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Vincent Delerm, l’âme en parallèle

Vincent Delerm, l’âme en parallèle

De ses premières chansons, fabriquées en cachette du temps où il était à la fac, à la fin des années 90, jusqu’à l’Olympia qu’il refera début 2015, il en aura parcouru du chemin ce fils prodigue ! Il en aura même renversé l’expression « fils de » en « père de », et ça tend à prouver quelque chose tout de même. Du talent, te dis-je !

Avec Souchon et Gainsbourg, Vincent Delerm est le plus british de nos chanteurs français. Une adolescence passée entre Toto 30 ans de la Souche, The Smiths de Morrissey et The Cure, et on retrouve Delerm à 38 ans, menant une carrière brillante, en renouvellement permanent. Tout est assumé chez ce garçon, depuis le premier album en piano-voix jusqu’à cet album-concept, Les amants parallèles, paru fin 2013. Pourtant, pas simple de passer d’un registre si traditionnel à une forme d’expérimentation à la fois musicale et cinématographique.

Un grand écart, penses-tu ? Pas du tout. Delerm fait ce qu’il fait depuis le début, invariablement, mais en inclinant, en décalant, en changeant d’angle. Vincent fait du cinéma depuis le commencement. Depuis son cursus universitaire, Lettres Modernes, option cinéma. Du noir et blanc et du Truffaut des débuts, il est aujourd’hui arrivé à la case Woody Allen. Histoires de couples, d’amants « Parallèles à côté / Sur nos lits nos corps parallèles / Pas les mêmes pas dérangés / Pas loin et à côté quand même ».

Faisant fi des critiques, parfois virulentes et passionnelles, Delerm avance, en travailleur méticuleux qui se fixe des caps dont il ne dévie pas. L’œuvre se forme, grandit, d’une admirable disparité cohérente. Sur scène, il convie à une manière d’œcuménisme artistique en mêlant chanson, cinéma, théâtre et photo. C’est aussi et surtout ça Vincent Delerm : un artiste protéiforme qui décloisonne les genres. Touche à tout lui-même, il réunit sur un même plateau, dans sa seule personne, des familles artistiques qui n’ont guère l’habitude de vivre ensemble. C’est aussi ça les temps modernes, une cohabitation permanente. Vincent Delerm l’a fort bien anticipé et cela fait aujourd’hui de lui un artiste majeur. Et pour pas mal de temps encore.

Vincent Delerm sera présent dans le cadre du FestiVal de Marne, le 3 octobre prochain, au théâtre André Malraux de Chevilly-Larue, avec Klô Pelgag en première partie. Deux bonnes raisons de sortir.

Photo Annabel Sougné


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