, craché ?
    Non mais en vrai, au fond de l’évier… y avait encore mon bol du matin.
    Tendance chocolat plutôt que café, si tu vwas ce que je veux dire.
    Non mais j’ai rien pu faire, rien j’te dis.
    Juste continuer à maintenir ces crétins d’lardons au plafond – mais j’commençais à ressentir de ces crampes, mais de ces crampes…- et retirer les coquilles afin de mieux contempler les jaunes d’oeufs se faire cravater de marron par le fond de chocolat.
    Rien d’autre.
    Et soudain – mais parce que je l’attendais, sans doute – une crampe plus forte que les autres – d’autant plus que j’me rendais compte qu’à force de s’allonger, les lardons poussaient vers le bas, avec une telle puissance…
    J’ai tout lâché.
    Juste pour récupérer mon bras.
    Et je peux dire que j’ai eu du bol. [Et ben non, Bolinonaute, c’est inHexa : là, par contre, il ne s’agit pas d’une vanne téléphonée, c’est juste du vrai bol, vwas-tu, oui ça existe]
    Figure-twa que la barquette au plafond était pile au-dessus du bol ci-devant dénommé. J’ai tout lâché : ben c’est tombé dedans juste comme il faut.
    Maintenant, me demande pas comment des lardons devenus adultes ont pu tenir là-dedans tous ensemble avec les œufs et le fond de chocolat, ça j’en sais fichtre rien.
    Je pense qu’ils ont commencé à se rati-tatiner au moment où, de mon nerf de bœuf – air ?- j’ai entrepris de rattraper ceusses qui cherchaient à s’échapper.
    Mais j’étais tellement énervé, remonté, je t’ai battu, fouetté tout ça, au fond du bol, ça a bien duré deux à trwas minutes – je sais pas mwa, comment le bol a résisté.
    Quand j’ai fini par reprendre mes esprits, j’avais encore plus mal au bras que l’instant d’avant, et ça m’a pris encore quelques minutes avant de réaliser ce que je venais de faire : un véritable carnage.
    J’ai bien essayé – je ne m’en cache pas – de maquiller le tout, de le cacher un peu sous les herbes, avec beaucoup de poivre, un peu de sel… et pourkwa pas de l’emmental ?
    Oh puis zut ! Démerdez-vous tous ensemble.
    J’ai tout jeté dans la pwêle, avec l’autre échâlée qui commençait à sentir la roussie.
    Enfin, là j’ai respiré.
    Un long moment.
    J’ai respiré en entendant les premières notes du trio : douces, éphémères, prometteuses.
    Quelque chose montait dans l’air.
    Et sentant une goutte perler sur mon front, je l’essuyai du dos de la main : je l’avais échappé b…
    Mmmh… Hein ?
    Dans ma main, justement, je tenais un truc… un poivron ?
    – Ah, c’est ce truc qui montait dans l’air ?
    Oui, c’était un pwavron, un pwavron vert en l’occurrence – et c’est justement là que je voulais en venir en entamant cette discussion, qui par ta faute, Girafonaute, et ton obstination à te taire et à ne rien comprendre, a un brin tourné au monologue, je l’avoue humblement.
    Mais puisque nous en sommes là, venons-en doncques au point essentiel de notre échange à sens unique : il faudra un jour que je te présente ma vwazine.
    -…
    Mais oui, bien sûr, ma vwazine : celle qui tient la boutique de primeurs, de l’autre côté de la rue.
    Que ne l’as-tu déjà crwazée ?
    M’enfin, tu penses que je le tiens d’où, ce poivron que je tiens dans la main, et qui de fait, tient dans la main ?
    C’est qu’elle ne manque jamais, ma vwazine, lorsque je suis à ma fenêtre, de me rabrouer sur ma façon de faire la cuisine. Et aujourd’hui encore – Tiens, j’avais coupé lé son, je te le remets : « Pécaïre ! Tu as encore oublié le poivron dans ton omelette ! »
    C’est comme ça que tout à l’heure, elle a joint le geste à la parole.
    Bon, je ne te cache pas que sa boutique est au rez-de-chaussée, et que j’habite au 4ème étage. Mais je crwas avwar deviné qu’elle est championne au lancer du javelot.
    Ceci expliquant peut-être cela.
    Ôçi, cela me ferait un bien fou, je pense, si je pouvais te la présenter, ô parfait Légumonaute !

    Diantre, c’est assez pour aujourd’hui, concluons maintenant.
    Si je te dis que j’ai élagué et tranché le pwavron, l’ai balancé sur l’omelette, ai replié celle-ci en deux, ai laissé cuire jusqu’à ce que le pwavron swat devenu fondant, tu me croiras ?
    Heureusement, je ne t’ai pas à mon service, Mitronaute : j’aurais mangé brûlé.
    Mais j’ai brafré comme un sauvage, et des deux mains encore, ça oui, tellement j’avais le sentiment d’avwar vécu les instants précédents bien plus intensément que le reste de ma vie.

    Pour quelle raison véritable, cependant, Atchoumonaute – pardon, c’est mon allergie conclusive qui me prend toujours à ce moment-là – pour quelle raison penses-tu que je te raconte tout cela ?

    C’est que je viens de lire un de tes papiers sur un chanteur en W, là. Un chanteur que j’aime bien, au demeurant, et que même j’avais envisagé d’assister à son concert, d’ailleurs, mais que bon, chaipû ce que j’ai fait ce jour-là. Passons.
    Ah si : comme je trouvais que j’en faisais beaucoup trop, alors j’ai préféré Toporiser.
    Mais oui, dans la Poche du Montparnasse. Mais re-passons.
    Et doncques je me disais, c’est vraiment trop fastoche d’écrire comme il fait le mec : comme de toute façon t’as pas grand-chose à raconter, parce que les concerts, c’est vrai, c’est pas facilement racontable, qu’on passe principalement du temps à répéter toujours – ou souvent – les mêmes choses avec les mêmes mots, ou pas les mêmes mais ceux qui sont juste à côté, pour produire les mêmes effets, t’habilles tout ça de cette façon-là paske ça permet d’en trouver d’autres, des mots, et même des blagues téléphoniques qui finalement se font de plus en plus rares dans les concerts. Du coup, personne s’emmerde à te lire, même si ça fait six pages au lieu de deux, au contraire, personne s’aperçoit qu’en fait t’as passé une swarée exécrable, et le tour est joué.
    Bon ben cool alors, si c’est fastoche, dans ces conditions, j’peux raconter n’importe kwa à n’importe quel N’Importe-Kwanaute.
    Trop fastoche, comme Hexo, j’te dis.
    Tiens, là, justement, chuis en train de m’faire une omelette.
    J’pourrais bien raconter ça.
    En plus, comme ça, ça lui fera même une recette pour si jamais un jour il sait pas comment nourrir ses lard… ‘ardon, ses marmots.
    Allez ouais, tiens,allez ouais tiens j’le fais.
    Mais c’est surtout que j’me suis dit : « C’est pas si mal, comme il écrit, mais si au moins il parlait d’bouffe, au lieu de nous pourrir avec ses swarées-concerts de 2002, avec des chanteurs qu’on fait tous semblant de connaître comme si c’était hyper-important dans la vie ! Franchement, il parlerait d’bouffe, là, vraiment, oui.
    J’aurais vraiment envie de le lire.
    Enfin j’crwas.

    16 juillet 2015

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