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Presque Oui, la belle évidence

Ça se passe rue Biot, un mardi 26 avril 2015. A L’Européen. Salle célèbre et mythique de la Place de Clichy qui a vu défiler des cadors d’artistes depuis des générations. Lieu principalement dévolu à la chanson de nos jours. Sur le fronton ce soir, on peut y lire Presque Oui.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Presque Oui c’est un nom qui fait penser que l’on va voir un band sur scène avec des tas de musicos et peut-être des tchacs et des boums dans tous les coins mais en fait ce n’est pas ça du tout. Oh Presque Oui a connu diverses formules – d’ailleurs ces temps-ci il tourne en Presque Nous avec Sophie Forte – plusieurs fortunes également, mais le poumon de ce pseudo, c’est Thibaud Defever. Un gars du Nord – forcément un gars bien – qui écrit des chansons depuis « pas mal d’années, » comme il s’amuse à le dire sur scène, avec Isabelle Haas.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Ce 26 mai, Presque Oui venait présenter ses nouvelles chansons, la bonne douzaine que l’on trouve sur l’album De toute évidence, paru le 27 avril dernier. Avec un très beau visuel de Frank Loriou. Il a chanté une grosse partie de cette douzaine-là Thibaud mais pas seulement. Des un peu plus vieilles mais aussi des inédites (voir Suspect), parce que le garçon on le sent généreux, avec à coeur de donner le max à son public. Un public pas avare d’applaudissements et parmi lequel on a reconnu quelques frimousses de la chanson de qualité que tu côtoies régulièrement dans tes pages préférées, cher Hexagonaute !

Pour le coup, date importante que cet Européen quand même. Presque Oui était accompagné sur scène par deux musiciens chevronnés, une section rythmique de choix formée de Benjamin Vairon à la Batterie (aux casseroles et la tourtière aussi comme on dit dans le 5-9) et de Xuan Lindenmeyer (que l’on voit aussi aux côtés d’Andoni Itturioz) à la contrebasse. Une section rythmique qui tantôt vient porter les chansons de Thibaud, les caresser pour montrer leur soyeux, qui tantôt vient les muscler et en faire jaillir des éclats. Au milieu de la scène, Presque Oui donc, forcément. Avec sa guitare. Oh elle n’est pas bien grande cette guitare, une petite guitare du luthier Pascal Quinson apparemment ou quelque chose comme ça, un petit modèle, pas la bonne grosse Jumbo des familles. Pas grande mais il faut voir ce qu’il en fait ! Des grateux et des bons, j’en ai vus et j’en verrai d’autres mais ce Thibaud Defever possède une maîtrise à rendre jaloux un régiment. Comble de la grande classe, le gars n’est jamais dans l’ostentation, jamais dans le branlage de manche comme on dit vulgairement et de façon fleurie. Non, il est tout simplement précis, subtil, imaginatif, inspiré et j’te garantis qu’il n’enchaîne pas des accords genre Mi mineur / Ré / Do. Ah fichtre non ! Les mélodies sont élégantes, sur des accords harmonieux et recherchés, les arpèges et structures ne visent pas non plus la simplicité pas plus que de vouloir faire alambiqué. Sur ce terrain musical, on est dans quelque chose de racé, élégant.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Ce n’est pas parce que je m’arrête un moment sur les musiques que ça signifie que les textes sont à chier. Pas le moins du monde et bien au contraire. Ici aussi l’écriture est choisie. On n’attaque pas les thèmes de façon frontale mais on évoque plus que l’on pointe du doigt. Chanson d’amour, chanson souvenir, chanson velours ou très souvent au lourd background affectif, peu importe la thématique, le couple Defever / Haas privilégie toujours l’élégance et le raffinement pour brosser le motif. Tour de force réussi que celui d’écrire avec une fausse légèreté, de donner à entendre des chansons qui parlent – par exemple – de la mort de l’être aimé, de traumas que l’on voudrait enfouis et qui habitent la personne à chaque seconde. Thibaut Defever chante avec retenue et pudeur des modèles d’épure qui en peu de mots racontent les trajectoires d’une vie, les espérances à venir. Un baiser, Les voix, Trop tôt, Tout me parle de toi – et je pourrais en citer davantage – sont comme des tableaux, j’oserais presque dire des « stations » pour employer un terme religieux si j’étais cul-béni. Mais Presque Oui n’attend pas de miracles non plus, il sait que la vie n’en fait qu’à sa tête et lui en fait des chansons. Des drôlement chouettes en plus !


Amalia Casado, Premier soupir aux Trois Baudets

Dimanche 24 mai, en plein milieu de ce week-end de trois jours, Clio et Amalia Casado se produisaient sur scène aux Trois Baudets. David Desreumaux te prépare un petit reportage sur Clio, jeune talent qui a été sélectionnée au concours « la Relève » de France Inter. Elle sera de nouveau sur les planches le 28 mai au Forum Léo Ferré. Les curieux, les amoureux de belles voix, de douceur et de dérision, allez-y.

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Photo Déborah Galopin

Amalia Casado, un nom qui sonne bien entre l’inspiration Dostoeïski et ses origines espagnoles. Elle a commencé le piano a cinq ans, l’a abandonné à seize et se retourne vers lui dix ans plus tard. Cela ressemble presque à une histoire d’amour. Son premier EP est sorti tout récemment, le 2 mars de cette année chez Jo&co. Il s’intitule Premier soupir. La respiration, symbole de la vie, son premier disque qui l’a fait naître en tant qu’artiste. En sortie de résidence aux Trois Baudets, elle a répété pendant trois jours rien que pour nous. Le lien entre l’artiste et son public se créer alors.

