Yoanna : Point de bascule

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Yoanna - ©David-Desreumaux

Nous avions quitté Yoanna en 2019 avec l’album 2e sexe, porteur d’une revendication féministe coup-de-poing. Elle nous revient avec Au bord, où l’élément aquatique, très présent sur la pochette, inonde de douceur — de féminin ? — le propos. Entre-temps, elle a créé un spectacle destiné au jeune public, Y a quelqu’un ?, abordant les thèmes de l’enfermement et de l’inceste avec l’intention de libérer la parole. Hier en force, Yoanna n’en finit pas de libérer sa propre parole mais le fait désormais à la faveur d’un apaisement troublant et puissant. Entretien.

Hexagone : Yoanna, pourrais-tu nous présenter Au bord, ton nouvel album, et définir ce qu’il représente pour toi ?

Yoanna : C’est le premier album que j’ai véritablement pris le temps de concevoir, en binôme avec Mathieu Goust. Pour la première fois je m’autorise à accorder une place énorme à l’accordéon. Et pour la première fois, avec ce disque, je ne porte pas de revendications.

C’était pourtant le cas des précédents…

Surtout 2sexe, un album de combat. Les textes de Au bord sont moins frontaux et plus poétiques, afin d’inviter le lecteur à une écoute active.

Cet album suppose un effort supplémentaire par rapport au précédent où le propos était plus direct. Sur la page de présentation du financement participatif, tu écris : « Ce projet me tient à cœur car c’est une vraie rupture, c’est encore plus personnel, plus brut. Cet album est un morceau de moi, comme si j’écrivais dans la marge, entre les lignes de ce que vous connaissez déjà. » Quel est le changement ?

Je m’autorise la douceur.

C’est ton cinquième album, sans compter ton album jeune public. Le précédent, 2e sexe, remonte à 2019. C’est long, six ans ! Que s’est-il passé durant ce temps ?

Les premiers morceaux de ce disque ont été écrits après Avignon 2019. Puis est arrivée la crise sanitaire qui nous a volé une année de vie, durant laquelle j’ai beaucoup dessiné, d’autant que j’avais mes trois enfants à la maison — je n’étais pas en mal d’occupation. Puis j’ai écrit un spectacle jeune public, Y a quelqu’un ?, autour de l’enfermement et de l’inceste ; il est né durant le confinement, période qui m’a pas mal affectée notamment du fait de cette privation de liberté. Et Au bord a été enregistré dans les trois ans qui ont suivi. Comme je voulais que cet album me plaise absolument, j’ai refait et refait les pistes : cela a pris beaucoup de temps. D’autant que pour un morceau gardé, il y en a quatre écrits.

Quelle est l’histoire de cette construction ?

Depuis qu’avec Mathieu nous avons créé 2e sexe, nous n’avons pas arrêté. Nous nous sommes produits à l’étranger, et je trouve que cette expérience rend plus attentif au monde qui nous entoure, aux sensations. À Vilnius nous avons enregistré des marchés, ailleurs la mer. Nous avons collecté des sons. Puis, dans le Vercors, nous avons joué les morceaux en direct avant d’enregistrer, contrairement à d’habitude où les morceaux sont composés pour le disque et adaptés ensuite en accordéon-voix. Là, nous avons fait l’inverse.

Quel est le point de départ de cet album ?

Le mois passé à Avignon en 2019. J’en suis sortie avec une énergie dingue !

Y a-t-il une idée directrice ?

Pour moi c’est assez flou. La séance photo dans l’eau, en 2021, alors que nous jouions à Athènes où nous avons aussi enregistré, est venue parachever une idée antérieure. L’énergie qui se dégageait de l’eau m’inspirait, quand 2e sexe était plutôt constitutif de l’élément feu. Durant cette période j’ai été confrontée à des deuils, des tristesses, mais j’aspirais à des chansons enveloppantes, qui font du bien, ce qui pour moi est une grande première ! Ç’a été davantage conçu comme un puzzle qui aurait pris sens avec ces photos.

