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Adrienne Pauly fait son retour aux Trois Baudets

Adrienne Pauly fait son retour aux Trois Baudets

Photo Frédéric Petit

Il y a des artistes comme ça qui nous marquent, Adrienne Pauly en fait partie. Originale, déjantée en un concentré de bonnes humeurs, le coup de coeur avait été immédiat pour J’veux un mec : rythmique entraînante, guitare rock et des paroles universelles parlant à toutes les célibataires. Et puis l’intégralité de son album sorti en 2006. C’est aux Trois Baudets qu’elle décide de faire son grand retour avec deux dates programmées, le 1er et 15 juin. Un deuxième album après 10 ans ? On peut dire qu’Adrienne sait se faire désirer. Piquée par la curiosité de cette artiste qui a marqué mes 15 ans, j’assiste aux deux dates pour rattraper le temps perdu et décide de traîner Fred avec moi.

Elle rejoint son quatuor de musiciens sur scène, vêtue d’une chemise blanche et d’une jupe pour le côté classique, une veste en cuir et ses cheveux indisciplinés pour le côté rock. Sur scène, c’est ce dernier qui l’emporte. Énergique, elle entame immédiatement un nouveau titre : Tout le monde est là, à part moi. Une entrée en matière qui nous rappelle qu’elle s’est faite discrète ces dernières années. Pourtant pas de doute, Adrienne Pauly est bien présente, même si on l’aura attendu longtemps.

Photo Frédéric Petit

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Malgré ce grain de folie et la joie qu’elle a de remonter sur les planches, on la sent fragile. Quand elle n’a plus de mots à chanter, elle tente de dissimuler l’émotion qui l’étreint et enchaîne avec un second titre inédit qu’on prend plaisir à découvrir dans la salle noire et comble. Le reste du set, elle joue plutôt la carte de l’humour, de l’auto-dérision et de l’improvisation. Elle se moque de sa jupe qu’elle trouve moche, a parfois cet air un peu perdu et nous fait rire avant d’entamer un morceau triste et personnel, persuadé de tout foutre en l’air. Double personnalité, elle l’exprime pleinement, joue la pimbêche pour se transformer l’instant d’après en la bête du Gévaudan. Ses titres sont à l’image de sa personnalité, entre mélancolie et poésie, sourire moqueur et peps. Tantôt fleur bleue, tantôt bagarreuse.

Adrienne Pauly nous dévoile ses nouveaux titres qui sont dans la continuité du premier. Le plus émouvant est celui à l’intention de sa mère : « C’est juste un moment de froid maman, où je pense à toi.  Un sale coup de vent, où je voudrais être dans tes bras. » Elle retrouve son enfance dans les pages de Lewis Caroll, voudrait redevenir toute petite comme Alice. D’autres sont plus punchy comme : Déconne où on sent son énergie vorace exploser. « Moi je veux être une conne / une vraie qui déconne / qui dit tout ce qu’elle pense. » Elle s’axe moins sur les relations amoureuses comme c’était le cas dans son premier album et davantage sur son identité, ce qu’elle est, ce qu’elle veut. « J’veux tout, je veux rien. », rappelle-t-elle.

Photo Frédéric Petit

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Néanmoins, en dix ans, on n’a pas le sentiment d’un réel changement. On retrouve la même Adrienne, ça fait plaisir certes, mais on aurait pu s’attendre à un peu plus. Ça manque de surprises et certaines compositions entre les nouvelles et les anciennes se ressemblent parfois un peu trop. Avant d’entamer la dernière chanson, « J’veux un mec », qui fait danser la salle des Trois Baudets, elle chante une reprise de Brassens qu’elle s’approprie très bien: « Au bois de mon coeur », car comme elle dit, il n’y a pas que les mecs dans la vie, il y aussi les amis. Toujours dans la sensibilité, elle met en évidence les petites choses de la vie qui sont si précieuses.

« Dans les chansons, on peut dire des choses qu’on ne peut pas dire dans la vie. Ça fait du bien. C’est libérateur, » dit-elle, avant de s’éclipser discrètement sous une pluie d’applaudissements. Des retrouvailles vécues dans l’émotion pour la première, davantage dans la joie pour sa seconde date, mais faisant à chaque fois forte impression. Une artiste pleine de vitalité comme il fait du bien d’en voir.

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deborah-galopin@live.fr

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