Un piano sur scène, deux projecteurs, ambiance minimaliste. L’enregistrement sonore d’une de ses chansons fait office d’ouverture. Elle s’installe, les doigts prêts à danser sur les touches noires et blanches. « Bonjour, je m’appelle Amalia Casado et je suis nouvelle au bonheur. J’espère que vous aussi. » C’est ainsi qu’elle se présente à nous, une invitation à partager la sérénité de son instrument et de sa voix, sur des textes un peu moins tranquilles. Les lumières jouent avec elle, tantôt rouges pour la passion, tantôt jaunes pour plus de chaleur. Elle nous explique ses chansons, fait preuve d’humour et est fière de nous présenter son compagnon Roland, son piano. C’est appréciable. « La prochaine chanson m’a été inspirée par une Tortilla. » Ne te prends pas la tête, lui dit cette dernière en espagnole.

Photo Déborah Galopin
Photo Déborah Galopin

Amalia Casado est une femme surprenante. Sous l’apparente douceur de ses chansons, se cachent de la sensualité, un peu de colère et beaucoup d’amour. Lorsque sa voix monte dans les aigues à la limite de la rupture, l’émotion est belle est bien là, venant chatouiller notre ventre. Elle chante le vide et l’absence. Ses textes sont personnels et en même temps parlent à quiconque. Amalia chante cette incroyable capacité qu’ont les femmes à désirer ce qui les fait souffrir. « Disparais ou reviens, je veux ton va et vient, contredit ou maudit, jette-moi de ce lit. » Elle transforme la noirceur de ses sentiments en un joli paysage, en des notes presque joyeuses. Le rythme de Disparais est entêtant et m’a immédiatement accrochée. Elle a également repris La boulette de Diams. Cette chanson la dévergonde, nous confie-t-elle, mais même quand elle éprouve de la haine c’est toujours avec beaucoup d’élégance.

Amélia Casado a longtemps cherché sa place, mais avec ce premier EP, il est probable qu’elle l’ait trouvée. J’ai vécu une agréable balade dans cette salle en compagnie de cette chanteuse à la sensibilité évidente.


Clément Bertrand, la peau est bleue comme une orange

Clément Bertrand est bâti comme une montagne mais il habite à la mer. Il crèche sur l’ile d’Yeu, à quelques brasses de Nantes où il a vu le jour il y a plusieurs années. L’animal se fait plutôt rare à Paname et quand il y fait une montée sauvage et nocturne, on serait bien ingrats et couillons de rester planqués dans nos chaumières. Le 22 mai dernier, il se faisait un Limonaire en compagnie de ses deux acolytes à la guitare et à la batterie.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Tournant ces dernières années avec une formule piano – voix, Clément Bertrand venait remplir les mirettes de l’assemblée avec son nouveau spectacle, intitulé Peau Bleue. Peau Bleue comme le nom de ces habitants de l’ile d’Yeu, par exemple, au rang des explications d’un nom qui puise ses références à différentes sources et dont le parfait Bertrand Belin est à l’origine. On n’en dira pas plus et on laissera la légende grandir autour de ce nom. A la formule acoustique du piano-voix, Bertrand apporte le pendant avec un trio électrique. Une Les Paul, une Telecaster, une batterie. Et Clément. Bien serrés, bien compacts sur cette petite scène du Limonaire.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Tu l’as pigé, ce nouveau spectacle fait la part belle aux morceaux qui paraitront sur l’album en septembre prochain et dont on a découvert Montparnasse, Les seins de ma mère, Fleurs naturelles et Le déménagement sur l’EP paru en janvier dernier. Il nous avait fallu un moment pour nous remettre de l’électro-choc ressenti à l’écoute de l’objet. Avec Romain Dudek à la réalisation, la facture brute et granitée de la production vient s’ajuster comme une évidence avec les textes râpeux du Clément Bertrand originel, comme dirait Elie Guillou avec qui il a créé, en 2013, le spectacle Comme on entend la mer. Ces textes que j’évoquais, il faut s’y arrêter. Même pas peur des comparaisons. Clément Bertrand, c’est Leprest et Lantoine qui porteraient un Perfecto en gros. Ici, on fait table rase du costume traditionnel de la chanson littéraire et on la ressape sur fond d’ampli Vox, de Gibson et de Fender. Ca paraît rien comme ça, presque anecdotique à signaler mais l’on y voit comme une perspective encourageante. Celle d’admettre que le texte de belle facture en français et le rock peuvent faire alliance en sonnant juste. Avec Clément Bertrand, finie la Guerre de Cent ans, on dépasse l’entente cordiale. C’est l’armistice à l’hémistiche.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

