HomedécouverteMick à Avignon – Session 2 : Les épis noirs

Mick à Avignon – Session 2 : Les épis noirs

Les épis noirs je les ai vus, pour la première fois, au siècle dernier, dans leur spectacle chanson Quand trois poules à la salle Nougaro à Toulouse.  Et ils viennent de fêter (le premier avril de cette année) leurs 25 ans d’existence. Ils présentent à Avignon, leur dernière création : Just Married Romance sauvage avec deux des trois comparses du début. Du théâtre musical. Pas vraiment un spectacle de chanson, en tout cas, pas uniquement. Mais on est au festival d’Avignon alors ok pour le théâtre musical d’autant plus quand il est de qualité.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Just Married Romance sauvage. Un homme et une femme. Une histoire déjà racontée moultes fois. L’idée de mariage, une première séparation « Je t’écris pour te dire entre nous tout est fini … Je pars avec ta meilleure amie Lola » La lâcheté de l’homme. La tentative de réconciliation. Une nouvelle séparation « Je t’écris pour te dire … Je pars avec ton meilleur ami Raphael». L’insistance à essayer de se faire croire que « tout va bien ». Le plaisir des bons moments. La lâcheté des adultes qui engueulent l’enfant quand ça ne va pas bien entre eux. Le rapport avec la mère. Une histoire souvent racontée. Mais c’est fait ici de manière efficace, avec une belle alternance de textes dits et d’une douzaine de chansons. Et un dernier morceau en forme de conclusion : « J’ai pas besoin de toi pour vivre.  J’ai pas besoin de vivre pour toi. Mais je veux vivre avec toi ». Dans les parties parlées, une belle opposition entre les deux comédiens. Des petits effets efficaces comme, par exemple, la même lettre lue par celui qui écrit et celle qui lit. Des chansons avec un accompagnement minimal mais lui aussi efficace : Pierre Lericq à la guitare, son acolyte au tambour ou au ukulélé. Ils s‘appellent sur scène par leur vrai prénom Pierre et Manon (Andersen). Qu’ils se répondent ou chantent ensemble, le spectateur est accroché. Le duo fonctionne.

Photo Michel Gallas

Photo Michel Gallas

Comme dans ses plus récents spectacles, Pierre Lericq l’auteur interroge l’amour et la liberté, la raison. Et on se pose, en passant, la question de la représentation théâtrale sous forme d’allers retours entre les rêves et le moment présent voire la représentation de Dieu. Beaucoup de jeu avec les mots « Au gré du vent qui me dit rige, me dit ssipe, me dit verge, me dit sous. »  Des mots qui font sens et qui incitent à la réflexion.  « Je me tire une balle dans le cœur je me rate tu me manques, » « je hurle à la mort à la morsure (ou mort sure ?) de l’amour, » « je voudrais me démolir, te lire des mots, des mots lyres, des mots simples comme vivre, des mots compliqués comme vivre … ensemble, des mots difficiles comme est-ce que je peux revenir vivre à la maison ? » « L’amour mesdames et messieurs ça commence toujours par de la confusion, ensuite l’effusion puis la fusion, la diffusion et enfin le moment de l’infusion. » Et parfois cela tourne au burlesque : une exagération  à partir d’un simple compte à rebours que la femme commence à 15 et qui se termine dans une colère homérique de l’homme. « C’est à cause de gens comme toi que le monde ne va pas bien » après avoir cité, de mauvaise foi, les comptes à rebours de la Nasa.

Photo Michel Gallas

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Les épis noirs c’est un style unique, à la fois divertissant et exigeant. C’était un plaisir de revoir ces artistes, cette énergie dans une formule réduite. Car ces dernières années j’avais retrouvé et apprécié Pierre Lericq dans des œuvres plus écrites et peut être plus ambitieuses comme Andromaque dite « fantaisie barock ! ». Et l’an passé Festin ou la véritable histoire de Dom Juan où Pierre Lericq partage la scène avec 15 personnes dont 12 femmes habillées en blanc. C’est un spectacle complet que je te recommande : avec des chansons, des chœurs et des percussions, avec de l’humour,  du théâtre et une réflexion sur l’amour, la mort, l’être humain. Si tu as l’occasion, ne rate pas une représentation des Epis noirs. Ce n’est pas uniquement de la chanson mais ce qui compte c’est la qualité, l’émotion et le plaisir ressentis par le spectateur.


Les épis noirs 15 juillet Avignon Théâtre du Rempart

Rappel : clic sur le nom de la compagnie tu arrives sur son site, clic sur le nom du lieu et hop tu es aussi sur le site du lieu. Clic sur une photo et hop elle s’agrandit.

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