Cela fait dix ans que tu collabores avec Mathieu Goust. C’est presque un duo…

Auparavant j’ai fonctionné dix ans en duo avec une violoncelliste. Fonctionner avec un groupe ne me convient pas du tout. Mais effectivement c’est un duo sur scène, mais aussi dans toutes les étapes de la création. Si je suis devant une page blanche, Mathieu me conseille des livres ; il est sensible, a une conscience politique affûtée… c’est un véritable ami.

Vous avez composé à deux. Comment s’articule ce duo ?

Je m’occupe des premiers jets. Parfois il peut m’arriver d’écrire sur des musiques que Mathieu m’envoie. Nous faisons de façon différente.

On a le sentiment que vous avez cherché à créer des climats sur lesquels poser ta voix. Est-ce le cas ?

C’est tout à fait ça. L’album a quelque chose de cinématographique.

Au bord est-il le prolongement de 2e sexe ou est-ce une approche tout à fait différente ?

2e sexe s’articulait autour d’une thématique : la non-place de la femme, mais aussi la maternité, car je venais d’avoir mon troisième enfant. C’était un coup de poing, une revendication qui m’a amusée, enfonçant le clou du féminisme. Je suis allée au bout de cette idée. Après quoi il est normal qu’il y ait une sorte de rupture.

« Parfois, ces vies sur le fil basculent.

Il faut prendre conscience de cette fragilité »

Au bord est un album plus sombre que les précédents… des thèmes comme la mort, la maladie y sont abordés, certes par le biais d’images, mais sans filtre. Ces sujets se sont-ils imposés à toi naturellement ?

J’écris un peu tout le temps. Je lis un livre, je regarde un film et ça m’inspire quelque chose ; je le garde, je compile. Puis, en retombant dessus, je comprends ce que j’ai voulu faire. Depuis le début ce que j’écris est un peu sombre. Moi bordel ! aborde l’avortement, l’inceste… c’est déjà noir. Je ne trouve pas Au bord si sombre en définitive… mais il est empreint de tristesse alors que les précédents étaient dans la colère.

Deviendrais-tu fataliste ?

Je l’ignore… il y a en moi une envie d’arrêter de contrôler. Je suis plutôt pessimiste, pas forcément joyeuse… ça doit se ressentir dans mon travail !

La façon dont tu abordes les thèmes dans l’écriture est plus intérieure, moins frontale que dans les albums précédents. Tu disais lors de notre dernier entretien que l’écriture te plaisait de plus en plus, que tu prenais de plus en plus de plaisir à travailler tes textes. Avec Au bord, est-ce toujours le cas ?

Tout à fait. Contrairement aux premières chansons de jeunesse qui ont été écrites dans l’urgence, il y a ici le temps de la réflexion, un travail sur l’intention — d’autant que j’aime de plus en plus lire. Mais je reste angoissée par la page blanche.

Les notes que tu prends régulièrement n’y remédient pas ?

Si, mais c’est incontrôlable. Les angoisses sont un peu comme les insomnies : plus tu les appréhendes, plus elles surviennent !

Avant d’être le titre de l’album, Au bord est celui d’une chanson. Ce titre dépasse-t-il l’idée même de la chanson éponyme ?

Il englobe beaucoup d’idées. Je me sens toujours « au bord » des émotions, « au bord » des larmes… C’est une allusion au trouble psychologue « borderline » qui m’a été diagnostiqué il y a dix ans. C’est une maladie difficile à identifier, un peu fourre-tout parce qu’elle a dans une moindre mesure des symptômes atténués d’autres maladies plus manifestes — la bipolarité, la maniaco-dépression — mais on est juste au bord ! D’une manière générale, je pense que nous sommes tous « au bord » d’une catastrophe — d’une maladie, de se retrouver à la rue, etc. Et parfois, ces vies sur le fil basculent. Il faut prendre conscience de cette fragilité.

Sur la pochette on te voit en immersion. Tu nous as dit que cette photo avait été importante dans le processus de création. Cette nudité peut évoquer une mise à nu… est-elle la métaphore d’un dépouillement artistique ?