Alors, ça cause de quoi une chanson de Clément Bertrand tu te demandes ? Ca dépend. Il est question d’histoires d’amour, de relations, de femmes, d’hommes, de mort. La belle histoire tu te dis, t’as pas tort, les thèmes au tableau de chasse de Clément ne révolutionnent pas le genre. D’ailleurs qui les révolutionnera jamais ? Sa façon de les traiter ces thèmes, les angles choisis par le bonhomme sont bien plus charnus, inattendus, osés, donnent à saliver autour de la belle langue. Ainsi, quand il parle du désir qu’une femme aux seins nus sur la plage peut procurer, c’est sa propre mère qu’il met en scène (Les seins de ma mère). Point de vue du gosse qui rivalise alors avec « les mecs qui la matent avec un regard un peu limite, » les singe en « mettant sur son zob du varech qu’on croit du poil à la bite. » Quand il parle de sa compagne, l’histoire d’amour raconte un épisode masturbatoire (Toucher). « Lorsque son mec est parti / Mon amoureuse se touche / Elle se bat contre la nuit / Et c’est le jour qui la couche / Y a que les cons que ça rend sourds / Elle ici et moi si loin / En soupirant mon amour / Elle a joui on s’est rejoints. » Quand sa soeur lui annonce qu’elle va partir vivre au Québec – et que touché-perdu-déçu – il lui lâche un « et bien casse-toi connasse, » il lui écrit quelques jours plus tard une lettre-chanson d’excuse qu’il intitule Branleuse. « C’est pas si simple / Et les baroudeurs le diront / De voyager léger / Quand on a le coeur lourd / J’espère au moins là-bas / Qu’un gentil bûcheron / De son accent tranchant / T’a tombé en amour / Ce truc à rendre aveugle / Où tu jouais les bigleuses / Branleuse. »  Quand il parle de la mort, il s’arrête un temps sur les coutumes locales. L’annonce d’un macchabée tout neuf avec son affiche qu’on épingle à la fenêtre du bistrot. C’est sur Fleurs Naturelles et c’est de haute facture. La mort d’un autre, c’est le réveil d’une peur, d’une crainte, c’est la hantise de l’arrêt du sablier, la projection de sa mort à soi-même. Et chacun derrière le zinc de se dire « un habitué de plus en moins, » de se questionner sur l’identité du prochain.

Photo David Desreumaux
Photo David Desreumaux

La poétique de Clément repose sur le contournement d’expressions populaires, sur l’introduction de l’oral dans une versification à l’architecture solide. Sur la création, l’invention d’images détonantes. Tu l’as compris, Clément Bertrand s’inspire pas mal de ses expériences du quotidien pour faire des chansons. Mais là où quantité d’artistes vont utiliser ce même bagage personnel qu’ils vont polir pour le rendre dicible ou chantable au plus grand nombre, Clément lui, ce bagage, il le passe dans sa machine à cabosser, le malmène, lui met quelques méchants coups de râpe ici ou là pour le colorer et augmenter sa réalité pour mieux servir sa voix rauque et grave, brute et percutante. Ce qui intéresse Clément Bertrand, c’est le relief, la rugosité, le vécu, les taches. La vie quoi. La peau est bleue comme une orange pourrait-on dire pour paraphraser Eluard.


Mokaiesh & Mirabassi, Grand Blanc : soirée Sacem aux Trois Baudets

Photo Déborah Galopin
Photo Déborah Galopin

La salle des Trois Baudets est devenue mon salon, les sièges en tissu rouge, mon canapé. Je me sens presque comme chez moi depuis le temps que j’y traine, sauf que c’est encore mieux qu’un ciné, car je n’en ressors jamais déçue. Ce mercredi 21 mai n’a pas fait exception.

C’était la dixième et dernière soirée organisée par la SACEM. La société des Auteurs, compositeurs et éditeurs de la musique. En quelques mots, cet organisme protège, représente et défend plus de 153 000 membres en France et à l’international. Ils aident et accompagnent des projets musicaux afin de faire émerger de nouveaux talents. La SACEM nous a présenté Cyril Mokaiesh, chanteur et Giovanni Mirabassi, pianiste de jazz en duo ainsi que le groupe Grand Blanc.

Après une brève présentation de ces artistes, la lumière se tamise pour accueillir le duo sur scène. Les notes d’un piano à queue s’élève dans la salle. Caché derrière son instrument, Giovanni Mirabassi est seul. Bientôt, une voix scande « écoutez, écoutez moi ». Le spectateur se sent concerné et ne peut qu’apporter une attention plus grande à cet homme qui s’avance vers nous. Le voyage musical que nous préparent Cyril Mokaiesh et Giovanni Mirabassi commence ainsi et il commence fort avec cette reprise de Jacques Debronckart. Ces deux hommes s’attaquent à des morceaux particuliers. Des textes comme on n’en fait plus, qui ressemble davantage à de la poésie qu’à de la chanson, une poésie dans la chanson, tant la parole a une place importante. Le piano accompagne et donne une dimension douce, mélancolique. Elle apaise presque ces textes violents écrits par des chanteurs de talent, écorchés, torturés, à la recherche d’une gloire qu’ils n’obtiendront jamais vraiment. Parce que les concerts ne sont pas seulement là pour transmettre la joie, mais aussi la douleur et la tristesse.

Photo Déborah Galopin
Photo Déborah Galopin

Cyril Mokaiesh avait face à lui, un pupitre, parce qu’il lui arrive que ces textes rebelles lui échappent, nous confie-t-il, preuve de leur complexité. Entre deux chansons, il aime à nous parler de Philippe Léotard ou bien encore de Daniel Darc. Il évoque leur « parcours romanesque, lumineux, désastreux » et même quand il parle, c’est beau. Parce qu’on ressent ce lien intime qui l’anime, comme quelque chose de confidentiel et de fort, surtout lorsqu’il évoque qu’à 11heures du matin, le café ne suffisait plus pour parler avec les anges de Vladimir Vyssotksy dans la cabine d’enregistrement. « Rien ne va, non plus rien ne va » clame-t-il et ma chair frissonne. Il ne fait pas seulement rendre hommage à ces personnages de la chanson Française, mais il les incarne. Il transmet l’émotion même quand il danse, dans ses gestes saccadés. C’est digne d’une représentation théâtrale tellement on est au-delà de la musique. Un digne interprète.

Je pourrais m’attarder longtemps sur cette première partie de concert, tant les morceaux sont plus forts les uns que les autres, qu’il chante Les enfants rouges de Mano Solo ou bien La chanson pour terminer de Bernard Dimey. Ce qui est certain, c’est que j’aurai grand plaisir de retrouver la voix merveilleuse et émouvante de Cyril Mokaiesh et la délicatesse de Giovanni Mirabassi sur leur album qui sortira le 11 septembre prochain.

