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André Bonhomme, une intemporalité d’aujourd’hui

André Bonhomme, une intemporalité d’aujourd’hui

André Bonhomme va clôturer en chansons le mois de la poésie du théâtre lyonnais Le Carré 30. Ce spectacle est l’occasion pour André de faire connaître son tout nouveau CD, De l’aurore… au couchant, travaillé l’été dernier avec son fils Emmanuel qui va également l’accompagner sur scène. Sur cet album de famille on retrouve donc André tel qu’en lui-même avec des textes hors du temps et des musiques toutes fraîches qui vont régaler ce public fidèle qui l’accompagne toujours régulièrement.

Photo : Yapasphoto

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Hexagone : Ce sont de nouvelles chansons qu’on trouve sur De l’aurore… au couchant, ton nouvel album ?
André : Sur cet album, certaines chansons sont très anciennes comme La joie ou Le bonheur et d’autres toutes récentes comme De l’aurore au couchant. Les anciennes chansons n’avaient jamais été enregistrées sur CD et certaines me semblaient avoir tenu le coup malgré le temps. La joie c’est mon fils Emmanuel qui m’a dit que cette chanson n’était pas datée et il a insisté pour qu’elle soit reprise dans l’album. Pour les plus récentes, ce sont des chansons que j’ai déjà beaucoup chantées sur scène, qui sont bien rodées, qui ont en quelque sorte reçu la patine du public. C’est un peu l’inverse de ce que font les chanteurs aujourd’hui : ils font d’abord l’album et ils vont ensuite le chanter sur les scènes.

Hexagone : Tu as changé de musiciens pour ce nouvel album ?
André : Quelque chose dans l’air, le précédent album, a été réalisé avec Patrice Kalla (percussions), Laure Vannereux (violon alto) et Michel Sanlaville (guitare) fidèles compagnons eux aussi, avec qui j’ai beaucoup joué sur scène. Actuellement en spectacle, je suis accompagné par Emmanuel au piano et Florent Jouffroy (flûte et percussions) et le nouvel album est le résultat de cette collaboration.

Hexagone : Tu as donc beaucoup travaillé avec ton fils pour faire cet album ?
André : Pour préparer cet album on a beaucoup joué ensemble. Emmanuel connaît très bien tout mon répertoire et j’ai beaucoup travaillé avec lui l’été dernier. C’est lui qui conçoit les arrangements mais nous travaillons ensemble de façon très étroite et ça se passe très bien. Je lui apporte les partitions de mes chansons : les mélodies et les accords sont écrits. J’ai vraiment besoin d’écrire ma musique mais mon fils les enrichit ensuite énormément, tout comme les partenaires qui l’ont précédé dans d’autres albums. Pour certaines chansons il a mis à contribution un groupe de jazz, pour d’autres on est resté avec la formule voix/piano.

Photo : Yapasphoto

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Hexagone : Tous les textes sont de toi sauf ceux de la chanson Les larmes.
André : J’interviens toutes les semaines dans une classe de maternelle où l’institutrice propose de la philo à ses élèves. Un jour elle leur a proposé de parler de la tristesse et du chagrin. Elle les a enregistrés et m’a communiqué le résultat. Habituellement quand je fais des chansons avec des enfants je les versifie ensuite. Là j’ai sélectionné mais je n’ai rien changé aux expressions des enfants. Et au bout du compte ça fait une vraie chanson avec vraiment des mots d’enfants.

Hexagone : On dit souvent de tes chansons qu’elles sont intemporelles.
André : Je suis très habité comme tout le monde par le temps qui passe, par les drames, par tout ce qui fait que la vie est ce qu’elle est. Mais dans mes chansons je n’en parle jamais directement. Je suis très préoccupé par exemple par les guerres et je fais alors une chanson comme Chemin de rondes qui est une sorte de regard en abîme sur une situation dans le passé car finalement c’est bien toujours la même chose qui se produit toujours aujourd’hui. Comme l’a dit Michel Kemper, cette chanson aurait pu être écrite au XIXème siècle.

Hexagone : Pourquoi ne veux-tu pas parler de ce que tu ressens dans l’actualité d’aujourd’hui ?
André : Je parle beaucoup de ce que je ressens. Mais je suis aussi un grand lecteur et j’ai beaucoup lu de romans du XIX ème ou des textes encore plus anciens. A partir de cette perspective que me donne la littérature, ce regard sur d’autres temps, d’autres époques, je n’ai pas envie de parler au premier degré des événements actuels. Je n’ai jamais eu envie de le faire. Mais il n’en reste pas moins que mes chansons sont faites de ce que je peux ressentir dans la vie d’aujourd’hui. Je ne fais pas des chansons pour dire « je vais vous dire ça ». Et ça me fait donc plaisir qu’on dise que mes chansons sont intemporelles. Brassens ne parlait pas de l’actualité et Brassens a beaucoup compté pour moi.


André Bonhomme au Théâtre Le Carré 30, 12 rue Pizay, 69001 Lyon
résa : 04 78 39 74 61
du vendredi 1er au dimanche 3 avril
Vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 17h30
tarif unique 8€


André Bonhomme, l’album De l’aurore… au couchant est en commande à André Bonhomme



 

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yveslepape@free.fr

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