C’est simplement l’image du fœtus, dans une nudité qui n’est pas sexualisée, pas du tout racoleuse. La nudité ne vient que du fait qu’on naît nu. Après, il a été difficile pour moi d’assumer cette pochette. Souvent on utilise le corps comme un outil de séduction… je voulais être ailleurs : une nudité innocente. Le rapport au corps est présent chez moi depuis toujours, et c’est un rapport que je trouve très compliqué.

Comment se fait-il que la thématique de l’eau t’ait tant inspirée ?

Quand je suis dans l’eau, je m’y sens bien. On s’y sent léger, le corps est moins lourd. Je pourrais y rester toute la journée. Pour quelle raison ? Un psy m’a dit que c’est parce que j’étais une grande prématurée, mais honnêtement ça me fait plus rire qu’autre chose.

Nager, par exemple, peut s’entendre comme l’allégorie du temps qui nous est imparti sur cette Terre. De la vie à la mort, le temps de rejoindre l’autre berge.

L’idée de départ était le désir, l’amour… et la métaphore de la vie, comme un grand courant qui s’achève sur l’autre rive, s’est imposée.

L’eau, c’est aussi ce qui remue, comme une lame de fond. On trouve ce thème dans Boîte à crabes, à propos du cancer d’une amie. Quelles émotions traverse-t-on au moment d’écrire un tel texte ?

Je ne me sentais pas légitime pour en parler. Puis cette amie m’a envoyé un message : « Mon corps tourne dans la boîte à crabes. » J’ai trouvé cette phrase démente et j’ai voulu la mettre en valeur. J’ai ressenti initialement un défaut de légitimité, mais ce n’est plus le cas. J’aurais juste eu envie que cette amie l’entende.

Sur scène, comment ressort-on de cette chanson ?

En chantant ce morceau je me suis mise à pleurer… alors je ne sais pas. Afin d’éviter le pathos, j’essaie de me raccrocher davantage à la musique qu’au texte. Pour autant certaines personnes de mon entourage n’ont pas compris quel en était le sujet.

Dans l’argumentaire de presse, à propos de l’accordéon, il est écrit : « “Je l’aime de plus en plus”, dit-elle quand elle en parle pour Au bord […] où l’accordéon occupe l’espace sonore, accompagné uniquement des percussions de Mathieu Goust, son alter ego musical. » Il y a donc une évolution, dans ton rapport à l’accordéon ? Je trouve que ta façon de t’accompagner a changé… il est ici plus léger. De la même manière que les propos sont murmurés, l’accordéon suit le même infléchissement.

Je suis quelqu’un de très complexé. Constamment je me dénigre : je ne joue pas bien, je ne suis pas légitime, etc. Si bien que, concernant mon jeu à l’accordéon, pour compenser ce sentiment, j’ai jusqu’ici voulu en faire des tonnes : il fallait que tous les doigts actionnent une touche, sinon j’avais l’impression de faillir. Cette fois-ci j’ai réussi à me convaincre que je n’étais pas payée à la note. Je peux traverser un morceau en n’utilisant qu’une pédale de fa, me diriger vers des choses plus minimalistes, davantage répétitives. J’ai moins l’objectif de convaincre que l’accordéon est merveilleux. Et j’en joue moins fort parce que c’est un instrument qui a tendance à rendre sourd ! L’accordéon peut être pénible quand il est fort. J’aime bien où j’en suis de ma relation avec cet instrument.

Pourrais-tu t’en passer ?

Si j’y étais forcée… De nombreuses personnes m’ont approchée pour me demander de m’en éloigner. Alors que justement, malgré tous les préjugés, c’est mon identité. Sur scène, sans lui, je suis mal à l’aise. C’est une carapace, une armure. J’aime aussi ressentir dans le corps les vibrations des notes.

Tu ne le troquerais pas contre un autre instrument ?

Peut-être un violoncelle ou une contrebasse.

Pour te cacher davantage ?

Peut-être. Mais j’ai envie de poursuivre avec lui de façon volontaire et non subie.

Tu as envie de le pousser davantage dans ses potentialités ?

J’ai envie de le travailler, de travailler les effets. Oui, absolument.