« Je deviendrai si con, et si content de l’être

Que pour votre plaisir, je vous ferai pitié

Avant d’aller sauter, bon Dieu ! par la fenêtre

Pour aller jusqu’au bout, des risques du métier.»

Photo Déborah Galopin
Photo Déborah Galopin

Grand Blanc, c’est un tout jeune groupe qui nous vient de Metz. Quatre membres dont deux chanteurs qui maitrisent chacun un instrument. Les cordes d’une basse et d’une guitare se mêlent à l’électronique d’une batterie et d’un synthétiseur. Ils ont déjà une trentaine de date à leur actif et ont également accompagné Fauve à plusieurs reprises en première partie. Ce qui les rapproche ? Ce désir d’extérioriser la solitude d’une jeunesse amère et en manque de sensations.

Dans l’obscurité de la salle, un fond sonore fait monter la pression. La voix juvénile et délicate de Camille entonne « Dans la nuit noire, noire, le cœur comme un frigo. Il n’y a plus rien à boire dans mon cœur comme un frigo. Passion normale, degré zéro. » La musique monte en puissance et vibre dans ma cage thoracique. Quand la batterie électronique s’éveille et fait trembler la salle, rester assise me devient insupportable. Mon corps se sent à l’étroit dans ce siège rouge autrefois confortable. Bien que je connaisse leur EP, je n’étais pas préparée à cette puissance. La voix rauque et tonitruante du chanteur dégage quelque chose de sombre, comme quelque chose qui proviendrait des profondeurs de son être. Les mots presque déconstruits deviennent bientôt comme un exutoire. On ne comprend pas toujours tout avec Grand Blanc, mais c’est ce mystère qu’on aime, ajusté sur une ambiance électrique où les lumières bleues clignotent par intermittence.

« Fou-rire fourrière rebours repère faubourg folie salope samedi la nuit ! »

Photo Déborah Galopin
Photo Déborah Galopin

C’est puissant, incroyable, entêtant, entrainant… Leur musique c’est à la fois l’embrassement du merveilleux et du terrible, créant un concert explosif. Le silence après le passage de ce requin est difficile à croire, presque insupportable. Attendre début 2016 la sortie de leur album, va être long.

Si le premier concert a été un voyage au cœur d’un superbe répertoire, la plongée dans le Grand Blanc a été immersive et intense. Deux univers différents, incomparables mais qui nous prend aux tripes d’une façon ou d’une autre. Sortie de la salle, j’ai ressenti des choses étranges. Des trucs qui secouent, qui donnent le sourire, qui font du bien… Les lumières des projecteurs dans mon ventre que je ne veux pas voir s’éteindre.

Nicolas Comment – Rose planète

500x500-000000-80-0-0Rose Planète est le nouvel album de Nicolas Comment. Sorti tout récemment sur le label Kwaidan Records, il fait suite à Nous étions Dieu, paru en 2010. Si ce précédent était plutôt rock et imprégné des eighties, cette nouvelle production visite d’autres horizons musicaux, en prend le contre-pied. Plus acoustique donc plus classique et intemporelle, elle fait la part belle aux cordes, piano et cuivres notamment.

Ne cherchant en rien à faire un disque à la mode ou dans l’air du temps, Nicolas Comment construit une manière d’album-concept reposant sur une histoire de couple. Un parcours. La relation amoureuse vue depuis la rencontre jusqu’à la rupture en passant par les stades intermédiaires ou post-traumatiques comme le rejet, le remords et la nostalgie. Relation exploitée en mode collage artistique pour ce Nicolas Comment que l’on sait également photographe. Collages pour presque autant de personnages féminins – et de références aux icônes – qui traversent l’album : Sexie, Dita, Camille, etc. Voilà pour le thème.

Je thème moi non plus serait-on tenté d’ajouter tant l’album caresse dans le sens de la barbe de trois jours le Gainsbourg de la période Homme à tête de Chou, Melody Nelson et peut-être également Vu de l’extérieur. A y regarder de près. Ca semble ronflant et c’est très agaçant cette sempiternelle comparaison au père Gainsbarre mais il faudrait avoir les yeux bouchés pour l’ignorer.

Sur des musiques au raffinement délicat, dans une production élégante et bien pesée, Nicolas Comment dit ses textes plus qu’il ne les chante. D’une voix grave, chaleureuse et posée. Rose Planète n’est pas un album au sens classique du terme mais plutôt un conte musical à considérer comme un objet littéraire de la plus belle facture. L’écriture est rigoureuse, précise, classieuse et se fixe des exigences manifestes (Christophe et Gérard Manset étaient dans les parages au moment de l’écriture du disque). Nicolas Comment maîtrise métaphores, images, assonances et allitérations avec aisance et en use sans lourdeur pour dire ses histoires où l’érotisme tient une place de choix.

Rose Planète est un album pour adultes que l’on recommande à tous les amoureux de langue boisée, d’élans symphoniques, à tous les sensibles de la chair. Rose est l’anagramme d’Eros, te voilà prévenu. Tu sais en quelles terres de délices tu mets les pieds. Rose Planète est à afficher au tableau des disques importants de 2015.


