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Jérémie Bossone, Chanson de caps et de Styx

Jérémie Bossone, Chanson de caps et de Styx

Photo David Desreumaux

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« Je ne vis pas de ma musique, j’en meurs ! Mais je suis content ! » Ô Sorcières Ô Misères je m’en viens te narrer l’histoire d’un artiste aux semelles devant, un voleur de feu, un chanteur d’un autre temps. Un temps d’hier. D’aujourd’hui et de demain. Un temps de chien, un temps révolu puisque l’on écrit désormais l’avenir au comptoir des apophtegmes. Il s’appelle Jérémie Bossone. Il fait de la chanson parce qu’il est de cette époque. La nôtre, celle dont la vente des livres de poésie représente 2% du marché. Successivement et dans le désordre, il aurait pu côtoyer Alexandre Dumas, deviser avec Villon à Montpipeau, trinquer avec Rimbaud à Charleroi, arpenter Greenwich Village avec Dylan ou croiser le fer pour l’amitié des Mousquetaires.

Jérémie Bossone est un météore. Une étoile filant à vive allure. Les poings dans les poches crevées et l’idéal paletot sur les épaules, il va, flamboyant féal à sa muse, armé de notes et de mots ensemencés puis cueillis au jardin des plus grands.

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Au départ, Jérémie Bossone n’a pas toujours été grand. En 1978, quand il voit le jour au Couvent des Ursulines, à Loudun dans la Vienne, il ne s’arrivait pas à la cheville. « Loudun, c’est la ville de Théophraste Renaudot, c’est pas rien » s’exalte-t-il. Les gens de mots, toujours des gens de paroles dans la bouche de Jérémie. Son enfance est formidable, fait-il remarquer. Elle se passe dans cette paisible bourgade de 8 000 âmes, avec son frère Benjamin, deux ans plus jeune, avec lequel il entretient une relation « presque de jumeaux » comme il le confie.

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Petit, à la maison, la chanson tient un rôle d’importance. Le paternel, fils d’immigré italien, est fan de Brassens et joue de la guitare. Il emmène toujours sa 6 cordes avec lui, dans son quotidien de commercial pour les pompes funèbres, pour décider la clientèle à acheter quelque croix ou plaque commémorative. Un personnage romanesque que ce daron ! Georges Chelon, Caradec, Polnareff, Brel, Barbara sont toujours dans les parages. Jérémie apprend la guitare classique durant 5 ans. De 9 à 14. Après « tu envoies tout bouler parce que tu veux faire de l’électrique, tu veux faire du rock » regarde-t-il aujourd’hui dans le rétro.

Le premier groupe arrivera à l’adolescence avec Benjamin à la batterie, Jérémie à la guitare et au chant. « On devient très vite LE groupe de Loudun » s’amuse-t-il. Un groupe de métal, Bloody Christ, qui va durer de 1996 à 2001, qui va gagner quelques prix et sortir un album. Jusqu’à la prise de conscience de Jérémie : le métal ne l’intéresse plus.

A l’heure de penser comme un grand, l’orientation professionnelle des deux frangins va les séparer un temps. Benjamin s’oriente vers des études musicales et deviendra prof de musique. Quant à Jérémie, il prend un très mauvais départ – qui aurait pu être funeste pour la chanson – en débutant un sport-études handball. « J’étais sélectionné en Elite régionale » sourit-il avec le recul. Rapidement blessé, il jette l’éponge. Sa carrière de sportif prend fin ici.

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« A ce moment-là, je découvre un mec qui s’appelle Baudelaire » glisse-t-il avant d’expliquer que « le dépressif aux fleurs mauvaises, » comme il le nomme sur Le Cargo noir lui ouvre les portes de la littérature et de la poésie. « Je ne savais pas ce que j’allais faire mais je savais que ça allait se jouer là-dedans » explique Jérémie. Bac littéraire en poche, il enquille sur un DUT Actions Culturelles, à Bordeaux, sans grande passion, DUT qu’il obtient de « justesse grâce à un mémoire sur Richard Wagner » souligne-t-il.

Mais les parcours académiques n’étant pas fait pour lui, le théâtre débarque alors dans sa vie et il n’est plus alors question de gagner sa croûte d’un côté et d’exercer une activité artistique de l’autre. Il quitte Bordeaux et monte à Paris, tel Rastignac, pour faire le cours Florent où il remporte le prix de meilleur acteur en 2004. Le jour de la remise du prix, il n’y assiste pas. Il est « en train de taper le bœuf dans un bar » parce que la chanson en solo est apparue dans son quotidien. « Je venais de découvrir un mec qui s’appelle Bob Dylan et je savais que je ne resterai pas comédien » relate Jérémie Bossone. Le déclic, c’est donc Dylan, en 2003. Une baffe puissance XXXL. « Je veux faire songwriter » se souvient-il. Pendant deux années environ, de 2003 à 2005, Jérémie va jouer sur les deux tableaux. A la fois le théâtre et la chanson avant de basculer définitivement du côté obscur de la rime.