Tu dis : « Je n’ai peut-être pas la notoriété, mais j’ai la durée. » Dix-sept ans de carrière depuis le premier album en 2008… cette expérience change-t-elle des choses dans ton approche du métier ?

Je suis mieux dans mes pompes que vingt ans en arrière. Je suis moins en colère, plus indulgente avec moi-même ; mes relations avec les autres s’en trouvent apaisées et cela a des répercussions dans mon travail. Je pense par ailleurs qu’une partie de moi a fait le deuil d’une certaine forme de notoriété, et ça rend les choses plus faciles.

Yoanna
©David Desreumaux – Utilisation interdite sans l’autorisation de l’auteur

La notoriété, c’est quelque chose qui te manque, que tu aurais souhaité ?

C’est quelque chose qui peut ponctuellement me manquer : me produire dans une salle devant peu de personnes, c’est une situation difficile pour l’artiste et pour le public ; ou faire paraître un titre et ne pas susciter d’écoutes du fait d’un défaut de notoriété. Au quotidien, ça ne me manque pas. Ça me manque au moment de présenter mon travail.

Revenons à l’argumentaire de presse : « Le corps, son corps, fil rouge de l’album, un corps qui aime l’amour et fuit la haine. » Mon corps… que dit cette chanson ? Elle est construite à partir de vers très courts — quatre syllabes —, ce qui a des incidences rythmiques.

J’écris beaucoup par énumération, avec un jeu sur les sonorités, un mot en appelant un autre comme dans « marabout / bout de ficelle », dans une écriture quasi instinctive. Cette chanson a donné lieu à des pages d’écriture et nous n’en avons gardé qu’une partie. Mais c’est vrai : j’aime les vers courts.

Couci-couça est également écrite en tétrasyllabes, sauf au refrain.

Je pourrais n’écrire qu’en vers de quatre syllabes. Cela tient certainement au rythme. Je trouve ça plus instinctif, et je me force parfois pour en sortir !

Que dire de Couci-couça ?

J’ai eu de la peine à l’assumer, la trouvant trop gentille. Elle représente pour moi le maximum pour une chanson d’amour ! Musicalement, avec le bandonéon de Samuel Garcia en plus de l’accordéon, j’aime beaucoup la discussion entre les instruments.

Toujours l’argumentaire de presse : « La colère fondatrice, instinctive, de Yoanna est apprivoisée et apprend à cohabiter avec la douceur, nouvelle venue chez cette chanteuse politique, “parce que bien sûr qu’une chanteuse est politique !”» Bien entendu, cette citation pour moi fait écho à ta décision de ne pas te produire au Café de la Danse compte tenu de la clause insérée par la direction dans ses contrats, interdisant que soient tenus sur scène des propos politiques. Cette clause vise en creux à ce que les artistes ne prennent pas la parole au sujet du conflit israélo-palestinien. Mais que dire du rôle politique d’une chanteuse, comment le définir ?

La chanteuse telle que je l’aime est politisée. Elle continue de faire de la scène, de partir en tournée alors qu’elle laisse des gamins à la maison… et qu’on veut qu’elle y reste ! Ne serait-ce que ça, c’est politique. Continuer de faire de la scène, d’écrire des chansons, de les chanter en tant que femme, même enceinte, même post-partum, je trouve ça politique. Par ailleurs je suis touchée par les gens qui émettent un avis non pour trouver un consensus, mais pour susciter un débat : je préfère Colette Magny à Patricia Kaas. Il y a des idées qui font consensus : c’est mal que des enfants meurent dans le monde — tout le monde s’accorde là-dessus.

On sort du politique pour entrer dans la démagogie.

La limite est ténue. Hier encore, lorsque Garance[1] donne le chiffre des femmes instrumentistes présentes sur scène, le nombre de chanteuses qui ne sont pas autrices ou compositrices… je trouve qu’il y a quelque chose de politique à être une autrice-compositrice-interprète. Fondement, dans 2e Sexe, avance l’idée que l’instinct maternel n’existe pas, qu’il est une construction sociale ; ce qui ne veut pas dire que je n’aime pas mes enfants, mais je sème un petit caillou pour qu’on en discute. Une chanson est prétexte à discussion.