Pacifiste inconnu, un hommage, une re-lecture, … de l’émotion

Photo Aurélie Cabarrot
Photo Aurélie Cabarrot

A peine remis de la soirée « Fredo chante Renaud » à l’Observatoire de Cergy-Pontoise, c’est une nouvelle affiche, non moins attirante, qui nous attend cette fois le mardi 21 Avril 2015 au Studio de l’Ermitage, à Paris. Ué ué c’était y’a longtemps, j’ai trainé toussa toussa, MAIS, ils refont leur spectacle dans quelques jours, le 21 mai ! Donc toi, là, qui lis mon article je sens qu’après une brève description et les ptites vidéos qui vont bien, tu vas directos réserver ton jeudi et aller voir ce superbe spectacle.

Rien que le titre du spectacle nous accroche d’emblée : « Pacifiste inconnu, » ça en jette !

Et ça, c’est avant de savoir qui sont les deux artistes qui se cachent derrière : Jehan et Lionel Suarez, rien que ça ! Sans compter un troisième nom, qui fait frissonner dans les ruelles parisiennes, que l’on évoque toujours des étoiles plein les yeux, et qui ne saurait s’éteindre de sitôt … Allain Leprest ! Car « Pacifiste inconnu » c’est bien ça avant tout : un hommage à ce grand, que dis-je, ce géant de la chanson qu’était Leprest ; une re-lecture de son univers, de ses mots, de sa musique, dans un format intimiste comme on les aime. La description succincte de l’évènement se termine sur ces mots : « Vous ne connaissiez pas Allain ? Vous avez de la chance, vous avez ça devant vous. ». On n’en peut plus, on fonce !

Arrivés à l’ouverture des portes, on découvre tranquillement le lieu du spectacle : le Studio de l’Ermitage. Première fois que l’on entendait parler de ce nom, mais pour sûr, c’est notre ignorance qui est en cause ! Perché sur les hauteurs de Ménilmontant, l’entrée se fait par une petite porte qui ne paie pas de mine et pourtant… On se retrouve dans un intérieur agencé de manière très chic, ça respire l’authenticité : parquet, mobilier en bois, des petites tables pour se poser devant la scène, une ambiance décontracte… Et sans compter les affiches des concerts précédents ou à venir, qui imposent le respect : Sidi Bemol, André Minvielle, entre autres ! Une programmation éclectique portée essentiellement sur le jazz et les musiques du monde, que du bon !

Photo Aurélie Cabarrot
Photo Aurélie Cabarrot

Bon c’est pas tout, mais ce soir on est venus voir « Pacifiste inconnu » et ces deux artistes qu’on apprécie tout particulièrement. Jehan pour commencer ; on le connaissait notamment pour ses interprétations de Bernard Dimey, voilà qu’il remet ça avec Leprest ! Claude Nougaro lui-même résume bien cet artiste : « JeHan s’avance sur la scène vivante de l’émotion et si le cœur est le muscle de l’amour, ah ! Que voilà un bel athlète ! »

Lionel Suarez, ensuite ; originaire de l’Aveyron, il est initié très jeune à la musique et aux rythmes par sa famille puis poursuit son cursus musical de manière plus « orthodoxe. » C’est ensuite qu’il s’initie lui-même, en autodidacte, à l’improvisation et l’accordéon jazz. Il rencontre JeHan sur les scènes de la région toulousaine et vadrouille pas mal avec lui, mais travaille aussi rapidement avec des artistes comme Zebda, Art Mengo ou Claude Nougaro, qui reconnaissent ses énormes qualités d’accompagnateur et de soliste. On le retrouve cette année sur scène notamment avec Sanseverino, mais aussi dans un spectacle autour de Piaf (« Piaf, l’être intime ») et… JeHan, pour une création inédite !

Tu connaissais probablement déjà tout ça, mais comment peut-on ne pas représenter ces deux artistes, dont l’histoire musicale (et humaine) forge le respect autant pour l’un que pour l’autre ? Imagine donc le mélange détonnant qui peut se produire lorsque l’on met ensemble ces deux-là, et qu’en guise de fouet (de cuisine, hein) on utilise Leprest pour homogénéiser les deux univers ! Hé bien, c’est bien de ça dont il est question ; et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça envoie !

Photo Aurélie Cabarrot
Photo Aurélie Cabarrot

Et ça débute avec « Êtes-vous là » avant un enchaînement de chansons comme on les aime : C’est peut être, Rue Blondin, Bien avancés, C’est drôle, Ton cul est rond, Etrange … Tantôt dans l’émotion pure, tantôt dans la rage, tantôt dans la fragilité, ou encore dans le bonheur amer. Ce sont des torrents d’émotion qui se déchainent sur le public, et qui font du spectacle une expérience unique en son genre ; on retrouve vraiment du Jehan, du Suarez et du Leprest qui se mêlent et s’entremêlent. Je dirais même que chacun met l’autre en avant nous faisant redécouvrir leur sensibilité et leur beauté.

JeHan, sa voix ronde et profonde, son interprétation à toute épreuve ; nous énerve autant qu’il nous fait rire, nous donne le sourire autant qu’il nous fait pleurer, impossible de le lâcher des yeux… Solidement ancré sur sa scène, s’accompagnant parfois d’une guitare au besoin mais jamais trop, il impose sa présence et son charisme. Première rencontre pour ma part, je suis restée absorbée par ce grand monsieur à la voix qui « fait trembler l’intérieur ». Il nous livre en plus une interprétation dans la simplicité, sans chichis. Juste sa voix (pas la peine de parler de technique vocale ou je ne sais quoi, écoute, tu sauras !), son petit accent, et lui, qui donne sans compter ce qu’il ressent en interprétant ces titres. Sa gêne et ses bafouillages lors des transitions ne font que rajouter au charme et à l’intimité ambiante.

On n’en perd pas une miette, car on ne peut tout simplement pas décrocher du début à la fin ; putain, qu’est-ce que c’est beau !