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En 2006, paraît le premier album de Jérémie Bossone, un huit titres qui déboule de façon relativement confidentielle. Mais ce disque, Lili Perle, est également l’occasion de renouer avec Benjamin, sorti du circuit pour cause d’expression en solo de Jérémie. Les chansons sont enregistrées chez Benjamin qui s’occupe des arrangements. Si le titre Je m’appelle Stéphane Mallarmé va ouvrir des portes à Jérémie, c’est cependant deux autres titres, L’Empire et Le Cargo noir, que l’on trouve repris sur l’album Gloires sorti début 2015. « Ce premier disque sert à franchir une étape, à passer du côté professionnel » explique Jérémie.

Toujours en 2006, Jérémie Bossone décide d’enregistrer un double album acoustique, intitulé Les Sessions du grenier. Un album non paru, resté dans les cartons. Une sorte d’auberge espagnole, enregistrée à la campagne, à Loudun, dans un grenier. Durant les mois d’été des potes défilent à la maison, viennent enregistrer tel ou tel instru, telle ou telle partie. « L’idée c’était de faire deux prises live à chaque fois. Quelles que soient les erreurs et de garder » explique Jérémie avant d’ajouter que l’ensemble « est un foutoir, un peu bordélique » mais que « quelques jolies choses en sont sorties. »

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Comme il ne fait décidément rien comme les autres, en 2007, Jérémie Bossone accouche d’un nouveau disque intitulé Nuit. Un disque qui ne paraîtra pas non plus. « Album somptueux, mais suicide commercial » selon l’éditeur de Jérémie, un Jérémie très attaché à cet album qu’il considère comme son œuvre la plus aboutie, comme un disque, une création qui lui a sauvé la peau à un moment de souffrance intense dans sa vie. Un disque noir et violent, un disque de peintre plus que d’auteur, il est l’esquisse des sentiments tourmentés, une descente au cœur de l’âme meurtrie. « C’est un album qui à défaut d’exister me permet à moi d’exister » conclut Jérémie.

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En 2008, paraît Notre Jeunesse qui arrive comme pour fermer la parenthèse Nuit, apportant son lot d’ambiances plus joyeuses. Bossone ne considère pas ce disque comme son meilleur mais il arrive à point nommé pour prendre un nouveau départ sur le plan personnel. Dans la foulée, sort la même année Clown lyrique, un album court de 9 titres sur lequel on retiendra surtout l’épique Tim & Théo, titre fleuve qui s’inscrit dans la tradition dylanienne ou bien de la Supplique pour être enterré à la plage de Sète de Brassens comme le mentionne Jérémie.

En 2011, c’est un un EP 4 titres qui sort, sur lequel on trouve Rien à dire, Jamais rester et Scarlett (déjà présentes sur Clown Lyrique pour les 2 dernières). Puis, on attendra début 2015 pour voir la sortie de Gloires qui s’affiche comme une espèce de paradoxe. Cet album, réalisé par Ian Caple, vient faire la synthèse de dix ans de chansons pour Jérémie Bossone, dix ans d’activité discographique variée au gré d’albums parus ou non. Dix ans de recherche d’un temps trouvé. Mais paradoxe, dis-je, dans le sens où cet album qui recueille – entre autres chansons récentes – le fruit des meilleures productions de cette décennie Bossone, ce disque est presque à considérer comme le véritable premier album de Jérémie. Pourtant, Le Cargo noir, Scarlett, L’empire, Jamais rester ont des heures de vol… Alors quoi ?

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Alors, Gloires est une photographie. Une sorte d’arrêt sur image autant qu’un voyage. « J’ai fait ça, je fais ça, j’en suis là. Je viens du rock, je fais du rock, je chante du rock. Mais je viens de la chanson également et je le revendique haut et fort. Le lied allemand me bouleverse alors pourquoi ne pourrais-je pas reprendre Der Leirmann ? » Toutes ces questions, maintes et maintes fois Bossone a dû se les poser. Où vais-je, où suis-je, dans quelle étagère va-t-on me classer ? Il a décidé de faire péter les barrières. Il est partout, il est nulle part. Toutes ces différences, ces aspérités, ces reliefs, c’est lui, c’est son identité. Il a choisi d’être à tous ces croisements. Bossone, c’est la classe inclassable.