Une chanson comme Au bord est pour moi foncièrement politique.

Elle est un peu plus énervée que les autres.

Un calme non exempt de révolte. C’est une des chansons les plus féministes de cet album.

Cela m’a été reproché ; il m’a été dit que mes chansons étaient des tracts de mouvement féministe.

« Cette fois-ci j’ai réussi à me convaincre que je n’étais pas payée à la note »

Cet album est moins un album de colère explosive que de colère rentrée ; voire un album d’observation, parfois même d’introspection. Mais une introspection qui, de par les sujets abordés, tend à l’universel.

C’est l’aboutissement d’une réflexion. Nous voulions que Mathieu aussi puisse assumer les textes. Nous ne voulions pas que le « je » renvoie uniquement à moi, ce qui fait que certaines tournures ont été abandonnées.

Pourrais-tu revenir sur ce qui s’est passé avec le Café de la Danse ?

L’établissement est privé, géré selon la volonté de son propriétaire. Toutefois la clause dont tu as parlé atteint la liberté individuelle. J’ai mis du temps à le conscientiser et en fin de compte, je ne me sentais pas du tout l’envie de donner un concert avec ce couperet, qui pouvait à tout moment faire que le spectacle soit interrompu. D’autant que je suis butée : m’interdire quelque chose m’incite plutôt à le faire ! Même si au départ je ne me sentais pas concernée, n’abordant pas dans le spectacle le conflit israélo-palestinien… mais jusqu’où peut aller l’interdiction de tout discours politique ? Ne pourra-t-on pas parler d’avortement ? La décision d’annuler la réservation n’a pas été facile à prendre, tellement faire entendre ses chansons est un parcours du combattant. Et j’avais vraiment envie de ce Café de la Danse… mais finalement pas dans ces conditions. Il est parfois difficile de faire passer les intérêts collectifs avant les intérêts individuels. Il aurait fallu collectivement exiger que cette clause soit supprimée… mais ce boycott semble-t-il ne se produira pas. Pire, d’autres directeurs de salle leur emboîteront peut-être le pas. Les drapeaux sont interdits : le drapeau LGBT aussi ? Cette clause ouvre une boîte de Pandore.

Le conflit israélo-palestinien peut être prétexte à d’autres censures.

Et à un abus de pouvoir : depuis quand quelqu’un te loue-t-il une salle en te faisant signer une clause selon laquelle il peut à tout moment interrompre ton concert ?

Tu n’es plus décisionnaire de ce que tu fais sur scène.

Ce bâillon est un stress, et j’aurais cherché à le contourner, à provoquer.

Ton album m’a fait penser au titre du roman de Maylis de Kerangal, Réparer les vivants.

Tout à fait : écrire aussi pour ceux qui ne sont plus là.

« Le regard reste noir, mais l’espoir veille », est-il encore écrit dans la présentation de l’album. Comment fait-on cohabiter l’espoir avec ce regard noir ?

En ce qui me concerne, mes enfants m’y aident énormément. Ils me maintiennent dans une forme de vie, de présence. Je le leur dois.

La musique aussi.

Oui, la musique surtout occupe. D’autant que des dates s’organisent en duo. L’instrumentarium de Mathieu a évolué vers l’acoustique. Il n’a plus de baguettes, ce qui est un vrai changement.

L’album se clôt sur un instrumental.

C’est quelque chose qui a été joué d’une traite, enregistré là où nous avons fait les photos. Nous trouvions beau de terminer sans paroles — ce silence fait du bien. À l’avenir, j’autoriserai le Yann Tiersen en moi.

Propos recueillis par David Desreumaux

Entretien paru dans le numéro 35 de la revue Hexagone


[1] La veille de notre entretien, Yoanna était invitée par Garance pour le spectacle Sœur·e·s, joué à La Manufacture Chanson. Dans le spectacle, Garance dresse cet état des lieux auquel Yoanna fait référence.


Retrouvez l’entretien de Yoanna dans le numéro 35 de la revue Hexagone (Printemps 2025)

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