Photo Aurélie Cabarrot
Photo Aurélie Cabarrot

A côté de lui, Lionel Suarez tient parfaitement son rôle; l’accompagnement reflète les textes, subtil tout en restant énergique, c’est toujours très bien placé. Qui a dit qu’un accordéon ne suffisait pas à assurer un concert à lui seul ? Suarez nous prouve encore une fois le contraire, alternant les sonorités de manière cohérente, alternant les rythmiques également, on n’a jamais l’impression d’entendre des choses identiques ! Parlons-en de ces fameuses rythmiques… On te disait que Suarez avait été formé aux rythmiques, notamment par son grand-père batteur ; et ça se sent ! Que de travail sur ce point ! Loin des accompagnements accordéon « classiques », Suarez s’affranchit des limites rythmiques, et nous propose un panel rarement entendu ; jeu sur les contretemps, effets stéréo main droite / main gauche, jeux de soufflet, … Tout y passe, et c’est incroyable ! Jamais trop présent cependant, et tout en nuances, en sa qualité de très bon accompagnateur, il sait laisser la place au chant, se contentant de mettre les mots en valeur. « Où vont les chevaux quand ils dorment » pourra te donner un aperçu avec l’intro de Lionel Suarez, seul, enfin, avec l’accordéon quand même !

Photo Aurélie Cabarrot
Photo Aurélie Cabarrot

Le spectacle reste simple en apparence, on sent une fragilité et une pudeur bouleversante chez chacun des deux artistes ; on sent également dans cette retenue un respect incroyable pour l’artiste qu’ils reprennent, Allain Leprest. Et c’est toute la salle qui est touchée par ces émotions, qui se souvient (ou bien qui découvre) le grand homme qu’il était, et c’est en communion que le public rend hommage, à sa manière, à sa mémoire. Ils clôturent la soirée avec quelques reprises de Bernard Dimey dont « J’aimerai tant savoir », que j’aime beaucoup. Et c’est avec quelques larmes au bord des yeux que la lumière se rallume. Les applaudissements sont fournis et je sens la salle, tout comme moi, encore un peu bouleversée, émue. On ne s’en va pas tout de suite, on reprend un verre, on discute un peu, comme pour prolonger un peu le spectacle, laisser le temps en suspens…

En résumé, encore une sacrée soirée ! Alors pour ceux qui n’étaient pas de la partie, n’oubliez pas votre prochain rendez-vous, au Studio de l’Ermitage jeudi 21 Mai ; à ne rater sous aucun prétexte !


Le Pic d’Or à Tarbes : 30 ans – 24 carats

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Je vais te parler du concours Pic d’Or à Tarbes les 21,22 et 23 mai : trentième édition, 24 candidats pour 6 gagnants possibles ! Créé en 1985, sous le nom de  « Festival de la Chanson Francophone », il est devenu le « Pic d’Or » en 1997. « Festival découvreur de talents », son but affiché est « d’aider et soutenir les auteurs, compositeurs, interprètes de textes en français et de tous styles musicaux ».

Pic d'or 1Quand tu vois les gagnants de l’an passé, tous connus à ce jour, cela te donne envie de venir goûter la cuvée 2105.  Tiens jette un coup d’œil : Pic d’Or Radio Elvis, Pic d’Argent K !, Prix du Public et Prix de la Musique Orlando (tiens un groupe toulousain), Prix d’interprétation : From & Ziel, Prix du texte : Simon Autain. Et dans les finalistes, non primée, Gaëlle Vignaux. Quelle belle liste ! Le programme des trois jours propose un mélange original entre concerts et concours. Le jeudi une tête d’affiche Thomas Fersen avec JB Bullet, un local, en première partie. Le vendredi, en journée, l’audition des candidats (entrée libre et gratuite) de 10h00 à 12h00 le matin (à Tarbes faut pas tarder pour se lever si tu veux voir tous les candidats !) et l’après midi de 13h30 à 16h30 (à Tarbes faut manger vite ou peu pour pas rater les candidats). Le vendredi soir demi-finale avec les sélectionnés de la journée et concert de K (Pic d’Argent 2014).  Le samedi soir la finale avec les dix rescapés de la veille puis concert avec Radio Elvis (Pic d’Or 2014). Et bien sûr annonce des résultats de ce concours financièrement bien doté. Alors les 24 candidats ? On retrouve des connaissances d’Hexagone (et pour un clic sur le nom le dernier article publié apparaît) : Emilie Marsh -photo en une- et Eskelina ; ainsi qu’un groupe toulousain Jane for tea (voir la photo ci dessous prise lors de leur dernier concert à Toulouse début mai). Sans oublier des artistes locaux ou régionaux comme Léa Helbo de Lannemezan et Lutopia groupe qui connaît déjà la scène tarbaise.