Inclassable parce qu’il n’a pas d’alter ego. Parce qu’il se situe loin des sentiers formatés et revendique ces reliefs comme un parti pris, une marque de fabrique. Et au diable les mauvais coucheurs qui lui reprochent à tort un manque d’unité ! « Je viens de Bob Dylan. Je viens de Robert Smith aussi. Et d’Hugo Wolf. Je suis tout ça. Les gens veulent des autoroutes, moi je ne veux pas faire d’autoroutes, je prends des chemins de traverses » explique Jérémie avant d’ajouter que « la musique a plusieurs visages et une seule personne peut porter les différents visages de la musique, sa rugosité. Le relief passe mal à notre époque, ce n’est pas le maître-mot mais c’est celui de mon travail. »

Son travail, c’est celui des mots. Il lui vient de sa plus lointaine enfance. De l’époque où sa mère lui lisait des histoires. Bambi, pour commencer. En tenant les larmes comme thermomètre de l’émotion parce que « quand je pleure c’est bon signe » souligne Jérémie. C’est de là qu’il tient son désir d’écrire, et surtout du jour où il découvre « la formule magique au CP » : apprendre à lire et à écrire. « J’étais le maître du monde » s’amuse-t-il à raconter avant de signaler que depuis cette époque il n’a cessé d’écrire.  Ecrire des romans au départ. « En fait, j’ai toujours écrit des romans » conclut-il.

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Avant même d’être un chanteur, Jérémie Bossone est un lettré. Un homme de Lettres fin, un grand connaisseur de la littérature classique notamment. Certes. Mais il est bien plus que cela. C’est un sensible, au sens noble du terme. Quand il parle de ces héros de papier, il est dans l’émotion. Il vit, il revit ces histoires nées sous la plume des Proust, Balzac et Dumas. Quand il parle de D’Artagnan, il est enthousiaste et transi : « D’Artagnan, c’est mon frère, c’est mon père, c’est mon tout. Le D’Artagnan de la cinquantaine. Le D’Artagnan qui se retourne sur sa vie et fait face à sa désillusion. Le Vicomte de Bragelone, qui est donc la troisième partie des Mousquetaires, raconte ça : on a eu des rêves, et la vie a fait que les rêves n’ont pas été accomplis. J’ai eu des amis, ils sont encore là, sous une forme ou une autre, on a eu des idéaux mais le monde a changé. On s’est battu pour l’honneur et l’amitié, aujourd’hui ce n’est plus ça. On survit dans un monde qui n’accepte plus les valeurs qui sont les nôtres. On est perdus mais on est là quand même. Qu’est-ce qu’on devient alors ? Le Vicomte de Bragelone, ça raconte cette désillusion mais finalement, c’est l’histoire de la vie. Proust est très littéraire, c’est magnifique, mais Dumas dans certains passages du Vicomte est supérieur parce que c’est incarné. Il y a une humanité, un sens de l’incarnation chez Dumas qu’il n’y a pas chez Proust parce que Proust est dans une autre perfection. Il n’y a pas de personnage, dans toute la littérature française, qui existe plus fort que D’Artagnan, avec ses vertus et ses vices. Il est là, il est palpable, c’est toute la vie qui est résumée dans ce bonhomme. Je plains l’homme qui n’aurait rien à apprendre du vieux D’Artagnan. Moi, mon histoire personnelle, elle commence  parce que je découvre des valeurs : l’honneur, l’amitié. Et je vais partir de  et je vais creuser. »

Creuser. C’est à dire sauter de Dumas en Hugo, de Hugo en Balzac, de Balzac en Vigny. La fine fleur du romantisme dont l’œuvre de Jérémie Bossone se parfume régulièrement, comme sur La tombe, titre récent aux accents Lamartiniens. Puis des Romantiques « qui font péter tous les repères », Bossone remonte l’échelle du temps, détisse la toile d’araignée des géants d’hier. Sont alors passés au peigne fin : Saint Just, Robespierre, Racine, Molière, Villon, Dante, Homère, Pétrarque, Virgile, Eschyle, et tant d’autres et Jérémie constate plein d’humour qu' »il y a un monde qui va plus loin que le handball. »

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Ce monde, c’est celui des poètes. Bouleversant. Une autre toile d’araignée, un autre métier à détisser. Les poètes, ceux de la bohème. En premier lieu Rimbaud qui tient une place fondamentale dans l’univers bossonien. Fondamentale au point de lui rendre hommage dans le livret de l’album Gloires. Fondamentale au point d’avoir inscrit sur sa guitare un fragment de vers du gamin de Charleville. « J’y suis toujours », vers final de Qu’est-ce pour nous, Mon Cœur. Et quand on demande à Jérémie la signification de ce vers à ses yeux, il explique que c’est « l’idée de durer dans la bohème. Tu joues partout, tu te fais jeter. C’est l’Apocalypse au quotidien. C’est une posture adolescente mais je crois qu’on est éternellement adolescent quand on choisit ce métier qui n’en est pas un. Rimbaud, c’est le premier des rockeurs. Avec Mozart. J’y suis toujours, je suis toujours là, à chanter,  quelles que soient les baffes que je prends. »