Photo Michel Gallas
Photo Michel Gallas

Et pour finir et être exhaustif beaucoup de groupes ou artistes encore jamais vus en concert, au moins d’Hexagone et de son reporter sudiste : Ariel Kenig, Angèle, Baptiste Daleman, Bastien Lucas, Charlie Tango, Cyprès, Ernest Barbery, Esteban Fernandez, Jane for tea, Jeremy, La Bestiole, Les Akouphènes, Liz de Lux, Manon Raineri, Marianne, Mushin, Nehl Aëlin, Parismoscou, Peyo Faya, Rosie Marie, Théophile Ardy et Ti-Mano. Peut être dans cette liste un futur incontournable de la scène chanson : c’est un des charmes de ces plateaux découvertes. Pour moi, en plus de la découverte de la majorité des candidats ce sera la découverte de … Tarbes. D’ailleurs je ne comprends pas, à la lecture du palmarès, pourquoi je ne suis pas  venu plus tôt. Lors des années précédentes, beaucoup d’artistes gagnants sont des habitués des pages d’Hexagone : en 2012 Tomislav (Pic d’argent) et Govrache (Prix du texte et du public) ; en 2011 Jeanne Plante (Pic d’argent et Prix du public) et Jérémie Bossone (Pic d’Or en 2010). J’y reconnais des toulousains comme Olivier Gil (Prix du texte) en 2011, Les Ptits T’Hommes – un des premiers groupes de Manu Galure – (Pic d’Or) en 2005 et Thibaud Couturier (Pic d’Or) … au siècle dernier. Sur le site, tu peux te faire une idée avec un titre en vidéo de chacun des artistes. Pour ma part, je choisis la surprise et je découvrirai les artistes sur scène, quitte ensuite à regarder la vidéo ou écouter les chansons. Et je t’en reparle la semaine prochaine … , peut être.


Le Pic d’Or 2015 du 21 au 23 mai à Tarbes (65) au Théâtre des nouveautés

Liz Van Deuq et Gauvain Sers chez Thénardier !

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Si ta mémoire est à peu près en bon état, tu te souviendras que, l’autre jour, je t’ai causé de Patrice Mercier et de Benoît Dorémus lorsqu’ils sont passés chez Thénardier à Montreuil. Tu t’en souviens ? T’as pas suivi ? Je reprends alors.

Bon, Thénardier en vrai c’est Sarclo et sa meuf et sa bande qui sont en train de fabriquer un ensemble immobilier – pour dire un gros mot – dans lequel il y aura, non pas une, mais deux salles de spectacles. La première tournicote un peu ces temps-ci, surtout grâce au projet de Patrick Engel qui organise, environ tous les deux mois, un dimanche après-midi en chansons. Ca s’appelle les Dimanchanteurs.

Et bien, Hexagonaute, sache que l’ami Patrick a la bonne idée de convier Liz Van Deuq lors de la prochaine session qui aura lieu le dimanche 31 mai à 16h00. Liz Van Deuq, on aime beaucoup ici, tu le sais, on lui a même consacré un dossier ici. Et puis, rappelle-toi Barbara il pleuvait sur Brest ce jour-là et Liz Van Deuq remporta le Prix Moustaki 2015 ! Oui, on y était aussi. D’ailleurs, cette Liz a déjà rempli son escarcelle de pas mal de prix. Ce qui signifie tout de même, tu l’avoueras, qu’elle n’a pas séduit que les hexagonophiles. Donc, viens voir, tu seras pas déçu.

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Photo David Desreumaux

Patrick Engel ne fait pas les choses à moitié et donc il y a une première partie au spectacle. Tu sais qui c’est ? Moi oui, je te le dis, c’est Gauvain Sers. Oui, c’est ça, le même que celui qu’on apprécie beaucoup et que l’on considère comme un chouchou chez Hexagone. On t’en a parlé plusieurs fois du Creusois. Gauvain, c’est un alliage entre Renaud et Dorémus pour te le situer un peu. Et pour faire des comparaisons qui énervent des gens des fois. Il n’y a pas longtemps encore, il était tout petit mais il grandit vite, très vite et c’est toujours un plaisir de le voir prendre un nouvel envol à chacun de ses concerts. Donc, pour Gauvain aussi, tu peux venir.

L’entrée chez Thénardier pour Les Dimanchanteurs est gratos. La sortie non. Participation au chapeau comme on dit. Les riches donnent pour les pauvres, Dieu le leur rendra peut-être. Pense à te munir de quoi soutenir les artistes. Je ne parle pas de béquilles mais des pièces ou des billets.

Si tu veux venir, tu as raison. Tu réserves par mail. C’est obligatoire il a dit Patrick. C’est à l’adresse mail lesdimanchanteurs@gmail.com dans la limite des stocks disponibles.

Un bar fort convivial sera à ta disposition mais c’est pas une raison pour te bourrer la gueule. N’hésite pas à amener gâteaux et autres douceurs à partager en commun.


Chez Thénardier
19, rue Girard
93 – Montreuil
C’est à deux pas du métro « Croix-de-Chavaux » (sortie « Marché »)
Ouverture des portes à 16 heures précises

Clément Bertrand au Limonaire les 22 et 23 mai

Quand j’ai reçu l’EP qui préfigurait Peau Bleue, le nouvel album de Clément Bertrand, la galette n’a pas quitté le lecteur pendant un bon moment. Saisi que j’étais par une poésie moderne, pudique et impudique, fine et âpre à la fois. Quelque part entre le rock et la chanson, Clément Bertrand, de sa voix écorchée raconte des beautés déniaisées, des sentiments inavouables avoués. Il y a du Leprest quelque part dans ce garçon qui a construit ce nouvel album avec le pote Romain Dudeck.

Ce nouvel album qui donne son nom au spectacle, Clément Bertrand vient le présenter à Paris les 22 et 23 mai prochains, au Limonaire, avec ses camarades Julien Arquillière et Jean-Benoit Nison, en trio électrique.

Clément Bertrand est un garçon qui se fait bien trop rare dans la capitale. Cet spectacle est à voir absolument. Crois-moi !


Les 10 ans du Kraspek MyziK à Lyon

KRASPEK
Le Kraspek Myzic

Le Kraspek Myziest une salle des Pentes de la Croix-Rousse à Lyon. Elle fêtait récemment ses dix ans autour d’une soirée chanson française : sur scène, la lyonnaise Buridane et l’ardéchoise M’a t’il dy.

A dire vrai, cette programmation m’avait d’abord surpris. Je passe très régulièrement devant cette salle, en particulier chaque fois que je me rends à un spectacle d’A Thou Bout d’Chant, au bas de ces mêmes pentes. Je jette chaque fois un coup d’oeil sur les groupes annoncés : c’est le plus souvent du rock, du folk, de la pop. Très souvent des jeunes groupes lyonnais, mais parfois aussi des rockeurs qui viennent de bien plus loin, voire de l’étranger. Quant au public que je croise en passant, il est sans doute bien plus jeune que moi de 3 ou 4 décennies bien sonnées.

J’ai donc profité de l’annonce de cette soirée anniversaire pour y voir plus clair en m’adressant directement au fondateur de la salle, Pascal Valy, maître d’oeuvre de cette soirée anniversaire avec son propre label, le label Poon.

Pascal me raconte donc cette histoire qui débute en 2003 avec la création par lui-même et Mathilde, sa femme, de l’association Le Rocképasmort. Ils ont une idée claire derrière la tête, créer une salle de spectacles autogérée, alternative, expérimentale. Ils veulent associer les arts plastiques (Pascal est branché peinture) et les musiques (Mathilde chante sous le nom de M’a t’il dy).

Une opportunité se présente justement en 2005 au moment où le Kafé Myzic ferme boutique dans les pentes de la Croix-Rousse. Ils sautent donc sur l’occasion et lancent la salle de leurs rêves qui doit être un lieu qui a pour ambition de défendre les musiques indépendantes et les labels autoproduits dont les albums seront diffusés par le « rayon disque » de la salle.

Mais pourquoi ce nom de Kraspek, un nom qui manifestement ne leur a pas été proposé par une boîte de com.

MATYLDI2Pascal Valy raconte. Ca s’est passé le soir d’un concert de soutien à la création de cette nouvelle salle avec la participation des membres du groupe Les amis d’ta femme, dont un des membres s’appelle Cyril Battaini dit Vatlavé Kraspek (c’est écrit dans Wikipedia, si si !). Dans l’euphorie d’un après concert, peut-être arrosé de quelques bières…. le nom de Kraspek est jeté à la cantonnade. Et il restera là désormais, accroché à cette salle lyonnaise. Il traversera ces dix années d’histoire sans jamais être remis en question.

Et pourtant ces années ont été bien agitées. En 2009 tout d’abord, Pascal et Mathilde décident de quitter la grande ville et vont se poser à la campagne, d’abord dans la Drôme puis en Ardèche. Heureusement, une équipe avait eu le temps de s’installer dans les lieux avec notamment Delphine Guillot, recrutée en 2007 pour assurer l’administration de la salle et qui est aujourd’hui toujours à ce poste et Nicolas Tiran, président actuel de l’association qui gère le Kraspek.

Mais la vie d’une salle comme celle là dépend forcément de son organisation. Le Kraspek se voulait autogéré et les bénévoles y ont donc toujours joué un rôle important, y compris pour une part dans la programmation. Mais celle-ci a surtout beaucoup évolué en fonction du professionnel qui en était responsable. Ceci explique que la chanson française, très présente à l’origine, a parfois complètement disparu du calendrier.

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Buridane

Mais où en est aujourd’hui le Kraspek ? C’est d’abord une équipe de 4 professionnels qui organise chaque année plus de 200 soirées dont 190 spectacles. La salle fait partie des « Scènes Découvertes », un programme de soutien aux lieux qui favorisent les artistes dit « émergents », financé par la ville de Lyon, la région Rhône-Alpes et le Ministère de la Culture. C’est de là qu’il tire l’essentiel des 20% de subventions qui contribuent à l’équilibre de son budget, le reste étant constitué de 30% de contrats aidés et de 50% de ressources propres.

Le Kraspek est très bien inséré dans les réseaux lyonnais des musiques actuelles. Il participe au festival des Chants de Mars, un grand rendez-vous annuel de la chanson. Mais il a aussi son propre festival, plus pointu, le festival Plug&Play qui «explore à la loupe le paysage sonore indépendant.» Il organise enfin son templin annuel réservé aux artistes femmes, « Et en plus elles chantent » dont Buridane a remporté la première édition en 2007.

Pour Delphine Guillot, à l’occasion de ses 10 ans, le Kraspek retrouve cette programmation diversifiée qu’il avait à l’origine. La chanson française y retrouve sa place et le Kraspek va programmer cette année des groupes et des artistes qui étaient présents dès l’origine tel Erwan Pinard, Jeanne Garraud ou Brice et sa pute. La prochaine Fête de la Musique sera l’occasion d’ailleurs de retrouver plusieurs d’entre eux au rendez-vous que le Kraspek donne chaque année sur la grande Place de la Croix-Rousse à Lyon.

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Au programme des prochains mois :
Juin 2015 : apéros sonores au parc Villemanzy à la Croix Rousse, tous les mercredis de 18h à 21h, sous forme de concerts ou ambiances sonores. Entrée libre et tout public.
6 juin : la kermesse des bénévoles, une journée et une soirée de musiques acoustiques
21 juin : Place de la Croix-Rousse : les 10 ans du Kraspek à la Fête de la Musique, place de la Croix-Rousse avec Erwan Pinard, Brice et sa pute, Renan Séchaud, Satellite Jockey, Bee tricks, Draft Dodgers.
Septembre 2015 : grande soirée hommage à Matthieu Côte, artiste lyonnais décédé en 2008 avant ses 30 ans.
Kraspek Myzik
20 Montée St Sébastien – 69001 Lyon
Téléphone: 04 69 60 49 29

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