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Last but not least au rayon des poètes majeurs chez Bossone, Bob Dylan. Bossone, c’est clairement une fusion entre Rimbaud et Dylan. D’ailleurs Dylan lui-même n’a-t-il pas vénéré Rimbaud ? La poésie comme exutoire, comme pour se libérer des tourments de la vie, pour passer des caps et des Styx comme sur cette merveille qu’est Le Cargo noir, héritage direct du gars du Minnesota. Sorte de réécriture de Desolation Row. Chez Bossone comme chez Dylan, il y a une vision apocalyptique du monde, le poète face à son sort et le tout nourri de multiples références littéraires pointues. Avec Le Cargo noir, Jérémie tutoie la perfection. Virgile, Rimbaud, Claudel, Dylan et d’autres sont invités à ce voyage, à cette initiation du poète qui revisite l’Enfer de Dante sur fond de mythe d’Orphée. « Ce n’est rien d’autre qu’un condensé de ce qu’était ma vie à cette période, un condensé qui s’abreuve à ses références littéraires » justifie-t-il modestement. Mais c’est bien plus que ça, c’est une profession de foi, une chanson fleuve, c’est son Bateau ivre qui prend son temps et déjoue les règles en vigueur des passages radio. Mais comme le signale justement l’auteur, « Il n’y a pas de règles pour un poète. » Et de renchérir en citant Rimbaud : « La morale est la faiblesse de la cervelle. »

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Si Bossone place haut le mot, la musique n’est pas reléguée au second rang. Loin s’en faut. Elle fait partie intégrante d’une chanson et recèle égale importance. La musique se fait en même temps que les paroles et elle sous-tend le texte, l’accompagne, parfois parle à sa place comme l’explique Jérémie : « Il y a une sémantique de la musique, le mot ne doit pas tout dire, ne doit pas tout expliquer. Si tu racontes une histoire avec un lever de soleil, tu n’es pas obligé de dire « lever de soleil » dans le texte. Par contre, ta guitare ou ton instrumentation peut peindre ce lever de soleil. » Dans l’écriture, Jérémie donne dans la narration, musicalement, il incline naturellement vers le rock. Comme les partis politiques des années 70, il va faire « la synthèse » et faire entrer la narration dans une forme musicale qui n’en a pas l’habitude. Non seulement c’est osé et risqué mais le tour de force est réussi. « Généralement, en rock, on reste plutôt dans l’image » explique-t-il.

Sur scène, Jérémie Bossone n’est pas différent de celui qui fait des disques, de celui qui écrit des chansons. Il est lui dans tous les domaines. Il se ressemble en tous points. Toujours ses reliefs mis en avant. Sur les planches, il devient « un passeur » de chansons, comme il se définit. Terme auquel il tient beaucoup. La dimension d’interprète chez lui est remarquable. Capable d’être tour à tour dans la peau d’un Jeff Buckley, de Barbara ou de Jacques Brel qui est peut-être l’incarnation la plus flagrante chez lui. Si ce garçon se démarque par une qualité d’auteur indéniable, il faut saluer de même ses prestations d’interprète qui se situent quelque part entre le rock, la chanson et le théâtre. Une conjugaison parfaite à laquelle on se doit de mentionner la singularité d’une voix maitrisée qui a retenu les enseignements reçus dans les bars, lieux complexes d’expression mais très formateurs. « La scène, c’est la fin ultime de ce qu’on fait, l’aboutissement de la chanson. Ce qui m’intéresse, c’est l’incarnation dans les chansons, j’ai besoin que le corps existe » précise Jérémie Bossone.

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Jérémie Bossone est un artiste rare. Précieux. Essentiel. Il prend son temps. Il parle aux mots, les mots lui parlent. Il prend le temps de les appréhender, de les redécouvrir, ces mots qui font peur aujourd’hui dans un monde qui va vite. Trop vite. A l’instar d’un Kundera, il fait l’éloge de la lenteur. Bossone est un moderne qui prend son temps. A contre-courant. Un antique moderne. Il prend son temps et n’écoute pas les sirènes des autoroutes artistiques. Non, il avance, à son rythme, sur ses chemins de traverses. Il cultive son jardin fait de reliefs, d’amitiés et de fraternités. Il avance, calmement, sans frénésie. Il y est toujours.

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